[Test] DA 35 mm f/2.4 SMC AL « Plastic Wonder »

Pentax DA 35mm f/2.4 "Plastic Wonder"
Cette prise en main a été effectuée avec un Pentax K-5 IIs

 

Ce DA 35 mm est un objectif dédié APS-C et qui a été conçu comme tel. Il est de conception relativement récente (2010). Ce n’est certes pas le premier 35 mm que propose Pentax, mais c’est le premier a être aussi accessible à tous les portefeuilles. Mais qu’en est-il de ses qualités ?

Présentation de l’objectif Pentax DA 35 mm f/2.4 « PlasticWonder »

L’arrivée de cet objectif fut une surprise dans le monde Pentax. Il offre, de par son tarif extrêmement doux, la possibilité à de nombreux photographes d’accéder à une focale fixe lumineuse. Certes, son f/2.4 pourrait paraître modeste par rapport à des ouvertures f/2 ou f/1.8, mais elle est déjà très attractive, offrant, sur le papier, des possibilités intéressantes.

S’agissant d’une focale fixe, la plage couverte par cet objectif est de 35 mm en FF, offrant pour un APS-C, un champ visuel proche d’une focale de 54 mm. Sur un boîtier de type 24×36, il serait considéré comme étant un grand angle. Sur un boîtier APS-C, il offre un champ visuel beaucoup plus proche de celui qu’offrirait un 50 mm sur un FF. On peut dire que cet objectif permet la prise de vue à un angle de vue proche du champ visuel humain naturel. À ce titre, il est idéal pour prendre des photos, des paysages, des portraits et autres.

On notera l’absence de la fonctionnalité Quick-Shift qui permet la retouche manuelle lors de la mise au point AF. Il est possible de monter un filtre (UV, Polarisant et autres ND). La fixation se fait par un filetage de diamètre 49 mm. Aucun pare-soleil n’est livré avec le DA 35 mm f/2.4.

Prise en main du DA 35 f/2.4

L’objectif est d’un design extrêmement sobre. Il ne comporte pas de bague de diaphragme. La bague de mise au point, dotée de fines cannelures moulées dans la masse, sans habillage caoutchouté, est de largeur suffisante, même si les possesseurs de grands doigts peuvent avoir quelques difficultés.

Son ouverture maximale est f/2.4, avec une distance minimale de mise au point à 0,3 m.

Coté technique

Caractéristiques techniques (cliquer pour voir)
PENTAXDA 35/2,4KAF
Lentilles
Focale35mm
Equivalent 35mm sur un APS-C53,5 mm
Angle de champ / angle de vue44° (sur boitier Pentax)
Ouverture maxif/2,4
Ouverture minif/22
Diaphragme6
Lentilles6
Groupes5
Distance minimale de mise au point0,3 m
Grossissementx0,17
QuickShiftNon
Moteurnone
Autres
Diamètre du filtre49 mm
TropicaliséNon
Poids124 g
Dimensions63,0 x 45,0 mm
ParticularitésTraitement Super protect de la lentille frontale
1 lentille asphérique
Accessoires fournisbouchon avant & arrière
Compatible FFSupposée, à confirmer
Formule optique
DA 35 f/2.4 formule optique
Formule optique (© Ricoh Imaging)

La formule optique est simple, avec 6 éléments, dont une lentille type asphérique, dont le but est d’améliorer les performances optiques en périphérie de l’image. Le traitement de la lentille frontale est de type SP (Super Protect).

Le diaphragme est composé seulement de 6 lamelles, ce qui pourrait avoir une influence sur la qualité du bokeh. Ce chiffre paraît faible, mais il permet aussi d’expliquer le faible coût de l’objectif.

Qualité de construction

Extrêmement léger (124 gr), sa construction est entièrement en polycarbonate, y compris le fût, les lentilles et la monture. C’est la raison pour laquelle il a reçu le surnom de « Wonder plastic » par les pentaxistes (il ne s’agit pas de son nom ou surnom officiel). On aurait pu craindre un manque de qualité, mais à l’usage ce DA 35 s’avère endurant et particulièrement résistant.

Cet objectif ayant été conçu comme un objectif « pas cher », certaines caractéristiques prisées sont absentes. C’est ainsi qu’il n’est pas tropicalisé et n’est pas résistant à la poussière. Toujours dans un but d’économie, il n’y a aucun moteur intégré. C’est celui du boîtier qui est utilisé pour la mise au point, laquelle s’avère (très) bruyante. Côté construction, c’est son défaut le plus embêtant, certaines situations pouvant le limiter en termes d’utilisation (comme un concert de musique classique par exemple).

Malgré le screw-drive, la précision est satisfaisante. Le temps nécessaire à la MAP semble plus long que ce que l’on peut avoir sur d’autres objectifs. 

Coté optique

PENtaxKlub ne disposant pas de laboratoire, nos tests ne sont pas mesurés par des outils. Nous souhaitons apporter un point de vue utilisateur et essentiellement photographique. Nos commentaires et note technique sont donc le fruit d’une analyse visuelle.

A noter que pour tout objectif, même le meilleur, il est toujours possible d’obtenir des imperfections visuelles (et plus particulièrement avec les AC), quelles que soient la focale et/ou l’ouverture.

Toutes les photos utilisées pour les tests ont été prises en RAW (PEF ou DNG) et, sauf mention explicite, n’ont pas été développées (brut capteur) ou retouchées.

Les photos de tests ont été réalisées avec un ciel nuageux, par un « jour blanc ». Conditions mauvaises pour faire des photos, mais très correctes pour favoriser les aberrations chromatiques.

Sans développement, les images RAW que propose ce « Wonder Plastic » vont de bonnes à très bonnes.

Le rendu est peut paraître un peu sec. Marque de l’époque ou tout simplement est-ce le résultat des capteurs APS-C bardés de photodiodes ? Difficile d’apporter une réponse définitive. Globalement le résultat est satisfaisant, bluffant même eu égard au tarif.

Aberrations chromatiques et flare

Tout objectif est susceptible de produire des aberrations chromatiques (AC) et du flare.

Les AC apparaissent sous forme d’une frange violette, désagréable à l’œil. Elles se forment quand les 3 couleurs de la lumière blanche (Rouge, Vert et Bleu) traversent une lentille, se séparent et ne se rejoignent pas au bon endroit pour produire une image nette. Le flare se manifeste dans certaines conditions de lumière, comme, par exemple, quand le soleil envoie ses rayons en biais sur l’objectif.

C’est pourquoi nous préférons juger un objectif dans des situations d’images courantes et non exceptionnelles.

Test 35mm-7244
f/2,4 – les AC sont visibles (frange magenta dans les arbres)
Test 35mm-7247
f/5,6 – les AC sont nettement réduites
Test 35mm-7248
f/8 – les AC ne sont plus qu’un souvenir

Les aberrations chromatiques sont visibles en contre-jour à la pleine ouverture et s’estompent ensuite. Néanmoins, il faudra atteindre f/5.6 pour qu’elles ne soient plus visibles.

Dans les autres cas d’usage, elles sont rares et restent invisibles à moins d’un fort grossissement.

La résistance au flare s’avère très bonne. L’utilisation d’un pare-soleil reste tout de même conseillée (il existe des pare-soleil génériques adaptables sur ce DA 35 f/2.4).

Vignettage

Même à f/2.4 on ne note pas de vignettage. Le cercle optique est donc suffisant pour couvrir le capteur.

Distorsion

A cette même ouverture maximale, la distorsion n’est pas perceptible. La simplicité de la formule optique n’a pas d’incidence sur cet aspect de la qualité optique. Il est aussi possible que la lentille asphérique, placée au plus proche du capteur, joue ici pleinement son rôle.

Homogénéité et netteté de l’image
Test 35mm-7249
f/11 Bonne image,bien piquée, pas de dégradations visibles sur les bords
Test 35mm-7250
f/16 – étonnamment, l’image n’est pas visiblement dégradée sur les bords (cf. coin inférieur droit)

À pleine ouverture, l’image propose une netteté qui est déjà très bonne. Il y a certes l’inévitable flou d’arrière plan qui se produit, mais rien que de très normal. Cette netteté devient très bonne à partir de f/4 et va perdurer jusqu’à f/8. À partir de f/11, dans les angles de l’image, on commencera à notera un infléchissement de l’homogénéité. Néanmoins, ce n’est pas flagrant, car il faut agrandir fortement l’image pour s’en rendre compte.

Bokeh
DA 35 à f/2.8
f/2.8
Test 35mm-7259
f/3.5
La feuille est mise en avant et l’arrière-plan se monte suffisamment flou pour faire ressortir le premier plan

Le bokeh reste agréable, même si l’ouverture n’est pas optimale.

De la compatibilité Plein Format

Cet objectif n’a pas été conçu pour du plein format.

Tarif et Concurrence

149 €, voilà le prix de cet objectif. À ce tarif et avec une telle qualité d’image, nous ne lui connaissons pas de concurrence, même chez Samyang, qui propose un 1,4/35 mm manuel au tarif de 645 €.

Même en interne, la concurrence est théorique pour cause de prix : Le FA 35 f /2 AL est à 599 € et le DA HD 35 f/2,8 Macro Ltd à 649 €.

 

Conclusion

Pour un usage équivalent à celui d’un 50 mm en 24×36, c’est-à-dire l’objectif standard, cet objectif s’avère une solution d’un rapport qualité/prix phénoménal. Il est très agréable pour la street photographie, malgré le fait que pour certains une optique fixe puissante puisse paraître contraignante dans cette pratique. Il est également très efficace pour le portrait hors studio. Les images produites sont globalement de très bonne qualité. Son poids en fait un très sérieux candidat.

Malgré une notation globale assez faible qui est surtout due à sa construction, son rapport qualité prix est imbattable. Nous ne pouvons que le recommander.

Ce qui est bienCe qui est moins bien
  • La qualité globale des images
  • Le prix
  • Le poids ridicule
  • Absence de tropicalisation (mais vu le tarif, celle-ci s’avère impossible)
  • Mauvaise presse du polycarbonate, particulièrement pour la baïonnette

 

Logo FR Recommandé

Note

Note globale68/100

 

Galerie

 

Test35mm-7235
Scooter – K-5 IIs – 1/80 – f/10 – ISO 800
Test35mm-7262
Reflets – K-IIs – 1/100 – f/3.5 – ISO 160
Test35mm-7243
Tuyaux – K-IIs – 1/50 – f/3.5 – ISO 160
K-3 - 1/60s à f2.4 - ISO 200
Portrait (!) – K-3 – 1/60s à f/2.4 – ISO 200 (© fyve)
K-3 - 1/60s à f/8 - ISO 1600
Couple – K-3 – 1/60s à f/8 – ISO 1600 (© fyve)
Port de l'Arsenal au DA 35
Port de l’Arsenal – K-3 – 1/80s à f/3.5 – ISO 400 (© fyve)
Quai de Seine au DA 35
Quai de Seine – K-3 – 1/160s à f/9, ISO 400

 

Crédit photos : © Valia – Les images sont la propriété de l’auteur (sauf précision) – Cliquez pour agrandir

 

  • Bob
    24 février 2016 à 8 h 57 min

    Bonjour Valia.

    Perso, j’ai acheté le 2.8 macro (d’occasion, 2 fois plus cher…). Regrets à avoir ?

    Sinon :

    – § « Aberrations chromatiques, distorsion, netteté et flare » : « Cette netteté devient très bonne à partir de f/2.0 ».
    Coquille probable, tu voulais sans doute dire « à partir de f/4 ».

    – Concernant sa compatibilité FF, j’ai cru comprendre que sa formule dérivait d’un ancien objectif pour 24-36.
    Il ne devrait donc pas y avoir de pb… A confirmer.

    – Et toujours bravo pour votre (gros) travail et le cœur que vous mettez à cet ouvrage.

    Bob

    • Valia
      25 février 2016 à 10 h 51 min

      Merci pour ce commentaire. Je corrige la coquille.

  • CLAPOT
    12 avril 2016 à 11 h 49 min

    J’ai acheté cet objectif en août 2014. Avant tout je voulais un 35mm de très bonne qualité optique. Après de longues recherches je suis arrivé à la découverte surprenante que le Wonder Plastic correspondrait à mes attentes.
    Après 19 mois d’utilisation j’adhère complètement à ce qui a été dit ci après dans ce test : Les images que donne ce « Wonder Plastic » sont bonnes, à très bonnes, piquées, fouillées. Le rendu est neutre à froid et un peu sec. Marque de l’époque ?

    Bravo Pentax pour ce 35mm !

    • Valia
      12 avril 2016 à 14 h 32 min

      Merci pour ce commentaire. Et bravo pour ce choix!