Le K10D sort en 2006 et restera au catalogue jusqu’en 2009. Depuis l’avènement du numérique, dans lequel Pentax est entré en trainant les pieds, la marque a pris du retard. Canon et Nikon se sont installés en maîtres dans le segment «semi-professionnel».

Les premiers numériques Pentax, sortis après la tentative du capteur 24×36 avortée de Pentax, les *ist ont été des boitiers en demi-teinte, restés discrets sur le marché, ils font « petits jouets » comparés aux Nikon et Canon de la même période.  Pentax va contre-attaquer au moment de La Photokina de Cologne de novembre 2006.

 

K10D

Le K10D va créer une secousse importante dans le monde des DSLR (boitiers reflex mono-objectifs). Aucun appareil comparable (ou non) ne propose autant de caractéristiques. Il apporte toute une série d’innovations (20) dont certaines vont devenir des références obligatoires comme le traitement WR (tropicalisation) du boitier, la double molette… et le capteur stabilisé. Ce dernier point est une nouveauté unique qui permet à tous les objectifs montés sur le boitier d’être stabilisés. Soient ils sont reconnus par le boitier qui applique l’algorithme correspondant, soit s’ils ne sont pas reconnus, et le photographe saisi alors la focale de l’objectif. Seul Sony choisira par la suite cette solution. Les autres marques préfèrent la stabilisation dans l’objectif, proclamée plus efficace; mais surtout imposant un surcroit de poids, de complexité technique, de bruit, de prix … et de consommation d’énergie qui diminue sérieusement l’autonomie de(s) accu(s).

Certaines innovations dépassent le cadre de la marque et vont créer des réactions dans la concurrence : la visée lumineuse, la possibilité de faire du RAW au coup par coup, le choix du format RAW au coup par coup, le traitement des RAW intégré, le capteur anti-vibration (et dépoussiérant) et le capteur stabilisé. A quoi sera ajoutée par le premier firmware la possibilité d’utiliser des objectifs à motorisation interne.

D’autres innovations vont rester internes à Pentax, car protégées par brevets, et « copier » Pentax aurait été pour la concurrence un aveu gênant. Par exemple les programmes P (HyperP), SV, TAV… Par ailleurs certaines innovations comme l’HyperProgram (introduite avec le Z-1 argentique et réintroduite avec le K10D) ont été décriées par certains pentaxistes eux-mêmes, comme étant un truc de débutant. Probablement sous prétexte que le retour aux paramètres initiaux se faisait en utilisant le bouton vert ! (*)

D’autres qualités ne sont pas des innovations stricto sensu, mais la qualité de construction, l’ergonomie exemplaire, la stabilisation du capteur qui permet de ne pas monter au dessus de 800 ISO, quand la concurrence y est obligée.

L’accueil du public

Le K10D reçoit un accueil public et représente un succès commercial d’une ampleur qui transforme la secousse initiale en choc sismique. L’appareil remet la marque dans la course, même si sur certains points le handicap reste important par rapport à Nikon et Canon. Le K10D produit de très bonnes photos, a une très bonne dynamique, enviable.

Pentax est revenu jouer dans la grande cour, avec panache.

K10D_dans_mains_avec_poignee

Le K10D muni de son grip. Cliché Pentax montrant la prise en mains par le grip.


Ce boitier représente effectivement un équilibre rare d’ergonomie,  cocktail d’astuces et de recherches fines sur les gestes que fait un photographe en action, sans gadgets qui s’avèrent parasites à l’usage et de caractéristiques techniques solides. L’appareil n’était pas parfait, mais très séduisant. La réussite technique que représente cet appareil est telle que presque 10 ans après des photographes assez nombreux continuent de l’utiliser. Longévité rare en numérique. Le K10D était une sorte de leçon sur ce que doit être un appareil photographique, ce que les autres marques ont d’ailleurs parfaitement compris. Toute l’évolution ultérieure des appareils de la marque est marquée du sceau du K10 sur le plan de l’ergonomie et de la façon d’envisager la conception d’un boitier.

K10D_dos_avec_photo

Le K10D: façade arrière

K10D_dessus

et vu de dessus

 


Caractéristiques techniques

  • capteur CCD 10,3Mp avec stabilisation optique sensibilité et dépoussiérage
  • 100-1600ISO mesure AEL à 16 segments
  • obturateur 1/4000 – 30sec 3im/sec
  • couverture du viseur 95%
  • carte SD
  • grip optionnel avec second accu et seconde carte SD (+logement pour la télécommande)

 

Le boitier est un bébé joufflu plus gros que ses prédécesseurs de la série ist *, mais reste compact par rapport au marché.

K10D+grip2-2

Le K10D  avec le DA 4/12-24mm

 

 

(*) l’Hyper programme, a été introduit en même temps que les 2 molettes avant et arrière en 1991 sur le Z-1. C’est un mode dans lequel le boitier propose un couple A-T (en fonction de certains paramètres enregistrés par le boitier, comme par exemple la préférence FTM -choix du meilleur diaphragme de l’objectif-). La modification d’un des paramètres par une des molettes fait basculer en mode Av ou Tv, l’autre paramètre s’adapte immédiatement à la modification. Les paramètres sont visibles dans le viseur et sur l’écran supérieur. Le mode activé est indiqué dans le viseur par un demi-cercle (symbolisant la molette) qui souligne le paramètre concerné. Le photographe a donc la maîtrise permanente de ses paramètres de prise de vue. Lorsque les paramètres choisis sortent des possibilités du boitier, le paramètre concerné clignote. Le photographe peut, s’il le souhaite revenir au mode P par une pression sur le bouton vert.

 

Illustrations
1006F.Bièvres (K10)

cliché brut de capteur. Foire photo de Bièvres 2008

IMGP0861(K10)

Venise 2008

IMGP0896(K10)

Venise 2008 4/12-24mm

Crédit photos : Valia