Qui ne connaît pas Lightroom (Lr de son petit nom) ? Pourtant, en 2006, rares sont les personnes à voir dans la bêta librement distribuée, le futur logiciel incontournable d’aujourd’hui. En 12 ans, 7 versions majeures et 4 moteurs d’interprétation se sont succédé. Si à l’origine, Lightroom était distribué sous forme de licence perpétuelle (pour une version majeure donnée), le vent du changement a commencé à souffler en 2015, avec la sortie de la version 6. Une version CC a été proposée en location mensuelle (ou annuelle), en duo avec Photoshop, la seule qui a continué à évoluer fonctionnellement. Deux ans plus tard, malgré une promesse de ne pas y toucher, Adobe a profité de la sortie de la version 7 pour arrêter la version standalone (licence perpétuelle). Néanmoins, au moment de l’écriture de cet article, la version 6.14 est toujours disponible à l’achat. Quelque part, Adobe ne se renie pas.

Autre changement, la dénomination. Désormais, le Lightroom original a changé de nom et se nomme Lr Classic CC. Le nom Lr CC est désormais réservé à la version « on the web », que l’on abordera prochainement.

 

 

Description

 

Rappel

Comme beaucoup de logiciels de traitement du RAW, Lr Classic CC est non destructif. Cela veut dire que toutes les actions de traitement sont calculées en temps réel et appliquées à l’image en affichage. On peut donc manipuler tant qu’on veut l’image, l’original n’est jamais altéré, tout étant écrit dans un fichier de type texte, au format XML. Chaque logiciel ayant son propre moteur, un fichier de paramètres Lr Classic CC sera illisible par DxO ou Capture One. Ce principe de fonctionnement est valable pour les fichiers RAW, mais aussi pour les images JPEG ou TIFF. C’est uniquement quand l’utilisateur fera un export que l’image sera figée avec traitement. Il est donc inutile de conserver les exports JPEG ou TIFF réalisés spécialement pour les impressions ou la diffusion.

Un logiciel est dit destructif quand il agit sur la structure de l’image en altérant définitivement le fichier (Photoshop est un exemple de logiciel destructif).

 

Depuis qu’Adobe a changé la nomenclature, il y a de quoi se perdre un peu. Le logiciel Adobe Lightroom que l’on connaissait jusqu’en octobre 2017 est devenu Adobe Photoshop Lightroom Classic CC. Adobe étant l’éditeur. Bien que le nom Photoshop soit associé à celui de Lr, il faut garder à l’esprit qu’on ne travaillera pas avec ces deux logiciels de la même manière. Il n’en reste pas moins qu’ils sont parents. L’appellation Adobe Photoshop Lightroom est désormais réservée à un nouveau logiciel, à la philosophie un peu différente.

Lr Classic CC est disponible pour le monde Windows et pour le monde Mac. Possesseur de Linux, il faudra passer votre chemin. Comme cette version n’est disponible que sur abonnement, il est nécessaire de disposer d’une liaison internet afin que le logiciel puisse valider votre paiement. Il va donc falloir se connecter au moins une fois par mois. Cette prise en main a été réalisée en partie sur la v7.1 et en partie sur la v7.2 (les différences portant principalement sur les performances).

Lr Classic CC est un véritable couteau suisse, disposant de très nombreuses fonctionnalités. Il ne s’agit pas seulement d’un dérawtiseur, mais aussi d’un catalogueur d’images ou d’un gestionnaire des EXIF. Ce logiciel permet aussi de publier des photos sur le Web ou de géolocaliser les photos. Il est également doté d’un module d’impression poussé.

Les formats RAW propriétaires font que les logiciels doivent être mis à jour avec la spécification de chaque nouveau boîtier. Ce qui peut prendre parfois beaucoup de temps. L’avantage d’utiliser Lr, c’est que tout nouveau boîtier pouvant enregistrer en DNG, les fichiers seront reconnus. Certes, certaines fonctionnalités ne seront pas de suite disponibles (comme les profils boîtiers), mais cela permet déjà de travailler sereinement.

Bien que la version testée soit la plus récente, les fondements de Lr Classic CC sont identiques à la version lancée il y a plus de 10 ans. Simplement, au fil des années, le moteur de dérawtisation a évolué (actuellement, il s’agit de l’évolution 4) et il y a ajout de fonctionnalités de plus en plus puissantes.

 

 

Le catalogage des photos & gestion des métadonnées

Cataloguer

Si Lr Classic CC est un excellent dérawtiseur, c’est aussi un puissant catalogueur d’images. D’ailleurs, il s’agit même d’un des piliers du logiciel, un de ses atouts maîtres. Il est possible d’ailleurs que le succès rencontré par Lr au début reposât en grande partie sur la Bibliothèque d’Images, autour de laquelle tout tourne. L’intégration est tellement forte que toutes les manipulations des fichiers, une fois ceux-ci importés, devra s’effectuer au travers de Lr Classic CC. Sous peine de voir Lr ne plus s’y retrouver.

Bibliothèque Lr Classic CC

Bibliothèque Lr Classic CC

 

Par manipulation de fichiers, il faut comprendre les suppressions, les déplacements dans d’autres sous-dossiers, la création/suppression de dossiers/sous-dossiers ou la copie physique. Si une de ces opérations s’effectuait au travers de l’explorateur Windows ou du Finder (pour le Mac), alors Lr Classic CC ne saurait plus où se trouvent les fichiers. En effet, Adobe va gérer dans une base de données (sqlite) tous les fichiers et leur emplacement physique. Et si ce n’est pas lui qui effectue les opérations sur le fichier, il sera dans l’incapacité de connaître les changements. Certes, on peut mettre à jour, mais ce n’est pas l’idéal. Lr Classic CC nécessite de prendre quelques habitudes qui permettent de travailler ensuite avec un net confort.

Pour être utilisé, Lr Classic CC ne nécessite que la présence du catalogue. Il s’agit du seul élément indispensable pour faire fonctionner le logiciel. Du moins la partie Catalogue, car pour le développement, à une exception près, les fichiers devront répondre présents. En branchant les disques durs (DD) externes, si les fichiers ne sont pas sur le DD principal de l’ordinateur. Il s’agit là d’une des grandes forces de Lr Classic CC, les fichiers peuvent être placés sur différents DD physiques sans que cela gêne l’usage. Pour des raisons de commodité et de place, rien ne vous empêche donc de disposer de multiples disques.

Répartition des photos sur 5 disques durs (voyant vert à côté du nom du DD quand il est présent et actif)

 

On notera 2 points particuliers :

  • Visuellement, les DD actifs sont agrémentés d’un petit voyant vert
  • Même si un disque dur n’est pas branché, il est possible de visualiser les aperçus des images de la bibliothèque. Et si l’aperçu dynamique existe, on peut même post-traiter une image.

Il faudrait de nombreux chapitres d’un livre pour expliquer tous les arcanes du module Bibliothèque, et ce n’est pas l’objet de cet article. Néanmoins, il convient d’aborder la notion de collection et la gestion des métadonnées.

 

 

Les collections

Les collections regroupent de manière virtuelle des photos qui peuvent être dans des dossiers physiques différemment. Aucune photo n’est dupliquée (création d’une copie physique), il s’agit de lien symbolique (les raccourcis).

Il existe deux types de collections :

  • Les collections « classiques », dans lesquelles les photos sont ajoutées manuellement par l’utilisateur.
  • Les collections « dynamiques » qui vont s’alimenter automatiquement, en fonction de critères prédéfinis. Ces conditions peuvent s’ajouter. Par exemple, on peut créer une collection regroupant toutes les photos qui ont 5 étoiles. Ou une collection des photos prises en 2017 avec l’objectif FA 31. Les applications sont nombreuses.

Ici, une collection porte le même nom que le dossier physique, mais ce n’est pas une obligation. Le nom de la collection est libre.

 

Elles peuvent servir à organiser son flux de travail. Comme une collection dynamique qui va regrouper toutes les photos d’un shooting que l’on souhaite post-traiter (dans l’exemple, il s’agit de toutes les photos d’un dossier physique particulier et ayant au moins 1 *).

Seul défaut, il n’est pas possible de faire du conditionnel. Une collection dynamique devra correspondre soit à toute les règles, soit l’une des règles, soit à aucune.

 

 

Gestion des métadonnées

Lr Classic CC permet de visualiser à peu près toutes les données Exif ou IPTC d’une photo. L’utilisateur peut aussi ajouter/supprimer des mots clés (qui ne seront visibles

qu’au travers de Lr). L’application des modifications peut s’effectuer de manière unitaire ou en masse.

Petit plus appréciable, il est possible de modifier l’heure de prise de vue d’une ou de plusieurs clichés. Cela va permettre de rectifier une erreur classique, celle de l’heure de votre boîtier en décalage avec la réalité quand on voyage !

Bibliothèque > Métadonnées > Modifier l'heure de capture

Bibliothèque > Métadonnées > Modifier l’heure de capture (nombreuses options possibles)

 

 

Utilisation des coordonnées GPS

Lr Classic CC dispose d’un module carte. Si votre appareil permet d’enregistrer les coordonnées GPS avec vos fichiers, alors vous pourrez visualiser les photos sur une carte. S’il n’y a pas eu de géo-taguage lors de la prise de vue, le logiciel vous permet soit d’importer un trajet GPS (via une application smartphone par exemple), soit de déposer les photos sur la carte et automatiquement, les fichiers vont enregistrer les coordonnées GPS dans les métadonnées. Dans le premier cas, attention à régler l’heure de votre appareil photo (vive la fonction « voyage » des Pentax).

Les photos et leur emplacement sur une carte

 

Pour beaucoup, cette fonctionnalité est un simple gadget. Mais il est parfois (souvent ?) très appréciable de savoir où une photo a été prise. À titre personnel, c’est une fonctionnalité que j’utilise régulièrement, dès que je suis en dehors de mes lieux habituels. En adoptant les bons réglages pour ne pas user la batterie inutilement, on gagne en confort ce que l’on perd en autonomie.

 

 

Le module Importation

Il s’agit du module qui va permettre d’importer des photos dans le catalogue les fichiers. Dès l’importation, on effectue un certain nombre d’opérations sur les fichiers. Cela ira de l’application de prétraitements, comme la correction d’objectifs (1) si vous en avez défini, à l’inclusion de métadonnées complémentaires (2) comme le propriétaire de l’image, site web, information de copyright ou des mots clés (3). Vous pourrez aussi renommer les images à l’importation, les déplacer de la carte mémoire à un emplacement de votre (vos) disque(s) dur(s) bien précis. Le module est très riche et les manipulations nombreuses. Il conviendra de passer du temps au début pour comprendre ce qu’il est possible de faire.

Cliquer sur le bouton en bas à gauche

 

Il existe plusieurs manières d’importer une nouvelle série de photos dans Lr Classic CC. Difficile de dire s’il en existe une meilleure que d’autres. Celle que j’ai retenue consiste à copier dans un répertoire de mon disque dur dédié, le ou les nouveaux dossiers depuis la carte SD. Après avoir renommé de manière judicieuse (AAAA-MM-JJ – nom de l’évènement), j’importe dans Lr Classic CC à partir de l’emplacement sur mon DD. Par la suite, toutes les opérations sur les fichiers physiques se feront depuis le logiciel.

Les options possibles du module

Les options possibles du module

 

 

Le Développement RAW « Standard »

Il s’agit ici des outils nécessaires pour traiter un RAW. Tous les outils dans Lr Classic CC sont regroupés dans des palettes d’outils, sur le côté gauche. Une façon de procéder adoptée depuis par de nombreux logiciels. Les outils sont rassemblés selon une logique propre à Adobe. Pour l’éditeur, il suffit d’utiliser les outils dans l’ordre d’affichage : les outils présents dans la palette « Réglages de base », puis la « Courbe des tonalités », etc.

Les palettes ne sont pas personnalisables. Il n’est donc pas possible d’en réagencer l’organisation, aussi bien générale (ordonnancement des palettes) que particulière (outils dans les palettes).

Avant de commencer le développement RAW proprement dit et passer en revue les fonctionnalités, il faut conserver à l’esprit que :

  1. Par défaut, sur les fichiers propriétaires, Lr Classic CC n’applique aucun traitement. C’est donc le fichier « brut » qui s’affiche à votre vue (si le preview n’existe pas encore, c’est la miniature JPEG contenue dans le RAW qui sera affichée, le temps de calculer la vue). SI le fichier est de type DNG, le logiciel applique d’office un profil d’étalonnage des couleurs qui se nomme Adobe Standard. Seul Lr Classic CC est capable d’interpréter ce profil.
  2. Lr Classic CC propose quelques paramétrages prédéfinis qui sont des ensembles de paramètres de développement « tout faits ». Ces paramètres sont assez classiques et ne méritent guère de s’y intéresser. Le seul vrai plus est que vous pouvez concevoir vos propres paramètres prédéfinis et que vous pouvez les appliquer lors de l’importation, ou en masse dans la Bibliothèque. Assez pratique si on souhaite rectifier le profil d’objectif pour une série de photos.
Exemple de paramètres prédéfinis (soit ceux de l'utilisateur, soit natifs Lr)

Exemple de paramètres prédéfinis (soit ceux de l’utilisateur, soit natifs Lr)

 

À noter que les fichiers XML de développement auront l’extension xmp et seront stockés soit au même niveau que le fichierJPG ou RAW propriétaire, soit dans le conteneur DNG.

 

 

Balance des blancs

Le réglage de la balance des blancs s’effectue dans la palette « Réglages de base ». L’utilisateur peut choisir entre un préréglage, une balance manuelle ou l’usage d’une pipette. Un mode de fonctionnement somme toute classique.

Balance des blancs : automatique, personnalisée ou utilisation de la pipette

Balance des blancs : automatique, personnalisée ou utilisation de la pipette

 

 

Gestion de la lumière

Les outils sont regroupés au sein des palettes « Réglages de bases » et « Courbes des tonalités ». Il s’agit d’outils assez classiques qui ne devraient pas dépayser les habitués. Un effort d’apprentissage reste nécessaire pour les néophytes, ce qui paraît normal au vu de la richesse du produit.

Réglages de base et Courbe des tonalités

Réglages de base et Courbe des tonalités

 

Ces deux palettes sont suffisantes pour post-traiter des clichés dans la grande majorité des cas. On y trouve les classiques outils Exposition / Contraste, accompagnés par la gestion des hautes lumières, des ombres, des blancs et des noirs. À noter que la partie Tonalité était légèrement différente pour les processus de dérawtisation 1 et 2 (Exposition / Récupération / Lumière d’appoint / Noir / Luminosité / Contraste). Le moteur a évolué (en bien) et les paramètres de développement ont suivi, proposant une image de meilleure qualité.

L’outil Hautes Lumières va permettre de récupérer de la densité dans les parties de l’image où on a l’impression qu’il n’y a plus de matière. Tant que l’image n’est pas cramée, Lr Classic CC est capable d’extirper des détails que l’on pensait absents. C’est vrai pour les parties nuageuses claires par exemple. L’outil Ombres va permettre, quant à lui, de déboucher les parties sombres d’une image. Autant que possible, Lr Classic CC essaye de protéger l’équilibre tonal d’une image. À cet exercice, il nous semble que DxO soit un peu plus performant.

 

 

 

Panneaux TSL

Cette palette peut afficher soit Teinte/Luminance/Saturation de manière séparée, soit les 3 en même temps. Chaque couleur principale peut donc être réglée finement sur les 3 composantes.

Panneaux TSL

 

 

Le PT amélioré

Gestion des profils du boîtier

Lr Classic CC prend en charge les profils des boîtiers. Mais pas de tous malheureusement. Cela va dépendre de la marque et des boîtiers. Par exemple, coté Pentax, les K-1 ou K-3 II sont reconnus, contrairement au KP.

Les profils du boîtier

 

 

Retouches locales

L’outil de correction des yeux rouges répond présent de manière efficace et sans fioritures. Il existe également un outil de type tampon, qui permet de dupliquer une zone sur une autre. Par défaut, Lr Classic CC va proposer une zone de remplacement la plus adéquate selon ses critères. Rien ne vous interdit de changer la zone d’origine. Un bémol à cet outil. Si on peut régler la taille de la zone dupliquée, son contour (une zone de transition pour éviter que la correction paraisse trop « brutale ») et son opacité, cet outil ne se montre pas toujours très performant. Il peut connaître des défaillances et l’utiliser pour enlever une ligne électrique relèvera de la gageure.

 

 

Filtres et pinceaux

Adobe propose 3 outils permettant la retouche locale, dans une zone précise, sans affecter l’ensemble de l’image.

2 filtres et 1 pinceau : la retouche selon Adobe

 

 

Calques

Bien que le logiciel se nomme Adobe Photoshop Lightroom Classic CC, il ne connaît pas les calques. Aussi bien les calques « Photoshop » (les calques servant à la modification de l’image) que les calques d’annotations.

 

 

Copies virtuelles

Une copie virtuelle est une copie de l’image originale, mais qui n’existe que sous forme de fichiers d’instructions, donc ne prenant que peu de place sur le disque dur. Il s’agit d’une avancée sur les logiciels « destructifs » qui nécessitent de créer autant de copies physiques de l’image que l’on souhaite de versions.

Lr Classic CC peut créer autant de copies que l’on souhaite, chacune ne pesant que quelques ko. Il suffit d’effectuer un clic droit sur une image > Créer une copie virtuelle. Attention, la copie sera faite par rapport à l’état de l’original au moment de la création. Si elle a déjà subi un traitement, et que vous souhaitez en faire un autre, n’oubliez pas de revenir à l’état d’origine sur la copie.

Dans le catalogue, la copie virtuelle sera reconnaissable grâce au coin cornée, en bas à gauche.

 

 

Gestion du N&B

Lr Classsic CC permet de créer des photos en N&B en basculant tout simplement dans ce mode (copie écran du haut de réglages de base).

Les outils de tonalités permettent de modifier l’image afin de créer votre version N&B. Et les curseurs d’ajustement TSL dédiés au N&B vont permettre de mélanger les couches couleur et donc obtenir des changements importants dans certaines zones.

 

Lr Classic CC étant ouvert à des plug-ins, il est possible d’en trouver permettant le rendu de films argentiques. Il existe deux sortes de plug-in :

  • Les plug-in destructifs, comme DxO FilmPack, qui vont nécessiter de créer une copie physique de votre image (en tenant compte de l’état de développement) et qui sera transféré dans un éditeur externe. Après traitement et sauvegarde, Lr Classic CC pourra intégrer, automatiquement ou via importation, cette nouvelle photo physique à son catalogue. Il est préférable de choisir le TIFF 16bits par rapport au JPEG.
  • Les plug-in non destructifs. Il s’agit de simples instructions qui sont censées proposer un rendu proche de certains films argentiques, sans traitement destructif. Payants ou gratuits, la majeure partie de ces plug-in sont nettement moins efficaces que le logiciel de DxO. Néanmoins certains proposent des rendus intéressants comme VSCO.

 

 

Gestion du bruit

Le bruit numérique

Se manifeste sous la forme d’éléments parasites qui apparaissent de manière aléatoire sur toute ou partie d’une image. Il y a deux formes de bruit numérique :

  • Le bruit de luminance dont la structure ressemble à celle du grain argentique. Ce type de bruit, bien que délicat à corriger (correction et lissage à faire sur des détails fins de l’image) est le plus « gracieux ».
  • Le bruit de chrominance qui se présente sous la forme d’amas de pixels rougeâtre et verdâtre, surtout dans les zones sombres. Très désagréable à voir, ce bruit est plus facile à corriger, car il ne modifie pas les détails de l’image.

Lr Classic CC dispose d’une fonction de débruitage relativement efficace, à condition d’être léger dans l’utilisation des curseurs proposés pour ajuster le traitement. Si on va trop loin, on obtient rapidement des surfaces extrêmement lissées, où l’on perd tout détail. Il faudra procéder par petite touche, en visualisant le résultat aussi bien de manière globale qu’au travers d’une vue à 100 % sur une partie « test ». On peut agir sur les 2 types de bruit, mais la réduction du second (chrominance) n’est possible que si on a agi sur le premier (luminance).

 

L’image ci-dessous a été prise avec un KP avec ces paramètres : 1/125s à f/5 et 12800 ISO. Un développement a été réalisé avec Lr Classic CC et 2 images ont été exportées : la première sans traitement du bruit et la seconde avec le traitement. Une portion de l’image a été extraite pour permettre les comparaisons.

Sans traitement / Avec traitement

 

À titre informatif, nous vous proposons aussi de vous faire une idée par rapport à la fonctionnalité PRIME de DxO PhotoLab.

Traitement Lr Classic CC / Traitement DxO PhotoLab PRIME

 

 

Autres fonctionnalités

Lr Classic CC dispose d’un certain nombre de fonctionnalités indispensables à un tel logiciel, comme la suppression des aberrations chromatiques, la gestion du moiré, du vignettage ou celle de la netteté de l’image. Attention, il ne faut pas croire que le logiciel va permettre des miracles. Une photo floue va rester floue et une photo aux AC catastrophiques ne deviendra pas propre.

Pour passer en revue toutes les fonctionnalités d’un tel logiciel, un livre est nécessaire. D’ailleurs, certains se sont lancés sur ce secteur lucratif. Néanmoins, il paraît nécessaire d’aborder 3 outils intéressants.

 

 

La correction d’objectif sur les fichiers RAW

On ne sait pas très bien sur quel protocole reposent les mesures des caractéristiques d’objectifs par Adobe, mais une correction des principaux « pépins » comme la distorsion est proposée. Il n’est pas sûr que cet outil soit aussi poussé que celui de DxO. Contrairement à ce dernier, il n’est pas de dimension quasi « obligatoire ». Il remplit malgré tout son office et les distorsions et autre vignettage sont globalement bien corrigés.

De nombreux objectifs sont connus de Lr Classic CC

De nombreux objectifs sont connus de Lr Classic CC

 

 

Le redressement des images

Cet outil, permettant de redresser une image de manière automatique, est un rêve assez ancien qui a été mis en œuvre par DxO entre autres. Depuis la version 6, Adobe propose lui aussi une fonctionnalité équivalente. Adieu donc, en théorie, aux horizons penchés ou aux gratte-ciel penchés. Attention malgré tout. Parfois le logiciel se trompe ou propose une alternative imaginaire à la réalité, surtout pour les photos à très grand angle ou les immeubles pris en contrebas.

En haut à gauche, un outil qui vous permet de tracer vos lignes de redressement

 

L’outil propose plusieurs façons de procéder, allant d’un simple redressement de l’horizon au mode manuel, en passant par le mode auto. À essayer et souvent adopter !

 

 

Fusion panorama et fusion HDR

Sélectionner toutes les photos nécessaires, puis clic-droit sur l’une d’entre elles

 

Lr Classic CC propose d’assembler plusieurs photos en une seule. L’option un est de concevoir une photo panoramique à partir de 2 clichés ou plus, avec 3 modes de fusions (cylindrique, perspective,). Un outil fort efficace qui permet de se passer de logiciel tiers dédié, dans plus de 90 % des cas. Cerise sur le gâteau, Lr Classic CC est capable de concevoir une photo panoramique à partir de fichiers RAW tout en créant un vrai fichier RAW de type DNG. Fichier sur lequel on pourra effectuer toutes les opérations de PT classiques.

Les options de la Fusion Panoramique et de la Fusion HDR

Les options de la Fusion Panoramique et de la Fusion HDR

 

La deuxième option permet de créer un fichier HDR au format DNG à partir de fichiers RAW. Il s’agit bien de vrais fichiers HDR (fusion de fichiers pris en mode bracketting), sans tone-mapping.

 

 

Traiter une série d’images par lot

Le traitement par lot permet d’appliquer les mêmes paramètres de traitement d’une image à un ensemble d’autres images. Ce qui est utile si on doit appliquer un même traitement sur une série homogène d’images prises dans des conditions similaires, ou si on doit appliquer un rendu spécifique à un ensemble de photos.

Le bouton synchroniser peut devenir synchroniser auto

Le bouton synchroniser peut devenir synchroniser auto

Lr Classic CC permet :

  • d’agir en direct (mode synchronisation automatique) sur un ensemble de photos sélectionnées en travaillant sur une photo maître,
  • de synchroniser a posteriori à partir d’une photo maître un sur ensemble de photos sélectionnées. L’utilisateur choisissant alors les paramètres à dupliquer (c’est un copier-coller à destination multiple.
  • de copier les paramètres de développement et les collant sur une photo.
les paramètres que l'on peut copier / synchroniser

Les paramètres que l’on peut copier / synchroniser

 

Pour certains outils paramétrés en mode Auto (comme la balance des blancs), ceux-ci s’adaptent à chaque photo.

 

 

PixelShift

Pentax propose depuis le K-3 II la fonctionnalité PixelShift qui permet une définition accrue d’une image. Sans que cela soit reconnu officiellement (information non trouvée dans les notes de version), Lr Classic CC est partiellement compatible avec le PixelShift… version 1, c’est-à-dire sur pied et sans mouvement apparent sur la photo. Il suffit pour cela de déplacer le curseur Netteté sur 105/108. Il fallait le savoir. La version 2 (mouvement et sur pied) n’est pas correctement prise en charge, les mouvements provoquant de très vilains artefacts à l’image. Quant à la version 3 (mouvement et à main levée), il faudra attendre encore un peu pour tester.

 

 

Échanges avec d’autres logiciels

Lr Classic CC est sans doute un champion en matière d’échanges avec d’autres logiciels. Cela vient très certainement du fait qu’étant leader, les autres essayent de prendre une part du gâteau.

 

 

La particularité Photoshop

Photoshop est un cas à part. D’ailleurs, Adobe propose une offre locative groupée (un « bundle »), Photoshop + Lr Classic CC. Ce n’est pas un hasard. Il est possible de faire un PT dans LR, ouvrir le fichier avec ce PT dans Photoshop CC, effectuer des modifications destructives, avant de sauvegarder le résultat, qui sera automatiquement intégré dans le catalogue Lr. Le format de retour dans Lr Classic CC peut être le JPEG, le TIFF ou le PSD. Mais en cas de calques, Lr Classic CC n’affichera qu’un seul, le premier.

 

 

La particularité DxO

DxO a développé un petit module qui va ouvrir le fichier RAW (sélectionné dans le catalogue Lr), dans DxO PhotoLab. Évidemment, seule la version brute sera affichée, étant dans l’impossibilité d’interpréter le PT Lr. Après développement, l’utilisateur pourra exporter vers Lr Classic CC (en TIFF ou JPEG) et l’image sera intégrée dans le catalogue Lr.

 

 

Autres logiciels

Il est également possible d’utiliser d’autres logiciels comme DxO View Point (qui permet de redresser les perspectives), DxO Film Pack (qui permet de donner un aspect pellicule argentique) ou les logiciels de l’ancienne Nik Collection. Un export (au format TIFF ou JPEG) va être créé et ouvert dans le logiciel cible. Après traitement, la nouvelle image sera reconnue automatiquement dans le catalogue Lr.

Choisir un logiciel d'édition externe par défaut

Choisir un logiciel d’édition externe par défaut

 

 

Les fonctions d’Export

Export « classique »

Par export, il faut comprendre création d’un fichier au format JPEG ou TIFF, à partir d’un fichier RAW et des Post-Traitements. L’utilisateur peut définir l’endroit d’export et les différents paramètres classiques que sont la taille ou encore niveau de compression. C’est évidemment le résultat du PT qui est exporté, à partir du fichier RAW et du traitement que vous aurez fait.

Un export est réalisé soit au moyen du menu Image > Exporter, soit en cliquant sur l’icône qui se trouve en bas de la fenêtre d’interface, sur la droite. Il est possible d’exporter vers différentes cibles, sachant que chacune proposera un pré-paramétrage (par exemple, des dimensions plus réduites pour un e-mail). L’utilisateur dispose de multiples leviers pour personnaliser son export. Cela va du format d’enregistrement (tiff ou jpeg) aux dimensions en passant par le renommage, l’application d’un filigrane ou le choix du format de l’image. Les possibilités sont nombreuses.

Les multiples possibilités de la fonction Exporter

Les multiples possibilités de la fonction Exporter

 

Pour rappel, il est inutile d’exporter en JPEG haute qualité dans le seul but de conserver, tant que l’on conserve le RAW d’origine et le développement (fichier de type XML). À partir de ces éléments, il est possible de régénérer à volonté des fichiers au format TIFF et JPEG, selon les besoins. Il est possible de se créer de nombreux profils d’export, avec différentes possibilités sur le nommage ou sur la qualité de l’image.

 

 

Export vers des services externes : les services de publication

Exemple de services de publication

Exemple de services de publication

 

Lr Classic CC propose, soit en natif, soit par ajout, de nombreuses fonctionnalités d’export vers des services externes comme Flickr, Instagram, un disque dur ou encore des galeries Web. Même pour ce dernier module, des indépendants proposent des gestions de galeries performantes, basées sur les collections, avec création de pages d’accueil et autres. Par défaut, Adobe propose quelques services de publication, mais il est aisé d’en trouver d’autres.

Paramètres d’export vers un service de publication

 

Comme pour l’export classique, il est possible d’agir très finement sur les paramètres d’export.

 

 

Les plug-in et autres modules

Est-ce parce que son architecture semble un peu ouverte ou parce que le logiciel est dominant, voire les deux, toujours est-il que de nombreux plug-in et autres modules sont disponibles. En faire une liste paraît presque impossible, même si le site d’Adobe s’y essaye ici ou . Néanmoins, il faut faire attention, car si l’offre est pléthorique, le bon goût est rare ! Citons au hasard :

  • Module de tethering du boîtier. Certains boîtiers sont pris en compte par Lr Classic CC et il est possible de contrôler le boîtier à distance, avec transfert des fichiers directement sur l’ordinateur et dans le catalogue. Les boîtiers K-3II et K-1 sont par exemple pris en charge coté Pentax.
  • Module de gestion des EXIF lors des exports. Par défaut, l’export se fait avec toutes les métadonnées. On peut restreindre, mais pas forcement comme on aimerait. Ce module permet de faire différents profils de métadonnées, avec celles que l’on souhaite voir associer aux exports d’images.
Modules dans Lr Classic CC

Modules dans Lr Classic CC

 

 

Impression par des tiers

Lr Classic CC propose un service d’impression par un tiers, la société Blurb. Exit officiellement les alternatives comme Photoweb ou Photoservice. Mais le module Livre étant très complet, on peut créer son gabarit de livre dans le logiciel, « construire » son livre et exporte le livre au format PDF. Il ne vous restera plus qu’à trouver un opérateur capable de l’imprimer à partir d’un PDF.

 

 

Impression locale

Lr Classic CC dispose d’un module d’impression très évolué, permettant de réaliser des tirages papier à partir de tous les fichiers pris en charge par le logiciel (RAW évidemment, mais aussi TIFF et JPEG). Il va sans dire que l’impression tiendra compte de toutes les opérations de Post-Traitement effectuées.

La partie impression est très fournie en options, et l’on peut se créer ses gabarits d’impression qui tiendront compte des différents types de papier. Un module dans lequel l’investissement sera là aussi nécessaire, mais avec de beaux résultats à l’arrivée.

 

 

Tableau récapitulatif des principales fonctions du logiciel

CatalogueNon
Outils de Post Traitement avancés (Filtre radial, Pinceau, etc.)Oui
Gestion des calquesNon
Interfacage avec des éditeurs externesOui. La nouvelle image produite est intégrée au catalogue de LrClassic CC
Gestion du PixelShiftPartiellement et non documentée
Gestion des panoramiques, des HDROui
Utilisation des set de dev Pentax (Lumineux, Paysage, Monochrome, Brillant, etc.)Partiellement
Prise en charge format DNG et PEFOui
Correction des ACOui
Correction des objectifsOui
Copier/Coller les paramètres de dev (synchronisation passive et/ou active)Oui : Synchronisation active, et passive, Copie-Coller

 

 

Avantages/Inconvénients

Avantages

  • Un logiciel tout-en-un qui permet de répondre à presque tous les besoins.
  • Un catalogue d’images très puissant.
  • L’outil de débruitage efficace.
  • Une correction optique des objectifs qui compense des dérives propres à chaque objectif.
  • Une ouverture à des modules et plug-in qui permettent d’enrichir les outils déjà présents.
  • La possibilité de contrôler et d’importer les photos dès la prise de vue (tethering).

 

 

Inconvénients

  • Un enfermement dans un écosystème propre, un abonnement captif.
  • Un moteur de dérawtisation qui n’a pas évolué depuis 5 ans et qui, bien que performant, est moins bon désormais que d’autres.
  • L’absence de calques.
  • Un logiciel très complet, trop pour que toutes les fonctionnalités soient toujours les meilleures.

 

 

Conclusion

Lr Classic CC, anciennement Lr, a toujours été un logiciel essentiel qui s’est bonifié au fil de ses versions. La concurrence aimerait remettre en cause son leadership, mais personne n’a réussi à proposer un logiciel aussi abouti et/ou ouvert. S’il a eu la peau d’Aperture, lui trouver un remplaçant n’est pas chose aisée.

Il y a 3 ans, avec la mise en place du système par abonnement, beaucoup prédisaient la fin de Lightroom. Devant le succès, la version 7 en standalone n’a jamais fait l’objet d’une sortie. Et Adobe s’est permis de changer le nom de son logiciel phare, le reléguant d’une certaine façon. Car le futur semble être le nouveau Lightroom CC, un logiciel où les utilisateurs devront héberger leurs clichés chez Adobe, les rendant encore plus captifs.

Tant qu’aucun éditeur ne proposera un logiciel aussi performant et disposant des mêmes fonctionnalités, Lr Classic CC aura encore de beaux jours devant lui. Car soyons réaliste, si de nombreux « petits » utilisateurs ont déjà préféré d’autres solutions, tant que les têtes d’affiche continueront à prôner ce logiciel, il gardera toute sa prépondérance.

 

 

Galerie

Quelques images traitées par Lr Classic CC.

Traitement classique Lr Classic CC

Traitement classique Lr Classic CC

 

Traitement N&B interne à Lr Classic CC, basé sur le mélange des couleurs

 

Traitement Kodak Ektar 25 par VCSO

Traitement Kodak Ektar 25 par VCSO

 

Traitement Lr Classic CC standard

Traitement Lr Classic CC standard

 

 

Crédit photo : © fyve – Développement Lr Classic CC dans le cadre de l’article : F.