Ricoh est connu depuis des décennies dans le monde de l’entreprise : qui n’a jamais vu, dans son bureau ou aux alentours, ces machines aujourd’hui « à tout faire » que sont les photocopieurs ? Nous disons « à tout faire » car, aujourd’hui, les photocopieurs ne sont plus du tout ce qu’ils étaient ne serait-ce qu’il y a 10 ans ! Ils sont capables d’imprimer, de photocopier, de scanner, d’envoyer des mails, bref, de finaliser, pour des groupes de personnes, de très nombreuses tâches de ce qu’il a été convenu d’appeler la bureautique. Toutefois, cela n’a pas toujours été le cas.

 

De la fondation aux années 1960

L’aventure de Ricoh a débuté en 1927, lorsqu’un Institut de recherche physique et chimique a pris la décision de « matérialiser » les résultats de ses travaux. Et c’est ainsi qu’a été créée la société Rikagaku Kogyo, devenue, quelques années plus tard (1936) Riken Kankoshi Co, Ltd. « Ltd », abréviation de « Limited », définit, pour qui l’ignorerait, le statut de la société (par exemple, en droit commercial français, ce serait une SARL, Société à Responsabilité Limitée).

En 1938, Riken Kankoshi Co devient Riken Optical Co, puis, en 1963, Ricoh Company.

Son activité consistait en la fabrication (et bien entendu la vente) de papier pour la photographie.

Les activités de fabrication d’appareils pour la photo a débuté en 1937. La production à grande échelle n’a toutefois commencé que dans les années 50.

C’est dans cette décennie, en 1955, que la société s’en lancée dans la fabrication de machines destinées aux entreprises avec le Ricopy 101, copieur diazoïque qui fut, au Japon, la première machine intégrant à la fois un module d’exposition et un module de développement. Les processus d’exposition et de développement devenaient automatiques alors qu’ils nécessitaient jusque là des interventions manuelles, et – chose nouvelle – inodores. Cet appareil réalisait 5 copies à la minute.

Ricopy_101

Ricopy 101 fermé (Image : Ricoh.com)

 

Ricopy_101_ouvert

Ricopy 101 ouvert (Image Ricoh)

 

Ricopy_101_ouvert2

Ricopy 101 ouvert – Autre vue (Image Ricoh)

Il fut suivi, en 1957, d’un Ricopy 303 (format A3) puis d’un Ricopy 505 (format A2)

Ces copieurs furent progressivement améliorés, jusqu’aux années 1970, pour pouvoir démarrer plus rapidement (il fallait au début attendre 4 à 5 mn avant de pouvoir l’utiliser), ou consommer moins, grâce, notamment, à l’adoption de diverses solutions techniques comme des tubes fluorescents.

 

Les années 1970

De nombreuses innovations apparurent au cours de cette période.

Une des plus marquantes fut le télécopieur Rifax 600s qui voit le jour en avril 1973. Rappelons, pour nos plus jeunes lecteurs, ce qu’est un télécopieur : « c’est un appareil électronique qui convertit l’image de documents en impulsions électriques pour les transmettre à un destinataire au travers d’une ligne téléphonique. À la réception, on utilise un appareil similaire à celui de l’émission pour faire la conversion inverse et imprimer un document identique à l’original » (Définition : source Wikipedia). Dans le langage courant, on le nomme « fax », abréviation du latin « fac simile ». Les scanners d’aujourd’hui convertissent les documents en fichiers informatiques qui sont transmis par courrier électronique (mail, ou courriel), réalisant ainsi une dématérialisation des documents. Les télécopieurs sont ainsi devenus obsolètes.

rifax600s_01

Rifax 600s (Image Ricoh)

 

A cette époque, la transmission d’une page A4 par connexion analogique indirecte avec une ligne téléphonique via des coupleurs acoustiques exigeait environ 6 minutes ; la technologie numérique du RIFAX ramenait ce délai à 1 seule minute.

La maîtrise de Ricoh en matière de télécopieurs, fit que le Rifax, à l’issue d’une démonstration aux Etats-Unis, fut adopté par la NASA.

 

Les années 1980/1990

En 1985 apparait le Ricoh Color 5000, copieur couleur hautes performances avec fonction zoom.

En 1987, c’est le tour de l’IMAGIO 320, premier copieur de bureau numérique multifonction. C’est le début de la série des IMAGIO (MF 200, en 1996, Imagio Color 2800, premier copieur-fax en couleur.

Durant cette décennie, Ricoh a fait étalage de son savoir-faire dans le domaine de l’équipement bureautique et de sa capacité d’innovation. Cela nécessite, bien sûr, de faire évoluer les structures de production et de renforcer le réseau d’établissements à travers le monde. Notamment, une nouvelle usine voit le jour en Chine, à Shenzen.

Par ailleurs, Ricoh rachète un certain nombre de concurrents, parmi lesquels Gestetner et NRG (groupe britannique), et prend le contrôle de Savin Corporation.

 

En 1996 arrive sur le marché un copieur très compact, l’Imagio MF200.

ImagioMF200

Imagio MF 200 (Image Ricoh)

La production de la société s’est diversifiée : outre des copieurs et des fax, Ricoh produit aussi des imprimantes et des consommables pour l’informatique (CD/DVD). En 1997, Ricoh lance le premier graveur de CD réinscriptibles

 

En 1999, apparaît une nouvelle gamme d’imprimantes AP couleur et noir et blanc et les copieurs Aficio 550/650 capables de produire 130 copies à la minute.

 

Les années 2000

Si Ricoh se développe sur le plan international, la société n’oublie pas pour autant ses responsabilités en matière de protection de l’environnement et de responsabilité sociale. Elle en est récompensée en 2003 – et c’est une première au Japon – par la médaille d’or du centre mondial pour l’environnement pour ses réalisations en matière de développement durable.

Au cours de ces années, cet essor la conduit à racheter :

  • Lanier en 2001
  • Savin en 2002
  • les départements « Impression » d’IBM et Hitachi en 2004
  • une partie de Danka Business en 2006
  • IKON Office Solutions en 2008
  • InfoPrint en 2010

 

Le 1er octobre 2011, Ricoh acquiert de Hoya la totalité du capital de Pentax Imaging Corp. et la renomme Pentax Ricoh Imaging Company, Ltd, renommée en Ricoh Imaging Company le 1er août 2013. Nous aurons l’occasion d’en reparler prochainement.

En ce mois d’octobre 2015, Ricoh lance sa première imprimante 3D, la RICOH AM S5500P sous sa propre marque. Jusque là, la compagnie s’était contentée de la vente d’imprimantes 3D construites sous d’autres marques.

Cette nouvelle imprimante, grâce à un nouveau protocole de fabrication, permet, à partir d’un matériau en poudre chauffé au laser pour le frittage (1), combiné à des polymères, la fabrication de pièces pour l’automobile, destinées aussi bien à des tests fonctionnels qu’à des produits finis.

La surface de travail (de 550mm (profondeur) x 550mm (largeur) x 500mm (hauteur)) permet de modeler en même temps des pièces de dimensions différentes.

1027_AM_S5500P

Imprimante 3D AM S5500 (Image Ricoh)

 

(1) le frittage est une opération réalisée en métallurgie pour donner aux produits traités une cohésion et une rigidité suffisantes, en chauffant les poudres utilisées.

 

Dans un prochain volet, nous verrons quels ont été les apports de Ricoh au monde de la photographie et ce qu’il est permis d’en attendre au cours des prochaines années.

 

Sources : Ricoh.com, Ricoh.ca / Images : Ricoh.com