Nous terminons ce tour d’horizon de la photographie en Europe avec cette troisième partie.

La photographie Russe et Soviétique

La photographie s’est pratiquement développée dans un pays dont la spécificité peut tenir en un mot : le renfermement sur lui-même. Sauf pendant une courte période de création libre et bouillonnante entre 1900 et 1927. Pendant ces années ont fleuri le pictorialisme, l’expressionnisme, le futurisme, le constructivisme, le rayonisme et l’abstraction, en phase avec le reste de l’Europe, ou même à la pointe de certains de ces mouvements artistiques. A partir de 1927,  les artistes et en premier lieu les photographes ont vécu dans un pays dont ils ne pouvaient plus sortir et dans lequel les nouvelles n’entraient que filtrées.

A partir de 1932, tout a été verrouillé. Les photographe soviétiques, russes et non russes, avaient le choix entre vivre de leur métier en travaillant dans les organes de presse, qui se sont rapidement tous retrouvés au service du pouvoir, ou pratiquer la photographie en ayant un autre métier pour vivre. Ce qui en Occident s’appelle être amateur. Ce choix n’excluait pas une 3ème voie, sous deux variantes : travailler dans les médias officiels éloignés des cercles du pouvoir central et s’occuper d’une spécialité non «sensible», moins surveillée ou tolérée. Ce pouvait être la nostalgie de la campagne, la culture russe traditionnelle, l’écologie «doucement» nostalgique, plus particulièrement à partir des années 70. (voir V. Peskov).

Ils pouvaient aussi « travailler pour le tiroir », c’est à dire d’une façon quelque peu schizophrénique; travailler  dans les allées officielles et créer en parallèle des œuvres pour l’art, pour la postérité lointaine, pour soi, pour s’exprimer, pour exister, mais toujours pour le tiroir où on les range (où on les cache) en attendant des jours meilleurs. C’est ce que faisaient la plupart des auteurs de toutes les branches artistiques sans exception.

Un des exemples le plus frappants est celui de Valentin Briazguine, photo-journaliste à la Pravda de Léningrad, qui «pour le tiroir» a photographié un ou des camps du Goulag en Carélie (au nord de Léningrad). Son album s’appelait «Zone»(espace intérieur aux barbelés dans les camps). En me le montrant il me témoignait une confiance absolue, un mot de moi aurait suffi à l’envoyer du mauvais côté des barbelés. A ma connaissance cet album n’a jamais été publié. Mais il a existé, il était beau, en plus ! C’était dans les années 60. Sous Staline ce genre de «fantaisie» pouvait coûter la vie, rapidement ou à petit feu.

Tous les photographes russes étaient dans cette situation, candidats à être décrétés dissidents s’ils franchissaient la ligne, non reconnus chez eux, mis en danger s’ils faisaient parler d’eux hors de leur pays. Certain de ceux que vous allez découvrir maintenant ont été «clandestins» pendant des décennies, connus seulement de leurs pairs, vraiment reconnus après la chute de l’URSS en 1991. Seuls les plus anciens et les photographes de guerre ont été célèbres dans leur pays. Excepté Rodchenko, tous sans distinction ne sont reconnus internationalement que depuis l’écroulement de l’URSS.  Leur nombre nous oblige à faire des choix et parfois des présentations sommaires, nous espérons que nos lecteurs ne nous en tiendront pas rigueur. Les photographes sont présentés ici par ordre de périodes historiques.

 

La période «initiale» (du début du XXe siècle à 1941)

 

Moïsseï Nappelbaum

Né en 1869 à Minsk, il entre à 16 ans comme apprenti dans l’atelier photo Boretti de la ville. Quatre ans plus tard il quitte Minsk et voyage, à Smolensk, Moscou, Vilno (Vilnius), Varsovie. Puis il part aux Etats-Unis, travaille à New York, Philadelphie, Pittsburg. En 1895, il revient à Minsk, où il ouvre un pavillon de portraits photographiques. En 1910, il part pour Peterbourg, où il collabore au magazine «Le soleil de Russie» et ouvre un atelier photo sur l’avenue Nevski et un autre à Moscou en plein centre. Nappelbaum a photographié tout ce que la Russie comptait de grands écrivains, poètes et savants. La Révolution n’interrompt pas ses activités.

En 1918, malgré un apolitisme affiché, il fait un portrait de Lénine, très réussi. on a considéré par la suite que c’était le meilleur portrait jamais réalisé du leader bolchevique. Il photographie les dirigeants soviétiques, dont Staline. En 1938, il passe un contrat avec l’Académie des sciences et fait les portraits de tous les membres permanents de l’Académie. Son style combinait une approche formaliste et une compréhension de la photographie documentaire. Il utilisait une source lumineuse unique et le plus souvent un objectif Voigtländer Kollinear 420mm f: 7,7. Il retouchait souvent le négatif au pinceau pendant le développement. Nappelbaum est décédé en 1958 à Moscou.

 

Moïsseï Nappelbaum et son fils - Autoportrait

Moïsseï Nappelbaum et son fils – Autoportrait

 

L'écrivain Maxime Gorki

L’écrivain Maxime Gorki

 

La poétesse Anna Akhmatova

La poétesse Anna Akhmatova

 

Le poète et prosateur Boris Pasternak

Le poète et prosateur Boris Pasternak

 

 

Alexandre Rodchenko

Il est né en 1891 à Saint Peterbourg, d’un père décorateur-accessoiriste dans un petit théâtre et d’un mère blanchisseuse. En 1901, sa famille déménage à Kazan, sur les contreforts ouest de l’Oural. Quatre ans plus tard, il termine l’école primaire paroissiale. Puis il étudie à l’école artistique de Kazan où il fait la connaissance de Varvara Stepanova. Il s’installe avec elle à Moscou en 1916. La même année, il est appelé à l’armée. Il est intendant d’un train sanitaire jusqu’en 1917. Après la révolution de février 17, il devient secrétaire de la toute nouvelle Fédération des Artistes-Peintres de Russie. Il y travaille avec Vladimir Tatline, architecte visionnaire avec lequel il participe à des expositions de l’avant-garde russe. Il touche alors à la peinture, la sculpture, les constructions spatiales minimalistes…

En 1920 il commence à enseigner la construction en bois et la construction métallique aux Ateliers d’enseignement supérieur artistique et technique nouvellement créés (BXУTEMAC), puis il remplace Vladimir Kandinsky à la tête de l’Institut de la Culture Artistique. En 1930, il est un des organisateurs, avec Ignatovitch, du groupe photographique Octobre, où il commence à pratiquer les contre-plongées architecturales. Il participe au groupe Nouveau LEF où il se rapproche de Maïakovski, Brik, Trétiakov. Il illustre le recueil de Maïakovski «Pro Eto». Pendant toutes ces années, il est également photographe correspondant de nombreux journaux. Après 1930 il est de plus en plus impliqué dans les commandes de propagande. En 1938-40, il photographie des artistes de cirque.

Pendant la Seconde guerre mondiale il est évacué avec sa femme à Perm en Sibérie. Après la guerre il expérimente la photo couleur et continue à faire des albums de propagande. Il meurt en 1956 à Moscou.

 

Alexandre Rodchenko

Alexandre Rodchenko

 

Le clairon

Le clairon

 

L'échelle

L’échelle

 

Jeune femme

Jeune femme

 

Vladimir Maïakovski

Vladimir Maïakovski

 

La mère du photographe

La mère du photographe

 

 

Boris Ignatovitch

Né en 1899 à Sloutsk, il fait ses études au lycée à Lougansk jusqu’en 1917. Il en est alors exclu pour participation à des désordres révolutionnnaires. Il devient journaliste en 1918. Déménage à Moscou, où il devient directeur du journal «Le mineur» en 1921. Il par à Pétrograd (Peterbourg) de 1922 à 1925, là il se passionne pour la photographie. Après son retour à Moscou en 1926, il travaille dans différents journaux et magazines, dont Ogoniok, Photo soviétique, Urss en chantier… Il fonde avec Rodchenko le groupe Octobre.

Pendant la guerre, il est correspondant du journal de la 30ème armée «Etendard de combat» et envoyé chez les partisans. Après guerre, il est un des animateurs du photo-club «Novateur». Il est décédé à Moscou en 1979.

Boris Ignatovitch, pendant la guerre

Boris Ignatovitch, pendant la guerre

 

L'enfant au tracteur

L’enfant au tracteur

 

Jeunes gens - 1936

Jeunes gens – 1936

 

L'Hermitage à Petersbourg

L’Hermitage à Peterbourg

 

 

La guerre 1941-1945

Pendant la seconde la Seconde Guerre Mondiale, l’URSS a mobilisé ses photographes et cinéastes qui ont couvert tous les fronts et ont lourdement payé leur tribut à la guerre. Voici quelques photographes qui ont produit des photos cultes, immédiatement célèbres en Russie, utilisées pour la propagande bien sûr, connues dans le monde entier maintenant et jugées aussi pour leurs qualités photographiques.

 

Dimitri Baltermans

Le plus célèbre de tous les photographes de guerre russes est né en 1912. Sson histoire est symbolique et atypique en même temps. Correspondant du journal Izvestia, il couvre la construction des défenses antichars devant Moscou, la défense de la Crimée, la bataille de Stalingrad. En 1942, à la suite d’une erreur de sa rédaction, qui publie une photo de chars détruits, anglais et non allemands, il est envoyé dans un bataillon disciplinaire comme soldat de rang. Blessé, il est amputé d’une jambe et passe d’hôpital en hôpital jusqu’en 1944. Il retourne alors au front comme correspondant du journal militaire «Pour la destruction de l’ennemi».

Après la guerre, il a encore des ennuis à cause de l’épisode de sa photo de Kertch au ciel tragique (voir l’article sur les manipulations), ceux-ci durent jusqu’en 1965, date à laquelle il est engagé au magazine Ogoniok, où il dirige le service photo jusqu’à sa mort en 2000.

Dimitri Baltermants

Dimitri Baltermants

 

Assaut

Assaut

 

Pendant une pause

Pendant une pause

 

Route de guerre -1941.

Route de guerre -1941.

 

Combat à la grenade

Combat à la grenade

 

 

Emmanuil Evzerikhine

Ce photographe né en 1911 s’est fait connaitre avant la guerre. En 1941, il est correspondant de TASS, il «fait» Stalingrad, puis le front ouest. Il décède en 1984.

Evzerikhine

Emmanuil Evzerikhine

 

Tir d'artillerie

Tir d’artillerie

 

 

Evgueni Khaldeï

Né en 1917 et mort en 1997. Dès 1939, il travaille pour TASS, il couvre le Front sud, la prise de Berlin, Potsdam, Nuremberg. C’est à lui qu’on devra la fameuse photo du drapeau rouge flottant sur le Reichstag allemand lors de la « libération » de Berlin par l’Armée Rouge. On saura plus tard que cette photo a été mise en scène.

Evgueni Khaldeï

Evgueni Khaldeï

 

Prise de Vienne. Photo rarissime de chars Sherman fournis aux Russes

Prise de Vienne. Photo rarissime de chars Sherman Firefly fournis aux Russes

 

Le drapeau sur la Reichstag

Le drapeau rouge sur le Reichstag

 

 

Gueorgui Zelma (Zelmanovitch)

Gueorgui Zelma est né en 1906. Rapidement, il travaille pour les Izvestia, Ogoniok, l’ Etoile rouge, correspondant de guerre des Izvestia sur le front sud, à Stalingrad. En 1962, il entre à l’Agence de presse Novosti.

Il fût correspondant de la Komsololskaïa Pravda dès 1941 Il décède en 1984.

Zelma

Gueorgui Zelma

 

Le pilote Baranov, as aux 24 victoires

Le pilote Baranov, as aux 24 victoires

 

 

Olga Lander

Elève de Nappelbaum, cette orrespondante de la Komsomolskaïa Pravda pour le Front sud est née en 1909. A terminé la guerre au grade de lieutenant, multimédaillée. Après la guerre, elle travaille au journal «Russie soviétique» avant de décéder an 1996.

Olga Lander

Olga Lander

 

Offensive de chars sur le front d'Ukraine en 1944

Offensive de chars sur le front d’Ukraine en 1944

 

 

Gueorgui Lipskerov

Né en 1896 et mort 1977, il est engagé volontaire en 1941. Il a couvert les batailles de Moscou, Stalingrad, Koursk…

Lipskerov

Gueorgui Lipskerov

 

Reddition de Paulus à Stalingrad

Reddition de Paulus à Stalingrad

 

 

Arkadi Shaïkhet (1898-1959)

Correspondant de Ogoniok, il devient celui du «Front illustré» dès 1941.

Arkadi Shaïkhet

Arkadi Shaïkhet

 

Civils fuyant les combats - Gdansk 1945

Civils fuyant les combats – Gdansk 1945

 

 

Marc Alpert (1899-1980)

Photographe à la Pravda – portraitiste. Dès 1941, il est correspondant de TASS et Sovinformburo (international) pour tous les fronts et chez les Partisans. En 1945, il entre à l’Agence Novosti.

 Mark Alpert

Marc Alpert

 

A l'assaut ! Photo devenue légendaire

A l’assaut ! Photo devenue légendaire

 

 

David Trakhtenberg

Photo-journaliste dans Léningrad assiégé (900 jours)

Fusiliers marins à Léningrad

Fusiliers marins à Léningrad

 

 

Mark Redkine (1908-1986)

Correspondant de Tass et du «Front illustré» à Leningrad et sur le front de la Baltique.

Marc Redkine

Mark Redkine

 

Partisan

Partisan

 

 

Mikhaïl Savine (1915-2006)

Correspondant dès 1941 de la Pravda et de l’«Armée Rouge» en Biélorussie, à Smolensk, Moscou, puis Koursk et la Prusse orientale. En 1945 il entre à Ogoniok.

Mikhaïl Savine

Mikhaïl Savine

 

Pendant un combat

Pendant un combat

 

 

Natalia Bode (1914-1996)

Engagée volontaire en 1941 au «Journal du front sud ouest «Armée rouge». Elle est également publiée par la Pravda, l’Etoile rouge et Ogoniok. Termine la guerre au grade de lieutenant.

Olga Bode

Natalia Bode

 

La barbe pendant une accalmie

La barbe pendant une accalmie

 

 

La période «moderne»

Après la guerre, et après la mort de Staline, le monde de la photo bouge, particulièrement en Lettonie et dans toute l’Urss. Apparaît une nouvelle génération de photographes dans laquelle, malgré la guerre froide, l’ouverture sur le reste du monde et la part de ce que nous appellerons gentiment non-conformisme vont augmenter sérieusement. Nous présentons ici quelques uns d’entre eux, dans un ordre chronologique et d’influence mélangés. Nous ne pouvons évidemment pas les citer tous, on voudra bien nous le pardonner.

 

Vassili Peskov

Né en 1930 dans la région de Voronège (Russie centrale) dans une famille rurale. Après des études de mécanicien cinéma, il exerce divers métiers, dont celui de mécanicien cinéma. Il se passionne pour la photographie de la nature. En 1953, il commence à travailler au journal «Le jeune communard», d’abord comme photographe pigiste, puis, après sa série «Avril dans la forêt» comme correspondant permanent. En 1956, il est publié par la «Komsomolskaïa Pravda» qui l’appelle bientôt à Moscou.

La même année, il devient responsable de la rubrique «Fenêtre sur la nature». En 1960, est publié son premier livre, qui sera suivi d’autres, dont «Chemins de traverse», en 1988, tiré à 50 000 exemplaires. Tous ses ouvrages sont consacrés à la nature, la vie rurale russe. Dans les années 70, l’URSS connait un très fort courant littéraire dit «courant paysan» qui remet en cause la dépopulation rurale, la destruction de mode de vie rural. Ce courant, très fort, est un mélange complexe d’attachement au passé, vécu comme une richesse, de tendances écologistes, avec un zeste de conservatisme évident. Mais comme ses représentants les plus prestigieux sont de très talentueux (et populaires) écrivains, le pouvoir soviétique est obligé de l’accompagner, sans pouvoir le contrer.

De 1975 à 1990, Peskov dirige l’émission de télévision «Le monde des animaux» Peskov est décédé à Moscou en 2013. Selon sa volonté, ses cendres ont été dispersées à la lisière d’une forêt de sa région natale. Une stèle y a été érigée, avec ses mots : «La principale valeur de la vie est la vie elle-même».

 

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Vassili Peskov

 

Meules "Chemins de traverse"

Meules « Chemins de traverse »

 

Paysan "Chemins de traverse"

Paysan « Chemins de traverse »

 

Russie centrale "chemins de traverse"

Russie centrale « chemins de traverse »

 

Valentin Briazguine

Né en 1934 dans la région d’Arkhangelsk. Ouvrier métallurgiste à l’usine Kirov de Léningrad, il y découvre la photographie au photo-club de son usine, puis au photo-club Vyborg, un des plus réputés du pays dans les années 60. C’était un lieu d’échanges intenses entre photographes débutants et chevronnés, mais aussi d’expositions publiques quasi permanentes., à l’échelle du club, mais aussi des Républiques, ou même fédéral, comme par exemple l’exposition «Notre monde contemporain» en mai-juin1963 à Léningrad.

A la même époque Briazguine et un autre photographe Skoulatov inventent et réalisent l’idée de séries d’albums photographiques sur le modèle des albums pour enfants, sorte de «samizdat» photographique. «La Russie qui s’en va» fut un des ces albums, où était visible la volonté de montrer la réalité de façon personnelle, mais aussi en racontant son histoire et en donnant son avis. Ainsi Briazguine a été le seul photographe professionnel à photographier les obsèques de la poétesse Anna Akhmatova, dont l’album n’a évidemment pas été l’objet d’une publication ouverte.

En 1966 l’album «Mélodies de Léningrad» est édité par Lenizdat, éditeur officiel. Il deviendra vite une rareté de collectionneur, car le tirage est très réduit. Au début des années 80 Briazguine retourne dans sa région natale, s’y installe, restaure la maison de ses parents et se consacrera à la photo et à l’apiculture. Il est décédé en 1988.

 

Valentin Briazguine

Valentin Briazguine

 

Paysan devant son isba

Paysan devant son isba

 

PetIt garçon...

PetIt garçon…

 

Groupe devant son village

Groupe devant son village

 

Village en hiver

Village en hiver

 

 

Edygué Niazov

Niazov est né en 1940 à Alma-Ata (alors capitale du Kazakhstan). Il fait des études d’histoire à l’Université d’Etat du Kazakhstan, qu’il  termine en 1964. Puis il enseigne en école secondaire (équivalent de nos collège et lycée) jusqu’en 1977, date à laquelle il devient photographe professionnel et assez vite membre de l’Union des photographes d’Urss puis de Russie.

Spécialiste du portrait en extérieur, avec éclairage naturel, le tout en noir et blanc, développement et tirage compris. Il a photographié beaucoup de peintres, designers, musiciens, le plus souvent à la marge du système. Il a également beaucoup photographié les paysages du Kazakhstan, également en noir et blanc, avec un boitier Ricoh, monté d’objectif Pentax.

Il a exposé en France (Fontaine Obscure à Aix en Provence) en 1990 et 1992, ainsi que dans de nombreuses villes d’Europe (Suède, Allemagne, Espagne) et de d’URSS et de Russie. Il est exposé par le Musée russe à Saint-Petersbourg et Le Musée de la Photographie à Bièvres. Il est décédé en 2009 à Pavlodar.

 

Edygué Niazov

Edygué Niazov

 

Groupe rock Kino

Groupe rock Kino

 

Victor Tsoï, leader du groupe Kino

Victor Tsoï, leader du groupe Kino

 

Printemps 1

Printemps à Pavlodar 1

 

Printemps à Pavlodar 2

Printemps à Pavlodar 2

 

Artiste underground à Moscou

Artiste underground à Moscou

 

 

Galina Loukianova

Cette photographe russe est née en 1943 à Novossibirsk (Sibérie occidentale). En 1961 elle termine ses études à l’institut de technologie optico-mécanique, en spécialité «conception technique» et entre en 1969 au photo-club Krasnogorsk (banlieue de Moscou), puis au photo-club Novateur à Moscou. Sa passion pour la photo la décide à changer de profession: de 1970 à 1994, elle s’occupe de formation d’enfants à la photographie dans différents clubs (Krasnogorsk, Zenit, Primus).

En 1972, elle épouse Mikhaïl Golossovski, également photographe et collectionneur de photographies russes anciennes, qui deviendra plus tard directeur du musée de l’usine Zenit à Krasnogorsk (KMZ). En 1980, elle termine une formation de photo-journaliste auprès de l’Union des Journalistes et ,de 1984 à 1987, dirige la rubrique « Langage de la photo» pour le Juniors du magazine « Photo soviétique». Elle a exposé en Estonie en 1989. En France, invitée par la Fontaine Obscure en 1990. Ainsi qu’en Italie, en Finlande, aux pays-Bas…

Elle travaille en N&B argentique, avec un folding 6×9 /6×6 Moscou-5, fabriqué entre 1956 et 1960 par KMZ . Très fine spécialiste de développement et du tirage en labo.

 

Galina Loukianova

Galina Loukianova

 

Nature morte

Nature morte

 

Les oeufs

Les oeufs

 

Paysage

Paysage

 

Nature morte à la fenêtre

Nature morte à la fenêtre

 

 

Alexandre Slioussariev

Alexandre Alexandrovitch Slioussariev est né en 1944 à Moscou. A 14 ans, son père lui offre son premier photos appareil photo : un télémétrique Younost. A 18 ans, il participe à une exposition au parc Gorki à Moscou. En 1968, il termine l’Institut Central des Langues étrangères et devient traducteur d’italien. En 1979, première exposition personnelle en Lettonie, à Ogre. Il y rencontre Egons Spuris et Andreis Grants avec lequels il devient ami.

De 1976 à1984, Il photographie sa série « carrés » minimaliste en N&B, au Rolleiflex. Elle lui apporte la reconnaissance du milieu de la photographie. Il est un des fondateurs, en 1987, du groupe « photographie directe » et devient membre de l’Union des Photographes de Russie. Il est très vite considéré comme un maître par ses pairs qui l’appellent San Sanitch, forme respectueuse du nom complet Alexandre Alexandrovitch. Slioussariev est passé du N&B à la couleur, puis de l’argentique au numérique avec le même bonheur. Il est décédé en 2010 à Moscou.

La photographie de A. Slioussariev s’intéresse aux détails de la vie quotidienne, aux éléments invariants de cette vie, devenus invisibles et pourtant constitutifs de cette vie. Ont fait partie du groupe « Photographie directe » un certain nombres de photographes devenus ensuite parmi les plus connus d’URRS et de Russie comme Boris Mikhailov, Igor Moukhine ou Sergueï Leontiev.

 

Alexandre Slioussarev

Alexandre Slioussarev

 

Riga- 1981

Riga- 1981

 

Paris- 1992

Paris- 1992

 

Riga - 1995

Riga – 1995

 

Moscou 2009 -1

Moscou 2009 -1

 

Moscou-2009-2

Moscou-2009-2

 

 

Igor Moukhine

Né en 1961 à Moscou, il a reçu une formation technique dans un lycée du bâtiment et travaillé dans un bureau d’études de construction. Il fréquente en 1985-1986 un studio photo, et collabore à un samizdat * de rock en 1986-1987. En 1987, son travail est exposé à l’Université d’Etat de Moscou. La même année, il devient membre du groupe « Photographie directe ». et deux ans après devient photographe indépendant. Pendant la péréstroïka, il participe à un projet indépendant sur la jeunesse soviétique et les musiciens rock (portraits de Victor Tsoï, Boris Grebentchikov, Piotr Mamonov, Dounia Smirnova, Alexandre Baklatchov.

Ses photos sont publiées dans les ouvrages « Rock in Russland » en 1989 et « Toussovka » (Rave partie) en 1990. En 1999, il participe au travail sur le thème « Amoureux de Paris » commandité par le Fond National d’Art Contemporain et est invité en France à cette occasion. En 2000, il entre dans le panel des photographes de l’agence « Affiche ». Il expose très régulièrement dans de nombreux pays. Il enseigne à l’Ecole Rodchenko de photographie et de multimédias de Moscou .

* samizdat : ouvrage publié par son (ou ses) auteur (s), avec des moyens artisanaux (les moyens du bord) et distribué de façon tout aussi artisanale. Le terme, à l’origine, n’a pas de signification politique. Sa signification stricto sensu est «auto-édition».

 

Igor Moukhine

Igor Moukhine

 

Moscou - Dans la rue (2016)

Moscou – Dans la rue (2016)

 

Conservatoire de musique.

Conservatoire de musique.

 

Vendeur de rue (2016).

Vendeur de rue (2016).

 

Manifestation communiste.

Manifestation communiste.

 

 

Sergueï Leontiev

Né en 1962 à Kharkov (Ukraine), il termine ses études à l’Université de Moscou en 1987, à l’Institut pédagogique de la faculté de Philologie. La même année il adhère au groupe «Photographie directe», où il retrouve Alexandre Slioussariev, Boris Mikhaïlov, Igor Moukhine, Alexeï Choulguine… Il crée à cette époque sa série «Expériences de photographie dure», série de portraits de rue, réalisée sans les artifices artistiques habituels.

En 1991, il crée avec Alexeï Choulguine l’agence «La vie facile» Il est actuellement le photographe de la Maison d’édition «L’affiche». Il privilégie le portrait de nuit au flash. Depuis 1989, il a exposé régulièrement dans de nombreuses ville d’Europe. Ses travaux sont présentés de façon permanente par la Galerie moscovite XL Galerie.

 

Serguei Leontiev

Serguei Leontiev

 

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Jeune_couple

 

Jeunes ados

Jeunes ados

 

Paysannes "Visages de la Volga"

Paysannes « Visages de la Volga »

 

Jeunes "Visages de la Volga"

Jeunes « Visages de la Volga »

 

 

Guéorguy Poïlov

Né en 1964 près de Kirov (Viatka) sur les contreforts ouest de l’Oural, il fait des études d’agronomie à l’Institut d’Agriculture de Bachkirie. Dès cet époque, il pratique déjà la photographie. Dans les années 80, Poïlov fait beaucoup de natures mortes argentiques, en N&B. Ce sont de savantes mises en scène d’objets du quotidien, d’objets emblématiques de la société soviétique et d’objets anciens qui disent le passé d’un pays qui à cherché pendant un demi-siècle à en effacer tout une partie.

Ses photos, sans être cataloguées «dissidentes», ne sont à l’évidence pas dans le style officiel. En 1990, il commence à travailler comme ingénieur zoologiste. Il est spécialisé en apiculture. En 1992, il devient membre de l’Union des photographes de Russie. Il n’est pas professionnel, c’est à dire qu’il ne vit pas de la photographie, mais il est déjà connu en Russie et hors de Russie; le département photographique de la Bibliothèque Nationale lui a déjà acheté plusieurs de ses natures mortes. Guéorgy Poïlov a été exposé par la «Fontaine Obscure» à Aix en Provence en 1992.

L’effondrement de l’URSS et l’arrivée du numérique ont coïncidé et permis à Poïlov de montrer d’autres facettes de son talent: parallèlement aux natures mortes, désormais en couleurs, il photographie les gens autour de lui, dans leur vie quotidienne, avec un bonheur évident, un regard aiguisé, visiblement bienveillant et une maîtrise impressionnante de la lumière, des ombres, du cadrage et de la composition. Il commence vers 2010 une série intitulée «Pусское простое» ( Simple quotidien russe). Il est décédé en janvier 2016, à Kirovo-Tchépetsk, où il habitait, sans l’avoir achevée.

 

Gueorgui Poïlov

Gueorgui Poïlov

 

Nature morte argentique

Nature morte argentique

 

"La vie des plantes"

« La vie des plantes »

 

"Simplement russe"

« Simplement russe »

 

Les puces. Paris

Les puces. Paris

 

Gueorgui Pinkhassov

Né en 1952 à Moscou, il découvre la photo adolescent et fait des études au VGuIK ( institut Supérieur de Cinéma) de 1961 à 1971. Après deux ans d’armée il est engagé à Mosfilm comme photographe de plateau. Il est remarqué par le cinéaste André Tarkovski qui lui demande de travailler sur le film Stalker en 1979.

La même année son travail est remarqué à l’étranger. Il émigre en France en 1987 et entre à Magnum en 1988. Il a publié un reportage sur le tremblement de terre survenu la même année à Spitak en Arménie. Puis, il enchaîne les grands évènements en Lituanie, Mongolie, Indonésie et Afrique. Il va couvrir à Moscou la tentative de coup d’état d’août 1991 pour le New York Times. Il reçoit le prix World Press Photo, catégorie Art & spectacle pour un travail sur l’avant-garde artistique en Chine.

En juin 2014 il réalise un travail sur la mobilité urbaine, commandé par la RATP. Le travail de Pinkhassov donne une place particulière au noir profond des ombres que le photographe ne retravaille pas pour les éclaircir, associées à des couleurs éclatantes, saturées. On retrouve là un trait présent également chez Poîlov, comme une spécificité russe…

 

Gueorgui Pinkhassov

Gueorgui Pinkhassov

 

Tarkovsky - 1979

Tarkovsky – 1979

 

Le tremblement de terre en Arménie

Le tremblement de terre en Arménie

 

Coq russe

Coq russe

 

Russie

Russie