Les studios photo

L’évolution : Les studios «multiplex»

Ce sont des entreprises photographiques, plus ou moins anciennes, qui ont installé dans de grands espaces industriels ou artisanaux devenus vacants des équipement ultra-modernes permettant d’installer rapidement des plateaux photo, vidéo, voire télé, selon les besoins.  Ces lieux de travail sont loués à qui en a besoin, ponctuellement.

Ils proposent, à la carte, les équipements d’éclairage dans les marques les plus prestigieuses: Broncolor, Elinchrome, Profoto… les fonds de la même qualité avérée.

Ces matériels sont souvent loués par les studios eux-mêmes.

Cette solution résout un des problèmes qui ont conduit nombre de professionnels à la faillite, obligés qu’ils étaient de maintenir leur matériel au top technologique pour avoir des contrats et entrant par là dans un spirale fatale d’investissement permanent et d’endettement. Ceux qui ont survécu à la mutation numérique peuvent désormais travailler sans avoir leur propre studio et l’investissement lourd qu’il signifie, la contrepartie étant qu’il doivent devenir des blogueurs audacieux pour s’assurer une clientèle stable.

Ces studios multiplex proposent même de la restauration, présentée comme de qualité.

Et certains d’entre eux assurent aussi l’infrastructure pour des évènements (dire events) , dont on imagine que la photo peut être une des composantes. La localisation dans un studio photo pouvant être la seule composante photo; mais elle fait la promotion du studio. Habile et smart.

Ce sont donc des lieux vacants qui offrent des prestations adaptées à une clientèle ciblée, des sortes de sous-traitants au service de l’image.

Ces studios présentent des spécialités.

Nous nous bornerons à étudier plus en détails les plus gros des studios parisiens :

  • Rouchon: V arrondissement – 7 plateaux – mode – des grands photographes, dont les noms peuvent déteindre sur le studio, comme Helmut Newton, Sarah Moon, Jean Baptiste Mondino y ont travaillé . Crée par Rouchon en 1973 rue du Fer à Moulin, il ajoute la location de plateaux en 1981.
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Rouchon 36 rue du Fer à Moulin

  • Astre: VII arrondissement – 3 plateaux. Crée en 1968 par le photographe Louis-René Astre, travaille principalement dans la mode (Vogue), est passé à la location de studio en 1988 après la mort de son son créateur. A été repris par Rouchon en 2012.
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Astre 103 rue St Dominique


  • Studio Daguerre: XIV arrondissement – 4 studios- La situation rue Daguerre est déjà une pub ! Travaille beaucoup avec des agences de pub et des marques de renom. Loue ses locaux pour des events.
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Daguerre  56 rue Daguerre


  • Le petit oiseau va sortir: XI arrondissement – 5 studios – services complets. On peut arriver les mains dans les poches et tout louer : des photographes (une demi-douzaine) au matériel de prise de vue, à la chaîne numérique, et à l’organisation des transports, la recherche de lieux, les autorisations de photographier, … et la facturation. Les galeries des photographes (plutôt jeunes) montrent une place privilégiée de la mode et des stars connues.
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Le petit oiseau va sortir  7 rue du Mt Louis


  • LB Studio: XIII arrondissement – 2 studios – Non anglophones s’abstenir. Location de locaux, lumière, matériel Phase One, Hasselblad, Nikon, Canon, que du must bien sûr ! Véhicules Mercedes (mais véhicules est écrit avec un accent, nobody is perfect…)
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Studio LB  78 rue Dunois


  • Studio Zéro: X arrondissement – 4 studios Présentation en EN-FR; mais EN par défaut. Restauration très tendance. Mix d’images rétro et mise en page très tendance. Nota: les termes de studios et plateaux sont quasiment interchangeables, plateau qualifiant généralement des espaces plus grands. Et puis plateau est tellement plus glamour, ce qui dans la mode est plus fun.
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StudioO 11 rue Robert Blache


Malgré leur caractère propre assez marqué, ces studios se sont groupés dans le CSPP (Club des Studios Photographiques Parisiens) pour :

  • Communiquer sur les métiers de la photo auprès des pouvoirs publics et du grand public.
  • Transmettre les savoirs‐faire d’un métier aux multiples facettes et qui attire un nombre important de jeunes.
  • Défendre la pérennité de ce métier. Les studios ne sont plus seulement des prestataires mais bien les partenaires de la création d’images.
  • Promouvoir l’aspect culturel des studios et de l’industrie de la photographie en participant à des événements (Mois de la Photo, Rencontres d’Arles…) ou en les organisant (Prix des Assistants, par exemple).
  • Garantir la qualité des prestations (création d’un « label qualité »).
  • Être acteurs de la formation des assistants qui sont les créateurs de demain (clarifier leur statut et définir leurs conditions d’emploi).  Fin de citation

 

Les deux premiers studios auraient pu être classés avec Harcourt, dans la tradition. Ce sont les deux seuls qui ont sur leur site un historique. Ils sont l’illustration d’une transition progressive et surtout de la diversité des évolutions. Harcourt n’est pas entré dans le CSPP, peut-être fort de son statut d’institution.

 

Enfin il convient d’en citer un dernier qui a conduit son évolution encore plus loin, offrant des espaces aménagés de façon très architecturée et sophistiquée à toutes sortes d’évènements, parmi lesquels le shooting photo ou cinéma.  Le site internet est également très  sophistiqué. C’est le studio Cyclone.

  • Studio Cyclone: XIII arrondissement – 3 studios sur 2 niveaux. Services audio, vidéo et info complets, mais pas de matériel photo de location. Traiteur sur place ou extérieur. Le studio Cyclone abrite depuis 2013 le Salon Pro Images auquel participe Ricoh- Pentax.
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Studio Cyclone- 16-18 rue Vulpian (photo: Michaël CROTTO)