L’organisation d’une randonnée à vélo se fait forcément sur deux plans, en deux volets. Le premier volet, spécifique au vélo. Le second volet, plus classique du voyage touristique.

 

 

Premier volet

C’est celui pratique des aspects techniques. Une randonnée à vélo, si l’on ne veut pas la transformer en triathlon ou en exploit de ravitailleur vietcong avec ses 150 kg de riz et de munitions sur la piste Ho Chi Minh, doit se faire avec un vélo, des bagages et un matériel photo limités en poids et volume pour les deux derniers éléments. Pour les mêmes raisons, la randonnée doit respecter un équilibre entre la difficulté des étapes et la charge à transporter.

 

Le vélo

Un vélo de randonnée n’est pas un VTT (tout terrain), mais plutôt un VTC (tous chemins). C’est un vélo équipé de roues de 26″, montées de pneus conçus pour la route, assez fins et à dessins roulants, et pas de gros pneus crantés, pas conçus pour aller vite. Ce vélo est doté d’un un jeu de pignons et de plateaux permettant un choix de rapports adaptés à la route, sur plat et en côte, sans efforts superflus. Il sera équipé d’un porte bagage arrière solide permettant l’accrochage de sacoches latérales. Eventuellement d’une sacoche de guidon pour les cartes et autre petit matériel couramment utilisé. Il peut comporter une fourche avant amortie, mais ce n’est pas indispensable. Sachez que les systèmes amortis alourdissent le vélo. Les VTT sont déconseillés aussi parce que, souvent, les porte-bagages peuvent pas se monter sur le cadre. Il faut avoir recours aux modèles fixés sur le tube de selle. Ces porte-bagages sont plus hauts, moins rigides, l’ensemble est donc moins stable.  Une autre raison d’éviter les VTT est qu’ils sont conçus pour être très maniables, pas pour offrir une stabilité longitudinale. De ce fait, ils sont fatigants sur les longs trajets.

Le dernier point important est la présence d’une béquille. Elle permet de poser le vélo sans avoir besoin d’un trottoir, d’un mur … pour qu’il reste debout. Voir les photos ci-dessous et la photo de présentation. Le vélo aux sacoches bleues est un modèle de randonnée, celui aux sacoches rouges, un VTT.  Vous comprenez pourquoi j’insiste sur les inconvénients de ce type de vélo : parce que j’ai essayé.

 

Le portage

Très concrètement, il est fortement déconseillé de rouler à vélo avec un sac chargé sur le dos, pour des raisons de centre de gravité, pour que le vélo reste facilement gouvernable. Le portage se fait donc dans des sacoches fixées de chaque côté du porte-bagage arrière. On  trouve toutes sortes de sacoches, dans une gamme de prix assez large – de 50 à plus de 100€ la paire. Les plus commodes sont, à notre avis, les sacoches de la marque allemande Ortlieb. Elles sont imperméables sans nécessiter de housse de pluie, et même étanches grâce à leur système de fermeture par imperméables qui se ferment par enroulement. Ces sacoches se trouvent facilement en France, en boutiques ou sur internet. Elles s’accrochent sur la plupart des porte-bagages du commerce.

 

Le vélo de randonneur.

Le vélo de randonneur. On voit bien les sacoches étanches : une fermée et une ouverte, la sacoche à cartes, la béquille…

 

Halte sur la route de Cheverny à Chambord. On voit bien les sacoches étanches.

Halte sur la route.

 

L'arrivée à Blois, le temps se réchauffe...

Halte pour se changer quand le temps se réchauffe…ou que l’on arrive en zone habitée, où l’on va rouler moins vite.

 

 

Second volet

C’est celui des aspects touristiques. Pour les mêmes raisons, indiquées au premier volet, la randonnée doit respecter un équilibre entre la difficulté des étapes et la charge à transporter. Pour être agréable, sauf s’il s’agit de privilégier le vélo et la performance dans un groupe de cyclistes aguerris, une randonnée doit équilibrer les trajets roulants, les haltes courtes et les arrêts avec visites. Cela signifie donc une préparation précise des étapes (kilométrage – itinéraire – abris possibles – hébergement – restauration ou emport des provisions de bouche et moyens de les préparer).

Une telle préparation implique également de se préoccuper du niveau physique et d’entraînement des participants pour s’adapter aux plus fragiles d’entre eux. Une fois cet aspect pris en compte, l’organisation concrète, avec les moyens qu’offre internet est assez facile.

 

L’organisation du périple

Cette organisation diffère légèrement selon sa durée, et surtout la région dans laquelle elle doit avoir lieu. Si la région comporte des lieux de visite importants mais assez éloignés les uns des autres la succession des séquences roulantes (de déplacement) et des séquences de visite sera « moyenne » : étapes de 3-4h, visites de 2h par exemple. Si au contraire, la région concernée est surtout intéressante par ses paysages, la succession sera plus « longue » : étapes de 5-6h entrecoupés de nombreuses haltes. L’itinéraire et le planning (le séquençage) tiendront compte également des lieux d’hébergement possibles. Et du budget prévu…

Concrètement, il faut commencer par travailler sur les cartes, définir l’itinéraire, les lieux à visiter, les endroits par où il faut passer, les haltes à prévoir. Dans un deuxième temps, il faut contacter les hébergements possibles, faire les réservations. Eventuellement  modifier le séquençage des étapes en fonction des hébergements possibles. Tout cela se fait en panachant internet et le téléphone.

Exemple d’une randonnée dans les châteaux de la Loire, avec des étapes courtes et des arrêts longs dans les châteaux .

  • J-1 étape 1 : Arrivée à Blois dans la matinée. Dépôt de la voiture. Préparation des vélos – traversée de la Loire – trajet jusqu’au château de Chaumont – casse-croûte à la ferme du château – visite du château – trajet jusqu’au village de Chaumont et installation au gîte.
  • J-2 étape 2 : Départ retardé par la pluie, violente, la matin, trajet sur route mouillée, mais la pluie s’était calmée, puis à cessé – visite du château de Cheverny – repas dans la village – trajet jusqu’au gîte, non loin de Cheverny, dans la direction de Chambord.
  • J-3 étape 3 : trajet vers Chambord – visite du château de Villesavin – fin du parcours jusqu’à Chambord – déjeuner au village – balades autour du château – trajet jusqu’au gîte, au nord-est de Chambord, sur la route prévue le lendemain pour repasser la Loire – Dîner gastronomique au gîte (***)
  • J-4 étape 4 : trajet jusqu’à Muides -traversée de la Loire – trajet jusqu’à Blois dans la matinée – déjeuner en ville – visite du château – visite de la ville – nuitée à l’hôtel.
  • J-5 Retour à Paris.

Cette randonnée a été faite à 2, avec un ami allemand, photographe lui aussi et randonneur chevronné. Nous avons fait tous les deux des photos, qui racontent la même histoire avec des regards différents. D’où l’intérêt.

Dans presque tous les cas, le déplacement jusqu’à la région à visiter se fait en voiture ou en train. L’organisation de la randonnée commence alors par celle de ce déplacement.

Mais la randonnée peut aussi être exclusivement à vélo. Exemple: un groupe de jeunes allemands, venus à Versailles depuis Fribourg , pour une rencontre culturelle, avait prévu le voyage de retour à vélo. Ils sont donc venus avec leurs vélos et, après le concert qu’ils étaient venus donner, sont repartis à vélo. 600 km qu’ils avaient prévu de parcourir en 5 étapes…

Une randonnée d’une journée est évidemment beaucoup plus facile à organiser et peut ne pas respecter toutes les indications du premier volet de cet article.

 

Et la photo ?

Vous aurez compris que le matériel photo à emporter doit être choisi pour sa compacité et son poids réduit. Un boîtier et 2(-3) objectifs et les accessoires de maintenance. Veiller à les protéger par des housses individuelles, et à les placer dans des endroits facilement accessibles et pas exposés à de possibles chocs directs. Aux arrêts, veillez à sortir votre matériel discrètement, pas au su et au vu de tout le monde autour de vous. ces précautions sont plus efficaces que des gros cadenas. Un peu de prudence n’est pas de la paranoïa et peut éviter qu’une rando tourne au cauchemar.

 

Une randonnée doit être un moment de plaisir, pas une épreuve. Elle doit donc être organisée pour cela.  Autant faire en sorte que les possibilités d’imprévus désagréables soient réduites au minimum possible en amont. De toutes façons,  il y a toujours de l’imprévu dans une randonnée à vélo, ne serait-ce que la météo. Bien organisée, une randonnée photo à vélo peut apporter seulement de bonnes surprises, de bons souvenirs… et de bonnes photos.

 

Crédit photographique Valia