Les logiciels de Post-Traitement RAW ne sont pas une nouveauté de l’année. Le concept est sans doute aussi vieux que la production de fichiers RAW par les APN. Avant d’entamer notre tour des principaux logiciels, voici quelques mots d’introduction, sur un sujet beaucoup plus vaste qu’il n’y paraît de prime abord.

 

 

Hier

En 2005 était proposé à la vente un logiciel de traitement des fichiers RAW conçu autour de 3 grandes idées :

  • Un catalogue général avec des collections virtuelles pour classer/ordonner ses photos,
  • Un moteur d’interprétation et de post-développement des fichiers RAW, permettant de traiter des images de manière non destructrice,
  • Des modules annexes, mais intégrés, pour gérer l’impression, la création de livres, l’export des photos sous d’autres formats ou la création de galeries web.

 

Ce logiciel s’appelait Aperture, créé par Apple pour le Mac. Un iPhoto survitaminé destiné aux RAW, avec table lumineuse, affichage multi écrans, outil de correction des objectifs, outil de suppression de taches, gestion des métadonnées (exif et IPTC en lecture/écriture) et un outil de recherche. Entre autres. Un rêve pour de très nombreux photographes en recherche d’outils performants.

Aperture, copie écran en anglais (le logiciel existait en VF)

Aperture, copie écran en anglais (le logiciel existait en VF)

 

Il faudra attendre 2006 pour qu’Adobe propose à son tour son logiciel maison en version bêta, fondé sur exactement les mêmes principes. Intéressant de voir la même idée reprise ailleurs. Car si le look était un peu différent, sur le fond il est difficile de réfuter toute parenté. Lightroom (Lr de son petit nom) était né.

Malheureusement pour les photographes ayant opté pour Aperture, 4 ans après avoir proposé la version 3.0 et des fonctionnalités de retouche au pinceau très avancées (même encore pour aujourd’hui), Apple met fin à l’aventure, laissant ses utilisateurs sans solution professionnelle. Durant le même laps de temps, Lr était monté en phase, devenant un logiciel incontournable du monde de la photographie.

 

 

Aujourd’hui

De par ses fonctionnalités et son écosystème, Lr est aujourd’hui une référence dont il est difficile de se passer. Il s’agit du seul logiciel capable de proposer un catalogue d’images avec gestion sur plusieurs disques physiques, couplé à un puissant moteur RAW et des fonctionnalités annexes importantes. De plus, il a pour lui l’ouverture à des plug-ins, des possibilités export-réimport très poussées et une grande interaction avec Photoshop. Alors pourquoi certaines voix s’élèvent-elles contre ce logiciel ?

pentaxklub_ptraw_aperture

 

À la fin 2017, Adobe a mis sur le marché deux versions de Lr. Si certains avaient compris que le projet Nimbus était le futur de Lr, ils n’étaient pas si nombreux. Mais ce qui a le plus surpris et inquiété, c’est l’acte de décès de la version Lr standalone. Or la communauté des utilisateurs non professionnels avait cru comprendre dans les propos de la société que ce ne serait pas le cas. Qu’est-ce qui empêchera de mettre fin à Lr Classic dans un avenir proche, avec obligation de migrer vers Lr CC ? À vrai dire, rien. Et cette idée n’est pas du domaine du fantasme, contrairement à ce que clament certains. Il existe désormais un précédent.

Il est possible que la décision « Go to Cloud » et cette fin de la licence perpétuelle au profit exclusivement d’un abonnement soient des éléments importants de la grogne qui couve depuis quelques mois.

 

 

Demain

Que se passerait-il si Adobe arrêtait Lr Classic dans 2 ans ?

D’un côté, il serait sans doute possible de continuer à utiliser le module « gestion du catalogue Photo ». Adobe s’étant déjà engagé dans ce sens auprès des utilisateurs. Mais pour combien de temps ? Sans compter qu’avec la dépréciation due aux changements d’ordinateurs et/ou d’OS, en l’absence de support le logiciel finira par ne plus fonctionner. Si l’utilisation du catalogue sera toujours possible, il faudra trouver des alternatives pour la partie PT RAW et les autres fonctionnalités. Autre solution, les utilisateurs pourraient abandonner purement et simplement Lr, dans son intégralité.

FAQ Adobe sur le catalogue

FAQ Adobe sur le catalogue

 

L’autre solution serait de basculer sur l’offre Lr CC qui semble très séduisante sur le papier, avec son côté multi-plate-forme (ordinateur, mobile, tablette, télé…). Mais cette solution implique de se lier encore plus étroitement à Adobe. Confier son catalogue et son stock photo à Adobe au travers de la version CC, c’est se mettre à la merci de toutes décisions que prendra Adobe à l’avenir. Si l’abonnement augmente, si le prix du stockage s’envole de manière importante, l’utilisateur pourrait ne pas avoir d’autre choix que de payer. Surtout si cela s’agrémente d’une coupure d’accès tant qu’il n’y aura pas eu régularisation ! Aux conséquences financières de ce choix cloud, on peut aussi se poser des questions sur la protection de vos données (vos photos sont des données). Il n’y a, par exemple, aucune garantie qu’Adobe ne les exploite pas.

Ces propos ne sont pas aussi absurdes que cela, malgré les assurances des télé-évangélistes Adobe. L’histoire de l’informatique et du logiciel est jonchée de cadavres tandis que les preuves de l’appétit des GAFA pour nos données ne manquent pas (n’oubliez pas que nous sommes le produit à vendre). Balayer d’un revers de la main (ou de quelques lignes sur un blog), c’est agir de manière cavalière et insouciante. Non respectueuse des utilisateurs.

Notre propos n’est pas de stigmatiser une société en particulier. Il est plutôt de dire, sans être alarmiste, qu’il est nécessaire de connaître les risques, de les apprécier à leur juste valeur, de se poser les bonnes questions, et d’envisager les alternatives possibles, si elles existent. Mais pas forcément de changer !

 

 

S’interroger

  • Comment faire pour ne pas être pieds et poings liés avec une solution en particulier ?
  • Doit-on s’engager avec LR CC ?
  • Quelles sont les alternatives à LR ?
  • Lr peut-il être totalement remplacé par d’autres logiciels ? Sur toutes ses fonctionnalités ?
  • Que font les GAFA de vos données ?

 

À PentaxKlub, nous estimons ces interrogations légitimes. Alors que notre but premier était juste de présenter les principaux logiciels de Post-Traitement RAW, nous avons décidé d’élargir quelque peu le sujet afin de vous apporter des éléments de réflexions. D’ici les vacances d’été, nous allons non seulement passer en revue une dizaine de logiciels de Post Traitement du RAW, y compris Lr Classic et Lr CC, mais également proposer des articles de fond sur certains points évoqués ci-dessous.

 

Rendez-vous dès la semaine prochaine avec le logiciel DxO PhotoLab.