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Quand on vient d’avoir un enfant, on est tout heureux, tellement heureux qu’on en oublie tout… y compris, parfois, de prendre des photos. Alors, un conseil : prenez régulièrement des photos de vos enfants, vous les verrez ainsi évoluer au fil du temps et, quand ils seront grands, ils seront très heureux de retrouver leurs images du passé.

Mais vous comprendrez aisément qu’on ne peut pas photographier de la même manière les bébés et les adolescents ou les pré-adolescents. Les premiers ne pourront rien vous refuser, mais les autres…

 

Les bébés et les tout jeunes enfants

 Un bébé dans un berceau dort le plus souvent. En garder le souvenir peut avoir un certain intérêt, c’est vrai. Mais le risque, la plupart du temps, c’est que le bon cadrage sera très difficile à obtenir :

  • vous ne pouvez pas réveiller bébé et lui demander de se positionner comme ci ou comme ça ;
  • de plus, vous serez sans aucun doute amené à positionner l’appareil juste au dessus de lui, ce qui offrira, à n’en pas douter, une sensation forte d’écrasement. C’est donc à éviter. D’une manière générale – et on y reviendra – il est toujours préférable de se positionner à la hauteur des enfants et, sauf volonté d’obtenir un effet particulier, il faut éviter de les photographier en plongée ou en contre-plongée.

Les meilleurs moments sont ceux où sa maman (ou son papa) le nourrit : vous aurez facilement compris que l’on parle de nourrir « au biberon », bien sûr ! Car si la maman donne le sein, c’est parfois plus délicat – bien que primordial – d’obtenir son autorisation.

Mais d’autres moments sont aussi favorables à la prise de vue et chacun les trouvera en fonction de ses goûts.

Une remarque : si bébé dort, attention au bruit de déclenchement qui pourrait entraîner chez lui le « réflexe de Moro » *, une sorte de sursaut brusque qui viendrait gâcher tout à la fois son sommeil, son humeur… et la suite de la séance photo.

Le problème des photos en intérieur est la gestion de la lumière. Sauf à vous trouver sous une verrière par temps clair – et encore ! – il va vous falloir composer avec elle. Ce qui veut dire trouver un bon éclairage, aussi naturel que possible, et bien gérer les ombres qu’il ne manquera pas de produire.

L’utilisation de réflecteurs (parfois une simple feuille de papier blanc tenue par un assistant) pourra parfois suffire.

Dans la mesure du possible, si la lumière est suffisante et de bonne qualité, privilégiez l’utilisation, à grande ouverture, des focales standard (28 à 80mm en format APS-C – selon le recul dont on dispose -) : cela procurera un avantage certain.

Dans d’autres cas, ce sera plus compliqué et vous serez enclin à vouloir utiliser la lumière « artificielle », autrement dit, un flash. L’utilisation d’un flash en direction des yeux d’un jeune enfant est à proscrire : les risques pour lui ne sont pas négligeables et aucune photo ne vaut la peine de prendre des risques sur sa santé.

Si donc vous tenez à utiliser un flash, il faut toujours que ce soit en mode indirect, réflecteur dirigé vers le plafond ou un mur, en prenant garde au fait que, si le mur ou le plafond est coloré, cette coloration se retrouvera partiellement sur la photo ! Chez Pentax, le mode P-TTL apportera un confort appréciable.

Attention aussi au fond : évitez qu’il attire trop le regard au détriment du sujet principal. Pour cela, soit vous le choisissez volontairement « neutre », soit vous jouez sur l’ouverture pour le rendre flou (c’est plus facile s’il est éloigné du sujet).

Conséquence de ces « principes » : le flash intégré de l’appareil, non orientable par définition, doit être proscrit. Dites vous que, de toute manière, sa faible puissance et ses possibilités limitées ne lui confèrent pas une très grande utilité dans le cas qui nous préoccupe : réservez le, le cas échéant, pour déboucher un contre-jour en extérieur. Un très grand nombre de photographes ne s’en servent d’ailleurs jamais et, de plus en plus, les fabricants le suppriment sur les boîtiers de haut de gamme.

Un petit « truc » pour obtenir une belle peau de bébé : surexposez légèrement (+ 0.3 à +0.7 EV). Mais, dans tous les cas, évitez (et même proscrivez) le soleil direct : ce n’est bon ni pour la photo, ni pour la peau de bébé.

 

L’enfant a grandi et commence à marcher

Ses premiers pas sont encore l’occasion de belles photos, et pas obligatoirement en intérieur. Immortalisez ces moments, par définition uniques et émouvants. Comme il est dit plus haut, placez-vous à sa hauteur (et tant pis pour vous si votre manque d’exercice physique vous contraint à quelques contorsions), et shootez, shootez, shootez. C’est un bon principe que celui de multiplier les prises de vues : vous en tirerez des images parfois sans intérêt, parce que peu différentes les unes des autres, mais vous aurez, à coup sûr, des images agréables que vous aurez plaisir à montrer… ou à garder précieusement !

Bien sûr, comme les enfants sont toujours imprévisibles – ou presque – c’est à vous qu’il appartient de savoir comment vous placer (face à lui, sur le côté, mais en gardant à l’esprit que son visage devrait être le point le plus intéressant de la photo) : laissez le s’exprimer et adaptez vous. Vous n’aurez pas, au préalable, oublié de régler correctement votre APN. Une photo est toujours un compromis entre 3 paramètres : vitesse, ouverture, sensibilité.

Un enfant qui commence à marcher ne se déplace pas à la vitesse d’un coureur de 100m, même de 5ème catégorie ! Mais il faut tout de même savoir conserver un temps d’obturation (vitesse) suffisant : 1/125ème de seconde devrait la plupart du temps suffire avec une focale standard. L’ouverture doit offrir une profondeur de champ suffisante pour que le sujet soit bien net, au moins sur les yeux si le regard de l’enfant est dirigé vers l’APN (f/5,6 ou légèrement plus fermé). Cela signifie que la sensibilité à retenir doit être compatible avec ces deux premiers paramètres pour obtenir une exposition correcte.

C’est pourquoi de nombreux photographes recommandent, dans ce cas, d’utiliser le mode TAv (disponible uniquement chez Pentax) qui permet, pour une vitesse et une ouverture données, une adaptation automatique, par l’appareil, de la sensibilité, dans la limite des réglages de sa configuration. Ne pas dépasser 1600 Iso (voire 3200 pour les boîtiers gérant le mieux le « bruit » engendré par la montée en sensibilité) est quand même une sage précaution. Bien entendu, tout ceci est affaire de préférences personnelles et d’expérience. Un photographe un tant soit peu confirmé n’aura besoin d’aucun de ces conseils car, souvent, il opèrera en mode manuel.

Mais, si vous n’êtes pas sûr de vous, il peut être utile de shooter en mode priorité vitesse, afin de figer le mouvement. Encore une fois, tout dépend du résultat que vous souhaitez obtenir.

 

L’enfance et la pré-adolescence

Longue période (de 2/3 ans à 10/12 ans) pendant laquelle le parent-photographe (ou le photographe occasionnel) devra sans cesse s’adapter à l’évolution de l’enfant, qui sera plus « remuant » et posera bien des problèmes : cette forte et rapide mobilité contraindra à plus de soin encore dans la préparation des « séances photo » : la vitesse d’obturation sera sans toute plus élevée (1/250ème, 1/500ème, voire plus, selon l’activité pratiquée par le sujet). Mais c’est un excellent moyen de progresser dans cette pratique et de conserver des images fortes en émotion(s). Les expressions du visage sont beaucoup plus « parlantes », plus variées.

Soyez discret, essayez de shooter pendant qu’il est concentré sur ses occupations, qu’elles soient sérieuses, comme les travaux scolaires, ou ludiques. Si vous utilisez un zoom type 70-200 f/2,8 (ou 50-135 f/2,8), vous pourrez opérer à une certaine distance. Ne demandez pas à ces enfants de poser, le naturel de l’expression de leur visage en souffrirait. Mais ne refusez pas pour autant leur complicité éventuelle.

Quelques expressions du visage obtenues sur une séance de quelques minutes :

En intérieur :

didi1 didi3 didi2 didi4

En extérieur :

didi6

 

 

A l’adolescence

la principale difficulté sera, dans de nombreux cas, d’avoir la possibilité de prendre des photos. Il est bien connu que les ados sont généralement assez réfractaires à l’exercice. Dans le cas contraire, ne vous privez surtout pas et, pour ménager la susceptibilité de certains, évitez d’immortaliser les situations dans lesquelles ils se jugeraient ridicules : leur avis est plus important à cet égard que le vôtre. Cela dit, vous n’êtes pas non plus obligé de leur montrer toutes les photos que vous aurez prises, pour le cas où, plus tard, ils changeraient d’avis. En revanche, vous n’êtes pas non plus obligé de les publier, surtout sur les réseaux sociaux !

 

Dans tous les cas

  • Soyez de bonne humeur, détendu, riez, plaisantez, et, si votre enfant joue, jouez avec lui (autant que possible, bien sûr): c’est contagieux, le « sujet » le ressentira et son attitude s’adaptera le plus souvent
  • Un maître mot : RESPECT ! les bébés, les enfants, les ados sont des personnes et doivent donc être respectés en tant que tels. Vous aurez tout à y gagner sur le plan photographique, bien sûr, mais pas seulement.
  • La « règle des tiers » apportera souvent plus de dynamisme à l’image, même si elle n’est pas dans tous les cas obligatoire (par exemple en portrait)
  • Souvenez vous qu’une mise au point de qualité s’effectue sur les yeux quand on photographie un visage
  • Multipliez les photos, vous accroîtrez vos chances d’en avoir de très belles.

 

* réflexe de Moro : du nom du pédiatre autrichien Ernst Moro (1874-1951)