Décembre est là, l’hiver approche à grands pas. Et l’hiver, malgré le réchauffement climatique indéniable, c’est la saison normale de la neige sous nos latitudes. Et donc aussi l’occasion de faire quelques photos. Mais comment faut-il s’y prendre pour photographier la neige ? Les conseils sont souvent contradictoires. Faut-il surexposer ou bien sous-exposer ? Quels autres conseils ou astuces peut-on adopter ? Essayons d’y voir plus… clair !

 

 

Quelques précautions préalables

Pour le photographe

Si la neige tombe, c’est qu’il fait suffisamment froid pour cela. Si elle est tombée et qu’elle tient bien au sol, c’est peut-être qu’il fait encore plus froid ! Il faut en tenir compte, et agir avec bon sens, tant pour soi que pour son matériel.

Le confort et la protection (sécurité) du photographe doivent rester présents à l’esprit.

Porter des chaussures adaptées et des vêtements chauds et autant que possible imperméables (on a tôt fait de glisser et de chuter !) est une nécessité.

Sans oublier les gants : certains modèles permettent de garder le pouce et l’index nus pour agir sur les commandes du boîtier. Par exemple ce modèle.

 

 

Pour son matériel

Les conseils sont presque les mêmes : il faut le protéger, notamment des chocs en gardant dans un sac épais et bien rembourré les éléments (objectifs, flashs…) qui ne sont pas sur le boîtier. Ne pas oublier de prendre une batterie de secours bien chargée à glisser dans une poche de vêtements, près du corps, afin qu’elle soit immédiatement fonctionnelle si besoin. Dans le froid, les batteries fonctionnent en effet moins bien et se déchargent plus facilement.

Les boîtiers Pentax récents sont tous tropicalisés, ce qui est un avantage. Cela n’oblige pas, pour autant, à les utiliser dans des conditions peu raisonnables. Et quand on ne s’en sert pas, mieux vaut garder son boîtier au chaud, mais surtout pas dans un sac étanche, genre sac de congélation, en raison des risques de condensation.

Les cas échéants, ne pas oublier pas de se munir de filtres, et particulièrement un filtre polarisant adapté à l’objectif utilisé. Il permettra de renforcer le bleu du ciel (si le ciel n’est pas bouché, bien sûr). Un filtre anti UV est bien moins utile sauf si on utilise des objectifs anciens. Les plus récents sont en effet déjà traités anti-UV et ajouter un filtre est inutile, et peut même s’avérer néfaste.

Un trépied peut aussi être utile pour certaines photos de paysage. Les petites ouvertures entraînent des vitesses lentes et si la sensibilité ne peut pas, pour diverses raisons, être augmentée, seul le trépied permettra de shooter à basse vitesse.

 

 

Les paramètres à maîtriser

La balance des blancs

Ce n’est pas obligatoirement le paramètre le plus important. En effet, lorsque l’on shoote en ayant choisi le mode d’enregistrement des images en format RAW, il est assez aisé de corriger les erreurs éventuelles lors du Post-Traitement. Mais comme bien souvent on oublie de s’intéresser à la balance des blancs avant de sortir faire des photos, autant conseiller tout de suite de faire ce réglage qui, en tout état de cause, permettra de sauter une étape de Post-Traitement.

 

 

Quel réglage pour la balance des blancs ?

Ceux qui ont déjà photographié la neige ont sans doute constaté que leurs images ont pu prendre une couleur tirant vers le bleu. C’est dû, non à la froidure de l’hiver, mais à la lumière froide que l’on trouve sous un ciel couvert. Il en va autrement lorsqu’on photographie la neige par temps ensoleillé.

 

Un paysage tirant vers le bleu (image argentique – © Valia)

 

Il est toujours possible, bien sûr, faire confiance à son APN qui, généralement, offre différentes possibilités de réglages. À cet égard, le manuel d’utilisation du boîtier décrit ces possibilités de réglages et leurs effets. Un exercice de révision n’est jamais complètement inutile !

 

 

Des précautions

Mais on peut aussi décider soi-même de la blancheur que l’on veut donner à la neige. Attention à ce qu’elle ne soit pas trop prononcée, attention aussi à ce qu’elle ne soit pas trop grisâtre. Le réglage manuel, en fonction de la luminosité ambiante, est probablement la meilleure solution. Pour y parvenir, il faudra peut-être tâtonner un peu et faire quelques essais. Mais cela en vaut certainement la peine !

 

La Rosière (K-7, 1/1250s à f/16, ISO 100 - © fyve)

La Rosière (K-7, 1/1250s à f/16, ISO 100 – © fyve)

 

Pour des effets spéciaux, pourquoi ne pas essayer le réglage « tungstène » ? Là, pour être bleue, la photo sera bien bleue ! Essayer, oui, mais pas sur une vaste série d’images : ce serait dommage, au visionnage sur l’écran de l’ordinateur, de se rendre compte qu’in fine cela ne plaît que moyennement. Il faudra alors post-traiter la balance des blancs de toute la série ! Parce que – c’est une évidence ! – on a bien shooté en format RAW, n’est-ce pas ?

 

 

L’exposition

L’exposition est probablement le plus important paramètre quand on souhaite photographier la neige. Il n’est pas rare en effet de se retrouver avec des images surexposées ou au contraire sous-exposées. La neige est blanche, bien sûr, mais elle ne doit pas apparaître « cramée ». Ni grise, sauf si on la photographie quand elle s’est transformée en gadoue après le passage de nombreux pieds.

Un paysage de neige présente le plus souvent de vastes étendues claires. En consultant l’histogramme d’une image, on constate ainsi que l’on expose souvent « à droite », c’est-à-dire que la photo comporte la plus grande proportion de pixels clairs. Il peut être judicieux d’équilibrer les choses ! Sauf, bien sûr, si on souhaite refaire une imitation de « carré blanc sur fond blanc » de Kasimir Malevitch (lien).

La Rosière (K-7, 1/1000s à f/16, ISO 100 - © fyve)

La Rosière (K-7, 1/1000s à f/16, ISO 100 – © fyve)

Dans cette image, même si les ombres enneigées « tirent » largement vers le bleu, les étendues blanches ensoleillées sont bien exposées.

 

 

Surexposer l’image

Avec tant de zones claires, l’APN, qui est dépourvu de l’intelligence des humains, risque alors de sous-exposer l’image. La conséquence inéluctable, c’est que celle-ci révélera une neige grisâtre qui ne correspond pas à la réalité.

Un des moyens de compenser cela est d’utiliser le correcteur d’exposition. Une légère surexposition – de 1/3 à 1 IL – peut suffire à assurer une exposition correcte. Mais si ce n’est pas le cas, on peut augmenter progressivement cette surexposition jusqu’à obtenir le résultat souhaité. En numérique, faire des essais est facile et peu coûteux, alors qu’en argentique, il fallait être bien plus précis dès la prise de vue. Ou alors, il fallait développer soi-même ses images et « bricoler » sous l’agrandisseur (plus particulièrement lors du développement chimique). En numérique, on peut aussi rectifier certaines erreurs lors du Post-Traitement, lorsqu’elles ne sont que légères.

Mais, une fois encore, faire les bons réglages dès la prise de vue est le meilleur moyen d’obtenir des images conformes à ce que l’on souhaite.

 

 

Tout en automatique ?

Non, pas forcément. Avec de l’expérience, il est aussi possible d’opter pour un réglage manuel de l’exposition en jouant sur l’ouverture du diaphragme et sur le temps d’exposition. Et il est aussi recommandé d’opter pour la sensibilité la plus basse offerte par l’APN (pour des photos en plein jour, bien sûr !).

En pareille situation, choisir la méthode à l’ancienne, toujours efficace, mais moins répandue aujourd’hui, est une option intéressante. Pour connaître le bon couple vitesse/ouverture, il suffit de prendre (en mode automatique) la lumière sur la paume de la main. Noter les paramètres choisis par la cellule du boîtier. Puis, passer en mode manuel et reporter ces valeurs sur l’APN, ou des valeurs permettant d’assurer la même exposition.

Si par exemple le boîtier, en mode automatique Av, indique, pour une ouverture de f/8, un temps d’exposition de 1/100s, on peut reporter ces valeurs en mode manuel ou choisir des paramètres assurant la même exposition. Par exemple f/5.6 pour 1/200s. Dans ce cas, on assume bien sûr le fait de ne pas toucher pas au réglage de la sensibilité. Mais si on le fait, il faut évidemment en tenir compte pour le choix des paramètres ouverture ou vitesse.

 

 

Pour des conseils plus « scientifiques »

Cet article de Wikipedia donne des indications intéressantes. Mais bon courage pour faire tous les calculs en fonction du matériel (forcément divers, non ?) utilisé !

On peut aussi appliquer la manière de faire d’Ansel Adams, le « Zone system ». PentaxKlub y consacrera un article prochainement. Dans cette attente, ou comme alternative, cet autre article donne des informations de premier choix.

 

Quelles photos de neige ?

De manière générale, quand on veut photographier la neige, on fait de la photo de paysage, ou bien de la photo d’arbres ou de plantes couverts de neige, parfois des passants emmitouflés. Mais il est beaucoup plus rare de photographier la neige elle-même. Comment s’y prendre ?

 

La neige qui tombe

La vitesse d’obturation

Photographier la neige qui tombe n’est pas forcément facile si l’on veut obtenir un résultat en particulier. Au début, on commet beaucoup d’erreurs, on rate beaucoup d’images. Eh oui, la neige qui tombe, c’est un sujet en mouvement ! Il est donc très important de tenir compte de ce mouvement. Selon qu’elle tombera doucement en gros flocons denses ou en flocons fins beaucoup moins denses et rapides, la manière de photographier devra être adaptée à la situation. Il faut donc agir sur tous les paramètres, vitesse d’obturation notamment. Il ne sera alors pas ridicule de fixer une vitesse minimale (en mode Tv ou TAv) et d’adapter l’ouverture afin d’obtenir la bonne quantité de lumière et la profondeur de champ souhaitée. En tout état de cause, une vitesse de 1/250s est largement suffisante pour obtenir des flocons bien nets.

Il restera alors à accepter que la sensibilité fluctue d’une image à l’autre. Quand les boîtiers le permettent, il est utile de fixer une « fourchette » automatique de sensibilités, selon les possibilités dudit boîtier.

Tombe la neige (K5, 1/100s à f/11, ISO 200 - © fyve)

Tombe la neige (K5, 1/100s à f/11, ISO 200 – © fyve)

 

Sur un K-1 ou un KP, on peut sans trop de dommages accepter une « fourchette » allant de 100 à 6400 ISO. Sur d’autres boîtiers, la limite supérieure pourra être fixée à 3200 ISO, voire moins si le boîtier et son capteur produisent trop de bruit numérique à cette valeur.

Pour photographier le mouvement des flocons qui tombent, il faudra abaisser la vitesse. Mais alors attention si un autre sujet est dans le champ photographié, un animal ou un oiseau par exemple : il risquera d’être flou, à moins d’être parfaitement immobile.

 

À quelle ouverture fait-il shooter ?

Nous avons évoqué la vitesse d’obturation. L’ouverture compte beaucoup aussi. C’est comme dans tous les autres domaines de la photo : l’exposition doit être correcte et c’est l’action du photographe sur les différents paramètres qui en conditionnera le résultat. Une grande ouverture (petit chiffre) laisse entrer plus de lumière, mais ne permet qu’une profondeur de champ réduite. Une petite ouverture (grand chiffre) offre plus de profondeur de champ pour moins de lumière. Encore une fois, à chacun de choisir en fonction de ce qu’il désire obtenir.

Une attention particulière doit alors être apportée au fond ? Quand c’est possible, le choisir aussi neutre que possible, et éloigné du sujet sur lequel est faite la mise au point est préférable afin qu’il soit noyé dans un flou de bon aloi.

 

Avec quel objectif ?

Qu’on utilise un zoom ou une focale fixe importe peu. En revanche, la longueur focale est un paramètre important sur le résultat obtenu.

Un objectif grand-angle : si les chutes de neige sont importantes et les flocons bien serrés, ils apparaîtront sur l’image. Dans le cas contraire, le risque est d’obtenir quelques points blancs sans grand intérêt. C’est dû, comme on l’imagine, à l’angle de champ : plus il est large, et plus il faut le « remplir » pour un résultat convaincant.

Une longue focale : c’est le cas inverse du précédent, enfin, en partie !

Une longue focale donne l’impression d’une sorte de compression des distances. Ainsi, dans le cas de chutes de neige peu abondantes, les flocons seront tout de même visibles ; cependant, certains seront flous en raison de la profondeur de champ plus réduite, et particulièrement si les conditions de lumière imposent une grande ouverture.

À chacun de trouver le bon équilibre ! Et, par conséquent, d’utiliser éventuellement un zoom qui permettra de choisir la focale convenable.

Dernier conseil : pas de flash ! Les flocons les plus proches, cramés, n’offriraient plus le moindre relief.

 

 

Quels autres sujets ?

Photographier la neige n’impose pas de se concentrer exclusivement sur cet élément. Tout sujet sous la neige (on n’a pas dit « caché » sous une couche de neige !) peut constituer un élément intéressant pour le photographe. Cela peut aller du flocon isolé à la structure géométrique complexe, à des personnes marchant ou jouant dans la neige (des enfants par exemple s’envoyant des boules de neige). Les conseils ci-dessus demeurent valables, il faudra juste les adapter et/ou les modifier pour obtenir la bonne exposition et une image présentable.

Ne pas négliger non plus les détails colorés : un paysage enneigé est souvent chromatiquement monotone, voire monochrome. S’il s’y trouve une tache de couleur vive, il pourra être judicieux de la saisir dans l’image : le contraste ainsi montré n’en sera que plus intéressant. Et s’il n’y en a pas, il peut être facile d’en ajouter une soi-même, non ?

Paysage urbain de neige avec touches de couleur. © Micaz)

 

Dans l’image ci-dessous, le sujet principal n’est pas la neige, mais la skieuse. Sa combinaison bleue ressort particulièrement bien sur le blanc de la neige correctement exposée.

Skieuse en bleue (K-3, 1/200s à f/14, ISO 100 - © fyve)

Skieuse en bleue (K-3, 1/200s à f/14, ISO 100 – © fyve)

 

 

Couleur ou monochrome (noir et blanc) ?

Cette décision appartient au photographe et à lui seul ! Dans le cas que nous venons d’évoquer (le contraste apporté par une tache de couleur), il est évident qu’il faut shooter en couleur. Dans d’autres cas, et suivant les circonstances ou les sujets, le noir et blanc peut offrir un meilleur effet. Cela implique cependant de « penser » la photo en noir et blanc, et de post-traiter en apportant suffisamment de contraste. « Suffisamment » ne signifie pas « trop » !

 

Paysage urbain de neige en noir et blanc. © Micaz)

 

La photo ci-dessus n’a pas été pensée en monochrome (c’est la même que la version couleur au-dessus), mais il s’avère que le développement en noir et blanc lui convient assez bien.

 

 

Derniers conseils

S’il est possible de préparer sereinement une sortie imminente sous la neige, ne pas négliger la possibilité de se constituer un mode User adapté en utilisant les paramètres conseillés ci-dessus ou ceux qui paraîtront les plus adéquats. Cela évitera ainsi des pertes de temps en réglages sur le terrain !

Enfin, et PentaxKlub le répète souvent, utiliser le pare-soleil de l’objectif est indispensable ou, au moins, conseillé. Le laisser « replié » ne sert à rien. On évitera ainsi les lumières parasites non désirées et la lentille avant sera un peu plus protégée, surtout en cas de passage dans des sous-bois.

Nota : l’image de titre (© Valia) est issue d’un tirage argentique.

 

 

Galerie

Paysage hivernal (image argentique – © Valia)

 

Enfilade neigeuse (K20D, 1/250s à f/5.6, ISO 100 - © fyve)

Enfilade neigeuse (K20D, 1/250s à f/5.6, ISO 100 – © fyve)

 

Jardin des Tuileries (K5, 1/60s à f/13, ISO 100 - © fyve)

Jardin des Tuileries (K5, 1/60s à f/13, ISO 100 – © fyve)

 

La neige en milieu urbain © Micaz)

 

En blanc et rouge © Micaz)

 

Mont Pourri (K20D, 1/500s à f/11, ISO 100 - © fyve)

Mont Pourri (K20D, 1/500s à f/11, ISO 100 – © fyve)

 

Promenade (K3, 1/400s à f/14, ISO 100 - © fyve)

Promenade (K3, 1/400s à f/14, ISO 100 – © fyve)

 

Taches (K-5, 1/40s à f/10, ISO 200 - © fyve)

Taches (K-5, 1/40s à f/10, ISO 200 – © fyve)

 

Une main tendue (K-5, 1/160s à f/5, ISO 100 - © fyve)

Une main tendue (K-5, 1/160s à f/5, ISO 100 – © fyve)

 

Trouée sur la vallée (1/1050s à f/4.8, ISO 64 - © fyve)

Trouée sur la vallée (1/1050s à f/4.8, ISO 64 – © fyve)