Après l’échec (le raté ?) du K-S1 (espérons que Pentax ne sorte plus d’appareil mal fini à l’avenir), Ricoh a remis le couvert et nous propose le K-S2, nouveau boîtier APS-C du segment « milieu de gamme ». L’affiche est alléchante, les caractéristiques techniques sont bonnes et les coloris sobres. Soyons clair dès le départ, ce boîtier semble une réussite, du moins sur le papier.

 

Présentation du boitier

Dès le déballage, on sent la préoccupation de Ricoh-Pentax. Le K-S2 ne ressemble pas à des bouts de plastique assemblés. C’est une impression de solidité qui l’emporte. Cette impression est renforcée par la finition tout temps et les 100 points d’étanchéité. Si le boîtier n’est pas fait pour aller sous l’eau, il supportera sans broncher une averse, même tropicale (ne pas oublier l’objectif !).

L’écran LCD est orientable, une première pour un boîtier réflex Pentax. La définition est très bonne (921 000 points pour 7,6cm de diagonale). Le verre est renforcé pour une meilleure protection. En contrepartie, il n’est pas tactile, ce que certains regretteront.

De manière générale, on retrouve l’ergonomie chère à Pentax avec la double molette par exemple et un viseur pentaprisme à 100%. On découvre aussi quelques nouveautés comme un bouton Wi-Fi qui sert de second déclencheur en mode selfie.

 

 

Principales caractéristiques techniques

De manière globale, le K-S2 est un K-S1 recarrossé et amélioré. On retrouve le capteur 20Mpx de type CMOS de bonne réputation, une vitesse d’obturation à 1/6000s, une synchro flash à 1/180e, une cellule de 77 zones pour la mesure d’exposition et un module Autofocus à 11 collimateurs (dont 9 en croix). Il s’agit du bon vieux SAFOX, dans sa version X un peu plus performante.

Pour rappel, ce capteur est stabilisé mécaniquement. Il se déplace afin de compenser les mouvements du boîtier. En pratique, cela permet de gagner quelques temps de pose. Corollaire, toutes les optiques compatibles monture K sont stabilisées.

On notera également que le capteur est désormais dépourvu de filtre passe-bas. Ce filtre sert à éviter les effets de moiré. Aujourd’hui, Pentax estime que la qualité du capteur est suffisante pour s’en passer. Néanmoins, grâce au capteur et son mode de stabilisation, Pentax peut émuler ce filtre, à la demande, mécaniquement, par micro-déplacement.

CAPTEURFormat APS-C de 20,12Mpx (20,42 réel)
MONTUREMonture K : Baïonnette KAF2 (coupleur AF, contacts d’information, contacts d’alimentation) avec Motorisation Autofocus disponible par le boîtier
VISEURPentaprisme.
Couverture 100% grossissement 0,95x (soit 0,63x en équivalent 24x36)
Écran de mise au point interchangeable
Dégagement oculaire 20,5 mm
MISE AU POINTTTL : mise au point automatique à coïncidence de phase
Capteur de mise au point : SAFOX X
11 points AF (9 points de mise au point de type croisé au centre)
Plage de luminosité: -3 à 18 IL (ISO 100, à température normale)
AUTOFOCUSAF S (mise au point unique)
AF C (mise au point continue)
AF A (mise au point automatique)
Assistance AF par LED dédiée
MESURE D'EXPOSITIONTTL sur 77 cellules. Matricielle, pondérée centrale et spot. Correction d'exposition ±5 IL (par incrément de 1/2 IL ou 1/3 IL)
MODES D'EXPOSITIONAuto, Modes Scène, Priorité Vitesse (Tv), Priorité Ouverture (Av), Priorité ISO (Sv), Priorité Vitesse et Ouverture (Tav), Manuel (M)
VITESSE OBTURATIONAuto : 1/6000-30 s ; manuel : 1/6000-30 s ;
(pas de 1/3 IL ou de 1/2 IL), pose B
MOTORISATIONRafale : 5,5 i/s env.
JPEG L : jusqu’à 20 vues env.
RAW : jusqu’à 5 vues env.
SENSIBILITÉ ISO100-51 200 ISO
(les pas IL peuvent être réglés sur 1 IL, 1/2 IL ou 1/3 IL)
STABILISATIONIntégré au capteur
FLASHFlash P-TTL Intégré rétractable
NG 12.
Vitesse synchro : 1/180 s.
Correction -2 IL à +1 IL.
ANTIPOUSSIEREOui
TROPICALISATIONOui, 100 points d'étanchéité
MÉMOIRE1 emplacement Carte mémoire SD, SDHC ou SDXC (conforme aux normes USH-1),
Compatible cartes Eye-Fi, et FLUCARD
FORMAT IMAGEPhoto
RAW (12 bits) PEF ou DNG
JPEG:L (20M: 5472x3648), M (12M:4224x2816), S (6M:3072x2048), XS (2M:1920x1280)

Vidéo
HDTV 1080 (.MOV / H.624) en 30/25/24p et HDTV 720 en 60/50p
DIMENSIONS91 x 123 x 73 mm
POIDS0,678 kg
CONNEXIONUSB 2.0
HDMI (type D)
ALIMENTATIONBatterie Lithium-ion Battery D-LI109

 

Prise en main

De son frère, il reste quelques traces. Le toucher a parfois un coté plastique par exemple. Mais la prise en main rappelle celle du K-3, avec un coté anguleux en plus. Elle est très bonne. La poignée, creusée, permet d’offrir un excellent maintien de l’appareil sans crainte particulière et sans faire mal aux doigts. De manière globale, le boîtier est solide. La robustesse, que l’on mettait en doute avec le K-S1, est au rendez-vous. Certes, le boîtier peut paraitre lourd sur le papier avec ses 678gr, mais après une journée d’utilisation dans Paris, il n’en est rien. Il est équilibré et on oublie très vite l’aspect massif propre à Pentax. Car coté ergonomie, tout est sous la main, ou presque.

KS2-2

 

Ergonomie

Comme de coutume chez Petax, le K-S2 possède 2 molettes (sous le pouce pour l’un et sous l’index pour le second) permettant de modifier à la volée les principaux paramètres selon le mode dans lequel on se trouve. Les autres touches sont facilement accessibles, facilitant l’accès aux options. Y compris pour le trèfle de sélection des fonctions de sensibilité, d’activation du flash, de cadence (rafale / retardateur / surimpression / timelapse / télécommande) et de balance des blancs.

Un bémol tout de même, la touche ISO dont le fonctionnement est partagé avec le déplacement du collimateur AF. On ne peut donc modifier, en mode Manuel, les ISO et en même temps contrôler le déplacement du collimateur AF. Cela peut s’avérer gênant. On comprendra qu’il faille bien justifier le modèle haut de gamme (K-3 et K-3 II). On note aussi, pour le même motif, l’absence du second écran déporté sur le dessus du boitier.

K-S2, vue de dessus

Particularité que Pentax a conservé, c’est le viseur pentaprisme avec une visée proche de 100%. Sur ce point, la concurrence ne s’est jamais alignée. Pourtant, quand on y a goûté, on ne peut s’empêcher d’en regretter l’absence ailleurs. Tout simplement parce qu’elle permet de voir réellement le champ visuel de la photo que l’on souhaite prendre.

Ce boîtier conserve également l’écran d’information reprenant les principales fonctions et/ou options sélectionnées. Cet écran permet en un seul coup d’oeil de vérifier les choix de paramètres en cours et de les modifier sans aller dans les menus de l’appareil.

Le contrôle de réduction du bruit ISO par palier est présent. Cela permet de désactiver ou de choisir les actions de réduction de bruit au niveau boîtier avant un certain seuil.

Le bouton RAW/fx reste toujours disponible sur le flan gauche. Il permet, dans sa fonction initiale, de passer en mode RAW temporairement quand la prise de vue s’effectue en JPEG.

Le bouton vert permettant de réinitialiser les paramètres de prise de vue est toujours présent. L’expérimentation de réglages, parfois hasardeux, ne posent plus de soucis car d’un seul geste, on remet les réglages en position neutre.

 

Les améliorations

Amélioration attendue depuis longtemps, le WiFi natif sur le K-S2. L’export des photos sans enlever la carte est au rendez-vous. La prise de contrôle de l’appareil via un smartphone est aussi disponible (application ImageSync pour iOS ou pour Android). On sent bien que pour Pentax, ce sujet est balbutiant. L’application reste fruste malgré une mise à jour (1.03) qui a corrigé quelques défauts. On attend plus et mieux de la part du constructeur.

Attention néanmoins à la consommation électrique. La batterie permet de prendre environ 500 clichés mais cela fluctuera à la baisse en cas de liveview ou de WiFi intensif. Une seconde batterie est recommandée.

Gros plus désormais, l’écran arrière est orientable. Mis à part le 645Z, c’est la première fois qu’un boîtier grand public de la marque en est doté. Certes il n’est pas tactile et d’aucuns le regretteront. Cet écran peut être orienté de multiples façons et c’est très agréable pour certaines prises de vue. Mais si la qualité de l’écran est réelle, le liveview de Pentax est encore à la traîne. Il manque de rapidité dans la mise au point. Encore un effort, messieurs les ingénieurs de Ricoh.

On peut noter également quelques évolutions intéressantes :

  • Le bouton WiFi se transforme en bouton de prise de vue pour les prises de vues de type selfie
  • Le bouton marche-arrêt a une troisième position pour enclencher le mode vidéo. Mais attention, on peut passer facilement en mode vidéo alors qu’on pense être en mode photo
  • Une refonte visuelle du menu via une nouvelle police, ce qui permet d’avoir une meilleure lisibilité. La navigation reste claire et relativement intuitive.

 

Cadence

Le mode rafale permet de prendre des photos à une cadence de 5,5 images par seconde. C’est honorable et suffisant dans bien des utilisations. Mais pour de la photo sportive, c’est un peu juste. De plus le buffer (mémoire tampon avant l’inscription sur la carte SD) n’étant pas grand, en RAW il est rapidement plein.

 

Connectivité

Comme déjà évoqué,  le K-S2 est WiFi, ce qui lui permet théoriquement d’envoyer ses photos sur un smartphone ou un ordinateur.

Il est aussi doté d’une prise USB, d’une sortie HDMI (mini C) et d’un port micro

 

Autofocus

On reste sur un classique chez Pentax, le SAFOX ! Vénérable et jamais réellement remis en cause, il est présent sur le K-S2 dans sa version X. Qu’apporte t-il de nouveau par rapport à ce qui est présent sur le K-5 ou le K-50 ? Peu de choses en réalité. La mesure d’exposition se contente d’une cellule de 77 zones, tandis que l’autofocus utilise toujours 11 collimateurs (dont 9 en croix) et tous centrés.

L’évolution semble ne concerner que la luminosité puisqu’il fonctionne par -3 IL. Il est donc plus sensible en basse lumière. Cela, c’est sur le papier. Dans la réalité, on note effectivement que le K-S2 a nettement plus de facilité à accrocher sa cible en basse luminosité. On peut donc lancer un satisfecit à Pentax.

Comme déjà écrit ci dessus, le Liveview est à la traîne. Il est certes possible de déterminer le point de visée et donc de mise au point, mais le système d’aide à la mise au point est imparfait car il rend l’image très peu compréhensible. Si on note de réelles avancées avec la détection des visages et le suivi des sujets se déplaçant, elles sont rendues quasiment caduques par un autofocus plus que vieillissant.

Messieurs les ingénieurs, il va falloir faire un effort conséquent en la matière afin de rattraper sérieusement la concurrence. Il est grand temps de faire un bon en avant. Il est grand temps de mettre l’autofocus du K-3 sur le milieu de gamme et proposer un nouvel autofocus plus performant, doté de 39 collimateurs ou plus sur les boitiers experts (APS-C et FF). Cela parait nécessaire, voire indispensable.

 

Qualité image

Le KS-2 intègre une fonctionnalité de correction des déformations optiques. Bien que ce système ne fonctionne qu’avec les objectifs de la marque Pentax, il est très performant, même si, à grande ouverture par exemple, la correction peut-être redoutable, au prix d’une petite perte en précision et d’un recadrage.

objectif DA 18-50 - 1/100e à f/11 - ISO 200 (développement LR à partir du RAW sans correction optique)

objectif DA 18-50 – 1/100e à f/11 – ISO 200 (développement LR à partir du RAW sans correction optique)


objectif DA 18-50 - 1/100e à f/11 - ISO 200 (développement JPEG boitier avec correction optique)

objectif DA 18-50 – 1/100e à f/11 – ISO 200 (développement JPEG boitier avec correction optique)


Toujours dans la même idée d’un post-traitement efficace en amont au sein du boîtier, Pentax propose la correction des aberrations chromatiques, le vignetage et la diffraction. N’hésitez pas à activer ces différentes options, surtout si la prise de vue s’effectue en JPEG, les fichiers RAW pouvant être développés sans perte de qualité en post-traitement.

 

Quid de la qualité intrinsèque des images ?

En l’absence de batterie de mesures faites en laboratoire pour nos tests (volonté délibérée car pas notre vocation), nous souhaitons apporter un point de vue utilisateur et essentiellement photographique.

Le capteur APS-C est de type CMOS de 20Mpx (20,12Mpx effectif) avec une plage de sensibilité ISO allant de 100 à 51200. Par défaut, c’est le mode de correction/développement des JPEG « lumineux » qui est activé. L’accentuation de l’image est faible et les couleurs sont légèrement poussées. Le dosage des accentuations est correctement étalé. Au final, ce mode par défaut produit des images JPEG de qualité et agréables à voir, à l’écran ou sur papier.

Sur la plage allant de 100 à 400 ISO, rien à critiquer. Les images sont belles avec une bonne dynamique, un bon contraste et une absence de bruit électronique. A 800 ISO, si les caractéristiques précédentes sont conservées, on peut apercevoir un léger lissage pour gérer le bruit électronique. Mais il faut vraiment aller chercher dans les détails.

Entre 1600 et 3200, le lissage en JPEG devient visible mais rien de rédhibitoire car les images lissées obtenues permettent une impression au format A4 voire A3. A 3200 ISO, on reste même surpris des détails conservés. Le boitier gère de manière satisfaisante le bruit électronique. A 6400 ISO, des artefacts pénibles sont visibles. Au delà, l’image est difficilement exploitable.

L’image JPEG délivrée sera également fonction des paramètres que vous avez souhaités. Pentax offre des modes scéniques intéressants qu’il conviendra de tester afin de les utiliser à bon escient. Si vous ne souhaitez pas utiliser ces modes scéniques, vous pouvez néanmoins agir sur le développement interne via la balance des blancs et autres options (en dehors du mode Auto). Vous pouvez aussi laisser le boîtier se débrouiller tout seul et les résultats seront très satisfaisants.

Le fichier RAW est celui qui ouvre le plus de possibilités en développement post-traitement. Les images obtenues sont de qualité. Pentax utilise pleinement les capacités du capteur CMOS. Les détails sont fins et les images sont propres, même par temps particulièrement gris.

 

objectif DA 18-50 - 1/100e à f/11 - ISO 200

objectif DA 18-50 – 1/100e à f/11 – ISO 200


objectif Sigma 50-150 - 1/500e à f/2,8 - ISO 200

objectif Sigma 50-150 – 1/500e à f/2,8 – ISO 200


objectif DA 100 Macro - 1/200e à f/2,8 - ISO 100

objectif DA 100 Macro – 1/200e à f/2,8 – ISO 100


zoom de deux zones de la photo:

Zoom sur le visage

Zoom sur la jupe

 

Les optiques jouent un grand rôle

Et dans plusieurs domaines !

Pour commencer, le bruit sonore. Si l’objectif n’est pas de type DC ou SDM, il a de grandes chances d’être bruyant. Par contre, si l’objectif intègre ce type de moteur, la quiétude sera au rendez-vous. Si ce caractère vous semble rédhibitoire, alors essayer avant d’acheter (pour info, La boutique Pentax à Paris permet de tester les objectifs de la marque Pentax en magasin).

En terme de qualité optique ensuite. N’espérez pas obtenir une image de qualité avec un objectif bas de gamme et peu lumineux. Saluons l’effort de Pentax qui a revu son objectif de kit vendu avec le K-S2. Non seulement il est désormais de type DC, mais il a une qualité optique correcte pour sa gamme (cf le test de PENtax Klub).

N’oubliez pas que si un boitier est bon techniquement parlant, il est grandement dépendant des optiques que vous lui adjoindrez.

 

Concurrence

Canon : 760D

Nikon : D5500

 

Conclusion

Les Plus

  • Ecran orientable
  • WiFi
  • Fonction Selfie
  • Gestion du bruit électronique jusqu’à 3200 ISO
  • Sensibilité en basse lumière
  • Un objectif de kit enfin revu
  • La construction baroudeur « tout temps »

Les moins

  • Un autofocus largement perfectible face à la concurrence

 

Note

Note : 4,5/5

 

Appréciation PENtax Klub

Pentax réussit avec ce boitier un excellent boîtier de milieu de gamme. Il s’inscrit à la fois dans la continuité de ce que Pentax sait faire (bonnes performances, des qualités « expert » dans tous les boîtiers) tout en améliorant et apportant de nouvelles fonctionnalités appréciables.

Le capteur est correctement maîtrisé par Pentax et produit d’excellentes images. Son seul petit défaut reste l’autofocus qui mériterait enfin une vraie évolution /révolution.

La baisse de prix récente ainsi que l’ODR qui débute ce 26 mai rend ce boitier particulièrement attractif.

Approuvé

 

Iconographie by fyve – photos du boitier par Ricoh Imaging – cliquez sur les photos pour agrandir