Les problèmes de fabrication existent dans tous les domaines industriels. Que l’on parle d’automobiles, d’appareils ménagers ou de multimédia, les défauts de fabrication, heureusement relativement rares n’en sont pas moins une gêne pour les consommateurs.

La photo n’échappe pas à ce phénomène. Dans ce premier volet, nous évoquerons les pannes les plus fréquemment rencontrées sur les boîtiers. Dans un second volet, nous nous pencherons sur celles qui affectent les objectifs et les accessoires.

Bien entendu, TOUS les fabricants et toutes les marques sont concernés. Toutefois, il serait très malvenu de parler ici des soucis rencontrés par les possesseurs de boîtiers d’autres marques que Pentax. À chacun ses turpitudes. Cet article ne concernera donc que les pannes constatées sur les boîtiers numériques reflex Pentax.

Pour chaque appareil, ou série d’appareils, nous relèveront les pannes constatées, les palliatifs possibles, s’il en existe, et la prise en charge (ou pas) par le SAV.

 

En préambule

Dans la photo comme dans n’importe quel autre secteur soumis à une production industrielle, il peut se produire des incidents de fabrication. Ces incidents peuvent, à plus ou moins brève échéance, entraîner des dysfonctionnements. Nous ne considérerons, dans ce dossier, que les incidents qui affectent un nombre relativement important de boîtiers touchés par un même dysfonctionnement. Les problèmes isolés, ou exceptionnels, pour dommageables qu’ils soient, ne seront évoqués que s’ils présentent un intérêt particulier. Il en sera de même des incidents dûs à une mauvaise utilisation des boîtiers. En effet, si les forums regorgent de ce type de problèmes, force est de reconnaître que les fabricants n’en sont que rarement responsables !

 

 

La série *Ist

Problème : après un changement de piles, l’appareil refuse de fonctionner et annonce qu’il n’y a plus de batteries.

Il semble que le problème se soit posé après une longue période d’inactivité du boîtier pendant laquelle on a retiré les batteries (piles). De fait, ce n’est pas une véritable panne, sauf si l’on considère que l’absence d’énergie a vidé la mémoire interne de l’appareil. En général, remettre des piles neuves (ou des accus bien chargés) suffisait à résoudre le problème.

Certains utilisateurs ont également signalé un problème de « photos noires », récemment rencontré aussi sur la série K-30, K-50, K-500 (voir le paragraphe correspondant). Pentax ne semble pas avoir pris en charge les réparations.

Mais, globalement, cette série n’a pas connu de problème récurrent.

Pentax *IstD

Pentax *IstD

 

Les K100D, K110D et K200D

Problème : peu de problèmes rencontrés, hormis une surconsommation d’énergie dans certains cas. Mais il est difficile de mettre en cause le boîtier tant les habitudes du photographe peuvent influer sur la consommation (utilisation fréquente du liveview et/ou du flash notamment).

Pentax K200D

Pentax K200D

 

Les K10D et K20D

Bien qu’il s’agisse de boîtiers « tropicalisés », quelques rares problèmes d’étanchéité ont été rapportés, après utilisation en milieu humide. Il est difficile en pareil cas de faire agir la garantie, sauf à prouver – et ce n’est guère facile – que les joints d’étanchéité se sont avérés défectueux.

Par ailleurs, cette garantie sera refusée si le boîtier a été utilisé avec d’anciens objectifs ou des objectifs non « WR ». Dans l’un (au moins) des cas rapportés, c’était bien la situation constatée : un K10D avec un objectif ancien. Il est difficile, dès lors, d’incriminer le boîtier.

Là encore, cette série n’a pas connu de sérieux problème de fiabilité, ce qui explique en partie son succès.

Pentax K10D

Pentax K10D

 

Les K-x, K-m et K-r

Les rares problèmes évoqués concernent une usure rapide – et parfois très rapide – des piles ou accus utilisés. Souvent ces problèmes surviennent après une longue période de non-utilisation des boîtiers. Faut-il les mettre en cause pour autant ? Sans doute est-il préférable de les utiliser à intervalles réguliers (comme une automobile, par exemple) de façon à éviter ce genre de difficultés. Sans doute aussi est-il préférable d’utiliser des accus ou des piles de très bonne qualité et dont la tenue en charge est avérée.

Sur un forum, le problème des « photos noires » souvent rencontré sur la série K-30 (voir ci-après) a aussi été soulevé sur un K-r.

Pentax Kr

Pentax Kr

 

Le K-7

Pour le K-7, les problèmes rencontrés n’ont rien à voir avec la mécanique ou l’électronique de l’appareil. Aucun dysfonctionnement notable n’a été signalé de façon récurrente. Il lui a seulement été reproché une assez piètre qualité d’image au-delà de 800 ISO, et encore, dans certaines conditions.

Pentax K-7

Pentax K-7

 

 

La série K-5 (K-5, K-5II, K-5IIs)

Pentax K-5 vu de dos

Pentax K-5 vu de dos

Taches du capteur

Le principal problème de cette série est apparu essentiellement sur les toutes premières productions du K-5. Mais le nombre d’appareils touchés était important. C’est le problème dit « des taches du capteur ». Cela se traduisait sur les photos par des zones floues ressemblant à des gouttes d’eau, flou qui ne pouvait pas être attribué à des défections dans la prise de vue. Et, de fait, aucun nettoyage du capteur ne s’avérait efficace. Ces taches « en chapelet », plus ou moins nombreuses, pouvaient se situer en n’importe quel endroit du capteur.

Pentax Japon a admis la réalité du problème et a pris et fait prendre en charge les réparations des capteurs.

Taches « en chapelet » sur le capteur de certains K-5

 

Bouton de déverrouillage d’objectif

Ce problème est apparu dès 2011, soit quelques mois à peine après la sortie du boîtier, sur certains exemplaires de K-5. Le bouton de déverrouillage d’objectif sortait inexplicablement de son logement et pouvait donc être perdu. On imagine tout de suite les conséquences de cette perte sur le plan du changement d’objectif ! Quand on essayait de le remettre en place, il ne se clipsait plus suffisamment pour tenir solidement.

La réparation a parfois été effectué, avec plus ou moins de succès, par le SAV officiel pour un prix non négligeable hors garantie (+ de 170 € !). « Plus ou moins de succès », car, dans certains cas, la réparation n’a tenu que quelques jours. Aussi a-t-on vu fleurir des « réparations-maison » avec utilisation, selon le cas, de ruban adhésif et même de pièces de « Lego » ! Voir ce lien.

Pas de prise en charge par Pentax.

 

Pentax K-5II

Pentax K-5II

Les K-30, K-50 et K-500

Symptôme constaté : des photos très sombres, voire complètement noires

On pourrait croire à une mauvaise utilisation, mais ce n’est pas le cas. Il ne s’agit pas d’une sous-exposition extrême par la faute de l’utilisateur. En fait, le diaphragme reste bloqué à la plus petite valeur d’ouverture (f/22 généralement).

Différents forums ont fait part de ce souci. Le problème touche un nombre important de boîtiers, surtout des K-30 et des K-50 (mais sans doute parce que ce sont les plus vendus dans cette « série »). Et quels que soient le nombre de déclenchements et l’ancienneté des appareils. Il disparaît généralement lorsque l’on shoote en rafale, pour revenir aussitôt après !

Les discussions sur les forums Pentax nous apprennent que la marque ne reconnaît pas un défaut de conception et par conséquent ne prend pas en charge la réparation hors garantie. Or, le problème vient d’une pièce en « U » dans un électro-aimant commandant la fermeture de diaphragme. Elle semble mal usinée et ainsi ne remplit pas le rôle qui lui est dévolu.

L’absence de prise en charge par Pentax a conduit certains utilisateurs à tenter eux-mêmes la réparation. Plusieurs y sont parvenus et une certaine entre-aide s’est mise en place sur certains forums. Bien entendu, si le problème survient pendant la période de garantie, il est préférable de faire appel au SAV, par l’intermédiaire du vendeur. Mais on peut comprendre que, hors garantie, les « victimes » de la panne acceptent mal de payer une réparation relativement onéreuse (plus de 200€). Car, si la pièce incriminée est remplacée par une pièce identique, le problème risque de se reproduire à plus ou moins brève échéance.

Pentax K-30 (Image Ricoh-Imaging)

Pentax K-30 (Image Ricoh-Imaging)

 

Le K-70

Aucun incident grave n’a, à notre connaissance, été signalé. Les difficultés parfois rencontrées concernent uniquement l’utilisation « limite » par les photographes (grand froid, batteries,…).

K-70 version Silver, écran ouvert

K-70 version Silver, écran ouvert

 

La série K-3 (K-3, K-3II)

Peu de problèmes encore sur cette série. Mais « peu » ne signifie pas qu’aucun incident n’a été constaté !

Il est parfois arrivé des blocages complets de l’obturateur : toute photo est alors impossible, bien sûr ! Mais nous n’avons pas connaissance de l’étendue du problème. Cela relève probablement des aléas de fabrication ou d’une utilisation dans des circonstances particulières.

Un problème plus fréquent, celui du « miroir fou ».

On sait que lorsqu’on déclenche sur un reflex, le miroir se relève afin dégager le capteur qui reçoit alors « la lumière ». Le problème est que la photo n’est pas prise, mais que le miroir se rebaisse et se relève à grande vitesse, comme dans une rafale de photos. Éteindre l’appareil ne suffit alors pas à l’arrêter. La seule solution est d’éteindre le boîtier, bien sûr, mais aussi de retirer la batterie. Privé d’énergie, le miroir reprend alors sa position normale, baissé. J’ai personnellement subi cet incident une fois, une seule, en 12 000 déclenchements environ. Mais de nombreux autres utilisateurs de K-3 ont connu le même incident. Aucune conséquence particulière n’a été signalée et la cause du problème est restée inconnue.

Le Pentax K-3 nu

Le Pentax K-3 nu

 

Le KP

Ce boîtier date d’un an à peine à la date de ce dossier. Pour l’heure, aucun incident fâcheux n’a été rapporté.

Le Pentax KP

Le Pentax KP

 

Le K-1

Le "plein format" de Pentax : le K-1

Le « plein format » de Pentax : le K-1

Molette des modes

Les premières séries de K-1 ont été affectées par un blocage de la molette des modes. Quelle que soit la position choisie (Av, TAv, etc. …), le mode de prise de vue reste bloqué en mode « M » (manuel). Évidemment, ce n’est pas sans incidence même s’il reste possible de photographier en mode « M », ce que tout le monde n’est pas capable de faire. Cela étant, on peut supposer que les acheteurs de K-1 sont suffisamment expérimentés pour savoir shooter en mode manuel !

Fort heureusement, les SAV ont pu réparer sous garantie les boîtiers touchés, le problème étant apparu très tôt. L’origine de la panne n’a cependant jamais été précisée. S’agit-il d’une erreur de conception ? D’un souci de fabrication ? Nul ne le sait vraiment… sauf peut-être le constructeur, qui n’a pas communiqué sur le sujet.

Les séries suivantes n’ont pas connu ce problème.

 

Réinitialisation intempestive

Très rare, cet incident n’a que peu de conséquences puisqu’il s’agit d’une réinitialisation aux réglages d’usine. Il suffit de rétablir ses propres paramètres pour résoudre le problème qui, généralement, ne se reproduit pas. Même si on manque peut-être un peu de recul pour l’affirmer avec certitude. Évidemment, cela peut avoir des conséquences sur les photos qui suivent l’incident si l’on ne s’en aperçoit pas. Mais les inconvénients restent mineurs et coûtent juste un peu de temps pour refaire ses propres réglages.

Le problème, dans les cas évoqués, semble lié à une inutilisation prolongée du boîtier, entraînant une perte de charge de la batterie. Le conseil à donner est donc simple : ne jamais rester longtemps sans faire des photos ! Avec le K-1, ce n’est généralement pas difficile !

 

Surexposition

Un problème de surexposition se produit aléatoirement avec le même K-1. Rarement, il est vrai, mais de façon inexplicable ! En effet il se produit sans que l’utilisateur change quoi que ce soit à ses réglages de prise de vue, ni même qu’il change de sujet ou d’angle de vue. Une photo est soudain nettement surexposée, de plusieurs valeurs de diaphragme. L’exposition de la photo précédente est correcte, celle de la suivante aussi ! Nous avons cherché une explication à ce phénomène et une possibilité crédible nous a été donnée lors du dernier salon de la photo par un démonstrateur de la marque. Il semblerait, en effet, qu’il s’agisse d’un souci de remise à zéro, entre 2 prises de vue, de la charge d’électrons au niveau d’un condensateur. Ainsi la vue suivante enregistrerait une surcharge de lumière provoquant la surexposition constatée. Toutefois ce phénomène affecterait toutes les marques, et pas seulement Pentax. C’est compréhensible dans la mesure où ce ne sont pas obligatoirement les marques elles-mêmes qui fabriquent tous les composants électroniques que l’on trouve dans les boîtiers.

Ce souci étant rare et parfaitement aléatoire, il est difficile de l’analyser avec précision. Mais l’explication ci-dessus est plausible. Pour autant, la rareté du problème ne justifie pas vraiment l’intervention du SAV, du moins en état actuel des choses !

 

 

Et en moyen format (645D/645Z) ?

Nous avons parcouru le Web à la recherche de récriminations sur quelque problème récurrent du Moyen-Format de Pentax. Échec total ! Ni le 645 D ni le 645Z ne semblent avoir souffert de problèmes particuliers. Certes leur fonctionnement a pu parfois paraître étrange à certains utilisateurs, mais ce n’étaient que des difficultés… d’utilisation, justement ! Dont acte !

Mais s’il se trouve parmi nos lecteurs des insatisfaits du moyen format numérique de Pentax, qu’ils nous l’indiquent, nous nous ferons un devoir de mettre à jour cet article. Même si cela doit écorner le plaisir de constater que pour l’heure il n’y a rien à lui reprocher.

Le boîtier Pentax 645Z

Le boîtier Pentax 645Z

 

Mise à jour au 12/03/2018

Un lecteur, utilisateur depuis de nombreuses années d’un Pentax 645D, nous a signalé deux problèmes :

1. Avec certaines batteries génériques, il arrive que le boîtier s’éteigne brutalement alors que la batterie n’apparaît pas vide. Après action sur l’interrupteur (Off puis On) l’écran de contrôle scintille en continu.

La solution a consisté à remplacer la batterie par une autre bien chargée.

2. Le deuxième problème survenu est plus gênant. Au 1/125, et à cette vitesse uniquement,  une bande légèrement sous-exposée apparait sur un des côtés de l’image. Elle est quasiment indétectable sur une prise de vue normale, mais bien visible sur un fond blanc uni. Ce problème, déjà constaté par d’autres utilisateurs, est rarement rapporté car passant pratiquement inaperçu.

Dans ce dernier cas, l’origine du problème n’a pas pu être déterminée et aucune solution ne nous a été signalée.

Nouvelle mise à jour au 15/03/2015

Notre lecteur a reçu une réponse de Ricoh par l’intermédiaire du SAV : le phénomène évoqué ne se produisant que sur le 645D et au 1/125s, Ricoh préconise de « descendre » au 1/100s et signale que le 645Z n’est pas touché. On aurait pu attendre une meilleure réponse !

Conseils pour l’utilisation des boîtiers Pentax

« Les conseilleurs ne sont pas les payeurs », dit un célèbre diction. C’est exact, mais parfois il est bon de faire preuve d’un peu de bon sens.

Par exemple, il a parfois été rapporté des problèmes avec l’utilisation d’une poignée d’alimentation (« grip ») aboutissant à « geler » les fonctions du boîtier. Cela s’est produit avec des grips « no name » ou de marques tierces. Jamais avec des grips de la marque. On doit en déduire que, malgré le prix plus élevé, il est souvent préférable d’utiliser le matériel de la marque. Que l’on ne nous fasse pas dire qu’il ne faut pas adopter du matériel compatible ! Certaines marques tierces font aussi preuve de sérieux dans la fabrication et méritent donc considération. Mais la prudence est recommandée : il est préférable de bien se renseigner au préalable (forums,…) et de décider en toute connaissance de cause.

Pour les problèmes dus à l’alimentation électrique, le conseil le plus évident est de veiller à utiliser du matériel de qualité (piles ou batteries) qu’on entretiendra avec soin et selon les indications du fabricant.

Par ailleurs, il ne faut pas accuser les boîtiers et les fabricants lorsque l’on outrepasse les « consignes » d’utilisation. On sait par exemple qu’utiliser la vidéo trop longtemps peut faire chauffer le capteur et engendrer une détérioration. C’est vrai chez Pentax dont les capteurs permettent certes de faire de la vidéo, mais pas dans les mêmes conditions que d’autres marques. Et pas comme on le ferait avec un caméscope.

 

 

La solution ?

Enfin, et pour terminer, on constate souvent les problèmes avec la mise en masse sur le marché de nouveaux matériels. Pourquoi ? Simplement parce que l’utilisation en masse par des photographes de tous pays, très différents dans leurs habitudes, est bien plus significative que les tests lors de la conception ou en bout de chaîne de fabrication. La bonne attitude, pour les inquiets, est alors d’attendre quelques semaines ou quelques mois avant de « céder à la tentation » ! Le temps que les « plâtres » soient essuyés et que les fabricants aient rectifié le tir. Et pour les autres, il leur suffit de se dire que le risque zéro n’existe pas, que les garanties sont utiles, que la proportion de matériels « à problèmes » est très faible, voire qu’ils sont bénis par la chance. Et qu’ils ne prennent que le risque d’être les premiers à profiter dudit matériel.