Dans un précédent article, PentaxKlub a répertorié un certain nombre de problèmes ayant affecté les boîtiers reflex Pentax. Au tour maintenant des objectifs de « subir le même sort ». Précisons cependant qu’il est rare que des objectifs soient sujets à des pannes récurrentes. Rare, sans doute, mais certaines pannes sont bien réelles. Qu’en est-il ?

 

 

Les pannes générales

Ce sont des pannes qui peuvent affecter tout objectif, qu’il soit de marque Pentax ou d’une autre marque. Tout simplement parce que la production en nombre peut, là aussi, donner lieu à des défectuosités de construction. Cela arrive, répétons-le, dans tous les domaines et la photo n’y échappe donc pas.

 

Les problèmes de mise au point

Ce sont essentiellement les problèmes de front et de back focus. Cela signifie que la mise au point ne se fait pas au bon endroit, soit devant le sujet visé par le ou les collimateur(s), et c’est alors le front-focus, soit en arrière de ce sujet : c’est le back-focus. Lorsque le décalage n’est pas trop important, on peut le corriger par l’option adéquate dans le menu du boîtier (« Ajustement AF précis » chez Pentax – Option C.4.25 du menu du K-1, par exemple). Selon les boîtiers plus ou moins de réglages peuvent être enregistrés. Pour le savoir avec précision, se reporter au manuel du boîtier. Lorsque c’est fait, le firmware de l’appareil reconnaît – grâce aux contacts électriques – quel objectif a été monté et applique les corrections mémorisées pour cet objectif.

Bien entendu, ce n’est valable que pour les objectifs AF (et non, bien sûr, pour les objectifs à mise au point manuelle). Le réglage peut être annulé et refait à volonté.

Lorsque la correction par le menu s’avère insuffisante, alors il n’existe pas d’autre solution que de faire appel au SAV pour un nouveau calage de l’autofocus.

Les problèmes de front/back focus se rencontrent assez souvent, plutôt avec les objectifs des indépendants. Ils sont plus rares avec les objectifs de la marque et sont rarement insurmontables. Y remédier permet de tirer tout le potentiel des objectifs en matière de netteté et de piqué.

 

 

Les problèmes optiques

On entend par là les problèmes de vignetage (assombrissement plus ou moins prononcé des angles), la sensibilité au flare (lumières parasites) ou aux aberrations chromatiques ou encore le manque d’homogénéité centre/bords. Il s’agit de problèmes de construction contre lesquels il est impossible d’agir autrement qu’en post-traitant spécifiquement les images pour chaque « défaut » ainsi constaté. Sans certitude de parvenir à une correction totale, notamment pour le manque d’homogénéité. Pour ces problèmes optiques, le SAV ne pourra rien faire, ces cas ne relevant pas de problèmes « mécaniques ». Généralement, ce sont des soucis qui affectent moins les objectifs « haut de gamme » que les autres. Plus les traitements de surface des lentilles sont performants et plus rares seront ces défauts. Plus l’objectif est « haut de gamme » et mieux, en principe, il est construit.

 

 

Le décentrement de lentilles

Les problèmes de décentrement sont rarement présents sur les objectifs neufs et ne surviennent en général qu’après un choc sur l’objectif, entraînant un déplacement des lentilles à l’intérieur du fût. Il n’est pas nécessaire que ce déplacement soit important pour que le défaut apparaisse. Il se traduit alors par un flou sur une zone de l’image (en général un bord) alors que le reste apparaît net. La seule solution est dès lors un appel au SAV, et l’intervention ne peut pas être gratuite, les chocs n’étant pas couverts par la garantie.

 

 

Les pannes propres aux objectifs Pentax

La motorisation SDM

La motorisation SDM (Super Direct-drive Motor) est celle qui permet d’effectuer la mise au point AF. Ce type de motorisation est utilisé sur de nombreux objectifs de Pentax :

  • DA* 16-50mm f/2.8
  • DA* 50-135mm f/2.8
  • DA 17-70mm f/4
  • smc DA18-270mm F3.5-6.3 SDM
  • DA * 60-250mm f/4
  • DA* 55mm f/1,4
  • DA * 200mm f/2.8
  • DA * 300mm f/4

Et, parmi les plus récents :

  • HD PENTAX-D FA 15-30mm f/2,8 ED SDM WR
  • HD PENTAX-D FA 24-70mm f/2,8 ED SDM WR

 

L’AF des autres objectifs est piloté soit par un système « DC » (Direct Current Motor) soit par le moteur du boîtier (système screwdrive).

Cette motorisation, sans être d’une vélocité exemplaire (comparée à d’autres), est cependant relativement rapide et surtout silencieuse. La discrétion est toujours un avantage en photo.

 

 

Le DA* 16-50mm f/2.8, principal objectif touché
Le Pentax DA* 16-50mm SDM

Le Pentax DA* 16-50mm SDM

Si nous le citons, c’est probablement parce que c’est le plus « emblématique » des objectifs Pentax ayant posé problème. D’ores et déjà, et sans minimiser l’ampleur du sujet, rétablissons une vérité que beaucoup feignent d’ignorer : ce sont principalement les premières productions de cet objectif qui sont concernées. Le problème a fini par être résolu et les toutes dernières productions ne subissent plus les mêmes avatars. Dont acte ! Mais il ne fait guère de doute que c’est le modèle le plus touché par le problème SDM (Super Direct-drive Motor).

Ce 16-50mm, j’en ai possédé un exemplaire et il ne m’a jamais causé de souci. Et je l’ai même trouvé très bon. Peut-être ai-je eu de la chance ? Il a été testé par PentaxKlub en janvier 2016. À cette occasion a été avancée une hypothèse sur les raisons possibles de la défectuosité. Comme nous le relations, il s’agit très probablement d’une erreur de conception. À de nombreuses reprises, les exemplaires réparés par les SAV ont connu de nouvelles pannes. Ceci accrédite l’idée selon laquelle le moteur de l’objectif était remplacé par une pièce identique (non corrigée) qui dès lors présentait les mêmes faiblesses.

 

Une solution

Une solution a été trouvée par des utilisateurs, consistant à faire effectuer la mise au point par la motorisation du boîtier. Mais pour ce faire, il fallait modifier le firmware de l’objectif, ce qui nécessitait quelques précautions. Certains sites ont exposé la manière de procéder, tels PentaxForums aux USA et, en France, le site Pentaxiste.org.

D’autres objectifs touchés ?

En fait, même si c’est beaucoup plus rare que pour le 16-50, les autres objectifs SDM ont été touchés, à des degrés divers. Il ne s’agit, bien sûr, que des objectifs dotés de l’ancienne motorisation SDM. Les récents DFA 15-30mm et 24-70mm ne posent aucun problème à cet égard.

Quelques exemples ont été donnés : le DA* 50-135mm f/2.8, le DA* 60-250mm f/4 et même le DA 17-70mm dont on a longtemps dit qu’il ne connaissait pas cette panne. Or, lors d’un comparatif effectué par PentaxKlub, la même défaillance s’est produite : panne d’AF, nécessité de faire la MaP manuellement.

On le voit, ce sont essentiellement les zooms SDM Star * qui ont été touchés. Beaucoup plus rarement on a pu rencontrer un problème de MaP en AF sur le DA* 300mm f/4, mais il n’existe aucune certitude que ce soit le même type de panne.

Que faut-il en conclure ?

Les réparations ont été prises en charge par le SAV Pentax, mais moyennant finances, bien sûr, si l’objectif était hors garantie. Et l’addition selon le travail à effectuer (simple mise au point ou changement de joints ou, plus souvent, changement de moteur) pouvait dépasser les 300€.

On peut dès lors comprendre l’exaspération des possesseurs de 16-50mm victimes plusieurs fois de la même défaillance. À l’époque, ce zoom coûtait plus de 900€ quand ses concurrents 17-50mm de Sigma ou Tamron coûtaient deux fois moins cher pour des résultats optiques comparables (j’ai personnellement toujours trouvés très bons, voire excellents, les résultats du Pentax et je ne me joins pas à ceux qui, sur ce point, le dénigrent).

Mais nul doute que ces pannes (trop) fréquentes ont jeté le discrédit sur les optiques SDM. Pourtant Pentax poursuit et utilise toujours des motorisations SDM sur certains de ses zooms récents (le DFA * 15-30mm par exemple). Gageons cependant qu’il ne s’agit pas tout à fait de la même motorisation et que les leçons du passé ont été tirées. Du reste, d’autres zooms récents sont dotés d’une motorisation « DC », moins silencieuse probablement, mais plus rapide et, on l’espère, plus fiable.

 

 

Le DA 21mm f/3.2

Le Pentax HD DA 21mm f/3.2 Limited

Le Pentax HD DA 21mm f/3.2 Limited

 

Voilà un objectif dont la qualité ne fait pas de doute. Il cadre, sur boîtier APS-C, comme le ferait un 32mm sur boîtier FF. Autrement dit, c’est un objectif pour la photo de rue, de paysage, etc. Et il est donc assez répandu.

Mais voilà, certains exemplaires ont connu une mésaventure peu commune : ils se sont séparés en deux parties. Les victimes de cet incident ne savent pas quelle en est la raison. Il ne s’agit pas d’une mauvaise utilisation.

Nous avons déjà évoqué cet incident en conclusion de notre test de l’objectif. Re-précisons que seuls semblent avoir été touchés des exemplaires de la 1ère série. La 2ème série (HD) ne semble pas avoir connu cet incident. Il n’empêche : cela fait un peu désordre pour un objectif qui appartient à la gamme « DA Limited » dont la qualité (y compris de fabrication) est généralement exempte de tout reproche.

 

Le processus

Généralement, il se produit un bruit lors de la mise au point AF, une sorte de sifflement, comme lors du frottement de pièces métalliques. L’utilisateur, constatant que la MaP ne se fait pas, passe en MaP manuelle. Et là, c’est l’incident : en tournant la bague de mise au point, l’objectif se casse en deux parties. Bien entendu, aucun signe avant-coureur ne s’est manifesté.

L’incident a pu se produire aussi bien sous garantie que hors garantie. Aucun problème dans le premier cas. Certains DA 21 concernés ont alors été purement et simplement échangés. Hors garantie, la réparation a, dans un cas, été facturée 126€. Dans un autre cas, 102€ : 3 vis internes s’étaient dévissées, entraînant la séparation en 2 parties : le réparateur concerné a été cité par PentaxKlub dans cet article (dernier de la liste). La réparation a donné lieu à 1h30 de main d’œuvre. Il s’agit là de réparations faites en France. Sur un forum, un membre, installé au Vietnam, a subi le même incident et a fait réparer son objectif sur place. Après 2H de main d’œuvre, il dit avoir réglé pour la réparation l’équivalent de… 1,75€ !

 

Autres réparations

Certains utilisateurs ont tenté eux-mêmes la réparation, en s’inspirant des modalités de démontage trouvées sur le web, sur un site chinois. Ou, traduit par Google ici. PentaxForums lui-même a consacré un fil à ce sujet. Pour y parvenir sans casser quoi que ce soit, l’utilisation de matériel de grande qualité (tournevis) est fortement recommandée.

D’une manière générale, les témoignages des victimes laissent penser qu’il ne s’agit pas d’un défaut de conception, mais plutôt d’un montage quelque peu désinvolte : il n’est pas normal que des vis internes se dévissent toutes seules.

 

DA 70mm f/2.4 Ltd

Plus rarement, le DA 70mm f/2.4 Ltd a lui aussi connu le même incident.

Pentax HD DA 70mm f:2.4 Limited

Pentax HD DA 70mm f:2.4 Limited

 

Le DA 55-300mm f/4-5.8 ED (Version 1 non HD non WR)

Certains utilisateurs ont indiqué que la mise au point pouvait être défectueuse en cadrage vertical, photos à l’appui. Cela se produisait essentiellement à la plus longue focale. La raison, selon eux, pouvait venir d’un jeu entre les deux éléments du fût. Il s’allonge en effet considérablement à cette focale.

Pour notre part, nous n’avons jamais constaté le phénomène, comme indiqué dans notre test comparatif. Ce qui ne veut pas dire que le phénomène n’a jamais existé sur d’autres exemplaires. Pentax n’a jamais voulu admettre qu’il pouvait s’agir d’un défaut de construction. Dès lors, les utilisateurs qui n’ont pas pu se faire échanger leur zoom l’ont soit revendu, soit gardé, en s’accommodant du défaut.

Il semble que la version 2 (HD) n’ait pas eu à souffrir de ce défaut, pas plus que la version la plus récente, la ED PLM WR RE.

 

Et chez « les autres » ?

D’une manière générale, Pentax bénéficie d’une réputation justifiée de robustesse. Mais les techniques modernes de fabrication (et la sous-traitance ?) peuvent engendrer des problèmes. Qu’on se rassure, si nécessaire ! TOUTES les marques peuvent aussi connaître des problèmes de fabrication. L’essentiel étant, bien sûr, que les erreurs soient corrigées et que la marque parvienne à conserver la confiance des utilisateurs.

Les marques « compatibles » elles non plus ne sont pas exemptes de défauts. On a pu, par exemple, trouver des soucis de front/back focus chez Tamron ou des soucis de montage de certains objectifs Sigma sur le Pentax K-1 (le fameux problème des rayures). Sigma a d’ailleurs parfaitement réagi en réparant rapidement et gratuitement les objectifs concernés.

 

La confiance… Garder la confiance, c’est important pour tous dans un marché photo en déclin.