À de multiples reprises, par exemple ici, ou encore , PentaxKlub a publié des articles relatifs à la photo de paysages, ou au paysage en général. L’été venant à petits pas, mais pas tout de suite, quand même, il est tentant de s’adonner à nouveau à cet exercice. Que le lecteur se rassure : il n’est pas question de remettre en cause tout ce qui a été dit précédemment, non ! Juste de présenter une autre vision des choses. Forcément incomplète, mais dans laquelle chacun pourra, le cas échéant, puiser des conseils, des informations ou des rappels d’informations. Et c’est toujours utile dans tous les domaines, y compris pour la photo de paysages.

 

Qu’est-ce que la photo de paysages ?

Oui, nous écrivons « paysages », avec un « s » final, contrairement à ce que l’on voit souvent. Pourquoi ? Parce que le mot « paysage » seul et écrit au singulier n’évoque en général rien de bien précis : un paysage, c’est presque banal. Or il existe une multitude de paysages, très variés, dont l’intérêt photographique est évident. Le pluriel a ainsi le mérite d’en faire prendre conscience.

 

Paysage urbain ou paysage naturel

Opposer les deux est parfaitement arbitraire, mais cela évoque immédiatement quelque chose auprès de chaque personne. « Paysage politique » ou « Paysage médiatique » serait sans doute beaucoup moins évocateur. Et, de toute manière, ce n’est pas ce dont on veut parler ici.

Paysage urbain. Photo prise depuis un tertre afin de changer de point de vue (K-1 + Takumar-A 28mm f/2.8 – f/8 – 1/1000s – Iso 400

Paysage naturel. Le Lac Bleu – 33 Léognan –
K-1 + Sigma 35mm F1.4 DG HSM – f/9 – 1/400s – Iso 400

 

Comment pratique-t-on généralement la photo de paysages ?

Le plus souvent, c’est en vacances que fleurissent les appareils de photo. Tout touriste « qui se respecte » se doit de sortir avec son APN (aujourd’hui l’argentique n’a quasiment plus cours) pendu à son cou. Ce qui, inévitablement, lui donne une « tête de touriste », mais pas forcément une tête de photographe. Or, on peut très bien être les deux ! Tout dépend de la manière dont on appréhende la photographie.

Si l’on est plus « touriste » que photographe, la photo de paysages ne sera qu’une occasion de déclencher à la vue d’un panorama ou d’un site, sans doute mille fois « mitraillé » déjà ; mais il faut bien en garder un souvenir, n’est-ce pas ?

Au contraire, si l’on est plus photographe que touriste, on ne souffrira pas de « déclenchite aiguë » et on réfléchira davantage à ce que l’on veut obtenir.

C’est essentiellement à cette dernière catégorie que s’adresse cet article. Pas pour ignorer ou, pire, dénigrer le touriste, que nous avons été et que nous sommes encore parfois, voire très (trop ?) souvent. Non. Seulement pour lui rappeler qu’une photo, ça peut aussi se construire, être le fruit d’une réflexion et donc d’une préparation.

 

Se préparer pour la photo de paysages

Où que l’on soit, où que l’on aille dans notre monde, on trouvera toujours devant soi autre chose que le vide. Que l’on soit en ville, ou dans la nature, il y aura toujours quelque chose à voir, quelque chose à photographier. L’intérêt de chaque chose n’est que l’attrait que l’on a pour cette chose. C’est une notion éminemment personnelle : ce qui plait à l’un peut très bien ne pas plaire à l’autre. Partant de ce constat, on perçoit mieux la nécessité d’une préparation personnelle.

 

Le matériel pour la photo de paysages

Sans matériel, pas de photo. Bien sûr, j’en entends déjà certains dire qu’on peut juste partir avec un smartphone, et que l’on pourra donc « faire des photos ». Oui, mais ce n’est pas à ces photographes, aussi respectables soient-ils, que ce dossier s’adresse. Ne serait-ce qu’en raison des faibles possibilités de paramétrage, en général, de ces appareils. On le verra un peu plus loin !

 

Le boîtier

Par définition, tout appareil photo permet de prendre des photos. Mais certains mieux que d’autres et surtout plus facilement et/ou de manières plus variées. Donc, que l’on ait à sa disposition un smartphone, un compact, un bridge, un hybride ou un reflex, ou encore, pourquoi pas, un Moyen-Format, avec, pour certains, les objectifs « qui vont bien », on pourra immortaliser ce que l’on aura vu sur une carte (SD ou autre). Mais le résultat risque fort d’être très différent selon l’appareil utilisé. Ici, nous allons surtout nous attacher aux possesseurs de boîtiers reflex ou hybrides (qu’ils soient de format µ4/3 ou APS-C ou plein format importe peu),. Pourquoi ? Tous simplement parce qu’il leur faudra aussi choisir des objectifs. Un boîtier nu ne sert pas à grand-chose. Et nous éliminons, tout aussi arbitrairement, les boîtiers Moyen-Format. Certes, bien utilisés, ils produisent des images impressionnantes, mais :

  • lorsque l’on est touriste, on n’en utilise que très rarement « sur le terrain »
  • l’encombrement et le poids sont particulièrement dissuasifs. Une exception, cependant : nombre de photographes professionnels ou chevronnés utilisent ce genre de boîtier pour la photo de paysages. Mais il s’agit alors le plus souvent de commandes. Et ces personnes n’ont certainement pas besoin de nos pauvres conseils !

 

Les objectifs

Selon une « norme » couramment admise, photo de paysages signifie objectifs à focale fixe « grand-angle » (GA) voire « ultra grand-angle » (UGA). Et pour certains, fish-eye (« œil de poisson », champ embrassé de 180°). Oui ! Mais, justement, avec un grand « MAIS ». Car on peut pratiquer la photo de paysages avec toutes sortes d’objectifs, à focale fixe ou à focale variable (zooms), de courte, moyenne ou longue focale. Simplement, le résultat ne sera pas le même. Parce que le champ embrassé par l’objectif ne sera pas le même. Parce que l’on aura ou pas la possibilité de changer d’angle. Et aussi parce que la gestion des perspectives sera différente. Ou encore parce que les conditions de la prise de vue exigeront ou interdiront l’utilisation d’un type d’objectif donné. Et enfin parce que certains exigeront des accessoires que l’on aura – ou pas – à sa disposition. Bref, l’objectif à utiliser conditionne donc étroitement le résultat que l’on souhaite obtenir. Dès lors, autant ne pas se tromper, pour autant, bien sûr, que l’on ait « le choix des armes » !

 

L’objectif fish-eye

Sa particularité est de « voir » à 180°. Sa focale va généralement de 8 à 17mm en équivalent plein format. Impressionnant, original, mais parfois difficile d’utilisation : il sera difficile de maîtriser la composition et le cadrage. L’horizon apparaîtra curviligne si l’on n’a pas parfaitement cadré, l’avant-plan peut occuper une place démesurée si l’on n’y prend pas garde. Enfin il sera peut-être difficile de faire disparaître, sur les côtés, certains éléments indésirables. Le fish-eye est une possibilité, certes, à utiliser toutefois avec modération. D’autant que les images produites peuvent devenir lassantes. Il est parfois plus judicieux de se tourner vers la photo panoramique (voir ici).

Une photo panoramique : Vue partielle de Dunkerque (assemblage de 4 images)

 

L’ultra grand-angle (UGA)

Pour un appareil à capteur 24*36 (plein format), l’UGA est une sorte d’intermédiaire entre le fish-eye et le grand-angle. Il cadre un large champ, mais pas semi-circulaire comme le fish-eye. Sa focale est généralement inférieure à 24mm (équivalent plein format). Si c’est un zoom, sa focale inférieure commence autour de 10mm et sa focale supérieure ne dépasse pas 24mm. Il est bien adapté à la photo de paysages, même s’il peut aussi produire des déformations.

 

Le grand-angle (GA)

Par facilité, on dira qu’il s’agit des objectifs dont la focale, en équivalent plein format, est comprise entre 24mm et la focale dite standard (autour de 50mm). Ce type d’objectif est adapté à de nombreux domaines de la photo et en particulier à la photo de paysages. Il ne produit le plus souvent que des déformations mineures, faciles à corriger.

Un excellent (et lourd) zoom grand-angle pour la photo de paysages :

Zoom UGA D-FA 2,8/15-30mm

D-FA 2,8/15-30mm

La focale dite « standard »

On dit que c’est celle qui correspond le mieux à la vision humaine (il existe sur ce point des controverses). Bien adaptée à nombre de pratiques photographiques, pourquoi ne le serait-elle pas pour la photo de paysages ? Rien ne s’y oppose, en effet.

 

Les focales plus longues (courts télés, longs télés)

Ce ne sont pas les objectifs les plus utilisés en photo de paysages.

Les téléobjectifs (à partir de 75mm environ) ont pour particularité de « tasser » les perspectives, plus ou moins selon leur longueur focale. C’est très utile pour isoler un détail ou un point particulier du paysage photographié. Mais attention toutefois à ne pas trop « écraser » le sujet. Et surtout, attention à ne pas couper inconsidérément certains éléments de ce paysage. Sauf si c’est délibéré, bien sûr !

Paysage vertical au téléobjectif
K-1 + smc PENTAX-DA* 300mm F4 ED [IF] SDM – f/5.6 – 1/500s – ISO 100

Et finalement, que choisir ?

Eh bien, il n’y a pas de conseil péremptoire à donner. C’est selon ce que l’on possède et en fonction du résultat recherché. Tout est utilisable, comme dit précédemment. Il suffit de savoir utiliser son matériel et d’en connaître les limites. Et il importe de ne pas chercher à lui faire faire ce pour quoi il serait totalement inadapté : chercher par exemple à embrasser totalement un champ de 1000m avec un 300mm va, normalement, exiger beaucoup de recul !

 

Les accessoires

Après les boîtiers et les objectifs viennent certains accessoires, qui portent bien mal leur nom, tant certains peuvent s’avérer indispensables.

 

Le trépied

Un trépied, c’est lourd, c’est aussi encombrant. Mais pour stabiliser le boîtier et son objectif, rien de mieux ! Il évitera les vibrations et le bougé lors du déclenchement, surtout si l’on opère avec une longue focale. À défaut, poser l’ensemble boîtier/objectif (en le protégeant) sur un objet stable peut constituer un assez bon substitut au trépied, avec toutefois moins de souplesse d’utilisation. Mais il n’est pas toujours possible de trouver un objet stable et surtout placé où il convient.

Un monopode rendra de moins bons services en général, mais peut aussi s’avérer utile dans quelques cas.

 

La rotule

Qui dit « trépied » sous-entend « rotule ». Un bon trépied n’est rien sans une bonne rotule. Chacun choisira en fonction de ses besoins et de son budget. Mais pour parodier Michel Audiard dans un film bien connu (« Les Tontons Flingueurs ») et à propos de tout autre chose : « Le prix s’oublie, la qualité reste ! ».

 

Rappel pour l’utilisation d’un trépied

Une chose à ne pas oublier quand on photographie à l’aide d’un trépied avec un boîtier Pentax : il faut penser à désactiver la stabilisation (voir le menu « Appareil photo », le n° de page varie selon les boîtiers). C’est automatiquement fait quand on shoote avec le retardateur ou à la télécommande, mais pas pour la photo sur trépied seule. Cela étant, à quoi bon utiliser un trépied si l’on déclenche avec son index ?

À ce propos, ayant la chance de posséder un boîtier équipé du Wifi, j’utilise désormais le logiciel ImageSync pour régler certains paramètres du boîtier et déclencher à partir de mon smartphone. C’est très pratique pour, par exemple, des prises de vue au ras du sol : l’image apparaît sur l’écran du téléphone. Mais il faut alors avoir au préalable désactivé manuellement la stabilisation.

Il faut cependant prendre garde à bien respecter les bons usages (et la règlementation) en matière d’utilisation de trépieds, du moins quand on pratique le paysage urbain (voir cet article).

Pour sourire un peu : on constate plus souvent, chez les « phonéographes » (néologisme pour désigner les personnes utilisant des smartphones pour photographier), un meilleur équipement en perches à selfie qu’en trépieds. Et pour cause ! Pourtant, nombre de ces personnes se photographient devant un paysage qui mériterait davantage la photo à lui tout seul !

Un trépied au rapport qualité/prix intéressant.

Un trépied au rapport qualité/prix intéressant.

Autres accessoires
Protection du matériel

Comme pour toute sortie photo, il est important de protéger son matériel. Pour de la photo de paysages, on est par définition dehors. Hormis dans quelques cas particuliers, on est soumis aux aléas de la météo : il est bon d’en tenir compte et d’avoir avec soi des housses de protection en cas de nécessité. Même si le matériel Pentax est dans la plupart des cas « WR », inutile de le vérifier par l’expérimentation, surtout dans les cas extrêmes. Et le photographe, lui, est rarement WR (Water Resistant) !

 

Filtres

Avec l’arrivée du numérique, beaucoup de filtres sont devenus inutiles : le même résultat est facile à obtenir en Post-Traitement et parfois de façon plus fine.

Toutefois, il existe trois catégories de filtres très utiles en photo de paysages : le filtre polarisant, le filtre gris neutre (ND) et le filtre dégradé. Pour les deux premiers, nous vous renvoyons aux articles que nous avons déjà publiés et notamment celui-ci, et celui-là. On les trouve facilement en tapant le mot « filtres » dans la zone de recherche (loupe) de notre site (bandeau d’en-tête).

Le filtre dégradé a une partie semi-opaque (partie haute) et une autre transparente (partie basse). Il permet de réduire les contrastes de lumière (un ciel trop lumineux par exemple). On le trouve en gris et dans d’autres teintes.

Et pour conclure sur le matériel, s’assurer que tout est prêt, paramétrage compris, avant de partir, est sans aucun doute indispensable.

 

La préparation, hors matériel, pour la photo de paysages

Ceci s’adresse tout particulièrement aux photographes dont l’intention première, au cours d’une sortie photo, est de faire de la photo de paysages. Nous passons sous silence le touriste qui photographie occasionnellement des paysages, mais qui, quelle qu’en soit la raison, ne peut pas ou ne veut pas pratiquer ce seul domaine. Soit parce qu’il ne maîtrise pas seul son emploi du temps, soit que la photo de paysages n’est pas pour lui autre chose qu’un moyen de garder des souvenirs d’un lieu donné. C’est parfaitement respectable, au demeurant !

Cependant, pour qui veut absolument photographier des paysages, un minimum de préparation s’impose. Pour le matériel, nous l’avons évoqué ci-dessus.

Mais cette préparation concerne aussi le sujet.

 

Préparer le sujet

Préparer son sujet signifie tout d’abord le définir, le choisir et s’en imprégner avant même de le shooter. Il importe donc de l’étudier aussi précisément que possible (lieu, cartes, moyens de transport). Et, si cela nécessite des formalités (par exemple des autorisations), les accomplir en temps et en heure afin de ne pas être pris au dépourvu. Un minimum de connaissances est alors un atout considérable et permet de gagner beaucoup de temps une fois sur place.

Quand, comment, pourquoi ?

Si le lieu à photographier est éloigné, se renseigner sur les prévisions météo de la journée au cours de laquelle on compte s’y rendre est une très sage précaution. Inutile de préciser davantage !

Notre avis est qu’une pratique sérieuse de la photo, y compris la photo de paysages, nécessite méticulosité et concentration. L’une et l’autre ne s’obtiennent que dans des circonstances de calme et de tranquillité. Cela ne veut pas dire qu’il faut obligatoirement être seul. Mais ne pas être trop souvent dérangé est indispensable. À chacun d’agir en fonction de ses contraintes.

Le paysage ne va pas fuir, on a un peu de temps pour l’admirer et le photographier. Toutefois, selon le lieu, la saison, la météo, les conditions de la prise de vue peuvent évoluer très rapidement et il faut alors savoir choisir le bon moment pour déclencher. C’est ce qui oblige à ne pas être perturbé par des éléments extérieurs.

 

 

Dans une deuxième partie, il sera plus spécifiquement question de la prise de vue en photo de paysages.