Après un printemps plutôt maussade, voilà que l’été est arrivé. Avec lui se réveillent généralement les insectes qui sont longtemps restés à l’état de larves ou de chrysalides. Et forcément, pour les amateurs de macro – ou plus simplement de proxi-photographie – , c’est l’époque rêvée : photographier la nature, les fleurs, et photographier les insectes deviennent un leitmotiv. Pour ce qui est des insectes, il faudrait ajouter : « à condition d’en rencontrer » !

 

Un petit coup de gueule

Oui, un coup de gueule contre l’urbanisation croissante et même galopante. Dans nombre de villes qui avaient la chance de bénéficier, il y a peu encore, de vastes espaces verts, parfois dans un état quasi sauvage, on les remplace aujourd’hui par des allées bien tracées, parfois bitumées et pour ce faire, on n’hésite pas à sacrifier ce que Dame Nature avait cru bon de nous offrir. Au nom, bien sûr, du bien-être des humains qui peuvent ainsi, à peu de frais et de distance, promener leurs enfants et leurs animaux de compagnie (ou se promener eux-mêmes) dans ce qu’ils appellent encore mais abusivement « la nature ».

 

Les comportements « humains »

Car ce n’est plus la nature quand elle est aménagée pour les humains ! « Aménagée » est aussi un bien grand mot : bien souvent – et c’est le cas dans un espace proche que je connais bien – on oublie que nombre d’humains n’ont aucune éducation : ils laissent leurs chiens poser quelques « souvenirs » dans des lieux que fréquenteront leurs enfants eux-mêmes (et ceux des autres). Ils n’éprouvent aucune vergogne à jeter n’importe où, qui les déchets de son pique-nique, qui son paquet vide de cigarettes ou sa cannette de boisson, qui l’emballage du « quatre-heures » de son petit dernier. Eh oui, on a oublié de mettre des corbeilles fermées à leur disposition… ou, quand elles existent, elles sont très éloignées (pensez-vous : parfois il faut bien faire 50 m à pieds pour en rencontrer une… pleine dans la plupart des cas).

Résultat, les chiens errants et les bêtes sauvages (il en existe encore quelques unes) éparpillent le tout ce qui ne manque pas d’attirer les rats… et les nuisances qui en résultent. En plus, cette urbanisation de la nature détruit l’habitat des insectes, qui disparaissent peu à peu… Moins d’insectes = moins d’oiseaux (qui les consomment), CQFD !. Et quand il n’y aura plus ni insectes ni oiseaux, il faudra s’inquiéter sur le devenir des humains. Faut-il vraiment attendre cette heure ? Ne pourrait-on pas y réfléchir AVANT ?

 

Un constat désolant

Ce que je sais c’est que, en 2014, je partais tôt le matin photographier les insectes de ma friche préférée, peu éloignée de mon domicile. J’en rencontrais beaucoup et d’espèces très variées. Cette friche a été réaménagée de 2015 à 2017. On y a même créé une piste cyclable. Aujourd’hui, en 2018, il ne reste presque plus rien : les libellules et les odonates en général semblent avoir fui, il n’y a presque plus de papillons et de sauterelles. Corollaire, il y a aussi beaucoup moins d’oiseaux. Ces espèces autrefois très communes sont devenues rares : c’est inquiétant, moins pour les photographes que pour les humains en général. Mais cela n’intéresse que très peu nos « aménageurs urbains ». Quand ils se réveilleront, il sera sans doute un peu tard, voire trop tard.

Ce constat n’est hélas pas unique !

 

Cela dit… ?

Si certains de nos lecteurs aiment photographier les insectes, qu’il nous soit permis de leur donner quelques conseils. Comme toujours sur PentaxKlub, nous ne prétendons pas tout connaître du sujet. Mais nous aimons volontiers partager ce que nous savons ou notre expérience. Et si des lecteurs ont d’autres « approches » ou ne partagent pas nos avis, un commentaire laissé permettra de rectifier les erreurs et de combler les omissions.

 

Techniques d’approche pour photographier les insectes

Il existe « l’avant » et le « pendant », mais tout est lié et le « pendant » sera, c’est sûr, influencé par ce qui l’aura précédé.

 

La préparation générale

Elle est absolument nécessaire : l’improvisation peut certes permettre de bonnes photos. Ponctuellement, sans doute, mais pas dans la durée. Improvise-t-on des prises de vue « portrait » en studio ? Non : il faut disposer du modèle, du matériel, des flashes et s’assurer que tout fonctionne correctement. La nature est un vaste studio où les modèles n’ont pas été « brieffés » et où l’éclairage a aussi son importance : on doit s’adapter mais c’est nettement plus simple quand on s’y est préparé !

 

Le repérage

La première préparation est en fait le repérage : les papillons se trouvent plutôt à tel endroit, les libellules à proximité d’un plan d’eau, les coccinelles dans les feuillages, les sauterelles dans les hautes herbes, etc. … Chacun doit d’avoir avoir à l’esprit que tous les insectes ne sont pas au même endroit.

Une fois ces « spots » repérés, on regarde la configuration des lieux, l’orientation par rapport au soleil… Et au vent : ceci n’a pour but que de préparer la meilleure position pour shooter et, avant, pour approcher les insectes.

Ce repérage permet aussi de savoir comment il faudra s’équiper en fonction de la nature du terrain (habillement)

 

L’étude des insectes

Tous les insectes n’aiment pas les mêmes choses, qu’il s’agisse du « terrain » mais aussi de ce que l’on y trouve. Certaines plantes/fleurs attirent davantage certaines espèces de papillons que d’autres. De même les araignées, abeilles, bourdons.

Apprendre leurs habitudes de comportement est donc un atout sérieux pour qui veut photographier les insectes. Sérieux et indispensable, en fait ! Alors, oui, cela fait peut-être beaucoup à apprendre et à retenir. Mais c’est ce que l’on appelle « gagner de l’expérience ». Après, tout cela vient naturellement à l’esprit : la connaissance évolue sans arrêt, mais se perd rarement, du moins tant que l’esprit ne faiblit pas trop.

 

La préparation du photographe

Elle est aussi indispensable.

L’habillement

On recommande généralement de se vêtir de couleurs qui permettent de se confondre avec la nature. Éviter les couleurs criardes est une évidence pour la pratique photo en général. Et pour photographier les insectes en particulier ! Ces vêtements doivent aussi protéger contre les agressions prévisibles de la nature (épines, par exemple). Certains préconisent les vêtements de style « treillis militaire ». Pourquoi pas, surtout pour qui envisage une opération « commando » ? Utile, donc, mais pas indispensable. Notons cependant que l’avantage de ce type d’habillement, c’est que généralement il comporte des poches en nombre et dimensions suffisants pour y loger un objectif ou un accessoire qui peut s’avérer utile sur le terrain. On l’a ainsi plus facilement à portée de main que si on le laisse dans le sac à dos. Attention cependant à ce qu’il soit suffisamment protégé contre les accidents… ou la perte !

L’hygiène corporelle

Une expression bien sérieuse pour parler « parfum ».

On recommande, pour photographier les insectes, d’éviter de porter quelque parfum que ce soit. Beaucoup d’insectes (papillons notamment) sont particulièrement sensibles aux odeurs. Ce n’est pas par hasard qu’ils sentent les phéromones des femelles à grande distance. Alors, à moins que de se parfumer avec un produit à base de ces phéromones, il est préférable d’éviter tout ce qui peut les perturber car, dans le cas contraire, ils fuiront assurément.

Un accessoire utile, voire indispensable

C’est le sac poubelle. Non pour y jeter les détritus que, malheureusement, on rencontre trop souvent dans la nature, mais pour servir de protection lorsque l’on doit s’allonger sur le sol.

On parle ici de sacs poubelle « sérieux » c’est-à-dire de dimensions et de résistance suffisantes. Inutile d’envisager le sac poubelle de salle de bains (10 l de contenance !!) en polyéthylène trop fin.

Plié ou roulé dans le sac à dos, il ne prend pas beaucoup de place, s’avère léger et peut rendre d’inestimables services.

Et si, au lieu de photographier, faute de sujets à photographier, on est pris d’une soudaine fièvre écologique ou plus simplement citoyenne, eh bien se servir de ce sac pour les détritus évoqués plus haut, constituera aussi une bonne action.

 

Quand photographier les insectes

On croit trop souvent que l’heure de la journée importe peu. C’est partiellement vrai et grandement faux à la fois ! On peut toujours photographier en plein soleil de midi un papillon, un bombyle ou un moro-sphinx butinant une fleur. Mais aux heures les plus chaudes, les papillons ont une activité intense qui se traduit pas des mouvements brusques, rapides et incessants, ce qui rend difficile toute prise de vue. Et, quand ils s’arrêtent sur une fleur, ils n’y restent pas bien souvent. Alors encore faut-il, pour le photographe, être bien placé, avoir « le bon angle »… et les bons réglages pour tenter un « shoot » dont le résultat est bien souvent aléatoire.

 

Les heures favorables

Alors que tôt le matin, les papillons sont encore posés, engourdis par la fraîcheur de la nuit et parfois couverts de rosée. « Tôt le matin », pour certaines personnes, signifie 9h / 10h. Non, à 9h il est déjà bien trop tard. On rencontre les insectes principalement en été. En été, le jour se lève-tôt. Et c’est quand le jour se lève qu’il faut être sur place. Donc, selon la période, entre 5h et 6h30.

Zygène sur fleur de chardon - Image prise le matin à 6h42 - Pentax K-1 Mark II + Tamron 90mm macro f/2.8 à f/5.6 - 1/125s - ISO 400

Zygène sur fleur de chardon – Image prise le matin à 6h42 – Pentax K-1 Mark II + Tamron 90mm macro f/2.8 à f/5.6 – 1/125s – ISO 400

 

Les avantages des heures matinales

Outre l’avantage de la moindre activité des insectes, on constate aussi la moindre activité des humains : on rencontre peu de monde, c’est autant de perturbateurs en moins. Quoique, de plus en plus, les adeptes du jogging sont eux aussi de sortie. L’avantage, c’est qu’ils courent rarement dans les hautes herbes parmi les sauterelles ou au milieu d’un champ de fleurs prisées des papillons !

Tôt le matin, il est rare qu’il y ait du vent, et ça aussi c’est un sacré avantage pour photographier les insectes. Les mouvements d’herbes sont rares et de très faible amplitude. On peut donc régler les paramètres de son boîtier en choisissant, le cas échéant, une vitesse d’obturation plutôt basse. Attention toutefois à ne pas aller trop loin dans la lenteur d’obturation : le flou de bougé ou le flou de mouvement viendraient rapidement sanctionner cette erreur !

Mais bien souvent, même par temps clair (celui qui est le plus favorable, bien sûr), dès 7h/7h30, les choses changent et le vent se lève. C’est le signal qu’on peut « rentrer à la maison ». C’est, en tous cas, ma pratique !

Et le soir ?

En été, quand il fait beau, la fin de journée propose souvent une belle lumière. Occasion, là encore de faire de bonnes images : les insectes sont généralement moins actifs que durant la journée, il faut en profiter. D’autant que des prises en contre-jour, avec une lumière moins violente, peuvent procurer des images remarquables.

 

L’approche des insectes

Il n’existe pas véritablement une et une seule technique d’approche, et c’est parfaitement normal : tous les insectes ne réagissent pas de la même façon.

Toutefois, il est des constantes desquelles on ne peut pas s’affranchir sans prendre le risque de voir fuir le sujet convoité.

On est censé avoir repéré l’endroit où trouver l’insecte espéré. On est aussi censé avoir étudié ses habitudes de comportement (voir plus haut). C’est indispensable mais cela ne garantit pas le succès pour autant.

Prévoyant, le photographe doit avoir à ce moment préparé parfaitement son matériel (boîtier, objectif « qui va bien », réglages divers : nous y reviendrons). Sinon, c’est à désespérer. Un papillon posé sur une fleur à 50 cm du photographe ne restera pas là si un mouvement ou un bruit soudain vient le perturber ! Pas question dès lors de bouger ou de changer d’objectif.

On ne le répétera jamais assez : un mode USER correctement configuré facilite grandement les choses. Selon les boîtiers, Pentax en autorise généralement de 3 à 5. Alors, pourquoi s’en priver ?

Si on n’a pas cette chance de voir un papillon posé tout près et que l’on doit s’approcher, il est impératif de le faire lentement, sans bruit et sans geste brusque.

Certains photographes « forcent quelque peu le destin » : ils déposent des gouttes d’eau sucrée et/ou aromatisée sur les fleurs où ils veulent que se posent les papillons. Oui, mais cela ne fonctionne pas systématiquement ! Toutefois, c’est toujours mieux, de notre point de vue, que d’euthanasier des insectes pour ensuite les photographier en studio.

 

L’environnement

Pour cette approche, l’observation de l’environnement est primordiale. Il faudra, notamment, éviter les ombres portées sur le sujet, ce qui le ferait fuir immédiatement et irrémédiablement. Tout serait alors à recommencer.

Attention aussi au bruit des brindilles qui se cassent sous les pas du photographe. Toutes les espèces ne sont pas sensibles au bruit, ou pas de la même manière, mais la plupart sont sensibles aux vibrations : une brindille qui casse, un pas mal assuré et cela peut se répercuter sur la plante support du sujet. On imagine alors que ce dernier ne va pas attendre : devant un danger potentiel, il fuira.

Tout serait alors encore à recommencer.

En fait, les insectes ne sont quasiment jamais « coopératifs » avec le photographe. Sauf parfois lors de scènes d’accouplement : ils prennent leur temps et le photographe doit savoir en profiter. Cependant, il n’est pas rare de voir s’envoler « tendrement unis » des couples d’agrions dérangés dans « leurs œuvres » de perpétuation de l’espèce ! On peut les comprendre…

 

 

Techniques de prise de vue

 

La position du photographe

Doit-on photographier les insectes debout, couché, accroupi, assis ? Il n’existe pas de règle, évidemment, sinon des règles de bon sens.

La position du photographe va grandement dépendre de la configuration des lieux, de l’angle qu’il veut adopter pour sa prise de vue, de la lumière et de sa source.

On sait que la meilleure stabilité n’est pas offerte par la position debout. D’autant que, bien souvent, on s’oblige – ou on est obligé – à différentes « contorsions » mettant cette stabilité en péril. Pour autant, il est rare (hors cas particuliers) – et sans doute cocasse – de voir des adeptes de proxi ou macro opérer en position assise. On les voit plus souvent accroupis ou couchés à plat ventre. Quoi qu’il en soit, le photographe est bien obligé de s’adapter ! Et, pour la position « couchée », on rappelle l’utilité du sac poubelle.

 

Le bon matériel

Quel que soit ce matériel, on sait que photographier les insectes engendre pas mal de déchet. Surtout si l’on n’est que peu expérimenté, bien sûr, mais même des photographes de nature confirmés ne réussissent pas – et de loin – toutes leurs prises de vues.

Araignée prise avec un Pentax DA * 35mm Macro f/2.8

Araignée prise avec un Pentax DA * 35mm Macro f/2.8 sur Pentax K-1 (f/7.1 – 1/400s – ISO 500)

 

Le bon matériel est donc tout à la fois :

  • celui que l’on connaît bien
  • celui qui est adapté à ce que l’on veut faire : si l’on veut faire de vraies images macro 1 : 1, il faut un objectif macro offrant ce rapport de grandissement. Sinon, on fait de la proxi-photographie et c’est différent
  • celui qui est adapté au « terrain » sur lequel on opère et aux sujets que l’on shoote.
"En double V" : Une image prise avec un Pentax DA 55-300mm

« En double V » : Une image prise avec un Pentax DA 55-300mm à 260mm sur Pentax K-5 (f/8 – 1/400s – ISO 400)

 

Ce à quoi il faut faire attention

Quand on veut photographier les insectes, on doit, comme pour tout autre sujet, respecter certaines règles de composition d’exposition, etc. … et tenir compte de l’environnement. L’origine de la lumière et du vent en sont deux exemples déjà évoqués.

 

La lumière

Savoir d’où elle vient et avec quelle intensité est bien sûr très important. Pour aider à un éclairage plus homogène, on peut le cas échéant employer des réflecteurs correctement orientés vers le sujet (si une partie de celui-ci est dans l’ombre). Pour des raisons de couleurs, il est préférable d’utiliser des réflecteurs blancs ou argentés afin de ne pas introduire de dominante de couleur.

Mais il est important, surtout pour les débutants, de garder la source de lumière derrière soi, en prenant garde à ne pas provoquer d’ombre portée sur l’insecte convoité. Ne pas oublier que tôt le matin ou en fin d’après midi, le soleil bas provoque un allongement des ombres. Il faut en tenir compte, bien sûr.

Un insecte éclairé par l’arrière c’est plus difficile à photographier : il faut savoir maîtriser le contre-jour et l’éclairage, la partie non directement éclairée étant, bien sûr… dans l’ombre ! À réserver, par conséquent, aux plus expérimentés.

 

Le vent

C’est l’ennemi traditionnel quand on veut photographier les insectes. Selon sa violence, certains insectes en seront affectés soit dans leur vol, soit parce que cela fera bouger le support sur lequel ils se seront posés. En mode macro, il sera extrêmement difficile, sans accessoire, de surmonter la difficulté. Ce sera plus facile en mode proxi. Dans les deux cas, attendre une accalmie est encore le plus simple, mais on risque de voir s’envoler l’insecte convoité avant d’avoir pu en faire le portrait.

 

Le cadrage et la composition

Ce sont des éléments importants de la prise de vue. Mais pas toujours faciles à respecter en photo d’insectes. On ne dirige pas un insecte comme un modèle au studio. On est donc tributaire de son positionnement et on doit en permanence s’adapter. C’est une des difficultés les plus importantes.

Souvent, on constate des cadrages « en plongée » pour certains types d’insectes (coccinelles, larves diverses, chenilles, punaises…). Il faut bien admettre que cela ne met pas vraiment le sujet en valeur et, par ailleurs, cela conduit à des photos banales. Tout le monde fait de telles photos, c’est probable, mais ce n’est pas une bonne raison pour persister dans l’erreur. Il est donc préférable, quand c’est possible, d’éviter cet angle de vue. Une « contre-plongée » est indéniablement plus valorisante. Son intensité pourra donner au sujet un aspect plus ou moins impressionnant, voire menaçant.

Composition en diagonale - Pentax K-1 + Tamron 90mm macro f/2.8 (f/13 - 1/200s - ISO 1250)

Composition en diagonale – Pentax K-1 + Tamron 90mm macro f/2.8 (f/13 – 1/200s – ISO 1250)

 

Savoir attendre (et reconnaître) le bon moment est aussi propice à l’obtention d’une bonne image. Ainsi, les libellules reviennent souvent se poser sur le même perchoir, même si l’approche du photographe a pu les faire fuir provisoirement. Il suffit alors d’attendre un peu, sans bouger et en profitant de ce court répit pour vérifier ses réglages, ou, si nécessaire, les peaufiner.

Pentax K-3 + DA* 300mm f/4 - f/9 - 1/800s - ISO 1000

Pentax K-3 + DA* 300mm f/4 – f/9 – 1/800s – ISO 1000

 

Le triangle infernal

On parle bien sûr du classique « ouverture – vitesse – sensibilité ». Rien de nouveau sous le soleil ! Il faut bien sûr les régler en fonction du sujet et de l’environnement. Mais on peut prévoir un réglage de base (« générique ») que l’on pourra ensuite adapter. Personnellement, j’ai configuré sur mon boîtier K-1 Mark II un mode USER « Macro » avec, entre autres, les paramètres suivants :

  • Vitesse : 1/400s
  • Ouverture : f/6.3
  • Sensibilité : variable de 100 à 6400 ISO : dans la pratique, il est rare de dépasser 3200 ISO.

 

Autres réglages

Pour accompagner les réglages ci-dessus, mon boîtier est positionné par défaut en mode AF.C et collimateur central (Spot) : tous ces réglages par défaut sont rapidement modifiables si cela s’avère nécessaire.

Mais il m’arrive fréquemment, selon les sujets, de passer sur un mode proxi quelque peu différent et/ou de passer en mise au point manuelle pour éviter le bruit de crécelle de certains objectifs macro (à longue course généralement) qui perturbe les insectes.

En fait, il n’existe pas vraiment de règle… ni de réglage unique. Ceci n’est donc qu’un exemple.

 

L’autofocus

Si l’on pratique la photo d’insectes à courte distance, l’autofocus n’est pas recommandé : comme dit ci-avant, le bruit de l’AF, bien souvent, risque de les faire fuir. Il serait dommage de les approcher d’aussi près et de les voir s’envoler quand on fait la MaP.

En revanche, en proxi-photo, il est tout à fait possible de photographier les insectes en mode AF, surtout s’ils sont en mouvement.

En pareil cas, il faut choisir de préférence le mode AF.C (mode AF en continu) et de choisir le ou les collimateurs qui assureront la MaP et le suivi. D’aucuns préconisent le mode SPOT (collimateur central) : si l’insecte ne bouge pas (ou peu), c’est une solution très envisageable. Cela deviendra problématique s’il bouge beaucoup. Dans ce cas, il est préférable (toujours en mode AF.C, collimateurs de couleur rouge) de passer en mode SEL (9, 25 ou 33 collimateurs sur le K-1 et le K-1 II, ou bien 9, 25 ou 27 collimateurs sur le K-3 et le K-3 II), le collimateur central étant utilisé pour la MaP et la couronne de collimateurs choisie assurant le suivi. L’avantage est qu’on pourra modifier le cadrage sans perdre la mise au point.

C’est une des nombreuses possibilités offertes et qu’il faut avoir au préalable explorées pour en déterminer les bénéfices potentiels.

 

Comment photographier les insectes en vol

 

C’est le rêve de bien des photographes. Y parvenir est particulièrement difficile pour certaines espèces (papillons par exemple), beaucoup plus accessibles pour d’autres. Cela dépend essentiellement de la vitesse du vol, de sa régularité ou non. Ainsi, il est relativement facile de photographier des libellules « en vol stationnaire », beaucoup plus difficile dans le cas d’un vol « normal ». Cela demande du bon sens pour les réglages (cf. ci-dessus) et… de la pratique. Il ne faut pas se leurrer : il y aura du déchet, surtout au début ! On peut être tenté d’« assurer » le coup en shootant en rafale, mais cela reste tout relatif et même assez aléatoire : en définitive, la rafale n’apporte que peu de bons résultats. Encore une fois, il n’existe pas de recette miracle garantissant le succès à tout coup. La seule « recette », c’est la pratique avec assiduité, mais une pratique « intelligente » dont on sait tirer les enseignements en cas d’erreurs. Sinon, il faudrait passer par les « pièges photographiques » qui nécessitent des installations particulières et un matériel parfois assez onéreux. Une illustration de ces propos est donnée par ce site.

Une des nombreuses difficultés, dans ce cas, c’est la gestion de l’arrière plan : distance du sujet, éclairage, … Sur ce sujet, notre expérience est assez limitée. C’est pourquoi nous conseillons à nos lecteurs de conculter cet article, maintenant ancien, mais très intéressant.

 

Le bokeh

 

Élément important d’une photo, il devient quasi-crucial en photographie d’insectes. Un insecte perdu sur un fond chargé ne facilite pas la lecture de la photo. Il faut donc s’efforcer de faire en sorte que le fond soit aussi éloigné que possible du sujet lui-même.

« Éloigné » est une valeur à géométrie variable. La distance d’éloignement est, on s’en doute, largement conditionnée par la focale de l’objectif et l’ouverture choisie, surtout en proxi-photo

Quelques exemples de bokeh :

Thomise - Pentax K-3 + Tamron 90mm macro f/2.8 - f/4 - 1/125s - ISO 200

Thomise – Pentax K-3 + Tamron 90mm macro f/2.8 – f/4 – 1/125s – ISO 200

 

Pentax K-3 + Tamron 90mm macro f/2.8 - f/3.5 - 1/640s - ISO 100

Pentax K-3 + Tamron 90mm macro f/2.8 – f/3.5 – 1/640s – ISO 100

 

Un bokeh trop chargé malgré une bonne netteté du papillon :

Bokeh trop chargé - Pentax K-3 + Tamron 90mm macro f/2.8 - f/4.5 - 1/400s - ISO 100

Bokeh trop chargé – Pentax K-3 + Tamron 90mm macro f/2.8 – f/4.5 – 1/400s – ISO 100

 

La netteté

Photographier les insectes entraîne une obligation de netteté, comme pour bien d’autres sujets. Comme en matière de portrait, il est souhaitable de faire la mise au point sur les yeux, ou au moins sur l’oeil le plus proche, quitte à ce que le reste du corps de l’insecte soit partiellement dans le flou. Si on souhaite que l’entièreté de ce corps soit nette, la difficulté grandit !

On a le choix entre :

  • utiliser une ouverture plus petite (f/11 ou f/16 de préférence à f/4 ou f/5.6), en acceptant les incidences sur le bokeh
  • photographier, quand c’est possible, en focus-stacking, pratique quasi inenvisageable avec les insectes en mouvement. Autre difficulté, c’est délicat de shooter ainsi à main levée : tremblote interdite, stabilité absolue assurée. La pratique, toujours elle, viendra apporter des solutions. Certains y parviennent très bien.

 

Faut-il photographier les insectes au flash ?

Il faudrait plutôt dire « peut-on photographier les insectes au flash ».

On pourrait répondre (en parodiant quelque comique) : « Y’en a qui ont essayé… ils ont eu des problèmes ! ». Ce qui n’est pas faux ! Mais certains ont aussi réussi à faire ainsi de belles images. C’est le cas, notamment, avec les pièges photographiques et autres barrières infra-rouges évoqués ci-avant. Alors ? Alors il faut bien admettre qu’en photo tout est possible ou presque. À condition de posséder complètement la technique. Se pose alors le problème de l’intensité de la lumière apportée, de son équilibre avec la lumière naturelle, de sa direction, des ombres qu’elle risque d’introduire si l’on oublie des précautions essentielles (diffuseurs, réflecteurs). Si l’on maîtrise tout cela, oui, on peut photographier les insectes au flash.

Mais, à titre personnel, je n’aime pas la photo au flash et en extérieur, préférant utiliser la lumière naturelle. Les reflets qu’elle introduit souvent sur les carapaces de certains insectes ne sont guère esthétiques et peuvent venir gâcher toute l’image. Mais j’admets que c’est une question de goûts, tout simplement. Car l’équipement, lui, peut parfois être facilement bricolé (diffuseurs notamment).

Pour preuve, sans posséder un matériel « de malade », un pentaxiste y parvient sans trop de difficultés. Cette vidéo le prouve. Autre lien sur le même photographe, et d’autres photos encore. Un autre site intéressant concernant l’approche des insectes, avec sa traduction en français.

 

Pentax K-1 + Tamron 90mm f/2.8 macro - f/10 - 1/400s - ISO 1600

Pentax K-1 + Tamron 90mm f/2.8 macro – f/10 – 1/400s – ISO 1600

 

Téléphore fauve - Pentax K-1 Mark II + SMC Pentax 55mm F1.8 à f/8 - 1/2000s - ISO 250

Téléphore fauve – Pentax K-1 Mark II + SMC Pentax 55mm F1.8 à f/8 – 1/2000s – ISO 250

 

 

Image de titre : © Micaz – Pentax K-3 + Tamron 90mm macro f/2.8 – f/4.5 – 1/250s – ISO 100

Photos illustrant cet article : © Micaz