Quasiment tous les constructeurs de boîtiers pour la photo sont aussi fabricants d’optiques. L’inverse, qui n’est pas obligatoirement vrai, reste cependant possible.

Pentax est, depuis son origine, un fabricant de verres optiques qui, peu à peu, s’est dirigé vers la construction de boîtiers. Cet article de PentaxKlub a brièvement relaté cet historique. Aujourd’hui, alors que Pentax vient de mettre sur le marché son deuxième boîtier numérique à capteur 24×36, le K-1 Mark II, le reproche qui lui est le plus souvent infligé est l’insuffisance de son parc optique. Plus encore que le reproche d’un AF prétendument inférieur à celui de ses concurrents.

Plus que l’insuffisance quantitative de ce parc – l’argument de l’insuffisance qualitative n’étant pas recevable – ce qui est surtout reproché à Pentax, c’est sa « petite » gamme d’optiques modernes. « Modernes », chez Pentax, est quasiment synonyme de « D FA ». Et il faut bien reconnaître que la famille D FA ne comporte qu’assez peu de membres.

Les Pentaxistes sont donc souvent contraints, pour satisfaire leur pratique, de se tourner vers les gammes plus anciennes : FA, FA*, F, etc., et même parfois, mais c’est plus souvent par goût personnel, vers les « vieilles » optiques manuelles (gammes K et M, voire M42). Pourquoi ? La réponse est simple : s’ils ne trouvent pas leur « Graal » dans la gamme Pentax, ils ont aussi le plus grand mal à le trouver chez les fabricants indépendants d’optiques.

Comment en est-on arrivé là ? Existe-t-il un moyen de remédier à la situation ?

 

Avis au lecteur :

Dans ce dossier, par commodité, nous emploierons souvent le nom de « Pentax » pour nommer la société propriétaire de la marque que nous connaissons. Mais chacun sait que la société Pentax n’a pris ce nom que relativement récemment (2002) et que ses propriétaires ont varié au cours des années. Le nom existe, lui, depuis 1954.

 

Autrefois, jadis et naguère…

Autrefois…

Pentax, qui s’appelait alors AOCO (acronyme de « Asahi Optical COmpany »), fabriquait des verres optiques principalement pour des lunettes de vue. La société s’est ensuite consacrée (à partir de 1923) à la fabrication d’objectifs pour des projecteurs de cinéma, avant de finalement devenir… fabricant d’optiques indépendant (1933). À cette époque, elle fournissait notamment en objectifs les sociétés qui allaient devenir « Konica » et « Minolta ». Cette situation a perduré jusqu’en 1952, avec un épisode trouble dû à la 2ème Guerre mondiale pendant lequel Asahi a produit des instruments optiques militaires.

Ce n’est donc qu’à partir de 1952 que la société est devenue fabricant de boîtiers pour la photo (AsahiFlex) en même temps que fabricant d’optiques.

Jadis…

Commença alors une ère de progrès et de prospérité, ponctuée de très nombreuses innovations. C’est l’époque de la monture d’objectifs M42 (à vis) qui est rapidement devenue quasi universelle. Si elle fut adoptée par de nombreux fabricants d’appareils photo, elle était aussi une sorte de bénédiction pour les industriels qui restaient cantonnés à la fabrication d’objectifs. Il n’était alors pas nécessaire, comme plus tard, de prévoir des montures différentes selon les marques. La fabrication en était singulièrement facilitée !

Peu à peu, de très nombreux fabricants d’optiques entrèrent « en scène ». Beaucoup ont aujourd’hui disparu, soit qu’ils aient cessé leur activité pour diverses raisons, soient qu’ils aient été rachetés par plus puissants qu’eux. Dans ce domaine aussi, les lois économiques du marché s’appliquent dans toute leur cruauté (c’est tout de même une cruauté relative). Mais il n’en demeure pas moins que, Pentax s’étant fait un nom reconnu de fabricant de boîtiers, de nombreux fabricants d’optiques lui fournirent alors des objectifs, soit sous leur propre marque, soit sous la marque « Asahi ». La situation existe encore aujourd’hui, quoiqu’à une moindre échelle. (Voir plus loin).

On peut supposer que tout cela était facilité par la période de l’après-guerre : la reconstruction, l’enthousiasme, la confiance en l’avenir, tout concourait à un développement important, y compris dans le domaine des loisirs.

Mais Pentax n’était pas seulement une marque pour les loisirs. De nombreux photographes professionnels utilisaient alors son matériel, caractérisé par une solidité à toute épreuve et des performances de haut niveau. Et c’est souvent en raison de cette confiance en l’avenir et de la qualité reconnue du matériel Pentax que de nombreux opticiens indépendants ont fabriqué des objectifs et accessoires pour ce grand de la photo. C’était pour eux l’assurance de vendre beaucoup et bien, donc d’assurer une certaine prospérité

Naguère

C’est ce que l’on peut appeler « la grande époque » de la photo, qui était encore argentique. Puis, de rachats en restructurations, de faillites en créations, certains fabricants d’optiques ont renforcé leur position et allaient même parfois devenir constructeurs d’appareils (Sigma). Ce qui ne les empêchait pas de travailler encore pour les grands fabricants de boîtiers.

 

Ceux qui ont fabriqué des objectifs pour Pentax

Ils ont été beaucoup trop nombreux pour qu’on puisse tous les citer. D’autant que certains n’ont pas laissé une trace très importante de leur passage, tandis que d’autres vendaient sous différentes marques de distribution. Chacun sait, par exemple, qu’une marque comme Vivitar ne fabriquait pas elle-même les objectifs qu’elle vendait. Pour cela, elle faisait appel à des fabricants comme Komine, Kiron, Cosina, Tokina, ou encore Makina (qui vendait aussi sa production sous sa propre marque, Makinon)… Ce qui, bien entendu, ne portait aucunement atteinte à la qualité, parfois remarquable, de ses produits. Certains d’entre eux – certes peu nombreux – continuent de s’illustrer dans le monde de la photo numérique. Et parmi ces marques, certaines (Tokina, Cosina) fournissaient aussi des objectifs pour Pentax, soit sous leur propre nom, soit des « rebadgés » Pentax.

  • Cosina
  • Voigtlander
  • Zeiss

font partie des plus connus et surtout des plus renommés. Mais il en existe beaucoup d’autres. L’excellent forum américain PentaxForums en répertorie un nombre assez considérable.

L’inconvénient c’est qu’ils ont presque tous cessé de produire pour Pentax, longtemps, tout de même, après l’invention de la monture K.

Un objectif Zeiss Macro Planar (100 mm)

Les marques de distribution

Vivitar, déjà cité, est sans doute la plus emblématique, ne serait-ce que par son niveau d’exigence. Ce qui n’a pas empêché la mise sur le marché de « nanards » aujourd’hui peu recommandables (inutile de demander une liste, on ne la donnera pas, elle serait trop longue !).

On pourrait citer aussi Hanimex (pour Hannes Import Export, du nom de son fondateur, Jack Hannes) qui revendait des boîtiers et/ou objectifs fabriqués notamment par Topcon et Pentacon, pour ne citer que les plus connus.

 

Les marques de boîtiers et objectifs compatibles Pentax

Certains fabricants d’objectifs étaient aussi fabricants de boîtiers et avaient adopté la monture K. Tel était le cas de Ricoh (qui avait cependant apporté une légère modification à la monture), Chinon, Cosina entre autres. Même certains Soviétiques/Russes (Zenit) aussi avaient envisagé la même adoption, par exemple, dès 1984, avec le ‘’Zenit-Avtomat’’ KMZ et avec son dernier modèle Zenit-KM de 2001. Et, bien entendu, deux acteurs majeurs du domaine, Sigma et Tamron, dont la production d’optiques, aujourd’hui encore, peut constituer une alternative à celle de grands fabricants d’APN.

Zenit KM Plus (photo Lomography)

 

L’ère moderne

Même si c’est parfaitement arbitraire, nous appelons « ère moderne » celle qui commence avec l’apparition de la photo numérique grand public. Et tout particulièrement, avec l’apparition des reflex numériques à objectifs interchangeables. Les appareils compacts sont bien entendu hors sujet dans le cadre de cet article. Et, dans ce même cadre, seule est prise en compte la situation de Pentax.

 

Quels objectifs pour quels capteurs ?

On ne s’intéressera pas à la famille des capteurs micro 4/3 qui équipe aussi des appareils à objectifs interchangeables, mais à laquelle n’appartient pas Pentax.

Et pas davantage à la famille des capteurs Moyen-Format qui, elle, intéresse Pentax au plus haut point. Mais dans cette famille, Pentax a sa propre gamme d’objectifs en monture 645. Cette gamme n’est soumise à aucune concurrence de la part de fabricants indépendants d’optiques. Tout au plus pourrait-on, au moyen de bagues ou autres accessoires, monter sur la famille d’APN moyen format (645 D et 645Z aujourd’hui) des objectifs d’autres marques. Au prix sans doute de certaines limitations.

L’« ère moderne » est principalement constituée de deux périodes, correspondant à deux formats de capteurs : les capteurs APS-C, d’une part, les capteurs plein format (24×36) d’autre part.

 

La gamme APS-C

Les capteurs APS-C ont été les premiers à équiper des APN reflex à objectifs interchangeables. Parce qu’à cette époque, la technologie avait un coût élevé doublé d’une complexité technique elle aussi de haut niveau. Les fabricants de capteurs ont donc commencé par ce format. Avec certes quelques tentatives différentes. On sait, par exemple, qu’au début des années 2000, Pentax avait voulu lancer un APN à capteur plein format. Mais l’échec du projet a été patent, imputable en grande partie, aux piètres performances du capteur choisi (voir ICI).

C’est donc pour cette gamme de capteurs APS-C que les objectifs « modernes » dédiés au numérique ont été construits. Chez Pentax, c’est la gamme « DA » qui se décline en différentes variantes, selon la finition et les performances : DA, DA*, DA Limited. Même si beaucoup de ces objectifs continuent leur carrière aujourd’hui, d’autres mériteraient sans doute de prendre une retraite méritée. Non seulement leurs performances ne sont plus à la hauteur des capteurs d’aujourd’hui, mais ils subissent de plus la concurrence des fabricants indépendants, en tous cas celle de deux des plus anciens : Sigma et Tamron.

La gamme FF

Apparus assez tôt chez Canon et Nikon, les capteurs FF ne sont arrivés que tardivement chez Sony et chez Pentax (2016 pour Pentax, avec le K-1 1ère version). Pour ce dernier constructeur, cela explique, au moins partiellement, la relative faiblesse de la gamme des objectifs pour capteurs 24×36.

Pentax savait depuis longtemps qu’il allait produire un appareil à capteur plein format. C’est la raison pour laquelle est apparue la gamme « D FA », compatible avec les 2 formats de capteur, plusieurs mois avant la sortie effective du boîtier FF. Cela étant, rappelons que cette gamme de D FA pouvait être complétée par les objectifs « FA » hérités de la période argentique. Certains d’entre eux « passaient » très bien en numérique, du moins sur des capteurs pas trop « vitaminés » en pixels. Solution transitoire, mais pas obligatoirement satisfaisante pour tout le monde.

 

Pentax et les objectifs Sigma

En format APS-C

La gamme d’objectifs au format APS-C est codifiée « DC » chez Sigma. Sans être pléthorique, cette gamme était suffisante pour concurrencer celle de Pentax dans la plupart des domaines. Il en reste quelques modèles au catalogue des fournisseurs les plus connus sur Internet. En boutique photo – elles-mêmes en voie de disparition – on ne trouve quasiment plus rien, sauf parfois des exemplaires anciens qui « ont pris la poussière » sur les étagères. C’est-à-dire des exemplaires plus vraiment au goût du jour.

La constatation essentielle est que ce qui reste couvre surtout les courtes et moyennes focales (fixes ou variables), de 8 mm à 70 mm. Ou alors, ce sont des zooms grand public (18-300mm par exemple). Hormis cette exception, les longues focales en APS-C sont oubliées.

C’est dommage : nombre de ces objectifs constituent des alternatives crédibles à ceux de Pentax, avec souvent un rapport qualité/prix favorable.

 

En format 24×36

Cette gamme est estampillée « DG » par Sigma. On y trouve encore quelques optiques, mais relativement anciennes :

Un fish-eye de 15 mm, l’excellent 35 mm f/1.4, 2 zooms 70-300mm très « grand public », un vieux 300 mm f/2.8 et un très rare (et très cher) 500 mm f/4.5. Mais, là encore, rien de nouveau, et même rien de récent. Le plus récent est le 35 mm et il date de 2012. C’est la désolation !

Les catalogues des revendeurs de matériel photo comportent parfois encore quelques références, mais qui semblent peu à peu s’épuiser. On a le sentiment, sans doute fondé, que la marque n’investit plus dans la monture Pentax et qu’elle épuise ses stocks de matériel ancien. De fait, quand une nouveauté arrive, c’est pour les montures des 2 (parfois 3) constructeurs les plus puissants sur le marché. Rien pour Pentax. Pourquoi ? PentaxKlub n’a pas d’explication plausible et surtout fondée sur des éléments incontestables. Il n’existe donc que des supputations.

Sigma 35mm f/1.4

Sigma 35mm f/1.4

 

Pentax et les objectifs Tamron

Si la marque Sigma garde encore quelques rares références en monture Pentax, la situation est, dans un sens, bien plus inquiétante chez Tamron.

 

En format APS-C

La gamme est réduite à sa plus simple expression. On y trouve seulement un zoom UGA 10-24mm et un très bon zoom standard 17-50mm, concurrent du 17-50mm de Sigma et du 16-50mm de Pentax, tous les 3 avec une ouverture maximale constante de f/2.8. Et c’est tout !

 

En format 24×36

En plein format, comparativement au format APS-C, la gamme est large ! Qu’on en juge : il existe toujours un excellent zoom standard 28-75mm f/2.8, le très bon 70-200mm f/2.8, un zoom « grand public » 70-300mm f/4.5-5.6 et l’excellent objectif macro de 90 mm f/2.8.

Le regretté Boby Lapointe, avec son légendaire humour, aurait pu dire : 4 objectifs, « c’est beaucoup, ce n’est pas trop ! » (en référence à sa « Leçon de guitare sommaire »).

Le lecteur pensera peut-être que cette façon humoristique de prendre la situation en considération n’est pas adaptée. Mais à quoi servirait-il de dramatiser ? Des espoirs demeurent ! Voir pour cela un peu plus loin.

objectifs tamron

objectifs Tamron

Pentax et les autres fabricants indépendants d’objectifs

Ce qui n’existe quasiment plus

Beaucoup de fabricants d’objectifs indépendants du temps passé ont mis la clé sous la porte. C’est un fait établi. D’autres ne conçoivent plus d’optiques en monture K. Et pourtant celles qu’ils avaient produites étaient parfois de gamme très élevée, telles certaines de celles qui furent produites par Voigtländer, Carl Zeiss, Tokina. Les deux premiers semblent ne plus s’intéresser à Pentax.

 

Voigtländer

« Officiellement » disparu en 1982, a été racheté en 1996 par une société allemande, Plusfoto GmbH. Cette société a confié à Cosina la fabrication d’optiques sous la marque Voigtländer ainsi que la fabrication d’appareils télémétriques. Mais ce n’est plus un acteur majeur du monde de la photo, du moins en termes de volumes de vente.

 

Carl Zeiss

Cette marque, dont la renommée n’est plus à faire depuis longtemps, n’a pas produit en grande quantité pour Pentax. Et plus du tout depuis l’avènement du numérique. La marque fabrique toujours des objectifs photo de grande qualité, mais désormais pour Sony. Bien sûr, avec d’autres activités plus lucratives : verres optiques (concurrent d’Essilor) et microscopes notamment.

Zeiss Otus

Tokina

La situation est peut-être, avec un « regard Pentax », moins catastrophique. En effet, on sait que c’est cette firme qui a produit, mais sous le label Pentax, certaines des optiques du catalogue du constructeur d’APN : le 12-24mm, les 16-50 et 50-135mm. Peut-être d’autres aussi. Et voilà que surgissent des rumeurs prêtant à Ricoh/Pentax l’intention de racheter Tokina. Quoi qu’il en soit de cette rumeur (qui est tout sauf une information), on peut penser que les ponts ne sont pas totalement rompus entre Pentax et Tokina. Il se murmure que le zoom Pentax DA* 11-18mm f/2.8 qui devrait sortir à l’été 2018 ressemblerait fort au 11-20mm f/2.8 également de Tokina. Même chose pour le D FA* 50 mm f/1.4 qui ressemblerait comme un frère à celui de Tokina.

Certes, ce ne sont là que des suppositions. Mais les observateurs… observent et trouvent des ressemblances. On peut dès lors s’interroger et, pourquoi pas, commencer à nouveau à rêver !

 

Ce qui est nouveau

Ce qui est nouveau, et très rassurant, c’est que de nouveaux venus pointent le bout de leur nez dans ce monde de l’optique pour appareils photo. Et certains d’entre eux produisent déjà des objectifs de grande qualité.

 

Irix

Ce constructeur conçoit en Suisse et fait fabriquer en Corée deux objectifs grand-angles que les testeurs s’accordent à trouver excellents : un 15mm et un 11mm. Chacun d’eux est produit dans une gamme haute (Blackstone) et une gamme plus économique (Firefly). Plus économique ne signifie pas qu’ils sont faits « à l’économie » : les formules optiques et la fabrication interne sont identiques, seuls changent l’habillage et quelques détails cosmétiques.

Et ces deux objectifs sont aussi produits en monture K. Leur principal « défaut », c’est qu’ils sont à mise au point manuelle (pas d’autofocus). PentaxKlub a testé le 15 mm (voir ICI).

L'Irix 2,4/15mm Blackstone

L’Irix 2,4/15 mm Blackstone

Samyang

Cette marque semble jouir d’une faible réputation dans le monde des photographes. Pourtant, elle sait produire des objectifs d’excellente qualité, aux performances bien plus qu’honorables. Et aussi en monture K.

PentaxKlub en a testé 3 : un 14mm, un 20mm et un 85mm. Malgré des défauts, ils restent très utilisables, surtout les 2 derniers. Mais eux aussi sont manuels en mise au point. Pour les deux premiers nommés, c’est un inconvénient très mineur, comme pour les Irix. Pour le dernier, c’est nettement plus délicat.

Samyang 85mm/1,4 AS IF UMC

Samyang 85 mm/1,4 AS IF UMC

Laowa

C’est probablement de Chine que viendront les nouveautés en matière d’objectifs pour la photo.

Laowa est construit par la société chinoise Venus Optics. Nous avons eu l’occasion de tester un des ses objectifs, le 60 mm macro. Il nous a certes laissé une impression mitigée, principalement sur sa fabrication, mais il n’est pas dénué de qualités. Venus Optics a le bon goût de ne pas ignorer la baïonnette K et de pratiquer des tarifs somme toute raisonnables.

Nos lecteurs pourront découvrir les autres optiques du constructeur sur son site internet.

60 mm Venus_Laowa

Mitakon

Ces objectifs sont produits par une autre société chinoise, Shenyang Zhongyi Optics.

Sa gamme est encore restreinte et, pour l’heure, ne sont disponibles en monture K que les Mitakon :

  • 20 mm f/2 4.5X Super Macro
  • Creator 35mm f/2
  • Creator 85mm f/2
  • Speedmaster 85mm f/1.2
  • Creator 135 mm f/2.8 ver II

Ce qui n’est déjà pas si mal !

Eux aussi sont à mise au point manuelle.

PentaxKlub n’a pas encore eu l’occasion de les tester, faute d’exemplaires disponibles.

Objectif Mitakon 20 mm f/2.0 4.5X Super Macro

 

Et l’avenir ?

On l’a vu, pour les nouveaux venus, le dénominateur commun, c’est l’absence d’autofocus et donc la nécessité d’opérer la mise au point manuellement. Ce n’est pas toujours chose aisée.

On se prend dès lors à rêver que ces objectifs puissent avoir des successeurs AF. C’est déjà le cas pour certains (chez Samyang), mais pas en monture Pentax.

La question est de savoir pourquoi ils ne bénéficient pas d’un système autofocus. Il ne fait pas de doute que ce n’est pas dû à un manque de savoir-faire. Les fabricants chinois sont parfaitement capables, comme tout autre, de mettre en œuvre une technologie AF. La réponse, mais nous n’en avons pas la certitude, se trouve plutôt dans des questions de licences, de brevets. On peut par exemple supposer que Pentax, soucieux de sa renommée, est donc soucieux aussi de contrôler ce qui se fabrique pour ses gammes d’APN. Et ce serait une raison peut-être suffisante, dans l’esprit de ses dirigeants, pour ne pas céder aussi facilement ses brevets et sa technologie.

Peut-être aussi est-ce dû à un manque de confiance dans la fabrication de ces nouveaux acteurs ? Nul ne le sait avec précision.

 

Une collaboration encore présente

Avec Tamron

Ce qui est sûr, en revanche, c’est que toute collaboration n’a pas totalement cessé avec les fabricants indépendants « traditionnels ». Ainsi, on sait bien que les zooms D FA 15-30mm f/2.8 et D FA 24-70mm f/2.8 sont tous d’eux d’origine Tamron. Certes, la « patte » de Pentax n’y est pas totalement étrangère, loin s’en faut, mais faire travailler les chaînes d’un fabricant indépendant évite d’avoir à en fabriquer soi-même. D’autant que ce fabricant indépendant n’est pas un concurrent en matière de boîtiers. Et que ce qu’il fabrique pour Pentax, il ne le commercialise pas sous son propre nom en monture Pentax. De plus, c’est une source d’économies non négligeable, dans une conjoncture défavorable au monde de la photo. Avec Tamron, il n’existe pas de problème de licence ou de brevet d’AF (du moins pour les optiques !). Un point noir, cependant : aucun des nouveaux objectifs fabriqués par Tamron sous son label n’est produit en monture Pentax.

 

Et avec Sigma ?

Depuis de nombreuses années, les productions de Sigma atteignent souvent des sommets en termes de qualité, comparable à la qualité des productions des fabricants d’APN. Et avec des prix généralement bien plus raisonnables. C’est ce qui explique aussi une bonne part de leur succès auprès des amateurs. Mais voilà : on ne voit pas bien comment pourraient être retissés des liens entre Pentax et Sigma. Est-ce, là aussi, un problème de licences ? Ou bien est-ce dû à la baisse de notoriété dont Pentax s’est trouvé affublé ? Ou encore à des parts de marché estimées beaucoup trop faibles et donc n’apportant pas la rentabilité espérée ?

Probablement y a-t-il un peu de tout cela. Mais cela ne fait pas l’affaire des amateurs de Pentax qui aimeraient bien, eux aussi, comme leurs « confrères » des autres grands fabricants d’APN, bénéficier des prix moindres et de la qualité des optiques Sigma. On s’est plu à espérer que la sortie par Pentax d’un boîtier à capteur « Full Frame » allait faire évoluer la situation. Deux ans après, quasiment jour pour jour, rien n’a changé. Pire : on ne sait désormais plus sur quoi miser pour espérer que Sigma recommence à fabriquer des objectifs en monture Pentax. Peut-être espérer que Pentax reprenne des parts de marché ? Cela fait au bout du compte beaucoup d’espérances et peu de concrétisations. D’autant qu’il y a peu (février dernier), Sigma a annoncé adapter sa gamme « Art » (9 optiques fixes) à la monture Sony FE. Clairement, chez Sigma, le vent ne souffle pas dans les voiles de Pentax ! Mais, parfois, le vent tourne…