Pentax, jumelles, binoculaires et lunettes

On l’oublie souvent mais Pentax, c’est aussi des jumelles, des binoculaires et des lunettes.

Des jumelles sur un site consacré à la photo ? Que viennent-elles y faire ? Bien sûr, on ne parle pas de ces deux sœurs qui pourraient servir de modèles en studio ou ailleurs. Mais bien de ces instruments qui souvent semblent passés de mode et qui pourtant rendent beaucoup de services à bien des personnes !

Avant d’en venir aux modèles que Pentax/Ricoh soumet à nos envies (ou pas !) dans les boutiques et autres sites de vente, essayons de déterminer leur utilisation et les caractéristiques des différents modèles proposés.

Jumelles, binoculaires, monoculaires

Quelles sont les différences ? Des binoculaires sont des appareils où la vision s’exerce avec les 2 yeux. Avec un seul œil pour les monoculaires (rappelons-nous ces lunettes de marine dans les films historiques…). Et les jumelles ? Normalement, ce sont des binoculaires, mais il en existe désormais qui peuvent s’utiliser en monoculaire (voir à la fin de cet article).

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Ancienne lunette de marine (origine : Ebay)

Des jumelles, oui, mais pour quel usage ?

De la même manière qu’on n’achète pas une mini-voiture pour faire un déménagement ou un autocar pour « frimer » sur la Côte d’Azur, on n’achète pas non plus des jumelles pour n’importe quel usage. C’est d’ailleurs pourquoi il existe tant de modèles avec des caractéristiques si différentes.

Cependant, il est souvent impensable de s’offrir des jumelles pour tous les usages – souvent contradictoires – que l’on peut en avoir. Il faudra donc faire des compromis, aussi bien en termes de grossissement, de luminosité, de performances générales et… de prix, bien sûr ! Le prix est là aussi un élément de choix incontournable : la gamme peut facilement s’étaler sur une échelle de 1 à 30, au moins !

Ce qui caractérise des jumelles

Nos lecteurs, dont on sait que le regard est particulièrement affûté et l’esprit en constant éveil, auront remarqué qu’on nomme quasiment toujours les jumelles par deux séries de chiffres/nombres séparés par le signe « x », qui donnent une indication importante sur la performance optique de l’appareil. Par exemple des jumelles 8×21, 8×32 ou encore 10×50.

Que signifient ces nombres ou ces chiffres ?

Le premier

Il indique le grossissement proposé par l’appareil. Ainsi, dans nos exemples ci-avant, « 8 » et « 10 » représentent les grossissements : dans les 2 premiers cas, les jumelles grossissent le champ 8 fois, dans le troisième, 10 fois.

Ainsi, pour un objet situé à 1000 m, des jumelles 8×21 permettront de voir cet objet comme s’il était à 125 m (1000/8), et comme s’il était à 100 m (1000/10) pour des jumelles 10×50.

Ce dont on peut conclure que plus le grossissement est important, plus le champ observé est restreint. Cela a une certaine importance en termes de qualité d’observation.

Il peut en effet, devenir ardu d’obtenir une vision stable de certains sujets quand le grossissement est très fort. Les tremblements des bras en sont le plus souvent responsables, évidemment. On tient de façon stable pendant un moment, puis la fatigue venant, la stabilité devient problématique. C’est alors qu’un trépied devient très utile, du moins quand on possède des jumelles qui peuvent s’y adapter.

Le deuxième groupe de nombres

Dans nos exemples, ce sont « 21 » « 32 » et « 50 ».

Il s’agit du diamètre de l’objectif exprimé en millimètres (et non pas d’une « focale » comme le croient certains !). Plus il est grand, et plus il permettra l’entrée de lumière : il sera donc plus lumineux, CQFD. Et qui dit « plus de lumière » dit « images plus nettes et plus lumineuses » aussi. Cela semble donc aller aussi dans le sens d’une observation bien plus confortable de l’objet.

L’architecture des jumelles

Comme les objectifs destinés à la photo, les jumelles sont principalement constituées de lentilles. La lentille dirigée vers le sujet est l’objectif. Celle dirigée vers l’observateur est l’oculaire. Les jumelles les plus simples n’en contiennent qu’un petit nombre (3 ou 4). D’autres, et surtout les jumelles de type zoom, en contiennent davantage.

Parce qu’en effet, il existe des jumelles « zoom » à grossissement variable. Ainsi pour les jumelles ci-dessous le grossissement va de 8 à 16. Concrètement, le champ observé à 1000 m varie de 87 m à 52 m.

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Jumelles Zoom Pentax
(© Ricoh Imaging)

 

Toutes les lentilles de jumelles sont constituées de verres de qualité, traités avec les mêmes soins que ceux d’un objectif pour la photo.

On y trouve aussi, bien sûr, un dispositif pour faire la mise au point. Pour ce faire, sur certaines jumelles, on ferme l’œil droit, on fait la mise au point au moyen de la molette centrale de réglage sur l’œil gauche. Ensuite, on ajuste l’œil droit en tournant l’oculaire droit dans un sens ou dans l’autre jusqu’à obtenir une image globale bien nette.

Que faut-il conclure sur ce plan ?

On aurait tendance à penser que plus le grossissement sera important et meilleure sera la luminosité, plus grand sera le confort d’utilisation. Ainsi par exemple avec des jumelles de 20×50. Dans la réalité, ce n’est pas si simple. Car il faut prendre aussi en compte un autre paramètre, la « pupille de sortie » (ou cercle oculaire) : c’est le cercle lumineux que l’on peut voir à l’arrière des jumelles, quand on ne colle pas l’œil à… l’œilleton. Il faut donc prendre un peu de recul pour mieux la visualiser. Pour calculer sa valeur, on divise le diamètre de l’objectif par le grossissement. Ainsi, pour nos jumelles 10×50, la valeur de la pupille de sortie est de 5 (50/10). Elle est moins importante pour des jumelles 8×21 (21/8 = 2.6). Elle est de 4 pour des jumelles 8×32 (32/8=4). Ses dimensions sont à rapprocher de celles de la pupille de l’œil humain qui varie, elle, en fonction de l’âge. Eh oui, beaucoup l’auront remarqué : pour les êtres « ordinaires », on n’a pas la même vue à 20 ans et à 75 ans. Si vous ne me croyez pas, consultez d’urgence un ophtalmologiste !

L’influence de la pupille

Plus la valeur est grande, et plus il y aura de luminosité. Pour autant, cela ne voudra pas dire qu’on verra mieux avec les jumelles en question, car il faut qu’il y ait une certaine adéquation avec la pupille de l’œil. On a dit « adéquation » et non pas « « égalité » ! Dans les faits, on ressentira un plus grand confort d’utilisation avec des jumelles dont la lentille de sortie présente une valeur plus grande que celle de l’œil.

La pupille de l’œil humain varie de 2 à 7 mm selon l’âge et la luminosité ambiante ; elle augmente quand la luminosité ambiante diminue, afin d’adapter la vision. Ainsi un jeune de 20 ans à la vision saine, aura plus de confort d’utilisation avec des jumelles 8×21 qu’une personne de 75 ans qui devra plutôt se tourner vers des jumelles 7×50 (50/7 = 7.1).

Dès lors, on aura tendance à penser que « qui peut le plus peut le moins » et on se dirigera vers des jumelles aux plus grandes valeurs de grossissement, de luminosité et de pupille de sortie. Et ce serait aussi une erreur, car :

  • d’une part toutes les jumelles ne sont pas adaptées à tous les usages
  • d’autre part, la construction entraîne aussi un certain nombre de contraintes.

Construction et usage des jumelles

La construction

Il existe 2 types principaux de jumelles :

  • les jumelles à prisme de Porro. Ce sont les plus anciennes ; elles sont réputées pour leur robustesse, leurs forts grossissements et une excellente luminosité. Corollaire : elles sont plus lourdes et encombrantes que…
  • les jumelles à prisme en toit. Plus légères, plus petites, plus faciles à étanchéifier.

À noter que l’étanchéité, à l’azote le plus souvent (« nitrogen » sur les sites anglophones), est un élément important de choix dans certaines activités (chasse, voile).

Pour en connaître les principales caractéristiques, nos lecteurs pourront se reporter aux liens fournis.

Le choix et l’utilisation

Outre les besoins, les moyens et les désirs de chacun, il convient de rappeler qu’on n’utilise pas n’importe quelles jumelles pour n’importe quel usage. C’est du reste ce que l’on peut penser à la lumière des considérations précédentes. Selon que l’on veut des jumelles de théâtre ou des jumelles marines, on ne se dirigera donc pas vers les mêmes modèles, et, bien sûr, on n’utilisera pas un modèle à la place de l’autre. Il ne fait pas de doute que des jumelles de théâtre utilisées pour une croisière en voilier engendreront beaucoup de moqueries et d’hilarité. De même que des jumelles de marine dans un spectacle de la Comédie Française !

Il faudra aussi prendre en considération le fait de porter des lunettes ou non : dans ce cas, le dégagement oculaire (distance entre les yeux et la lentille de l’oculaire) aura une certaine importance pour le confort d’utilisation.

Il est important aussi de veiller à la distance minimale de mise au point (des jumelles 20×50 pour observer un objet situé à 4 m, ce n’est pas possible !) et à l’indice de luminosité fourni par le fabricant.

Et enfin, il ne faut pas oublier que plus on monte en gamme, plus les verres seront élaborés, plus les performances seront présentes… Et plus le prix sera élevé ! Finalement, c’est un peu comme pour les objectifs photo. Certaines jumelles dépassent largement les 1000 €.

Dans les théâtres…

… quant ils sont ouverts ! Une seule solution : des jumelles de théâtre, les seules bien adaptées à cet usage ! Ce sont des 4×25 à 7×35 environ. Avec ces dernières, même assez éloigné de la scène, on ne peut pas manquer les défauts de maquillage ou les imperfections des costumes !

Dans la nature, en voyage, en randonnée

Il n’est pas indispensable de recourir à de forts grossissements la majeure partie du temps. Des jumelles proches de 8×21 à 10×30 seront d’un usage aisé. Il ne faut pas oublier que plus elles sont puissantes et performantes, plus elles sont lourdes et encombrantes. Les porter peut devenir selon le cas une contrainte désagréable, comme l’est le port d’un boîtier 24×36 type K-1 Mark II avec un zoom DFA 150-450 en billebaude pendant toute une journée. Et quand on cumule, c’est bien pire, évidemment !

L’observation et le repérage d’oiseaux

Personnellement, j’utilise des 8×21 (image ci-dessous) qui ont l’avantage d’être légères : on peut les porter sans inconvénient autour du cou. Je les utilise surtout pour le repérage ou l’identification d’oiseaux à des distances de 20 à 150 m environ. Leur « champ de vision », 6,2°, correspond approximativement à celui d’un objectif de 400 mm. Leur luminosité est remarquable et compense, en ce qui me concerne, un écartement des oculaires un peu étroit pour mes yeux, porteurs de lunettes qui plus est !

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Jumelles 8×21
(© Ricoh Imaging)

 

Mais, selon les lieux, dégagés ou pas, et les circonstances, on peut aussi facilement opter pour des 10×50, voire des 12×42 ou encore une lunette d’observation… si on est plus fortuné.

Pour de petits sujets

Par exemple des insectes ou des fleurs. Des 6.5×21 comme celles-ci sont tout indiquées, grâce à leur distance minimale de mise au point de 50 cm. Cependant leur polyvalence est relative et elles ne seront pas forcément adaptées à tous les usages, évidemment !

L’offre de Pentax

En matière d’optique, Pentax possède un savoir-faire centenaire. Pas étonnant, dès lors, que son offre en matière d’instruments optiques – dont les jumelles – soit importante et variée.

Le catalogue Pentax se décline en plusieurs séries. Nous n’entrerons pas dans les détails de chacune, ce serait prendre le risque de rapidement lasser les lecteurs, mais on peut leur conseiller de télécharger la brochure officielle du fabricant (format PDF).  « Qui aime bien châtie bien », dit-on. Alors on pourra sourire, au passage, sur les imperfections du document, notamment quand des poids sont exprimés en mm (page 10, in fine).

Les différentes séries

Elles sont au nombre de 6, avec, dans chacune, de nombreux représentants :

  • le haut de gamme dans la série Z
  • la série S
  • les séries A, U (modèles ultra-compacts)
  • 2 séries particulières :
    • « Papilio » qui possède une mise au point très rapprochée (50 cm)
    • Série V, avec des modèles détachables (voir ci-après)

Jumelles détachables

Pentax a à son catalogue (pour un prix avoisinant les 300 €), un instrument d’un concept assez particulier : les jumelles Pentax VD 4×20 WP.

Sa particularité ? Il peut s’utiliser normalement, comme des jumelles classiques (grossissement 4x), mais il peut aussi se séparer en deux parties, chacune d’elles pouvant être utilisée comme monoculaire. Ainsi, 2 personnes peuvent en même temps observer un objet ou un paysage avec 1 seul appareil, mais séparé en deux. Certes, le grossissement n’est que de 4 fois pour chaque monoculaire. MAIS ! Un autre avantage est que les deux blocs monoculaires peuvent être « connectés » l’un à l’autre, ce qui en fait une longue-vue (télescope) au grossissement de… 16 fois !

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Jumelles Concept VD 4×20 WP
(© Ricoh Imaging)
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Jumelles Pentax Concept VD 4×20 WP détachées en 2 monoculaires (© Ricoh Imaging)
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Jumelles Pentax Concept VD 4×20 WP formant télescope
(© Ricoh Imaging)

C’est donc un véritable instrument « 3 en 1 » : jumelle, ou monoculaire, ou télescope, issu de la recherche Ricoh et apparu récemment (juillet 2020).

Un monoculaire

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Pentax monoculaire
(© Ricoh Imaging)

 

Sa mise au point rapprochée (70 cm) facilite les observations dans des situations particulières comme les galeries d’art et les musées.

Lunettes d’observation

Pentax produit et commercialise aussi des lunettes d’observation, à l’image de celles que l’on peut voir mises à la disposition du public (ou pas !) dans certains parcs pour l’observation des oiseaux.

C’est la gamme PF : elle comprend plusieurs représentants qui se distinguent par un grossissement différent. Selon les modèles, le champ observé à 1000 m peut aller de 14 m à 38 m.

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Lunette d’observation Pentax
(© Ricoh Imaging)

 

À noter qu’il existe un accessoire « zoom » adaptable sur les télescopes PF-65ED et PF-65EDA  : le smc PENTAX XF ZOOM EYEPIECE 6.5mm-19.5mm, portant le champ observé de 11 m à 22,50 m (grossissement de 32.5X à 97.5X).

Lunette (télescope) PF-65EDAII et accessoire zoom monté
(© Ricoh Imaging)

 

Bien sûr, la gamme de qualité et de performance de ces instruments se traduit aussi par un prix de gamme… comparable, bien souvent hors de portée de simples amateurs pour une utilisation épisodique.

 

Autres accessoires

Notons enfin qu’il a aussi existé un accessoire permettant de transformer un télescope en super téléobjectif pour format 35 mm. C’était le PF-CA35. Selon le télescope utilisé, l’angle de vue pouvait aller de 3.2° à 1.3°. C’est comparable, respectivement, à l’angle de vue d’un 800 mm et d’un… 2000 mm ! Mais cet accessoire n’est plus commercialisé ce qui est dommage, car il est probable que les « chanceux » possédant un télescope de la marque auraient sans doute apprécié de tester les résultats photographiques d’un tel assemblage. Ce qui, dans les faits, ne garantit rien quant à la qualité des images produites, bien sûr !

 

Nota : l’image de titre est un montage réalisé à partir d’une illustration (© Ricoh Imaging) contenue dans la brochure du fabricant évoquée dans l’article ci-dessus.

  • Oodini
    18 mai 2021 at 11 h 08 min

    Il faut rappeler que tout le monde n’a pas la capacité de regarder dans des jumelles : nombre de personnes ont des problème de fusion des images. Il faut le savoir, avant d’investir.
    Par ailleurs, des jumelles doivent absolument être essayées, car leur confort dépend beaucoup de la physiologie de chacun. Ainsi, je trouve que les jumelles Pentax offrent une très bonne prise en main, et une bonne optique, mais me sont très inconfortables du fait de leur placement sur mon nez. Mais cela sera différent sur d’autres personnes. À tester, donc. Faire également attention à l’écart interpupillaire.

    Un usage non évoqué est l’astronomie. Dans celui-ci, on veut que la totalité de la lumière soit captée par l’œil. Il ne faut donc pas que la pupille de sortie soit plus grande que celle de l’œil, sinon, une partie de la lumière ira sur l’iris, et sera donc gâchée. On ne dépassera donc jamais 6 mm, sauf chez les sujets les plus jeunes.

    Lors d’essais de jumelles, évaluer les aberrations chromatiques en cherchant sur les toits une antenne ou un volatile. Évaluer également l’homogénéité du champ.

    Il existe un livre de tests sur les jumelles : https://www.belin-editeur.com/observer-avec-des-jumelles
    avec un site : http://www.test-jumelles.fr/

    Il faut savoir que c’est un secteur qui comporte une multitude de marques, avec énormément de clones….

    • Micaz
      18 mai 2021 at 13 h 46 min

      Bonjour
      Cet article n’a pas la prétention de balayer tous les cas d’utilisation de jumelles : il vise simplement à donner quelques éléments d’information, et ne remplacera évidemment pas ceux des sites spécialisés.
      Par ailleurs, le catalogue Pentax en la matière est TRES vaste : il aurait été impossible de citer tous les modèle, certains, très spécialisés dans un domaine bien particulier.
      Mais je partage votre avis et vos arguments : il est préférable, chaque fois que possible, d’essayer des jumelles avant achat.