Avec beaucoup de retard, nous testons enfin le K-3.

C’est à la fin octobre 2013 qu’est apparu le K-3. Signe de la reprise en main par Ricoh, ce boîtier expert marqua une évolution importante chez Pentax avec un nouveau module autofocus nettement plus perfectionné, un capteur 24Mpx et quelques autres nouveautés marquantes. Avec, comme résultat, un des meilleurs APS-C de sa génération.

Les boîtiers K-3 et K-3II étant très proches, il sera préférable de lire le test du K-3II en complément de cette prise en main qui sera plus succincte.

 

 

Présentation du boîtier K-3

Extérieurement, il est similaire à son prédécesseur, le K-5. Il s’agit de la forme de flash grip inauguré avec le K-7, et qui est toujours d’actualité (cf le tout récent K-1). La prise en main est franche avec une impression de solidité. Il s’agit d’une construction tout temps, avec de nombreux joints d’étanchéité. Il saura supporter projections, neige ou autre averse tropicale sans difficulté.

De manière générale, on retrouve l’ergonomie chère à Pentax avec la double molette par exemple, un viseur pentaprisme dont la couverture de champ est de 100% pour un grossissement de 0,95x (soit 0,63x équivalent FF) et l’ensemble des touches accessibles rapidement, car « sous le pouce » lors de la prise de vue.

 

 

Principales caractéristiques techniques

On y trouve un capteur de type CMOS de 24Mp d’origine Sony, une vitesse d’obturation à 1/8000s, une synchro flash à 1/180e, une cellule de 86000 zones pour la mesure d’exposition et un module autofocus à 27 collimateurs (dont 25 en croix). Il s’agit du module SAFOX, dans sa version 11. Il s’agit donc d’un nouveau système complet qui a fait son apparition avec ce boîtier.

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Prise en main

La prise en main est excellente, mais le grip (D-BG5) est le bienvenu pour les grandes mains. La poignée, creusée, permet d’offrir un excellent maintien de l’appareil sans crainte particulière et sans faire mal aux doigts. Le boîtier en magnésium et le châssis en acier inoxydable sont solides. Le poids est 800gr (batterie et carte incluse, hors grip), ce qui reste raisonnable pour un boîtier reflex expert.

 

Ergonomie

Les 2 molettes (sous le pouce pour l’une et sous l’index pour la seconde) permettent de modifier à la volée, et cela, sans se référer visuellement au boîtier, les principaux paramètres selon le mode dans lequel on se trouve. On peut modifier leur fonctionnement à travers les menus. Les autres touches sont aisément accessibles, facilitant l’accès aux options, y compris pour le trèfle de sélection des fonctions de sensibilité, d’activation du flash, de cadence (rafale / retardateur / surimpression / timelapse / télécommande) et de balance des blancs.

La touche de bascule rapide permettant de modifier le fonctionnement du trèfle (mode visée) ou la bascule entre les deux logements de cartes (mode lecture) pose néanmoins problème. Elle est placée un peu trop bas, ce qui peut gêner son utilisation en mode visée.

Vue arrière du K-3 / K-3II

Vue arrière du K-3 / K-3II

 

Ce boîtier conserve l’écran d’information reprenant les principales fonctions et/ou options sélectionnées (touche Info). Cet écran permet d’un seul coup d’oeil de vérifier les choix de paramètres en cours et de les modifier sans aller dans les menus de l’appareil.

Le bouton RAW, sur le flanc gauche, se dote d’une fonctionnalité nouvelle puisqu’il peut être personnalisé. S’il permet, dans sa fonction initiale, de passer en mode RAW temporairement quand la prise de vue s’effectue en JPEG, l’utilisateur peut lui attribuer une autre action, comme un accès direct au bracketing d’exposition.

Côté bruit de déclenchement, le boîtier se montre assez silencieux, nettement plus que la concurrence équivalente.

 

Fonctionnalités

Un flash « pop-up » est intégré, avec les limites habituelles (nombre-guide insuffisant, ombre de certains objectifs sur la photo, etc.).

Le GPS est disponible via le module externe O-GPS1 qui ouvre les portes à la géolocalisation des photos ou la prise de vue du ciel de nuit (compensation de la rotation terrestre).

Deux emplacements pour cartes SD sont proposés, compatibles avec toutes les normes actuelles jusqu’à l’UHS-I. En mode photo, les deux emplacements fonctionnent soit par débordement (dès qu’une carte est pleine, l’autre prend la relève), soit par copie (les images sont immédiatement dupliquées, à l’instar de disques durs en RAID 1,  sur les deux cartes, l’une servant alors de sauvegarde en cas de problème) soit en mode sélection (1 carte reçoit les JPEG et l’autre les fichiers bruts). En mode vidéo, on peut dédier une des deux cartes pour les films.

Le second emplacement peut-être utilisé par une carte spéciale permettant de proposer un mode WiFi avec prise de contrôle du boîtier par un smartphone (via une application dédiée disponible sur les différents stores).

La consommation électrique est raisonnable, une batterie permettant de faire 750 à 800 photos (sans liveview ou flash).

 

Cadence de prise de vue et stabilisation

Le mode rafale permet de prendre des photos à une cadence de 8,5 images par seconde. C’est suffisant dans bien des utilisations, y compris pour la photo sportive ou animalière. Le buffer (mémoire tampon avant l’inscription sur la carte SD) se montre suffisant pour mettre la prise de vue en rafale pendant 4 secondes, avant que la cadence ne ralentisse.

La stabilisation reste mécanique chez Pentax, ceci depuis le K-10D. C’est le capteur qui se déplace pour compenser les mouvements du boîtier. Comme le système SR est intégré au boîtier, toutes les optiques compatibles en monture K sont stabilisées.

En pratique, à 50mm (équivalent 75mm en FF), sans trépied ou autre, les photos à 1/40s ne sont pas floues. Le déchet commence à 1/30s. Pour rappel, sans stabilisation, la vitesse à ne pas dépasser est, pour la plupart des personnes, de 1/80s…

 

Autofocus

Le SAFOX 11 apporte son lot de nouveauté. Un AF amélioré et surtout comportant 27 collimateurs (dont 25 en croix), tous relativement centrés, sauf les 2 extrêmes. La mesure d’exposition s’effectue désormais sur 86 000 zones, au lieu de 77 comme sur le K-5.

Pentax s’améliore bien que de nombreux points restent perfectibles (plus de collimateurs,  meilleure répartition sur la zone de prise de vue, réactivité et prédictivité).

 

Traitement des images

Le K-3 intègre une fonctionnalité de correction des déformations optiques qui ne fonctionne qu’avec les objectifs de la marque Pentax. La correction des aberrations chromatiques, le vignettage et la diffraction sont également possibles. N’hésitez pas à activer ces différentes options, surtout si la prise de vue s’effectue en JPEG. Attention, cela peut avoir un impact sur la durée d’enregistrement des images.

Si le traitement JPEG est paramétrable par l’utilisateur, le constructeur propose une dizaine de réglages préparamétrés.

Le capteur APS-C est de type CMOS de 24Mpx (24,35Mpx effectif) avec une plage de sensibilité ISO allant de 100 à 51200. Le filtre passe-bas est absent, avec une incidence non négligeable sur la qualité de l’image en matière de détails fins. Cela pourrait avoir un impact sur le moirage, mais ce dernier est très bien contenu, même en l’absence de ce filtre passe-bas. Ce dernier peut néanmoins être émulé logiciellement.

 

Qualité des images et tenue en ISO

Sur la montée en ISO, Pentax a apporté une modification au processus du traitement du RAW. Jusqu’au K-5II/K-5IIs, un prétraitement du bruit était effectué, proposant alors une image moins bruitée. Avec le K-3, Pentax n’effectue plus de prétraitement, l’image étant alors plus brute. Par conséquent, un RAW K-3 paraîtra plus bruité qu’un RAW K-5/K-5II/K-5IIs à ISO équivalent. Ce qui valut au K-3 une moins bonne réputation dans les hauts ISO. Certes, le phénomène du bruit est amplifié par l’augmentation du nombre de photosites (24mpx au lieu de 16mpx), mais cela n’explique pas tout.

 

1/80s à f/5 - ISO 3200 - Sigma 17-50 f/2.8 - 17mm [pas de correction du bruit]

1/80s à f/5 – ISO 3200 – Sigma 17-50 f/2.8 – 17mm [pas de correction du bruit]

En jpg, une dégradation est constatée dès 400 ISO pour devenir difficilement exploitable au-delà de 160 ISO (tirage de type A4). Le format RAW va lui permettre d’utiliser des valeurs plus hautes, jusqu’à 2000 ISO, voire 3200 ISO. Néanmoins, nous vous déconseillons de dépasser cette dernière valeur, sauf circonstances exceptionnelles, des artefacts pénibles étant de plus en plus visibles.

En mode RAW, les capacités du capteur CMOS sont pleinement exploitées par Pentax. Toutes les possibilités de développement post-traitement sont ouvertes, surtout que les fichiers RAW sont sur 14 bits d’information couleur. Ce qui permet d’obtenir une plus grande finesse et un meilleur rendu. Les détails sont fins et les images sont très propres, même par temps particulièrement gris.

 

 

 

Conclusion

Les Plus

  • Bonne gestion du bruit électronique jusqu’à 2000 ISO
  • Sensibilité en basse lumière
  • La construction baroudeur « tout temps »

 

Les moins

  • WiFi toujours pas intégré
  • Ecran non orientable
  • Autofocus bruyant pour les objectifs non DC ou SDM

 

Note

Note_4-0

 

Appréciation PENtax Klub

Le K-3 est un excellent boîtier avec un capteur correctement maîtrisé par Pentax. Il produit des images de grande qualité. C’est presque un sans faute pour ce boîtier. En 2016, presque trois ans après sa sortie, il reste une valeur sûre aussi bien en neuf qu’en occasion. Ceux qui l’achèteront feront une bonne affaire. Aujourd’hui, on peut disposer d’un boîtier de type APS-C expert à un coût raisonnable.

Le K-3II apporte certes quelques améliorations, mais pour certains, il y a aussi des régressions (comme l’absence de flash interne). D’ailleurs, le K-3 version II n’a pas remplacé le K-3, comme certains l’avaient annoncé. À noter qu’un successeur au K-3/K-3II ne sera pas disponible avant le début 2017.

 

Approved

 

 

Galeries

1/50s à f/14 - ISO 100

1/50s à f/14 – ISO 100

 

15s à f/13 - ISO 200

15s à f/13 – ISO 200

 

1/80s à f/14 - ISO 400

1/80s à f/14 – ISO 400

 

 

Iconographie by fyve – photos du boîtier par Ricoh Imaging – cliquez sur les photos pour agrandir