Suite au récent article sur la courbe d’apprentissage, il nous a semblé intéressant de vous donner des idées pour continuer à progresser, à dépasser la période de doute… ou à surmonter le syndrome « j’ai pas d’inspiration ». Comme tout artiste, le photographe est confronté à des moments de vide photographique. Si la panne de créativité est souvent plus simple à surmonter (par un défi photo par exemple) que la période de doute qui entraîne démotivation et perte du plaisir, il faut éviter de se montrer passif. Etre actif va éviter que cette période ne dure trop longtemps.

 

 

La baisse de régime

Avant de soumettre des idées, il est impératif de s’intéresser aux raisons de cette baisse de régime. Pour cela, il faut s’interroger. Pourquoi le vide a-t-il envahi votre espace créatif ? Quand a-t-on perdu l’inspiration ? Est-ce concomitant à des ennuis au travail ou la maison ? Est-ce dû à la pression professionnelle ? Pourquoi ce manque d’idées? A moins que ce soit une sensation de refaire toujours la même chose… Quant au manque de temps pour pratiquer, il s’agit plutôt d’un prétexte qu’une cause réelle qu’il conviendra d’identifier.

Cette phase d’analyse est obligatoire. Elle peut s’effectuer seul ou en groupe, avec des personnes en qui vous avez confiance. Il n’y a pas de recette miracle malheureusement. C’est une thérapie qu’il faut entreprendre. Et tant qu’elle n’aura pas eu lieu, tous les « remèdes » qui pourront être préconisés ne fonctionneront pas. Il est nécessaire de soigner la cause et non les symptômes.

 

 

Le vide photographique en soi

 

Prendre son temps

Le remède ultime est sans doute de ne pas prendre de photo pendant un certain laps de temps ! Ce n’est pas si paradoxal que cela, à bien y réfléchir.

Pour les photographes professionnels, prendre des photos est leur métier. À force d’appuyer sur le déclencheur pour remplir un contrat, satisfaire un client, l’ennui peut s’installer. Si on y ajoute la pression desdits clients pour livrer en urgence (c’est-à-dire avant-hier), le photographe perd toute envie. Pour les photographes amateurs, la pression peut venir de soi ou de contraintes de type exposition. Avec, en fin de compte, le même résultat.

Il n’y a sans doute pas plus libérateur que de sortir sans son appareil photo. Par sortir, il faut comprendre se balader, aller dans des lieux qui, traditionnellement, peuvent vous inspirer. Et cela pas qu’une fois. Il s’agit de se sevrer, d’arrêter de penser uniquement avec un œil photographique. Il faut retrouver ses sensations, ce petit fourmillement qui fait dire que la situation convient pour une bonne photo. Pendant cette période, l’appareil photo doit rester loin de la portée du photographe. Une forme de désintoxication qui peut prendre du temps.

Raconter une histoire, partie 1

Raconter une histoire, partie 1

 

Comme pour beaucoup d’artistes, se régénérer est important. Vous saurez facilement que l’envie est revenue quand, sur quelques sorties consécutives, vous ressentirez le besoin irrépressible de prendre des clichés en continu. Et que vous saurez dans votre tête que le/les clichés étaient bons.

 

 

Revenir aux fondamentaux

Est peut-être une fausse bonne idée. Quand l’inspiration fait défaut, le premier réflexe que l’on a est souvent de reprendre les classiques de la photo, de se plonger dans des expositions, voire de regarder ce que les autres font sur Internet. Malheureusement, cela vous enferme à l’art photographique uniquement. Pourquoi se limiter alors qu’on peut tellement apprendre d’autres disciplines ? Et par autres disciplines, il ne s’agit pas forcément les habituelles disciplines proches de la photo (peinture, sculpture, dessin). Non, il s’agit aussi d’aller voir des choses parfois très différentes comme la lecture ou le jardinage !

Écouter des sons, respirer des odeurs, voir des formes et des couleurs, les imaginer à partir de textes : tout cela va permettre de vous reconnecter avec votre environnement. Et de là, l’envie de transcrire cette perception nouvelle dans les photos.

 

 

Explorer d’autres domaines artistiques ou culturels

Plutôt que de rester dans une démarche passive d’observation des arts, pratiquez ! Que vous ayez un talent pour cela ou non, le but est d’être toujours dans un processus créatif ! Alors, faites de la musique, gâchez de la gouache, écrivez ce qui vous passe par la tête. Le but est d’explorer des friches inconnues afin de retrouver un esprit créatif. En forçant l’esprit à ne plus penser à la photo, celle-ci trouvera le moyen de revenir à vous par la petite porte en vous apportant naturellement des idées nouvelles. Ce qui vous permettra de reprendre votre travail photographique.

 

 

Aide-externe

 

Conseils et critiques

Il est possible de chercher des conseils auprès d’amis, d’amis-photographes ou de photographes. Ces personnes sauront peut-être vous apporter une aide-intellectuelle. Mais surtout, vous trouverez auprès d’eux une critique de votre travail si vous le leur présentez. N’hésitez pas à soumettre vos clichés à un œil extérieur, car on n’est que très rarement objectif vis-à-vis son propre travail. Recevoir une critique, qu’elle soit positive ou négative, ne peut être qu’une bonne chose, pour peu qu’on soit ouvert à celle-ci.

Surtout si elle est négative. Car cette dernière peut faire mal, principalement quand elle remet en cause vos choix artistiques. Il convient de rester ouvert à discussion. Toutes les arguties de votre ou vos interlocuteurs doivent être entendues, car elles apportent des éléments de réflexion. Et ces éléments de réflexions vont offrir des axes d’amélioration… ou vont vous conforter dans vos choix.

Finalement, on ne peut que ressortir grandi de ce genre de confrontation d’idées.

 

 

Les contraintes

En s’imposant une contrainte, le photographe introduit une déviance dans sa façon habituelle de travailler. En faisant cela, il va éviter cette routine si fatigante à la longue qui aboutit à l’impression désagréable de refaire encore et encore la même chose. L’idée est donc, soit de faire le même travail différemment, soit de modifier complètement son et ses types de pratiques.

Raconter une histoire, partie 2

Raconter une histoire, partie 2

 

Par exemple, si vous utilisez un petit zoom au quotidien, de type 24-70 (pour un FF) ou 16-50 (pour un APS-C), pourquoi ne pas changer d’objectif ? Choisir une focale fixe ou un zoom d’un autre range va vous permettre de voir, au sens littéral du terme, ce que vous allez photographier différemment.

De même, si vous ne faites que des paysages, repartir sur les lieux en ne faisant que du détail, mais en modifiant votre façon de travailler, cela change tout. On peut aborder un lieu en se disant : « aujourd’hui, je photographie uniquement l’architecture ». Puis, on y revient en photographiant les gens qui s’y trouvent. Et ainsi de suite…

Il est aussi possible de s’imposer une thématique particulière. Cela aura pour but de s’obliger à regarder ailleurs par rapport à ses habitudes. Par exemple, ne photographier que ce qui a du rouge. Ou que les portes ouvertes. Ou que les animaux.

Parfois, ou souvent, cela sera peu intéressant et le résultat peu folichon. Avoir des clichés extraordinaires n’est pas le but de ce type de sortie (quoique si cela se produisait, ce serait très bien). Le but est de pratiquer dans des pratiques ou des techniques peu familiers, afin de renouveler ses façons de procéder et habituer l’œil à chercher continuellement.

 

 

Les défis photo

Les défis photo, ce n’est pas ce qui manque. Les plus connus sont les fameux « 1 photo par jour pendant 1 an » ou « 1 photo par semaine ». Ces défis 365 ou 52 sont légion. Certes, ces défis sont communs, archi vus et revus. Mais quand le manque d’inspiration se fait persistant, quand la motivation est complètement absente, alors pourquoi ne pas s’y lancer ? Ils peuvent être une solution parce que l’on va se forcer à prendre au moins un cliché afin de pouvoir le publier. Que ce soit un par jour ou par semaine, cette astreinte à un côté libérateur : « on va faire de la photo, même si elle n’est pas bonne ».

 

idées de défis 365 (© Instagram)

idées de défis 365 (© Instagram)

 

L’avantage de ce genre de défi est que le photographe va devoir se creuser la tête pour trouver son sujet. Sauf à photographier inlassablement la même tasse de café, un animal ou le soleil par la fenêtre, il va falloir se forcer à être créatif. Et donc à sortir de sa zone de confort. Se fixer des thématiques sera un moyen d’y parvenir.

 

 

 

La baisse de motivation ou d’inspiration est une constante dans le monde de la photographie. On pourrait même dire que le vide photographique est un passage obligé ! Le principal est que, quand cela vous arrive, vous preniez le temps de comprendre le quoi et le pourquoi. Et surtout, il ne faudra pas s’inquiéter. Si la photographie représente quelque chose d’important, tout reviendra ! Pour peu que vous vous donniez les moyens de re-fertiliser votre imagination.

 

Crédit photo : © fyve  (sauf précision contraire)