Dans notre recherche d’une alternative à Lightroom, Capture One (que l’on écrira souvent C1 dans cet article) est sans doute le logiciel qui eut l’accueil le plus enthousiaste de la part du monde professionnel. Ce logiciel de traitement du RAW a été conçu par la société Phase One, célèbre pour les boîtiers Moyen Format, concurrent des Hasselblad et autres Pentax 645Z (sans doute la raison pour laquelle Capture One ne reconnaît pas les images issues des Pentax Moyen Format, PEF ou DNG). À l’origine, il s’agissait du logiciel « maison » pour traiter les RAW issus de leur boîtier. Le logiciel s’est ouvert à d’autres marques.

Pour de nombreux photographes ou tireurs, Capture One est le meilleur logiciel de Post-Traitement du RAW. Ce n’est sans doute pas sans raison que ce logiciel a conquis autant d’aficionados, dont beaucoup en provenance de Lightroom. La raison principale étant que la qualité d’interprétation des fichiers RAW était nettement supérieure au logiciel d’Adobe. Tout en conservant une interface aussi sexy et modulable que son concurrent. Peut-on utiliser ce terme de « sexy » pour un logiciel ? Très certainement s’il s’applique à des notions comme l’attirance. Quand un logiciel est conçut par des développeurs qui n’ont pas à l’esprit l’utilisateur final, cela peut donner de très bons produits, mais guère utilisables par des profanes photographes.

 

 

Description du logiciel

Comme beaucoup de logiciels de traitement du RAW,…

… Capture One est non destructif. Cela veut dire que toutes les actions de traitement des images sont calculées en temps réel. Cela veut dire aussi qu’on peut manipuler tant qu’on veut l’image, l’original n’est jamais altéré, tout étant écrit dans un fichier de type texte, au format XML.

Il faut garder à l’esprit que chaque logiciel ayant son propre moteur, différend de son concurrent, un fichier de paramètres C1 sera illisible par Lr ou par tout autre logiciel. Et vice-versa. Ce principe de fonctionnement est valable pour les fichiers RAW, mais aussi pour les images JPEG ou TIFF. C’est uniquement quand l’utilisateur fera un export que l’image sera figée avec traitement. Il est donc inutile de conserver les exports JPEG ou TIFF réalisés pour les impressions, la diffusion ou autre, ces derniers pouvant être générés à la demande.

 

Capture One Pro 11 est disponible, soit sous forme d’une licence perpétuelle au prix de 280 €, soit sous forme d’un abonnement au prix de 20 € par mois. La politique d’Adobe en matière d’abonnement commence donc à déteindre sur la concurrence. Espérons que PhaseOne n’ira pas jusqu’à faire disparaître la forme classique d’achat. Ce point sera donc particulièrement à suivre par ceux qui envisagent le remplacement de Lr par C1.

Comme de nombreux logiciels, des mises à jour sont disponibles, permettant la correction de bugs du logiciel ou la prise en charge de nouveaux boîtiers. Pour les « nouveautés », il faudra sacrifier à l’achat d’une nouvelle licence, sauf en cas d’abonnement.

Au vu des nombreuses fonctionnalités et possibilités offertes par ce logiciel, nous ne pourrons être exhaustifs et tout passer en revue. Un livre serait nécessaire pour cela. Notre but est d’apporter une connaissance minimale de ce qu’il est possible de faire, ou pas. C’est la raison la laquelle tous les articles partageront la même trame.

Une version de démonstration, valable 30 jours, est disponible, ce qui vous permettra de tester ce logiciel de manière tranquille.

 

Avant d’aborder les fonctionnalités du logiciel, il convient d’aborder l’interface de C1. Cette interface est grandement paramétrable. Dans tous les modules, il est possible d’ajouter des outils dont on se servira le plus. Et rien n’interdit de régler un des modules avec les outils les plus couramment utilisés.

Une interface utilisateur "classique", avec les outils sur la droite

Une interface utilisateur « classique », avec les outils sur la gauche

 

C1 n’impose rien en la matière et laisse le choix à l’utilisateur, ce qui peut s’avérer déroutant. Le risque est alors de se recréer une manière de travailler proche de son ancien logiciel, n’utilisant que les outils habituels et en délaissant de nouveaux outils qui s’avéreraient fort utiles. Pour les utilisateurs de boîtiers Pentax, le module Capturer, servant à contrôler un boîtier depuis le logiciel, va s’avérer complètement inutile. En effet, C1 se refuse au tethering des boîtiers Moyen Format non Phase One. Or les boîtiers Reflex et MF Pentax se partageant la même électronique de contrôle, accepter les reflex Pentax conviendrait à accepter le 645Z. Ce module pourra être supprimé de la barre des modules, sans aucun regret.

En orange, le module "Capturer"

En orange, le module « Capturer »

 

 

Le catalogage des photos & gestion des métadonnées

Cataloguer

Il n’est pas nécessaire d’importer dans le catalogue courant des images pour les développer et les post-traiter. Un explorateur de fichier est disponible afin d’indiquer où se trouvent la ou les photos. Il s’agit là d’un bon point quand on travaille sur une photo qui n’est pas à soi ou qui n’a pas vocation à être conservée. Mais dans le cadre d’une utilisation classique, C1 met à disposition un système permettant la gestion des photos au travers de catalogues. Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’un utilisateur peut disposer d’un ou de plusieurs catalogues. Il n’y a pas de limitation en ce domaine. Attention, si une photo a été post-traitée au travers de l’explorateur de fichier et qu’elle est ensuite importée dans le catalogue, elle sera vue 2 fois. Ce qui peut être un peu gênant (il conviendra de supprimer la vue « explorateur de fichier »).

Bonne nouvelle, toutes vos photos n’ont pas besoin de se trouver sur un seul disque dur physique. C1 est capable de gérer plusieurs disques physiques. Vos photos peuvent donc être sur des stockages différents et ils seront « visibles » même si leur DD n’est pas connecté à l’ordinateur.

Le rectangle vert indique que le support physique est branché. Il est rouge si il est absent

Le rectangle vert indique que le support physique est branché. Il est rouge s’il est absent.

 

Il est important de savoir que si l’utilisateur veut déplacer des photos ou des dossiers sur un autre emplacement physique, il est impératif de le faire au travers du logiciel Capture One. Si vous utilisez l’Explorateur Windows ou le Finder du Mac, C1 affichera un logo « hors-ligne » sur les photos non présentes et il vous faudra utiliser la fonction « localiser » afin de lui indiquer où se trouve(nt) désormais la ou les photos.

Toutes les photos peuvent recevoir une note allant de 0 à 5 ou une balise couleur (8 possibilités : rien et 7 couleurs) permettant de mieux l’identifier.

Il est possible d’effectuer des tris dans les différents dossiers, physiques ou virtuels (les collections utilisateurs), à partir des métadonnées, des notes, des balises couleur, des mot-clés ou encore des dates. Sans compter un champ recherche libre.

les filtres de recherche

les filtres de recherche

 

Comme déjà indiqué, le photographe peut créer des « collections virtuelles », appelées ici « collections utilisateurs ».

Cliquer sur le "+" pour accéder au sous-menu

Cliquer sur le « + » pour accéder au sous-menu

 

On peut créer :

  • des albums dans lesquels on glissera des photos (la provenance important peu).
  • des albums intelligents, basés sur des règles (attention, si les possibilités de filtres sont nombreuses (sur tous les champs EXIF et IPTC par exemple, il n’est pas possible de filtrer par rapport à un dossier physique, ce qui est dommage).

  • des projets (regroupant des albums)
  • des groupes

 

 

 

Gestion des métadonnées et des mot-clés

Capture One dédie un module à la gestion des mots clé et des métadonnées IPTC / EXIF.

Module de gestion des métadonnées

Module de gestion des métadonnées et des mot-clés

 

 

Métadonnées

C1 ne permet pas de modifier les méta EXIF qui ne sont donc que consultables. Par contre tous les champs IPTC sont modifiables, comme les champs de contact ou de contenu.

Les différents champs EXIFs et IPTC

Les différents champs EXIF et IPTC

 

Il ne sera pas possible de changer la date de vue (donnée EXIF) au travers de ce logiciel si vous n’avez pas tenu compte du décalage horaire en cas de voyage.

 

Mots-clés

La gestion des mot-clés est présente. Au travers de la librairie de mot-clés, on peut ajouter/supprimer des mots-clés à une ou des photos. Cet outil est simple, classique et efficace pour tous ceux qui gèrent leurs images avec cette aide. Car si on prévoit correctement les mots-clés lors de l’importation des images, il est nettement plus simple de retrouver toutes les photos contenant un mot-clé en particulier.

 

 

Utilisation des coordonnées GPS

Il est possible de voir les coordonnées GPS si elles existent, mais il ne sera pas possible d’en insérer, de les modifier ou de visualiser sur une carte les endroits de prise de vue. Dans le cadre d’un logiciel permettant la gestion d’un catalogue d’image, on ne peut que regretter le fait de ne pas pouvoir changer/modifier ce champ, puisqu’il permet de centraliser toutes les opérations liées.

 

 

Le Développement RAW « Standard »

Il s’agit ici des outils nécessaires pour traiter un RAW. Tous les outils de Capture One sont regroupés dans des modules d’outils, sur le côté gauche. Un regroupement assez classique, non dépaysant. Ces outils sont rassemblés selon une logique propre à C1 et tous les modules sont personnalisables par l’utilisateur. Certains noms diffèrent quelque peu des habitudes Lr et vous trouverez plus bas, un tableau récapitulatif d’équivalence de noms pour les principales fonctions.

 

 

Balance des blancs

Le réglage de la balance des blancs s’effectue soit en choisissant un réglage imposé, soit de manière automatique, soit en utilisant la pipette ou un réglage manuel.

Le "A" pour l'automatisme et à droite, la pipette

Le « A » pour l’automatisme et à droite, la pipette

 

Mais à côté de l’outil habituel, C1 propose un second outil de balance des blancs, plus destiné aux personnes et qui permet de mieux définir les tons chair. L’utilisation de cet outil spécifique semble plus délicate et son influence moins perceptible à l’œil nu.

Un outil destiné aux tons chair

 

 

Gestion de la lumière et des couleurs

Les outils dédiés à la gestion de la lumière sont regroupés dans le module « Exposition ».

 

Mis à part le changement de certains noms, ceux qui ont déjà pratiqué le PT RAW ne seront pas dépaysés. Quant aux débutants, l’effort d’apprentissage sera minime, car les noms et les actions sont logiques.

Des outils "classiques"

Des outils « classiques »

 

À noter que les hautes lumières et les ombres sont regroupées au sein de l’entité « High Dynamic Range ». Si l’utilisation de ce terme HDR peut paraître étrange, car on l’associe souvent à une façon de traiter les images, elle est logique. L’idée de cet outil est d’améliorer la plage dynamique de l’image en allant récupérer des détails qui semblent perdus au moment de son affichage. Le premier curseur va permettre de récupérer un peu de matière dans les zones très claires, tandis que le second permettra d’éclaircir les zones sombres, tout en préservant l’exposition globale. Ces outils existent évidemment chez les autres logiciels.

L’outil courbe permet d’agir sur une des trois couleurs primaires ou sur l’ensemble des 3 couleurs en même temps. La courbe Luma permet, quant à elle, d’ajuster la luminosité ou la luminance. De ce point de vue, Capture One se propose d’agir de manière plus fine sur ces éléments que d’autres concurrents. Même l’outil Clarté est plus poussé, avec 4 modes d’applications du contraste local et 2 curseurs, dont un pour la structure.

L’outil de la balance des couleurs va permettre, quant à lui, un contrôle plus précis des couleurs, de la teinte et de la saturation d’une image soit de manière globale, soit dans les ombres et/ou les tons moyens et/ou les hautes lumières.

La balance des couleurs

La balance des couleurs

Il se présente sous la forme de roues de couleur. La première roue est celle de la dominante et sert à supprimer ou atténuer une couleur dominante sur l’ensemble de l’image. La vue 3D est un condensé des 3 roues restants, affichées dans des onglets distincts.

 

 

Panneaux TSL

La gestion des éléments Teinte / Saturation / Luminance est assez différente de ce que l’on peut voir côté DxO ou Lr. C’est dans le module « Couleur » que l’on trouvera son équivalent sous le nom « Éditeur de couleurs ».

 

Il y a gros à parier que cet outil va dérouter de nombreuses personnes, tellement son fonctionnement est différent des habituelles réglettes que l’on trouve en la matière.

Une autre façon d'aborder le TSL

Une autre façon d’aborder le TSL

 

Capture One s’appuie sur le profil ICC du boîtier afin d’ajuster les couleurs de l’image. Il est donc nécessaire de vérifier si ce profil est correctement renseigné et le modifier si nécessaire.

Module « Couleur » >> Caractéristiques de base

 

Cet outil permet d’ajuster, améliorer ou atténuer les couleurs, soit de manière globale ou soit par couleur spécifique. Il va donc être possible de corriger des dominantes comme celles produites sous lumière artificielle. L’éditeur de couleurs est décliné en trois onglets : Basique, Avancé et Ton chair. Ces trois modes adoptent un outil Color Picker permettant de cibler la couleur à corriger. Le fonctionnement de la roue chromatique est compliqué à comprendre et va nécessiter un vrai effort d’adaptation. Cette roue chromatique montre les couleurs primaires et secondaires entièrement saturées autour d’un anneau, allant du rouge au jaune, au vert et au bleu, avant de revenir au rouge. SI on choisit la visualisation 3D, le troisième axe va indiquer le poids de la couleur.

Il va être possible de déplacer la couleur choisie autour des trois axes Teinte, Saturation et Luminosité. Le curseur Teinte ajuste la couleur ou la gamme de couleurs sélectionnée à une autre. Par exemple, si vous sélectionnez le bleu, le déplacement du curseur vers la gauche déplace la teinte dans le sens des aiguilles d’une montre autour de la roue vers le vert, tandis qu’un déplacement vers la droite déplace la teinte dans l’autre direction vers le rouge.

 

 

Le PT amélioré

Gestion des profils du boîtier

C1 n’est pas en mesure d’interpréter les profils proposés par les boîtiers Pentax (Lumineux, Portrait, Eclatant, etc.). Mais cela semble aussi être le cas pour les autres marques comme Canon ou Nikon. On peut le regretter.

 

 

Gestion des objectifs

Un module est entièrement dédié à la correction des objectifs et des déformations optiques avec quelques outils disponibles pour traiter les images.

Les outils de correction manuelle des images

Les outils de correction manuelle des images

 

Un gros regret cependant, car il existe peu d’objectifs Pentax disponibles pour une correction automatique.

Moins de 10 objectifs Pentax pris en charge

Moins de 10 objectifs Pentax pris en charge

 

Il ne semble pas possible de corriger les déformations de type coussinet ou barillet.

 

 

Retouches locales

Il n’y a pas d’outils permettant de supprimer les yeux rouges ni d’autres outils de retouches locales, hormis le traitement anti taches / anti poussières déjà citées. Capture One est donc très largement en retrait dans ces domaines. Est-ce une volonté délibérée de la part des concepteurs ? Possible, mais dans ce cas, il s’agit d’une erreur, car les yeux rouges sont encore courants. Et c’est dommage de passer par des outils de désaturation de la couleur rouge (en utilisant un calque de réglages et l’outil pinceau).

 

 

Les calques de réglages et de duplication

Capture One Pro permet de faire des ajustements ciblés sur une image, en utilisant les outils du module « Réglages locaux ».

 

Il est possible d’appliquer des ajustements soit directement sur l’image avec le pinceau, soit en utilisant des calques et des masques. Les couches de calques/masques peuvent être combinées afin d’obtenir des modifications complexes. L’outil Couches autorise des brosses et des dégradés.

  • Le pinceau permet des ajustements directement sur l’image pour un ajustement localisé. Utilisé essentiellement pour ajuster la netteté ou corriger l’exposition sur des emplacements précis.
  • Le masque de dégradé est l’appellation Capture One du filtre gradué.
  • Le masque de gamme de couleurs permet de créer un masque à partir d’une gamme de couleurs, en utilisant l’outil Editeur de couleurs.
  • Utilisation dans les calques des styles ou des préréglages (preset) d’origine ou conçus par vos soins.

 

Il est également possible de faire appel aux calques de duplication pour corriger ou supprimer des éléments sur une photo.

Duplication de la fenêtre sur le battement à droite

Duplication de la fenêtre sur le bâtiment à droite

 

Des réparations et des retouches complexes sont donc possibles, surtout qu’il est possible de combiner les calques duplication et correction.

 

 

Copies virtuelles

Une copie virtuelle est une copie de l’image originale, mais qui n’existe que sous forme de fichiers d’instructions. C1 permet, comme d’autres concurrents, de générer autant de copies que l’on souhaite, chacune ne pesant que quelques ko. Chez C1, les copies virtuelles se nomment variantes. Pour créer, gérer et traiter très facilement un nombre infini de variantes. Il suffit d’effectuer d’aller dans le menu image.

 

Les copies virtuelles

Pendant longtemps, la seule façon de créer plusieurs versions d’une image était de la dupliquer physiquement. Si on souhaitait la photo au format carré, on dupliquait et on recadrait. Si on désirait une version sépia de l’image originale, alors il fallait un troisième fichier. Et s’il fallait une version carrée et sépia, c’était l’obligation d’une quatrième copie physique. Avec à la clé de nombreux problèmes liés au nommage et au stockage ! Une copie virtuelle ne pèse, quant à elle, que quelques lignes de plus dans le fichier d’interprétation (soit à peine quelques ko, ridicule à côté du poids d’une image issue d’un K-1).

 

 

 

Gestion du N&B

Capture One propose un module de développement et de traitement particulier pour le Noir & Blanc, accessible depuis la barre des modules.

 

Les fonctionnalités sont extrêmement nombreuses et riches. Si C1 offre des styles de développement prédéfinis, rien n’empêche le photographe d’effectuer son propre développement et même, définir son ou ses propres presets. L’outil de développement N&B est très riche, comme il est possible de se rendre compte dans l’image ci-dessous.

Les nombreuses options de développement N&B

Les nombreuses options de développement N&B

 

Il est possible d’agir, comme c’est souvent le cas, sur le mélange des canaux de couleurs (N&B > Filtrage couleur), mais aussi sur la séparation tonale des couleurs (hautes lumières et ombres), l’exposition, les niveaux (par couche couleurs), les courbes RVB ou par couleur principale sans compter la clarté. Et si cela ne suffit pas, on peut ajouter du vignettage et donner un aspect argentique avec le filtre « grain argentique ». De quoi satisfaire de nombreuses envies. Attention à ne pas se laisser envahir par toutes les possibilités. Il convient de conserver un ton juste.

 

 

Gestion du bruit

Le bruit numérique se manifeste sous la forme d’éléments parasites qui apparaissent de manière aléatoire sur toute ou partie d’une image. Il y a deux formes de bruit numérique :

  • Le bruit de luminance dont la structure ressemble à celle du grain argentique. Ce type de bruit, bien que délicat à corriger (correction et lissage à faire sur des détails fins de l’image) est le plus « gracieux ».
  • Le bruit de chrominance qui se présente sous la forme d’amas de pixels rougeâtre et verdâtre, surtout dans les zones sombres. Très désagréable à voir, ce bruit est plus facile à corriger, car il ne modifie pas les détails de l’image.

 

C1 propose dans le module « Détail », un outil pour supprimer le bruit. Parlons plutôt de réduction, car s’il permet de proposer un résultat correct, il ne s’avère pas exceptionnel ni même très bon.

Les 4 curseurs de la réduction de bruit

Les 4 curseurs de la réduction de bruit

 

À partir de notre photo de test, il a été très compliqué voir impossible de réduire le bruit de chrominance, pourtant celui qui devrait s’avérer le plus simple à corriger. Après avoir essayé de nombreuses variations, le résultat (à voir dans la galerie ci-dessous) a toujours été similaire dans ce domaine. Il s’agit donc là clairement d’un point faible du logiciel, sauf mauvaise compréhension du fonctionnement de l’outil, ce qui reste possible. Sur le bruit de luminance, paradoxalement C1 se montre plus performant.

 

Sans traitement / Avec traitement

 

Traitement Capture One / Traitement DxOPRIME

Le traitement DxO PRIME se montre globalement supérieur à l’outil proposé par C1, qui est en retrait face à la concurrence.

 

 

Autres fonctionnalités

Ce logiciel étant très riche, il faudrait un livre pour en faire le tour. Dans les fonctionnalités non abordées, mais pourtant très utiles, sont au rendez-vous les traditionnelles « Suppression des Aberrations Chromatiques (sous le nom de franges pourpres)« , « Correction des perspectives« , « Ajout ou Suppression du vignettage »

On trouvera aussi des outils un peu moins classiques comme la « Suppression du moiré » ou la « suppression des poussières et des taches« . Autre outil anecdotique quoique appréciable pour certains, « l’annotation« . Il permet de faire quelques croquis sur une image afin d’indiquer les zones sur lesquelles travailler.

 

 

Traiter une série d’images par lot avec Capture One

Le traitement par lot permet d’appliquer les mêmes paramètres de traitement d’une image à un ensemble d’autres images. Il est donc utile principalement dans les deux situations suivantes :

  • Traitement d’une série homogène d’images prises dans des conditions similaires
  • Application d’un rendu spécifique à un ensemble de photos

Il suffit de travailler sur une image, puis grâce à un copier-coller des réglages, on peut les appliquer aux autres images similaires.

 

Capture One peut aussi traiter de manière automatiquement des lots d’images, en les plaçant dans une file d’attente. Un historique ou un enregistrement des images précédemment sorties est conservé, ce qui facilite la recherche de photos individuelles à retraiter.

Il est possible de créer des batchs ou d’utiliser l’historique d’une image déjà traitée.

 

 

PixelShift

Pentax propose depuis le K-3 II la fonctionnalité PixelShift qui permet une définition accrue d’une image. Malheureusement Capture One ne prend pas en compte cette fonctionnalité. Et rien n’indique que cela puisse changer à l’avenir.

 

 

Échanges avec d’autres logiciel

PlugIn

Il ne semble pas possible d’ajouter des plug-ins à Capture One afin de lui étendre ses fonctionnalités. Son architecture est donc fermée et il faudra trouver d’autres solutions afin de gérer des galeries Web par exemple.

 

 

Éditeurs externes

Il est possible d’ouvrir une image avec un autre logiciel afin de post-traiter. C’est Capture One qui recense les logiciels possibles et qui propose d’ouvrir avec un de ces logiciels.

 

Le logiciel choisi va simplement ouvrir le fichier et l’interpréter à sa façon, sans tenir compte des traitements réalisés sur C1. Ce qui est normal vu que les autres moteurs ne connaissent pas ce dernier. Mais on aurait pu imaginer un export « transparent » aux utilisateurs au format TIFF ou JPEG afin de continuer le traitement. Il s’agit là d’une fonction minimaliste.

 

 

Les fonctions d’Export

Par export, il faut comprendre création d’un fichier au format JPEG ou TIFF, à partir d’un fichier RAW et des Post-Traitements. L’utilisateur peut définir l’endroit d’export et les différents paramètres classiques que sont la taille ou encore niveau de compression. C’est évidemment le résultat du PT qui est exporté, à partir du fichier RAW et du traitement que vous aurez fait.

Un export est réalisé au travers du module « Sortie ».

 

Le module « Sortie » est très riche. Si C1 propose des préréglages de traitements, il est évidemment possible de les personnaliser ou de se créer ses propres préréglages d’export. Et les possibilités de réglages sont très nombreuses, puisque cela va du format de sortie (à côté des habituels JPEG et TIFF, des variantes JPEG sont proposées, mais aussi le format PSD) au filigrane qui sera appliqué en passant par le recadrage appliqué ou les métadonnées conservées.

Les 5 onglets pour régler des paramètres d'export

Les 5 onglets pour régler des paramètres d’export

 

Évidemment, on peut aussi automatiser le dommage des fichiers en sortie. Il s’agit là d’un des modules d’export les plus riches, les possibilités offertes étant nombreuses.

 

Pour rappel, il est inutile d’exporter en JPEG haute qualité dans le seul but de conserver, tant que l’on conserve le RAW d’origine et le développement (fichier de type XML). À partir de ces éléments, il est possible de régénérer à volonté des fichiers au format TIFF et JPEG, selon les besoins.

 

 

Export vers des services externes

Capture One ne dispose pas de fonctionnalités d’export vers de services externes comme Flickr, Instagram ou encore des galeries Web. Des alternatives seront à chercher pour ces fonctions très spécialisées.

 

 

Impression par des tiers

Capture One ne propose pas de service d’impression par des tiers comme Photoweb ou Photoservice. Il n’y a pas non plus de possibilités de créer un livre au format PDF.

 

 

Impression locale

Capture One propose un module d’impression riche, permettant de réaliser des tirages papier à partir de tous les fichiers pris en charge par le logiciel (RAW évidemment, mais aussi TIFF et JPEG). Il va sans dire que l’impression tiendra compte de toutes les opérations de Post-Traitement effectuées. Des gabarits d’impression (modèles) sont proposés et il est possible de régler les marges et la disposition, d’ajouter une légende ou apposer un filigrane. De quoi contenter la grande majorité des utilisateurs.

L'accès à l'impression se fait via le menu Fichier > Imprimer

L’accès à l’impression se fait via le menu Fichier > Imprimer

 

 

Tableau récapitulatif des principales fonctions du logiciel

[table id=360 /]

 

 

Avantages / Inconvénients

Avantages

  • Un moteur d’interprétation RAW très performant
  • Une gestion de la couleur et des lumières très fine
  • Une grande importance donnée aux tons chair, pratique pour ceux qui pratiquent le portrait

 

Inconvénients

  • Un désintérêt vis-à-vis de Pentax
  • Un manque important dans la correction automatique des objectifs
  • Une tendance à laisser une part de magenta trop importante en standard dans les scènes de nuit (pour les images d’origine Pentax)
  • Un traitement antibruit moyen.

 

 

Et par rapport à Adobe Lr ?

Voici un petit tableau des principales fonctions de PT RAW avec leur équivalent Lr.

[table id=361 /]

 

Passer de Lr à Capture One est plus aisé qu’il n’y parait de prime abord. On retrouve une façon de travailler similaire, mais la phase d’adaptation et d’adoption sera un peu longue avant de retrouver les mêmes facilités. L’utilisateur est plus libre de ses choix, avec des palettes d’outils modulables ce qui nécessitera de faire plus attention dans sa pratique.

Si on se penche sur les résultats, Capture se présente comme une alternative sérieuse et redoutable par rapport à ses concurrents. Le moteur d’interprétation sensiblement supérieur à celui de Lr, mais par forcement mieux que celui de DxO. Par contre, sur des images Canon, on peut avoir l’impression qu’il va encore plus loin dans le dématricage que pour une image Pentax. Si la gestion des objectifs est assez poussée, le manque d’objectifs à monture K est patent.

 

 

Conclusion

Avec Capture One, Phase One propose un produit solide, doté d’un moteur de dématricage performant, qui semble en amélioration constante à chaque nouvelle version. De ce point de vue, la société ne reste pas inactive.

C’est du point de vue de la retouche locale que C1 semble être le plus limité. Mais ce n’est qu’une impression, car la mécanique des calques offre de nombreuses possibilités. Pour les profanes, agir sur une partie de l’image apparaîtra compliqué, trop pour des utilisateurs qui pourront être gênés. En termes de convivialité, il ne s’agit pas là de son point fort, mais est-ce si handicapant que cela ? Car Capture One va se montrer très performant sur la photo de studio, avec le module tethering (contrôle du boîtier depuis le logiciel) pour de nombreux appareils, ainsi que sur le Post-Traitement des visages. Quelque part, rien que de très logique, puisque ce logiciel a été écrit initialement par Phase One pour être son outil des boîtiers Moyen Format de la marque.

Si vous envisagez de quitter Lightroom et que vous souhaitez conserver un catalogue associé à un moteur de traitement RAW très performant, Capture One va se poser comme une solution alternative très sérieuse, à envisager.

 

 

Galerie

Quelques images traitées par Capture One.

Traitement Standard

Traitement Standard

 

Traitement N&B à partir d'un preset prédéfini modifié

Traitement N&B à partir d’un preset prédéfini modifié

 

Traitement Standard

Traitement Standard

 

Traitement Standard

Traitement Standard

 

Crédit photo : © fyve – Développement Capture One dans le cadre de l’article : F.