La période des fêtes de fin d’année, dans nos pays occidentaux (mais pas seulement), est particulièrement propice à la réalisation de belles images de Noël ou du Nouvel An. Que ce soient la famille, les amis, les enfants ou bien la ville et ses lumières, les décorations en général, tout invite à la fête. C’est une occasion à saisir tout particulièrement pour garder des souvenirs photographiques.

Chacun a sans aucun doute ses priorités, voire ses a priori. Mais, très souvent, Noël est considéré comme « la fête des enfants » par excellence. Qu’elle rappelle de bons souvenirs ou pas, on aime bien « immortaliser » quelques moments qu’on aura plaisir à revoir plus tard.

 

 

Photographier la découverte des cadeaux

Généralement, quand on a des enfants ou qu’il y en a dans l’environnement immédiat, c’est tout naturellement leurs visages ravis (ou pas !) que l’on veut fixer. Les visages d’adultes peuvent aussi être intéressants, mais convenons que ce n’est pas tout à fait la même chose.

La découverte et l’ouverture des cadeaux sont alors un moment privilégié qu’il ne faut pas manquer. Car dites-vous bien qu’une fois les paquets ouverts, et surtout s’ils ravissent celui qui les a reçus, ce ne sera pas du tout la même expression que vous lirez sur les visages.

 

Quel matériel utiliser ?

Tout appareil permettant de prendre des photos sera « éligible », comme on dit, mais, là encore, le reflex bénéficiera de quelques avantages par les nombreux réglages qu’il permet. Ne nous berçons pas d’illusions : de plus en plus, par leur côté « toujours prêt » les smartphones, cette année encore, seront sur le devant de la scène (parfois même emballés !).

Notre rôle n’est pas de les dénigrer, d’autant que nous en sommes nous-mêmes utilisateurs. Mais convenons que, sur ce sujet comme sur d’autres, ils ont encore de sérieux progrès à faire pour concurrencer les appareils dits « sérieux » que sont les reflex. Et c’est surtout vrai sur le plan de la gestion de la lumière. Le flash d’un smartphone donne une lumière dure, très concentrée. J’entends déjà la critique concernant les flashes dont sont équipés bon nombre de reflex. Oui, ceux-là aussi, bien que donnant une meilleure lumière que ceux des smartphones, sont assez peu « malléables ». Attention alors aux fameux « fromages blancs » que deviennent les visages de nos chérubins ! Et ce d’autant plus qu’on a malheureusement tendance à se placer trop près pour prendre la photo.

Vous l’avez compris : malgré son encombrement, sa complexité, seul sera vraiment satisfaisant un bon flash avec réflecteur orientable, puissance modulable, et sur lequel on peut monter des accessoires pour filtrer la lumière. Si vous n’en avez pas, peut-être est-ce le moment de rédiger votre lettre au Père Noël ?

Photographier le sapin de Noël

C’est là encore une tradition bien installée. Mais il sera sans doute bien difficile d’obtenir une image très originale, sauf à avoir décoré le sapin de façon peu commune. Le sapin est un arbre en forme… de sapin (Merci Bobby Lapointe !). Il est donc bien plus large à sa base qu’à son sommet (tout le contraire d’un platane, par exemple). Il faudra en tenir compte si vous ne voulez pas le… tronquer.

À moins bien sûr de n’en photographier que certains détails des décorations. Vous pensez sans doute qu’une prise de vue en format portrait est probablement celle qui vient le plus naturellement à l’esprit. Eh bien, vous avez raison ! Sauf cas très particulier (par exemple si vous avez décoré 10 sapins dans votre jardin), c’est bien ainsi que se photographie un arbre. Raison de plus pour soigner son cadrage et ainsi bien mettre en valeur ce qui doit être mis en valeur !

Attention toutefois : si chez vous, le sapin est bien souvent issu d’un végétal naturel, parfois il est fait de matières artificielles, voire – surtout dans les centres commerciaux – par assemblage de sources lumineuses. Il est évident alors que la manière de le photographier ne sera pas la même dans chaque cas !

Sapin artificiel tout en lumière

Sapin artificiel tout en lumière

 

Sapin artificiel

Sapin artificiel

 

Quel matériel utiliser ?

Encore une fois le meilleur matériel pour cela est probablement celui que nous avons évoqué ci-dessus. Ce n’est pas du sectarisme, seulement du bon sens, et ce, pour les mêmes raisons : la gestion de la lumière. Un sapin décoré, ce sont des guirlandes qui clignotent, des reflets sur les boules brillantes et colorées, un certain relief. Autant d’aspects que le photographe se doit de bien contrôler pour en tirer la meilleure image possible. Ajouter de la lumière (flash) à la lumière émanant de l’arbre est toujours possible, bien sûr. Mais attention encore une fois à ne pas tomber dans l’excès. Un flash dont on peut doser la puissance sera alors quasiment indispensable. Ou alors, un flash orientable de façon à apporter de la lumière indirectement, par réflexion sur les murs ou le plafond… ou au moyen d’un réflecteur. Ce réflecteur peut être blanc ou légèrement coloré (couleur claire) selon ce que vous désirez obtenir. Essayez au préalable. Mais ces essais doivent être faits en amont, pas au dernier moment.

Cependant, vous pouvez aussi faire confiance à la montée en ISO de votre APN et, en choisissant une sensibilité relativement élevée, vous permettre une dispense de flash. Ne dépassez toutefois pas, si c’est possible, les 1600 ISO : au-delà, la montée du bruit numérique sur certains appareils viendrait plutôt gâcher l’image. À vous de voir en fonction de votre appareil.

 

Quelques pièges

Si votre désir est de photographier les grosses boules brillantes et colorées évoquées ci-avant, vous serez confrontés à un « piège » classique : ces sphères reflètent (et souvent parfaitement) TOUT ce qui se trouve autour, photographe compris. Vous aurez beau changer de position, votre reflet sous suivra (ben oui, une sphère est ronde de partout !). Alors mieux vaudra composer avec lui que chercher – vainement – à le supprimer à la prise de vue. Si vous voulez le faire, ce sera alors un travail non négligeable de post-traitement.

Ah ! les reflets indésirés...

Ah ! les reflets indésirés…

 

 

Photographier les illuminations et lumières de la ville

Toute séance de photo, quelle qu’elle soit, demande un minimum de préparation (et parfois plus que cela !). Bien sûr, on peut faire des photos « à l’instinct », avec ce que l’on a sous la main, dans n’importe quelles conditions. Mais pour quel résultat ?

C’est encore plus vrai pour les illuminations et lumières de la ville. Nous allons vous expliquer pourquoi.

 

Les préparatifs

La plupart du temps, les illuminations de Noël, dans les villes, sont installées en hauteur, accrochées à des lampadaires ou à des arbres, parfois entre deux immeubles. Ce positionnement n’est pas le plus facile pour le photographe : une image prise en contre-plongée (de bas en haut) comme en plongée (de haut en bas) induit obligatoirement des déformations avec les objectifs « classiques » : vous obtiendrez des images où le sujet aura pris une forme de trapèze qui ne correspondra pas à sa réalité et qui, esthétiquement, n’est pas du plus bel effet (sauf cas particulier, encore une fois : si c’est l’effet que vous recherchez, pas de problème !).

 

Prévoir

C’est pourquoi nous ne pouvons que vous recommander, si ce type de photo vous tente, de parcourir la ville quelques jours avant, bien entendu à une heure où des illuminations sont en fonctionnement. Cela vous permettra de repérer celles que vous pourrez « shooter » plus facilement, le positionnement qui devra être le vôtre (pour avoir le meilleur angle). Ainsi, vous saurez aussi quel(s) objectif(s) mettre dans votre sac photo et, éventuellement, quels accessoires avoir avec vous. Si vous n’êtes pas seul, un escabeau peut, en vous permettant de prendre de la hauteur, vous autorisez des images plus réalistes des illuminations. Attention toutefois à prendre vos précautions quant aux piétons qui pourraient vous heurter. C’est pourquoi il est recommandé de ne pas être seul dans ce cas : pendant que vous photographiez, vous pourrez bénéficier de l’assistance de votre ou vos « complices ».

Prévoir le lieu, c’est bien et c’est indispensable. Mais prévoir le moment est tout aussi indispensable.

 

À quelle heure ?

Vous pouvez, bien sûr, attendre l’heure où plus personne ne parcourt les rues pour avoir plus de tranquillité. Certes. Mais ce sera donc à une heure tardive. Et vous vous priverez, si le temps est clair, de l’« heure bleue » que nos cousins québécois nomment étrangement « brunante ». C’est cette belle couleur bleutée que prend le ciel pendant quelques minutes quand la nuit commence à tomber. On dit aussi « entre chien et loup ». Attention, cela ne dure pas très longtemps : 10 à 15 minutes pendant lesquelles il ne faudra plus réfléchir aux préparatifs, mais seulement à réaliser la meilleure exposition possible. De plus, la clarté va decrescendo : il faut en tenir compte ! Ces moments-là se préparent aussi : faites donc quelques essais pour, le jour J, vous mettre dans les meilleures conditions. Un autre avantage : la semi-pénombre a tendance à estomper les fils des guirlandes, ne laissant apparaître que les ampoules allumées (LED ou autres). Le contraste avec le ciel, moins fort que dans l’obscurité totale, permet de mieux gérer la lumière.

Un autre élément essentiel, voire primordial : la météo. On doit composer avec elle, quelle que soit la période, mais particulièrement en hiver. Et Noël, sous nos contrées, c’est en hiver ! Si une tempête de neige s’abat sur la ville au moment où vous êtes en train de photographier, cela peut évidemment donner de très belles images, mais aussi causer des accidents. Une chute peut vous conduire à l’hôpital tout autant qu’endommager gravement votre matériel. Alors prudence !

De plus, il peut s’avérer utile de vous protéger du froid, vous et… vos mains ! Mais il est utile aussi de penser à protéger le matériel.

 

 

Photographier les vitrines

En ville, beaucoup de commerces (et à Paris particulièrement les « Grands Magasins ») font de grands efforts pour présenter des vitrines animées sur des thèmes divers… et commercialement intéressants.

Cristal lilas

Cristal lilas

Ces vitrines sont souvent un régal pour les yeux, particulièrement ceux des enfants, mais pas seulement : il n’est qu’à voir le nombre d’adultes qui se postent ainsi devant elles empêchant les plus jeunes de s’en approcher. Heureusement, cela se règle bien souvent sans incident.

 

Comment s’y prendre ?

Photographier les vitrines est intéressant, mais aussi relativement piègeux.

La première difficulté, c’est de s’en approcher sans trop gêner (en tous cas pas longtemps) le regard des enfants sur ces mêmes vitrines. Évitez de monter sur les petites estrades qui leur sont réservées et soyez patient : attendez qu’un espace se libère derrière les « petites têtes blondes » (ou pas blondes !) pour en profiter aussitôt pour « shooter ». Cette patience vous aura laissé le temps d’analyser la situation et de tout prévoir sur les réglages de votre APN.

Reste que la foule qui souvent se presse devant ces vitrines risque fort de vous bousculer : il faut savoir en tenir compte. Assurez donc correctement la tenue de votre appareil (sangles, autour du cou ou pas, mais solidement tenues !). Pour l’éviter, vous avez toujours la possibilité de vous déplacer vers ses vitrines à des heures de moindre affluence, voire tard dans la nuit (pour autant que les vitrines restent animées la nuit aussi).

Une autre difficulté récurrente : les reflets. Qui dit « vitrine » dit « verre ». Dans la plupart des cas, vous ne pourrez pas éviter les reflets sur ces immenses surfaces de verre. Alors, autant composer avec eux ! Cela peut donner des images intéressantes, voire inattendues. Évitez cependant d’avoir votre propre reflet sur la photo. Pour ce faire, choisissez, autant que faire se peut, le bon angle, celui qui évitera ces inconvénients tout en assurant le moins de déformations possible. L’utilisation d’un filtre polarisant est aussi possible. Sans supprimer tous les reflets, ce filtre permet de les atténuer.

 

Reflets

Reflets

 

Généralement, la lumière émanant de ces vitrines est très largement suffisante pour assurer une exposition correcte de la photo. Et c’est tant mieux parce que, dans ces circonstances, un flash ne vous apporterait rien, sinon des désagréments et d’autres reflets plus difficiles à exploiter !

 

 

Et en toutes circonstances

Pour ce qui est des réglages de l’appareil photo, celui qui compte le plus est probablement le réglage de la balance des blancs. En intérieur comme en extérieur, vous serez confronté à des sources de lumière multiples, présentant donc différentes températures de couleur. En pareil cas, la plupart du temps, il faut opter pour un réglage privilégiant la source de lumière principale. Mais les heureux possesseurs de K-70, de K-3/K-3II ou de K-1 (notamment) peuvent utilement opter pour une balance des blancs « multi-auto », nettement plus à l’aise pour gérer les lumières de sources différentes.

Dans certains cas, par exemple à « l’heure bleue », le choix d’une balance des blancs « Tungstène » peut apporter des effets intéressants surtout sur le bleu du ciel.

Le reste des réglages est une question de circonstances (sujet animé ou pas, nécessité ou pas d’une grande zone de netteté, etc.), et il appartient alors au photographe d’opérer en fonction de ces circonstances. Ce qui, au fond, ne change pas de l’habitude !

Et, en fin de compte, n’oubliez pas que la période de Noël se caractérise aussi par de nombreux marchés de nuit, très colorés et animés. Vous pouvez aussi y réaliser de belles images et, pourquoi pas, quelques achats pour vos cadeaux.

Noël est aussi l’occasion, parfois, de voyager vers d’autres pays ayant des traditions différentes vous permettant de réaliser des images plus originales.

Ne pas oublier ceux qui ne fêteront pas Noël

Et enfin, « last but not least » comme on dit en bon franglais, ne perdez pas de vue que si c’est Noël pour vous, c’est-à-dire une période de fête, ce n’est pas obligatoirement vrai pour tout le monde. Alors si vous pouvez faire un geste en direction de celles et ceux qui le passeront dans la rue, oubliez un instant la photo et, à défaut de mieux, tendez leur une main charitable. Le sourire qui vous sera donné en retour vaut bien des cadeaux de prix !

Joyeuses fêtes !

 

 

Galerie

Le Père Noël est...

Le Père Noël est… (Photo Valia)

 

Est-ce-possible ?

Est-ce-possible ?

 

Aux Galeries Lafayette

Aux Galeries Lafayette

 

Aux Galeries Lafayette

Aux Galeries Lafayette

 

Vitrine de Noël Galeries Lafayette-1

Vitrine de Noël Galeries Lafayette-1

 

Vitrine de Noël Galeries Lafayette-2

Vitrine de Noël Galeries Lafayette-2

 

Crédit photo : Micaz et Valia – Cliquer sur les images pour les agrandir