LightZone, qui sera souvent abrégé en « LZ » dans le corps de cet article, n’est sans doute pas le plus connu des logiciels de dérawtisation et/ou de traitement d’image. C’est un logiciel Open Source qui peut-être téléchargé gratuitement (il faut juste créer un compte sur le site du projet) et qui n’est soumis à aucune limitation de fonctionnement.

Que les lecteurs intéressés ne s’inquiètent pas : la création d’un compte, si elle est un préalable nécessaire au téléchargement, n’est en aucun cas un signe d’engagement à quoi que ce soit et n’entraînera aucune conséquence indésirable. Ainsi, on n’est jamais envahi de mails non sollicités. Pour ce qui me concerne, j’ai téléchargé LightZone il y a plusieurs mois et je n’ai jamais reçu le moindre mail consécutif à mon inscription. En revanche, il est nécessaire de se connecter à ce compte si l’on veut pouvoir interroger la communauté LightZone sur tel ou tel aspect de son utilisation.

 

LightZone est apparu sur le marché, en tant que logiciel payant, en 2005. Il avait été créé par un développeur du nom de Fabio Riccardi, qui l’a abandonné en septembre 2011. Le code source et le nom, libérés début 2013 ont été repris par une communauté de développeurs qui en assure désormais l’évolution sous licence BSD (Open-source).

La version actuelle (décembre 2017) a pour numéro 4.1.8. Le logiciel est disponible pour les 3 principaux systèmes d’exploitation : Linux, Mac OS et Windows.

 

Description du logiciel

Comme beaucoup de logiciels de traitement du RAW…

… LZ est non destructif. Cela veut dire que toutes les actions de traitement sont calculées en temps réel et appliquées à l’image en affichage. On peut donc manipuler tant qu’on veut l’image, l’original n’est jamais altéré.

L’enregistrement de l’image (Commande « Enregistrer » ou « Enregistrer sous… ») crée un fichier d’extension « _lzn.jpg ». En principe. Car on peut aussi modifier le format de fichier enregistré dans les préférences du logiciel. Voir ci-après.

Le moteur de traitement utilisé par LightZone se nomme DCRAW. Il s’agit d’un moteur de dématricage RAW sous licence GNU GPL v2 qui est utilisé par de nombreux logiciels comme Affinity Photo, Darkroom,  RawTherapee ou encore Gimp. DCRAW est capable de gérer de très nombreux « containers RAW » propriétaires proposés par Canon (CRW), Fuji XTrans, Nikon (NEF), Sony (SRF), Olympus, Leica et quelques autres. Pour les pentaxistes, le K-1 et le K-3 II sont reconnus depuis la version 4.1.6 (juin 2016). Pour les boîtiers plus récents, il faudra probablement attendre une nouvelle version. Toutefois, les fichiers DNG et PEF générés par le K-1 Mark II peuvent être ouverts et traités par LZ. Ce qui, d’ailleurs, n’a pas été précisé dans l’aide du logiciel, hélas non tenue à jour.

 

Profil boîtier + objectif

Comme on peut s’y attendre, LZ sait lire dans les EXIF les noms de l’APN et de l’objectif utilisés ; mais il ne gère pas les profils boîtier-objectif à la manière, par exemple, d’un DxO Photolab (« couples » boîtier/objectif).

Pour obtenir l’affichage des EXIF (métadonnées) il faut activer l’onglet « Information » sur la partie droite de l’interface.

 

L’aide

Généralement, quand on vient d’installer un logiciel, on le lance et on le teste, c’est-à-dire qu’on veut tout de suite savoir ce dont il est capable. Pour un logiciel de traitement d’image, on charge une image et on commence à la traiter. Et, très vite, on est perdu. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on est habitué à un autre logiciel et qu’on s’attend à trouver dans le nouveau les mêmes fonctionnalités placées au même endroit et produisant les mêmes résultats. Erreur ! En effet, chaque logiciel a ses propres particularités et il est indispensable de les assimiler avant de se lancer dans un « travail sérieux ». C’est là que se mesure toute l’importance de l’aide. Selon qu’elle sera bien faite, bien traduite, détaillée ou pas, elle permettra (ou pas) de faire rapidement ses premiers pas de façon efficace.

Pour ce qui concerne LightZone, je recommande vivement de se plonger dans cette aide avant de commencer à traiter des photos. Pour les autres logiciels, aussi, évidemment, mais LightZone a un fonctionnement assez particulier qu’il convient de bien comprendre. Et l’aide est encore le meilleur moyen d’en apprendre la théorie.

 

La « philosophie » LightZone

LightZone propose une approche du traitement assez différente des autres logiciels de post-traitement (PT). Ainsi, on n’y trouve pas de courbes de correction, mais des outils simples qui font penser au « zone system » d’Ansel Adams. Les corrections s’effectuent par couches successives, soit sur la totalité de l’image, soit sur une partie seulement. C’est le principe des masques. Le néophyte sera probablement dérouté par cette manière de procéder, mais, avec un peu d’habitude, on s’y fait assez bien et finalement on trouve cela plutôt confortable.

LightZone s’ouvre toujours en mode « Explorateur de fichiers », appelé ici « Navigateur », ce qui est bien normal puisqu’il ne comporte pas de catalogage. Au premier chargement après installation, il ouvre le dossier d’images mémorisé dans le système d’exploitation. Par la suite, il ouvre le dernier dossier sur lequel on a travaillé et même la dernière image traitée… si elle est toujours dans le dossier en question. Et si l’on n’a rien changé dans l’onglet « Général » des Préférences (voir ci-après).

 

Personnalisation

Aujourd’hui, tous les logiciels sont personnalisables. Peu ou prou, d’ailleurs ! Souvent on n’y prend pas garde. Pourtant, il est confortable de choisir des options conformes à ses habitudes de travail. Par exemple choisir le dossier où seront enregistrées les images traitées. Autre exemple : choisir parmi les options possibles de fonctionnement celle qui correspond le mieux à ses habitudes ou à ses goûts.

Pour cela, ouvrir le menu « Edition » dans la barre de menu (haut de l’écran) et choisir « Préférences ».

 

Les préférences

Les choix sont répartis dans 3 onglets : « Général », « Enregistrer » et « Copyright » :

  • L’onglet « Général » permet de paramétrer, notamment, un dossier d’enregistrement automatique temporaire, et diverses options moins primordiales.
  • L’onglet « Enregistrer » est essentiel. C’est dans cet onglet que l’on peut choisir le format du fichier de sortie (Jpeg ou TIFF seulement), le profil de couleur, le redimensionnement de l’image.
  • Le dernier onglet, « Copyright », concerne le photographe et non le logiciel. Il n’est pas figé une bonne fois pour toutes et peut être changé à volonté.

Il est à noter que, s’agissant du profil de couleur, le profil par défaut est sRGB IEC61966-2.1. Toutefois, si l’écran de l’utilisateur a été calibré, le logiciel propose dans ses différents choix le fichier de profil généré par la sonde de calibrage de l’écran. Appréciable !

 

L’interface de LightZone

Bien entendu, cette interface évolue selon que l’on est en mode « Naviguer » ou en mode « Editer ».

 

En mode Naviguer

L’écran se subdivise en 4 zones (on omet volontairement la ligne de menus, en haut) :

  • à gauche : l’explorateur de fichiers sur toute la hauteur ;
  • à droite, sur toute la hauteur, une zone réservée aux métadonnées de la photo sélectionnée (si on a sélectionné une image !) ;
  • en bas, les vignettes représentant les photos du dossier sélectionné dans la zone gauche, surmontées d’une ligne d’options ;
  • au centre, la zone d’affichage de la photo sélectionnée.

IMPORTANT : l’explorateur de fichier n’affiche que les disques et les dossiers. Quand un dossier est sélectionné, les images qu’il contient sont affichées en vignettes (voir ci-dessus).

Dans ce mode, il est possible de noter les images (de 1 à 5 étoiles), soit individuellement soit par lots. On les sélectionne parmi les vignettes, on choisit « Navigateur » dans la ligne de menus supérieure, puis « Notation » et on clique sur le nombre d’étoiles choisi.

En cliquant sur le mot « Editer » (en haut, à gauche), on passe dans ce mode.

 

En mode Editer

L’écran se présente alors ainsi :

  • à gauche, par défaut s’ouvre l’onglet « Historique » (des modifications), vierge au départ
  • à droite, l’onglet « Information » reste ouvert, mais il faut, pour traiter la photo, lui substituer l’onglet « Outils »
  • au centre, la photo à traiter s’affiche.

A noter que la zone basse inférieure (comportant les vignettes) disparaît.

 

L’onglet « Outils »

Il apparaît très sommaire au premier abord :

 

La zone grise indique les coordonnées du pointeur de souris sur l’image affichée ainsi que d’autres données (luminosité, teinte, saturation, …)

En dessous de cette zone, une rangée d’icônes : chaque icône est, bien sûr, une palette d’outils. De gauche à droite, les outils :

« Zone Mapper »« Relight »

 

« Netteté »« Flou gaussien »

 

« Teinte/Saturation »« Balance de couleurs »

 

« Balance des blancs »« Noir et Blanc »

 

« Réduction du bruit »« Cloner »

 

« Poussière »« Yeux rouges »

 

On les active, bien sûr, par un clic.

Quelques observations…

On notera :

  • que l’icône correspondante de la barre des menus « Outils » est reproduite sur la ligne de titre de chaque outil ;
  • que chaque outil comporte une croix de fermeture (à droite)
  • qu’on peut ouvrir plusieurs instances de chaque outil : c’est précisément ce fonctionnement qui fait penser au Zone System d’Ansel Adams.
  • Qu’en cliquant sur chaque outil, la zone « Historique » enregistre l’opération correspondante. On peut ainsi, à tout moment, revenir en arrière d’un ou plusieurs pas en cliquant dans l’historique sur l’opération désirée. Pratique ! Et c’est ce qui fait que l’original de l’image n’est jamais altéré : seule change sa représentation à l’écran.
  • Que chaque fenêtre d’outil comporte, dans sa barre de titre et à droite une icône « ? ». Un clic sur cette icône permet d’ouvrir l’aide concernant la rubrique. Simple, ergonomique et efficace. Rien à dire !

Alors ? Sommaire, l’onglet « Outils » ? Pas autant qu’on aurait pu le croire, n’est-ce-pas ?

 

Les barres de menu

Selon que l’on sera en mode « Naviguer » ou en mode « Editer », ces barres seront différentes.

Il n’est pas indispensable de les décrire avec précision car, dans la plupart des cas, les options sont suffisamment explicites pour être comprises sans difficulté.

La barre de menu « Naviguer »

On doit noter, dans ce mode, que si l’on sélectionne plusieurs images dans la partie basse de la fenêtre (vignettes), cela signifiera qu’on va effectuer un traitement par lot. Il est donc important d’avoir bien défini ce que l’on veut réellement faire avant de valider l’option correspondante.

 

La barre de menu « Editer »

Particularité essentielle de ce mode : on y trouve la fonction de recadrage (rubrique « Modes ») alors qu’on aurait pu s’attendre à la trouver dans l’onglet « Outils ». On peut aussi, par cette fonction, changer le format de l’image, par exemple de 3/2 à 16/9.

 

Le catalogage des photos et la gestion des métadonnées

Cataloguer

Par le navigateur de fichiers, LightZone permet de choisir le dossier contenant des images, qu’elles soient de format RAW ou de n’importe quel autre format ou presque (LZ en reconnait un très grand nombre). Dès lors, dans la partie basse et centrale de l’interface, il en affiche les vignettes avec quelques données comme indiqué ci-avant.

Mais point de base de données et donc point d’option pour importer des images : si on veut ajouter des images à un dossier il faudra faire un classique « copier/coller » ou « couper/coller »  par le système d’exploitation de l’ordinateur. Simple, sans doute, mais peu convivial, ce qui s’explique, d’ailleurs, puisque LightZone ne propose aucun catalogage des images.

 

Gestion des métadonnées

Les métadonnées apparaissent en mode « Naviguer » sur la partie droite de l’écran (colonne de droite, partie supérieure). Elles sont ce que l’APN les enregistre. Le logiciel affiche les informations les plus courantes. A noter que tous les titres de rubriques ne sont pas traduits en français ! Ce n’est sans doute pas, pourtant, le plus difficile à réaliser ! Il en résulte un joyeux mélange, mais cela fait peu sérieux de notre point de vue.

Attention ! Si l’on clique sur les flèches en regard de « Copyright » et « Créateur », LZ substitue aux données enregistrées par l’APN celles qui auront été enregistrées dans l’onglet « Préférences » du logiciel et qu’il considère comme « Valeurs par défaut ». Et encore ne sait-on que ce sont les valeurs par défaut que si l’on laisse pendant quelques secondes le pointeur de souris sur les flèches en question.

Le point négatif, c’est qu’aucun avertissement préalable n’est affiché, que LZ ne demande pas confirmation et qu’on ne peut pas annuler l’opération, même par « Ctrl-Z » ou par le menu [« Edition » « Annuler »] de la barre de menus. Dans ce cas, il faut donc réinscrire manuellement les données d’origine. On peut rêver mieux en matière d’ergonomie, surtout pour des débutants, même si cette façon de faire est indiquée dans l’Aide de LZ.

Les autres informations modifiables (sur fond gris foncé) sont :

  • Notation (1 à 5 étoiles)
  • Title (titre)
  • Caption (nom)
  • Location (localisation)

 

 

Utilisation des coordonnées GPS

Comme par exemple dans le logiciel « DCU » de Pentax, il n’y a pas de module « carte du monde » sur lequel on pourrait voir immédiatement où ont été prises les photos. Il est vrai que tous les boîtiers Pentax ne sont pas dotés d’un module GPS même si certains d’entre eux pourraient se voir greffer le module indépendant en option O-GPS1.

Pour autant, les informations GPS figurent bien dans les métadonnées, si elles ont été activées sur l’APN. Mais LZ ne semble pas les utiliser. Du reste, l’aide du logiciel n’en parle pas.

 

Le Développement RAW « Standard »

On accède à ce mode, après chargement d’une photo brute (RAW – DNG ou PEF dans le cas de Pentax-), en cliquant sur le bouton « Editer », situé immédiatement à droite du bouton « Naviguer », juste en dessous de la ligne de menus. La couleur de police du bouton devient alors orange.

 

Description de l’interface

La colonne de gauche

Elle comprend les 2 onglets « Styles » et « Historique ».

L’onglet « Historique » enregistre chacune des actions effectuées sur l’image. La première ligne inscrite d’office est « Original », c’est à dire la photo brute, hors de tout traitement.

L’onglet « Styles », quant à lui, comprend une liste impressionnante de traitements préenregistrés que l’on peut appliquer à l’image. Un extrait de cette liste ci-dessous.

A noter que ces styles peuvent être édités (1ère icône à droite du mot « Styles » dans le titre de l’onglet) et qu’il est possible d’en ajouter (clic sur l’icône « + », à droite de la précédente). On peut aussi, après traitement d’une image, enregistrer les changements en tant que style, dans le menu « Fichier ».

 

La colonne de droite

Une surprise tout d’abord : alors que le traitement RAW ne fait l’objet d’aucune indication dans les menus, les boutons ou les outils décrits précédemment, le passage en mode « Editer » provoque, dans la colonne de droite, l’ouverture d’une fenêtre nommée « Ajustements RAW » :

 

 

Elle comporte 5 rubriques assez classiques :

  • Exposition
  • Bruit couleur
  • Bruit grain
  • Température (= balance des blancs)
  • Nuance

Les actions sur ces outils sont très efficaces. D’ailleurs, dans l’Aide, il est précisé que c’est le meilleur choix de traitement pour les images brutes (RAW).

L’image des différents autres outils a été présentée ci-dessus. L’utilisation ne devrait présenter aucune difficulté particulière. Rappelons que, pour chacun d’eux, il est possible d’activer l’aide correspondante en cliquant sur le « ? » placé sur la droite de la ligne de titre de l’outil. Rappelons aussi que la philosophie de LightZone permet de les appeler plusieurs fois et de les appliquer, grâce au Zone Mapper, à des parties différentes de l’image. Les traitements se cumulent mais ne s’annulent pas.

Pour revenir sur un traitement déjà fait, il faut aller dans l’onglet « Historique » et cliquer sur le traitement en question.

On observera, cependant, que certaines opérations très courantes ne sont pas toujours d’une mise en œuvre aisée.

Il en est ainsi pour ce qui touche au contraste d’une image. D’ordinaire, dans les logiciels de PT « traditionnels », on trouve, avec les réglages de la luminosité ou parfois séparément, un réglage du contraste par déplacement d’un curseur sur une échelle horizontale. Rien de tout cela dans LZ.

Comment procéder ?

Il faut :

  • Ouvrir l’outil « ZoneFinder » (« Zones » en haut et à gauche de l’onglet « Outils » : il affiche des zones de gris montrant les zones claires de l’image et les zones plus sombres ;
  • Ouvrir l’outil « Zone Mapper »

  • La suite ? Reprenons textuellement de que dit l’aide de LZ, fautes d’orthographe comprises :

Pour augmenter le contraste de votre photo, cliquez le bouton de l’outil ZoneMapper dans la barre d’outil. (Un nouvel outil ZoneMapper apparaîtra en haut de la chaîne de développement.) :

  • Déplacez la souris le long des zones dans le ZoneMapper pour trouver la zone au-dessus de laquelle vous ne souhaitez pas ajuster le contraste. (En déplacant la souris, vous pouvez voir les zones se mettrent en évidence dans le ZoneFinder.)
  • Cliquez pour ajouter un verrou de zone (une ligne fine et bleue avec un petit ‘X’ à sa droite).
  • De la même manière, déplacez la souris le long des zones dans le ZoneMapper pour trouver la zone en-dessous de laquelle vous ne souhaitez pas ajuster le contraste.
  • Cliquez pour ajouter un second verrou de zone.
  • Déplacez le verrou de zone le plus haut vers le haut et le verrou de zone le plus bas vers le bas. En faisant ceci, le contraste des tons moyens augmentera.

 

Bien sûr, c’est une question d’habitude et…de philosophie du logiciel. Mais on a déjà vu mieux en termes de facilité d’utilisation. Cela dit, l’outil garde une certaine efficacité.

Le PT amélioré

Gestion des profils du boîtier

Sans objet dans le cadre du logiciel LightZone, cette fonctionnalité n’existant pas.

 

Les couleurs

Pour la gestion des couleurs, les possibilités de LZ nous semblent assez sommaires. Nous aurions aimé une plus grande précision, il faut bien le dire ! Encore une fois, les sélections de zones étant difficiles, la précision s’en ressent fortement.

Avant traitement / Après traitement LZ:

 

Retouches locales

Dans les outils de développement (onglets), elles n’existent tout simplement pas : les corrections s’appliquent toujours à l’image entière, sauf à définir des zones avec le Zone Mapper et le Zone Finder. Ou encore en passant par les « Régions » que l’on peut dessiner de différentes formes : polygones, ellipses, tracé libre. C’est une manière de sélectionner des portions de l’image, mais pas toujours de façon aisée, de notre point de vue.

Comme on peut s’y attendre pour un logiciel gratuit, LZ ne prend pas en compte le « Pixel Shift Resolution », quel qu’il soit. Comme beaucoup d’autres logiciels….payants, eux !

 

Filtre gradué, filtre radial, pinceau ou technologie U-Point

Aucune fonction de ce type n’existe dans LZ.

 

Calques

La notion de calques est complètement différente de celle des autres logiciels. En fait, la technique employée pour faire fonctionner LZ (les couches inspirées du Zone System d’Ansel Adams) ressemble fortement à la technique des calques, ou plutôt des masques.

 

Copies virtuelles

Cette notion, en tant que telle, est aussi absente de LZ.

 

Gestion du N&B

Le noir et blanc se gère à partir d’un outil dédié, dans l’onglet « Outils ». Il permet d’obtenir de belles images, bien contrastées

Un exemple ci-dessous :

 

 

Gestion du bruit

L’image ci-dessous a été prise avec un KP avec ces paramètres : 1/125s à f/5 et 12800 ISO. Un développement a été réalisé avec LZ (outil « Réduction du bruit »). Puis une portion de l’image a été extraite d’une part avant traitement et d’autre part après traitement du bruit.

Sans traitement / Traitement LZ

Extraits :

 

Un exemple, parmi de nombreux autres, de ce que l’on peut obtenir.

 

Autres fonctionnalités

Comme PentaxKlub l’a déjà souligné pour les autres logiciels, il est impossible, dans le cadre de cet article, de passer en revue toutes les possibilités de LightZone dans le détail de chacune d’elles ; cela impliquerait une connaissance très approfondie du logiciel, qui, il faut bien l’avouer, nous fait quelque peu défaut. Il est donc tout à fait possible que nous aient échappé plusieurs d’entre elles.

 

Traiter une série d’images par lots avec LZ

LZ permet de traiter des images par lots.

La façon de procéder a été décrite plus haut : dans le menu « Naviguer », on choisit les images par leurs vignettes (Shift+clic sur chaque image) et on clique ensuite sur « Editer ». Encore une fois, il faut bien choisir les images à traiter ainsi et avoir conscience que c’est rigoureusement le même traitement qui sera appliqué à chacune d’elles.

Par ce moyen, on peut « coller » une pile de traitements déjà effectués (partie droite de l’interface) sur un ensemble d’images. Pratique…mais dangereux !

 

PixelShift

Pentax propose depuis le K-3 II la fonctionnalité PixelShift qui permet une définition accrue d’une image.

RawTherapee, depuis la version 5, et DCU (le logiciel « maison » de Pentax) sont à ce jour les seuls logiciels capables de traiter ces images. Avec un bémol : LightRoom semble pouvoir traiter les images Pixel Shift de première génération. LZ est totalement dépourvu de cette fonctionnalité.

 

Échanges avec d’autres logiciels

LZ ne prévoit aucun échange avec des logiciels externes.

 

Les fonctions d’Export

Export « classique »

Par export, il faut comprendre création d’un fichier au format JPEG ou TIFF, à partir d’un fichier RAW et des Post-Traitements. C’est évidemment le résultat du PT qui est exporté, à partir du fichier RAW et du traitement effectué.

Dans LZ, l’export peut s’effectuer de 2 manières :

  • par la fonction « Enregistrer » ou « Enregistrer sous… »
  • par la fonction « Convertir une image » dans le menu « Fichier » . Cette façon de procéder permet, notamment, de redimensionner l’image de sortie, de choisir le format (JPEG ou TIFF), le dossier de sortie, et le profil de couleur.

 

Export vers des services externes

LightZone ne dispose pas de fonctionnalités d’export vers des services externes tels que Flickr, Instagram ou encore des galeries Web.

 

Impression par des tiers

LightZone ne propose pas non plus de service d’impression par des tiers comme Photoweb ou Photoservice. S’agissant d’un logiciel open-source – donc non commercial – c’est parfaitement compréhensible. Il n’y a pas non plus de possibilités de créer un livre au format PDF.

 

Impression locale

En revanche, LZ dispose d’un module d’impression locale :

 

Ce module, on le voit sur l’image ci-dessus, permet un certain nombre de paramétrages.

 

Tableau récapitulatif des principales fonctions du logiciel

CatalogueNon
Outils de Post Traitement avancés (U-Point, Filtre radial, Pinceau, etc.)Non
Gestion des calquesNon
Gestion de masquesOui (Zone Mapper)
Interfacage avec des éditeurs externesNon
Gestion du PixelShiftNon
Gestion des panoramiques, des HDRPas de création de Panoramique
HDR : oui (styles)
Utilisation des set de dev Pentax (Lumineux, Paysage, Monochrome, Brillant, etc.)Non
Prise en charge format DNG et PEFOui
Correction des ACNon en tant que fonction dédiée
Correction des objectifsNon
Copier/Coller les paramètres de dev (synchronisation passive et/ou active)Oui
Traitements par lotsOui

 

Et par rapport à Adobe Lr ?

Voici un petit tableau des principales fonctions de LZ avec leur équivalent Lr.

LightroomLightZone 4.1.8
Balance des blancsBalance des blancs manuelle (curseur)
Tonalité automatiqueNon
Tonalité manuelleOui
ClartéNon
Vibrance et SaturationOui (Vibrance) : Outil teinte saturation
Courbe des tonalitésNon
Teinte/Saturation/Luminance
Couleur / NB
Teinte/saturation/Luminosité
Couleur / NB
Détail - NettetéNetteté
Détail - Réduction du bruitRéduction de bruit
Corrections de l'objectifNon
RecadrerRecadrer
Redimensionnement à l'exportation (convertir image)
RedresserRotation
Suppression des défautsPas de Correction de la distorsion, de l'aberration chromatique, du vignettage

L’utilisateur habitué à travailler sous Lightroom trouvera sans doute bien sommaires les possibilités de LightZone. Elles ne le sont pourtant pas autant que ça. Cependant, leur mise en œuvre est de prime abord assez déroutante. De plus il manque des fonctionnalités importantes et/ou pratiques. Par exemple le catalogage des images dans lequel Lightroom excelle. Mais Lightroom a aussi un prix alors que LZ est gratuit et libre.

 

Avantages / Inconvénients

Avantages

  • Sa gratuité
  • Une incontestable efficacité des outils
  • Des fonctionnalités d’impression correctes
  • Une vitesse de traitement satisfaisante

 

Inconvénients

  • Une ergonomie déroutante pour les néophytes
  • L’absence de relations avec d’autres logiciels
  • L’aide intégrée qui présente des manques et qui est parfois peu précise
  • L’aspect sommaire de certaines fonctionnalités.
  • l’absence de prise en compte des spécificités et des défauts connus des boitiers et objectifs
  • La difficulté (voire l’impossibilité) pour gérer finement certains paramétrages (contraste, par exemple, correction de perspective)
  • Un manque certain d’intuitivité
  • Une interface incomplètement traduite en français

 

Conclusion

LZ ne fait clairement pas partie des « grands » logiciels de Post-Traitement de photos. Mais il est téléchargeable gratuitement et offre les fonctionnalités de base nécessaires à tout Post-Traitement minimal.

Dans ce domaine, les « grands » offrent, bien entendu, beaucoup plus : ils sont spécialement conçus pour s’adapter à tous les post-traitements, quel que soit le boîtier dont est issue la photo. LZ, après avoir été abandonné par ses concepteurs en 2011, a été repris par une nouvelle équipe de développeurs en 2013. Peu d’évolutions depuis, si l’on s’en tient au seul regard des utilisateurs. Mais le mérite de ces développeurs est grand et leur travail doit être respecté. La dernière version de LZ (4.1.8) date de décembre 2017. Beaucoup d’incertitudes demeurent sur la possibilité d’une version améliorée. Déjà, il serait bon, pour les utilisateurs français ou francophones, de leur fournir une interface ENTIEREMENT traduite dans leur langue et non pas partiellement comme c’est encore le cas de cette dernière version. Cela ne devrait pas représenter une tâche considérable, quoique ingrate, même si, et on le comprend, le travail des développeurs porte prioritairement sur les fonctions de traitement du logiciel.

Que le lecteur nous comprenne bien : les critiques formulées dans cet article ne visent surtout pas à jeter le discrédit sur LightZone. Au contraire, son approche originale mériterait d’être développée, ainsi que certains aspects de son ergonomie, pour parvenir à en faire un véritable égal, voire plus, de ses concurrents du monde du logiciel libre.

 

Galerie

Traitement dans LightZone

 

Autre traitement N&B dans LightZone

 

Traitement couleur LZ

 

Crédit photo : © fyve – Développement LightZone dans le cadre de l’article : Micaz.