Dans la première partie de ce dossier ont été évoqués les problématiques de matériel, de préparation et les grands principes de la photo de paysages. Cette deuxième partie est consacrée à la prise de vue et au Post-Traitement.

 

La prise de vue en photo de paysages

Le format

Le format de fichier

Dans tous les cas de figure, le RAW (12 à 14 bits) est à privilégier si on veut pouvoir disposer du maximum de possibilités en Post-Traitement. Le JPEG (8 bits seulement) offre beaucoup moins de chances de rattrapage des erreurs éventuelles. Pour le RAW, le format « natif » de Pentax est le PEF, mais le DNG, qui peut être choisi, est plus universel et peut être traité par la plupart des logiciels.

 

Le format d’image

Le format « horizontal » est dit « paysage ». Ce n’est pas pour rien ! C’est le format le plus courant pour la photo de paysages. Il donne une impression de panorama. Mais justement ! Si on veut faire du panorama, parce que le site photographié est trop large pour contenir dans une seule image « normale », alors il est judicieux de prendre les images en format « portrait », c’est-à-dire vertical. Beaucoup de logiciels seront capables d’assembler ces images pour en faire un « panoramique » du meilleur effet, nettement mieux proportionné que si les images avaient été prises en format « paysage » horizontal. Ceci n’est utile que si l’APN utilisé ne prévoit pas de format panoramique, ce qui est le cas de la plupart d’entre eux.

Corse - Pentax K-1 + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 XR Di LD Aspherical [IF] Macro à 28mm - f/6.3 - 1/8000s - ISO 640

Corse – Pentax K-1 + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 XR Di LD Aspherical [IF] Macro
à 28 mm – f/6.3 – 1/8000s – ISO 640

Couleur ou Noir et Blanc

Traditionnellement, le paysage s’exprime en couleur. Est-ce une raison suffisante pour rester en couleurs ? La réponse est clairement non. Mais avec des précautions. Une photo en noir et blanc, pour être bien réussie, doit être pensée en noir et blanc. PentaxKlub en a même fait un article.

Alors, c’est vrai qu’il est parfois difficile de penser un paysage en noir et blanc. Et pourtant ! Quand le temps est gris, quand il neige, quand il pleut, la couleur n’apporte rien. Bien souvent, dans ces conditions, elle paraît blafarde, les reliefs sont atténués. Bref, la photo résultante n’attire pas vraiment le regard.

Dans cette situation, penser « noir et blanc » peut être une excellente façon de régler le problème. Mais cela suppose aussi des réglages dans le boîtier : paramétrer un mode « User » en noir et blanc, par exemple, de façon à avoir, dès le départ, les meilleures chances d’un très bon cliché monochrome.

Paysage urbain en noir et blanc K-1 + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 XR Di LD Aspherical [IF] Macro à 43mm - f/10 - 1/2000s - ISO 800

Paysage urbain en noir et blanc
K-1 + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 XR Di LD Aspherical [IF] Macro
à 43mm – f/10 – 1/2000s – ISO 800

La mise au point

La photo de paysages se doit d’être nette, absolument nette, au moins sur l’élément principal. On peut tolérer quelques éléments mineurs flous, mais ils ne doivent pas avoir trop d’importance visuelle sur la photo.

Qui dit mise au point pense obligatoirement profondeur de champ. Pour le paysage, en général elle doit être maximale. C’est relativement facile à obtenir avec des GA ou des UGA, moins facilement avec des focales plus longues.

Pour y parvenir, il existe quelques recettes simples.

 

L’ouverture

Il faut choisir de préférence une faible ouverture (f/11 et au-delà) même si l’on vous dit parfois que la diffraction va dégrader le piqué de la photo. Qu’est-ce que le piqué sur un paysage situé à plusieurs centaines de mètres ? Il n’a aucune importance. La netteté, elle, est primordiale. Toutefois, quand la photo ne nécessite pas une netteté absolue sur toute son étendue, des ouvertures plus grandes peuvent aussi convenir.

 

Utiliser le principe de l’hyperfocale

L’hyperfocale est une distance sur laquelle on fait la mise au point, mais en conservant dans la zone de netteté tout ce qui est au-delà de cette distance et tout ce qui est situé entre cette distance et la moitié de celle-ci. Par exemple, si l’hyperfocale est située à 10 m et qu’on fait la mise au point à 10 m, tout ce qui se trouve entre 5m et l’infini sera net.

La base de référence est bien sûr le plan du capteur : c’est à partir de lui que se calculent les distances.

L’hyperfocale varie en fonction de la distance du sujet, de la focale de l’objectif, de l’ouverture et… du capteur. Elle est n’est pas la même en APS-C et en FF. Son calcul est un peu complexe et, avec les objectifs modernes dénués d’indications de distances, il n’est pas facile de l’estimer. Heureusement, il existe de nombreuses applications, y compris pour smartphone, qui la donnent en quelques « clics ».

Son utilisation facilite grandement la photo de paysages.

Une chose à savoir quand on fait la mise au point manuellement en photo de paysages : le point sur l’infini ne s’obtient généralement pas en tournant la bague de MaP jusqu’à la butée (quand elle existe). Il faut s’arrêter un peu avant cette butée. Ceci ne s’applique pas aux objectifs dotés du « quick shift » puisque dans ce cas la bague peut tourner indéfiniment (pas de butée).

 

Choisir le moment

Chacun sait que les meilleurs moments pour photographier des paysages sont le matin (d’un peu avant le lever du soleil à 1 à 2h après, selon la saison) et le soir (d’une à 2 heures avant le coucher du soleil et jusqu’à celui-ci). En pleine journée et surtout lors de journées ensoleillées d’été, la lumière est beaucoup trop dure et les ombres beaucoup trop marquées… ou inexistantes, selon le cas (à midi pile, il n’existe pas d’ombre) ! C’est à ces heures de mi-journée, entre 10h et 16h environ, que shootent la plupart des photographes-touristes. C’est ce qui explique en grande partie que bien souvent ils ne soient pas satisfaits de leurs images. On ne jette la pierre à personne, cela fait partie des erreurs que tout le monde peut commettre un jour.

Rien n’interdit, par ailleurs, de faire de la photo de paysages la nuit, ou à la tombée de la nuit : le paysage urbain s’y prête merveilleusement bien. On peut ainsi combiner les lumières de la ville avec la faible lumière naturelle.

 

Munich à la tombée de la nuit Pentax K-3 + smc PENTAX-DA* 16-50mm F2.8 ED AL [IF] SDM - à 50mm - f/6.3 - 8s - ISO 640

Munich à la tombée de la nuit
Pentax K-3 + smc PENTAX-DA* 16-50mm F2.8 ED AL [IF] SDM – à 50 mm – f/6.3 – 8s – ISO 640

Choisir le point de vue

Rares sont, dans nos contrées, les paysages qui n’ont jamais été photographiés. Pour de l’inédit, il faut aller loin, parfois très loin, et cela nécessite des moyens que ne possèdent pas toujours les « amateurs non subventionnés ». Aussi, pour se démarquer des images « cartes postales » et des innombrables versions, toutes ressemblantes, du lieu photographié, il est important de choisir un angle de vue différent, chaque fois que c’est possible. Cela demande sans doute un peu de réflexion et quelques efforts. Mais cela en vaut la peine ! Et, quand ce n’est pas possible, on peut faire quand même, pour soi, une photo « traditionnelle ». On n’est cependant pas obligé de la montrer à tout le monde. Il est important de faire preuve d’originalité.

 

Lumière et exposition

La lumière est conditionnée par le moment. Et elle conditionne fortement l’exposition. Il faut la maîtriser pour maîtriser la prise de vue, particulièrement quand elle est forte. Mais il faut aussi savoir s’en servir quand elle est faible, à la tombée de la nuit par exemple.

Lumière = exposition

Exposition correcte = photo correcte a priori, même si ce n’est pas suffisant. C’est là que l’utilisation de filtres peut s’avérer judicieuse. On va me dire qu’on peut corriger en Post-Traitement. C’est partiellement vrai. Mais partiellement. Car il est bon de devancer le Post-Traitement et d’obtenir, dès la prise de vue, l’exposition correcte. Le Post-Traitement ne serait qu’un pis-aller, utile, certes, mais évitable.

Autre moyen de s’en sortir si l’on n’est pas sûr de son exposition : le bracketting, en choisissant l’écart entre les différentes vues. On choisira ensuite celle qui convient le mieux.

 

Le cadrage

C’est une des principales difficultés de la photo de paysages. Tout particulièrement si on utilise un objectif UGA ou fish-eye. Avec ces objectifs, le premier plan sera très visible : on ne se rend pas toujours compte de ce que l’on a devant ses pieds avant de prendre la photo. Et après, il est trop tard. Si on le constate tout de suite, il est possible de rectifier et de faire une autre photo. Sinon, tant pis ! Il faudra revenir un autre jour, ou « tricher » en Post-Traitement.

Attention aussi à ne pas faire entrer des éléments indésirables dans le champ photographié : il importe de le vérifier au moment de déclencher (par exemple un passant ou un objet inattendu, un animal, etc.).

 

La composition

S’il est un point important en photo de paysages, c’est bien la composition.

Il n’est pas question ici de rappeler les principes de la règle des tiers, sans doute la plus connue (ou méconnue, c’est selon…), celle du nombre d’or dont elle est issue, ou encore les avantages de la spirale de Fibonacci. Ces règles de composition sont largement inspirées de ce qui se fait depuis longtemps dans le domaine de la peinture. Et ce n’est pas dû à une quelconque « lubie », mais plutôt au fait que cela correspond au « balayage naturel » de la scène par le regard humain.

Savoir maîtriser ces règles peut donner des résultats très intéressants et surtout un équilibre de bon aloi dans la composition.

 

La règle des tiers

Quand on divise une image en 3 parties égales verticalement et 3 autres parties égales horizontalement, on obtient 4 points d’intersection (dits « points forts ») des lignes fictives ainsi tracées. La « règle » consiste à installer l’élément important du paysage photographié sur l’un de ces points forts. Il faut bien sûr le choisir judicieusement. Cela, c’est pour une image au format « paysage ». C’est moins draconien pour une image au format « portrait ». Et encore moins pour une photo de paysages au format carré.

 

Le carré

Le carré est une exception dans la photo de paysages. Mais il se justifie parfois, notamment pour isoler une partie essentielle du champ cadré, et qui serait la seule intéressante. Dans ce cas, relativement rare, on peut même centrer complètement le sujet.

Paysage urbain "carré" : le regard est guidé vers l'entrée du bâtiment (Dunkerque)Pentax K-1 + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 XR Di LD Aspherical [IF] Macroà 28mm - f/10 - :/3200s - Iso 800

Dunkerque – Paysage urbain « carré » : le regard est guidé vers l’entrée du bâtiment –  Pentax K-1 + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 XR Di LD Aspherical [IF] Macro à 28 mm – f/10 – 1/3200 s – Iso 800

La perspective et les lignes de fuite

On remarquera que la perspective engendre des « lignes » imaginaires, appelées lignes de fuite ou lignes directrices. Cela peut être une route, un chemin forestier, une rangée d’arbres, de piquets fichés dans le sol. Bref, de nombreux objets peuvent générer ces « lignes ». S’en servir est intéressant pour la composition d’une image. Elles permettent, notamment, d’amener et de guider le regard vers le point fort où se situe l’élément fort aussi du paysage.

Ces lignes ne sont pas obligatoirement droites, elles peuvent aussi être courbes : un cours d’eau, une route en virages. Savoir les intégrer à la composition est, de notre point de vue, un « sport » intellectuel particulièrement agréable.

Hameau du Vercors ("Les Patins") K-1 + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 XR Di LD Aspherical [IF] Macro - à 75mm - f/10 - 1/1000s - ISO 200

Hameau du Vercors (« Les Patins »)
K-1 + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 XR Di LD Aspherical [IF] Macro – à 75 mm – f/10 – 1/1000s – ISO 200

La forêt du Vercors - Lignes de fuite et verticalité - Pentax K-1 + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 XR Di LD Aspherical [IF] Macro - à 50mm ( f/5.6 - 1/50s - ISO 640

La forêt du Vercors – Lignes de fuite et verticalité –
Pentax K-1 + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 XR Di LD Aspherical [IF] Macro – à 50 mm (f/5.6 – 1/50s – ISO 640)

Les diagonales

Une composition « en diagonale » apporte beaucoup de dynamisme à une image. La diagonale suggère le mouvement, quand la ligne horizontale évoque la platitude et la ligne verticale la séparation. Bien sûr, ce ne sont là que des conventions. Mais, à la lecture d’une image, on est plus facilement attiré par une composition « en diagonale » qui, en plus, démontre une structuration de l’image. Et cela fait une grosse différence avec une image où aucune construction visible (de l’image) n’apparaît.

Saorge (Alpes-Maritimes) Utilisation des diagonales naturelles

Saorge (Alpes-Maritimes)
Utilisation des diagonales naturelles

Suggérer l’échelle

Il est délicat, dans la photo de paysages, d’estimer les ordres de grandeur. Ce rocher, fait-il trente mètres de haut ? Ou cent ? Ou cinq ? Difficile à dire si rien ne vient donner un ordre de grandeur. Et cet ordre de grandeur peut être donné en incorporant à l’image, de préférence assez près de l’élément essentiel, un objet (ou un sujet) dont la taille est facilement estimable par le lecteur. Par exemple un être humain, une automobile… On a bien conscience que ce n’est pas toujours possible. Il faut parfois savoir attendre le passage d’un tel objet (sujet). Et parfois on attend vainement.

Corse - La personne à l'avant du 1er bateau suggère l'échelle globale de l'image Pentax K-1 + Tamron SP AF 90mm F2.8 - f/10 - 1/800s - ISO 125

Corse – La personne à l’avant du 1er bateau suggère l’échelle globale de l’image
Pentax K-1 + Tamron SP AF 90 mm F2.8 – f/10 – 1/800s – ISO 125

 

La Brigue (Alpes Maritimes) Voûtes

La Brigue (Alpes Maritimes) Voûtes

Étager les plans

Lorsqu’un paysage présente plusieurs plans, il est important de ne pas accorder à chacun la même importance qu’aux autres. Quand c’est possible, bien sûr !

Dans l’image ci-dessous, on a tenté d’illustrer ce principe, complété par une composition en diagonale et une opposition ombres/lumière.

 

La montagne du Vercors - Image carrée. Composition en diagonale et étagement des plans K-1 + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 XR Di LD Aspherical [IF] Macro - à 55mm - f/11 - 1/160s - ISO 100

La montagne du Vercors – Image carrée. Composition en diagonale et étagement des plans
K-1 + Tamron SP AF 28-75mm F2.8 XR Di LD Aspherical [IF] Macro – à 55 mm – f/11 – 1/160s – ISO 100

Isoler un élément du paysage

Le moyen d’y parvenir n’est pas unique. On peut :

  • utiliser un téléobjectif et cadrer de façon à isoler cet élément
  • à défaut, se rapprocher de l’élément, pour ne conserver que lui (ou presque, dans le cadrage
  • photographier l’élément en format vertical (portrait) qui favorisera le focus sur lui, et donc le regard du lecteur.

 

Donner du mouvement à l’eau

Quand de l’eau en mouvement (cascade, torrent, etc.) doit apparaître dans l’image, il peut être bénéfique de donner l’impression qu’elle bouge vraiment. Une vitesse élevée figera l’effet de mouvement, une vitesse lente l’amplifiera. On peut obtenir la même chose avec un filtre gris neutre. Mais alors, attention à ne pas aller trop loin. Le but n’est pas d’obtenir une image où l’eau apparaît comme une masse blanche cotonneuse. Ce genre d’image a été vu des milliers de fois et on finit par s’en lasser. Il faut donc savoir modérer l’effet, ce qui, bien sûr, nécessite un peu d’habitude, donc de pratique.

Dans cette image, le mouvement de l'eau, trop accentué, n'apparaît pas très naturel. Il est obtenu en utilisant une vitesse d'obturation lente (1/6s)Ici, le mouvement apparaît plus naturel : la vitesse d'obturation est moins lente que précédemment (1/30s)

 

Dans les images ci-dessous, le mouvement de l’eau est différent de l’une à l’autre et change considérablement la perception du lecteur.

Pentax K-3 + Tamron 28-75mm à 28mm - f/9 - 1/160s - Iso 100 - Correction -1IL

Pentax K-3 + Tamron 28-75mm à 28mm - f/9 - 1/160s - Iso 100 - Correction -1IL

Pentax K-3 + Tamron 28-75mm à 28mm - f/13 - 1/80s - Iso 100 - Correction -1IL

Pentax K-3 + Tamron 28-75mm à 28mm - f/13 - 1/80s - Iso 100 - Correction -1IL

 

Des images HDR

De telles images doivent être « pensées » avant la prise de vue, que l’on utilise les possibilités du boîtier à cet égard (HDR à la prise de vue), ou des logiciels spécialisés (HDR en Post-Traitement). Certains logiciels permettent de faire du « pseudo HDR » à partir d’une seule image. Le résultat est rarement convaincant. D’où cette nécessité de « penser » le HDR à la prise de vue, et de choisir, si possible, le type qui permettra le mieux de mettre en valeur le paysage photographié, sans exagération.

 

Jouer sur les couleurs et la lumière

Il est toujours (ou presque) bénéfique de jouer sur les oppositions de couleurs ou, au contraire, sur leur complémentarité. À chacun de choisir ce qui lui convient et qui ne heurtera pas le regard du lecteur.

S’agissant de la lumière, l’opposition avec les ombres peut aussi être intéressante. À condition, cependant, que les parties lumineuses ne soient pas « cramées » et les parties sombres « bouchées ». Un subtil équilibre qui s’obtient à la prise de vue, souvent en « exposant à droite » pour favoriser les hautes lumières, mais sans excès. Il faut faire en sorte qu’elles soient correctement exposées. Les parties sombres, quant à elles, pourront être débouchées plus facilement en Post-Traitement. Il est en effet plus facile d’apporter de la matière là où elle abonde, même cachée, que là où elle n’existe plus.

Tende (Alpes Maritimes) - Le clocher de l'église

Tende (Alpes Maritimes) – Le clocher de l’église

Photo de paysages et Post-Traitement

Si on a bien « travaillé » en amont, le travail de Post-Traitement devrait être très faible. C’est vrai pour toutes les pratiques de la photo. C’est vrai aussi pour la photo de paysages. Pourquoi ? Parce que si l’on a tout bien fait, pourquoi changer quoi que ce soit en Post-Traitement ? Le cadrage devrait être acquis dès la prise de vue, comme l’exposition, la composition et bien d’autres choses.

Mais il peut subsister quelques points encore perfectibles, selon que l’on veut garder la nature comme, elle est, comme on l’a vue et comme on voudrait la montrer.

 

Le voile atmosphérique

Les APN ne sont pas capables à l’heure actuelle, et malgré la foule de réglages possibles, de faire totalement disparaître cette impression de « voile » qui vient ternir les couleurs, atténuer les reliefs et, ainsi, dégrader la beauté du rendu. Cette correction ne peut (et encore est-ce la plupart du temps de façon incomplète), être effectuée que par les logiciels de Post-Traitement. C’est la fonction « Dehaze » qui est sollicitée. C’est son nom dans ACDSee, mais elle peut être appelée autrement dans d’autres logiciels.

 

Les erreurs de cadrage

On le répète : elles ne devraient pas exister. Un paysage ne peut, par lui-même, être « à géométrie variable ». Mais il peut être altéré par des éléments mobiles que l’on n’aurait pas vus au déclenchement. Cela arrive. Le Post-Traitement est alors la dernière solution pour y remédier.

 

La netteté

Elle devrait être optimale dès la prise de vue. Et surtout si on a employé la technique de l’hyperfocale. Mais à condition toutefois que le couple boîtier/Objectif ne souffre d’aucun back focus/front focus, ou qu’il n’ait été corrigé. Renforcer les contours, mais de manière mesurée, peut apporter un surcroît d’intérêt à l’image.

 

La balance des blancs

Normalement on ne devrait pas avoir à la corriger. Personnellement, je préconise d’utiliser la balance des blancs multi-auto, performante dans la plupart des cas. Mais si on a fait une erreur, le Post-Traitement est là pour corriger, principalement si l’on a shooté en RAW.

 

C’est à peu près là tout ce qu’il est normalement utile de rectifier. Le reste des fonctionnalités des logiciels de Post-Traitement devrait relever du « gadget ». Mais, pauvres humains faillibles que nous sommes, nous commettons tous des erreurs. Et nous sommes alors bien heureux de pouvoir les corriger au développement.

 

Tende-Casterino (Alpes Maritimes)

Tende-Casterino (Alpes Maritimes)

 

Saorge (Alpes Maritimes) - "Le bain du Sémite"

Saorge (Alpes Maritimes) – « Le bain du Sémite »

 

Rue de La Brigue (Alpes Maritimes)

Rue de La Brigue (Alpes Maritimes)

 

Crédit photo : © Micaz