L’Asahiflex

Dans les années 50, alors que la plupart des constructeurs japonais copient les appareils télémétriques allemands. Asahi s’inspire du Praktiflex, conçu en 1939 et produit ensuite dans ce qui est devenu l’Allemagne de l’Est (DDR).

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Le Praktiflex allemand

Les ingénieurs-designers Nobuyuki Yoshida et Ryohei Siziki étaient convaincus de la supériorité du concept reflex. Celui-ci permettait au photographe de voir exactement ce qu’il allait photographier quel que soit l’objectif monté sur le boitier. L’histoire allait leur donner raison. Il en est résulté en 1952 l’Asahiflex I.

L’Asahiflex I était muni d’un viseur de poitrine fixe et d’un viseur optique d’œil placé sur le bord gauche du capot supérieur, d’un miroir, couplé au déclencheur, qui revenait à sa position initiale (basse) quand on relâchait la pression sur le déclencheur. Ses vitesses étaient étagées du 1/25sec au 1/500sec. Les objectifs étaient vissants, de diamètre 37 mm.

L’année suivante, en 1953, sort l’Asahiflex IA, avec quelques modifications pour faciliter l’usage d’un flash.

En 1954 l’Asahiflex IIB est équipé d’un miroir éclair (à remontée automatique de miroir dès la photo faite, appelée également instantanée), ce qui supprime le trou noir après déclenchement, une des causes majeures de la popularité des appareils télémétriques.

En 1955 l’Asahiflex IIA gagne les vitesses lentes jusqu’à 2 sec. L’aspect extérieur du boitier ne change pas.

Une remarque comparative s’impose ici. Le 1er Asahiflex conçu à partir de 1950 est inspiré du Praktiflex allemand. Or, en 1954 Praktiflex sort un modèle dont le miroir fonctionne comme celui des Asahiflex I de 1952 et Asahiflex IA de 1953, alors que sort l’Asahi IIB équipé d’un miroir éclair. Le décalage commence dès ces années, comme une préfiguration de ce qui va arriver aux fabricants européens 20 ans plus tard, le naufrage.

Dans le même temps, le Praktiflex a déjà une monture vissante de 42mm, progrès technique non «visible» pour le grand public. Ces deux éléments donnent peut-être une réponse à la question des causes de ces évolutions différentes. Les entreprises japonaises intègrent très vite les innovations techniques. Parce qu’elles sont plus à l’écoute des usagers d’un marché plus nombreux.

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L’Asahiflex IIA de face…

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…et de dessus.

 

 

Dans le même temps la marque travaille sur une évolution, en 1954 est exposé à Tokyo un prototype issu de l’Ashiflex IIA dont le viseur optique a disparu et le viseur de poitrine est remplacé par un prisme fixe. L’autre nouveauté est le levier d’armement  qui permet de ramener le déclencheur à sa position de départ et de faire avancer la pellicule d’un seul geste du pouce droit. Ce mécanisme, introduit pour la première fois par Asahi Pentax, sera repris ensuite par tous les constructeurs. Ce prototype va donner naissance au Spotmatic  qui sera doté d’autres innovations encore plus importantes. (Voir article sur le Spotmatic)

 

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L’Asahiflex prototype.On distingue derrière le barillet des vitesses l’extrémité du levier d’armement.


Le Spotmatic

En 1957 la marque Asahi prend le nom de Asahi Pentax. Le nom tire son origine du mot pentaprisme, que la marque sera la première à implanter de façon fixe sur un boitier. Et -ax une forme d’hommage à Contax, référence culturelle historique dans le monde de la construction photographique. Les noms à terminaison en -ax abondent dans l’histoire photographique, à toutes les périodes et sous toutes les latitudes.

La marque a résolu les problèmes de production d’un pentaprisme de qualité pour qu’il ne soit pas hors de prix.

Elle lance en 1964 l’Asahi Pentax Spotmatic SP. C’est le premier appareil à mesure de la lumière à travers l’objectif ( TTL = Through The Lens)

Le prototype fut présenté en 1960 et utilisait une mesure spot (*), d’où le nom Spotmatic. Peu de temps avant la mise en production, Pentax jugeant la mesure spot trop délicate à utiliser la transforma en mesure pondérée.

C’était un boitier conçu autour du prisme de visée avec, à gauche la manivelle de rembobinage entourée d’une couronne mémo avec la sensibilité du film, et à droite le tambour de vitesses incluant le réglage de la sensibilité, le déclencheur et le levier d’armement. L’obturateur était à rideaux de toile, plan-focal, avec des vitesses allant de 1 seconde au 1/1000 de seconde et une synchro flash au 1/60.

La mise au point (MAP) se faisait à la pleine ouverture (PO), puis la mesure de la lumière à ouverture réelle. Un bouton situé à gauche du prisme permettait la mise sous tension de la cellule et la fermeture du diaphragme. Une aiguille dans le viseur, reliée à la cellule devait être alignée avec celles liée à la vitesse et au diaphragme  permettait d’obtenir la bonne exposition. Au déclenchement le bouton revenait en position off.

La mesure de la lumière (AE) à ouverture réelle était à l’époque une importante nouveauté.

Le Spotmatic était un boitier compact, très robuste et commode d’utilisation pour l’époque. Il était fourni en finition argentée satinée, il possédait une monture vissante de diamètre 42 mm, mise au point par Zeiss et Praktica avant-guerre. Cette monture était à l’époque le standard le plus avancé. Il était équipé d’objectif Takumar de haute qualité. Le Spotmatic devint très vite l’appareil de nombreux professionnels. La série Spotmatic fut produite jusqu’en 1976. Pentax apporta des modifications qui, en améliorant l’appareil, diversifiait l’offre.

Les SP 500 et 1000 étaient des modèles économiques dont la vitesse maximale correspondait au chiffre du nom: 1/500sec et 1/1000sec, et ne comportaient pas de retardateur.

Le SP II sortit en même temps que les objectifs SMC (super multi-couches), avec une sensibilité montant à 3200 ASA et une mesure d’AE améliorée, un sabot de flash et une double connexion XP et F, indexée sur le tambour des vitesses.

En 1971 sortit au Japon l’ElectroSpotmatic, la premier appareil à priorité à l’ouverture électronique et automatique. Sa vente internationale suivit en 1972 sous le nom de ES. C’était le premier appareil à mesure de l’AE automatique.

En 1973 le Spotmatic F fut le premier boitier à offrir la mesure de la lumière à la pleine ouverture avec les objectifs smc. Ce boitier pouvait être équipé sur commande d’un moteur et/ou d’un dos dateur. Il comportait une griffe-flash sur le capot du prisme. Le Spotmatic (et les appareils suivants) furent commercialisés aux Etats-Unis sous la marque Honeywell. Le prix du Spotmatic F sur le marché de l’occasion varie de 90 à 200€ selon l’état mécanique. L’état cosmétique est généralement bon. Ces prix sont les prix de départ sur Ebay.

(*) La mesure spot est un mesure ponctuelle, suivant un angle très resserré de 5 à 7°. Elle permet une grande précision, mais réclame une bonne habitude de son utilisation. Elle peut être génératrice de sérieuses erreurs d’exposition, y compris avec les appareils numériques actuels.

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Le Spotmatic vu de face…

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… et de dessus.

Le Spotmatic

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Le Spotmatic Honeywell vendu aux USA