Quels sont les ingrédients nécessaires pour faire une photo de nuit ?

 

Premièrement: Il faut un appareil photo

… Capable de poser longtemps. Actuellement la norme maximum est 30 sec. C’est court, mais c’est mieux que rien. Donc un appareil muni du mode B (Bulb en anglais référence aux poires pneumatiques utilisées pour déclencher au XIX siècle). Ce mode assure un temps de pose aussi long que désiré : l’obturateur reste ouvert tant que le déclencheur est pressé. Avec les reflex Pentax munis du SR (Shake Reduction) le système est automatiquement désactivé par le mode B. L’utilisation de la télécommande O-RC1 ou F permet d’éviter de faire bouger l’appareil en le manipulant et offre la pose T, où l’ouverture de l’obturateur se fait par une pression et la fermeture par une autre. Il est à noter que la pose B  utilise de l’énergie, ce qui a un impact sur la batterie car, tant que l’obturateur est ouvert, la consommation électrique est importante.

Sans cellule, l’utilisation du mode B demande une approche empirique. Avec 2 ou 3 tests, on doit pouvoir déterminer le temps nécessaire à une bonne exposition pour une sensibilité choisie et ensuite travailler au chrono. De façon générale, surexposer est assez difficile, si l’on ne monte pas en ISO: calage par défaut 100 Iso.

 

Deuxièmement: Il faut un pied photo

Adapté au poids de l’appareil et du plus lourd des objectifs que fréquente habituellement l’appareil, donc :

  • assez rigide pour ne pas vibrer ou bouger trop facilement,
  • assez léger pour ne pas fatiguer le photographe trop facilement,
  • muni d’extrémités de pieds polyvalentes, non glissantes,  … et faciles à nettoyer,
  • muni d’une rotule commode.

Les deux premiers points sont souvent peu compatibles…

Petit aperçu rapide répondant aux critères cités ci-dessus, pour avoir une échelle de prix:

  • BILORA Perfect proII alu avec rotule. taille replié 51,5cm, poids 1,92kg, charge maxi 10kg, prix 173€
  • BENRO Alu A1580TB1 avec rotule. taille replié 57,5cm, poids 1,76kg, charge maxi 6kg, prix 139€
  • CULLMAN nanomax 460M avec rotule. taille replié 55,5cm, poids 1,72kg, charge maxi 4kg, prix 115€
  • MANFROTTO Befree 4A-BH avec rotule. taille replié 40cm, poids 1,92kg, charge maxi 10kg, prix 173€

Indications provenant de DIGIT PHOTO

 

Troisièmement : Il faut un solide penchant pour les basses lumières

Il faut distinguer plusieurs types de photos de nuit

De façon générale il vaut mieux/il faut  utiliser le RAW, pour pouvoir ensuite tirer le maximum de son fichier.

  1. La photo d’ambiance nocturne – street ou architecture. Ne nécessite généralement pas de poses > 30sec. Cette approche peut se faire avec un appareil numérique, à main levée (Tv < 1/15sec)   ou avec un pied (Tv > 1/15sec).
  2. La photo filée. Le temps de pose long permet d’obtenir des filés avec les objets qui bougent dans le cadre, voitures ou piétons, ou en faisant bouger l’appareil. Cette dernière méthode est intéressante, mais beaucoup plus aléatoire et donne beaucoup de déchets.
  3. Les surrimpressions. Sur pied. Avec cumul de plusieurs éclairages ayant évolué, par exemple. Demande beaucoup de patience, un siège pliant (chez Nature et Découverte, par exemple) et un thermos (de thé chaud, par exemple). Eventuellement un ami (par exemple) partageant vos goûts photographiques…
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Ambiance, street – K-5  à main levée


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Filé,  appareil   fixe – LX  sur pied

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Filé, appareil mobile – LX sur un pied inst-allé sur le tableau de bord d’une voiture


Quatrièmement:  la place du noir

Le LX a été et reste le boitier le plus fantastique pour la photo en basse lumière par ses capacités uniques à poser le temps qu’il faut: – 6,5 IL, record jamais battu.

Le numérique, dont la force inégalée est la prise de vue à main levée, permet souvent de se passer de pied, mais surtout il voit ce que l’œil humain ne voit pas.

Et c’est justement là que peut éventuellement se poser un problème. Le numérique a tendance à voir mieux, en tous cas autrement que l’œil humain. Un peu comme ce que donnent les instruments de vision nocturne indispensables aux militaires, la couleur verte en moins.  Si la nuit nous voyons du noir, pourquoi ne le retrouve-t-on pas sur les photos ?

Il existe une solution simple. Le bouton compensation d’expo +/- réglé à -1 ou 1,5 et le tour est joué. Bien sûr, bien sûr. Pour ma part, après d’assez nombreux essais de réglage, je suis calé sur -1,3, corrigé en PT à -1,2. (curseur d’exposition dans Lr 5)

Une autre solution est possible.  Tentée très récemment aux Halles de Paris, sortie de cinéma, à 22h30, (Lost River – film conseillé pour la photo, les couleurs, le flou, le grain …):

1> visée en mode Av et visualisation des paramètres: 1/13 -5,6 -3200 Iso

2> bascule en mode Manuel : 1/15 – 5,6 -1600 Iso.

Résultat parfait, à mes yeux du moins.

Prolongation de la méthode … et toutes les photos ont été parfaitement exposées, toujours selon les mêmes critères, bien sûr.  AE.L parfait, les noirs sont là, le réel, tel que perçu, est là.

La prise de vue a été toute entière centrée sur la cadrage et le moment. Et, fait étrange, retour de réflexes anciens : pas ou peu de vérification à chaud.   Cette méthode n’est pas forcément meilleure que la correction d’expo. A chacun sa solution.

Une des qualités propres au numérique est d’offrir souvent plusieurs solutions au même «problème». Ce qui  est intéressant dans ce choix de PdV en mode Manuel, c’est qu’il relativise le discours souvent rencontré sur « les plus » des mesures de lumière ultra-sophistiquées.

Pour revenir au réel: dans une ville, de nuit, dans un endroit donné, à un moment donné, la lumière n’est pas forcément si variable qu’elle justifie un mesure de l’IL à chaque instant, tous les 10 mètres. Ce choix apporte une autre satisfaction, peut-être mesquine : celle de rester maître de ses choix, et de n’être pas le jouet des mesures automatiques.

A chacun ses petites satisfactions, n’est-ce pas?

Pour conclure, la nuit, sous-exposer de 1 à 1,5 IL ( à choisir Iso, diaphragme, vitesse, plutôt dans cet ordre) permet d’obtenir un rendu nocturne proche du réel.

 

 Et enfin il faut un zeste de PT,  délicat, avec des curseurs  manipulés avec retenue

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les trois photos au K-5 1/15 – 5,6 -1600 Iso. PT: Netteté et Détails légère accentuation

 
Crédit photographique: Valia