Ce test (express) du Pentax DA 18-250 f/3.5-6.3 a été effectué avec un Pentax K-1

 

Ce Pentax DA 18-250 f/3.5-6.3 a été LE zoom à tout faire de la gamme Pentax au moment de la sortie du K-20D. Cet objectif était un vrai couteau suisse, capable d’offrir un grand-angle et en même temps une longue focale. Prévu pour des boîtiers de type APS-C, il offre un champ visuel réel allant de 27,5 mm à 383 mm. Pour beaucoup, il s’agissait là d’un Saint-Graal… tant qu’on n’était pas exigeant sur l’ouverture. Car, corollaire de cet objectif, si à petite focale l’ouverture maximale était de f/3.5, à longue focale elle n’était plus que de f/6.3.

Pour ne rien vous cacher, ce zoom n’est absolument pas signé Pentax. Il s’agit d’un Tamron qui a simplement été rebadgé, et dont les caractéristiques techniques sont strictement identiques. Nous n’avons pas eu connaissance de traitements spécifiques appliqués aux lentilles. Ce test express vaudra aussi pour son jumeau.

Aujourd’hui, cet objectif n’est plus en vente. Il a été remplacé en novembre 2012 par le DA 18-270, lui aussi jumeau du Tamron, après un peu plus de 3 ans de bons et loyaux services. Néanmoins, on le trouve encore chez de nombreux pentaxistes et parfois en occasion.

 

 

Présentation de l’objectif

Légèreté, tel est sans doute la première impression que l’on a en le prenant en main. La seconde impression est le côté « plastique » qui est omniprésent. Alors certes, ce n’est pas vraiment du plastique bas de gamme, mais plutôt du polycarbonate. Cependant, il existe plusieurs niveaux de construction avec ce composé et pour ce DA 18-250, il ne s’agit ni du plus haut, ni du plus bas.

La prise en main est moyennement agréable. La bague de zoom est très large et dure. Quant à la bague de mise au point, elle est très fine et très bruyante. Avec 8 lentilles à l’avant, dont les 3 plus grandes et plus lourdes, l’objectif a facilement tendance à s’allonger sous le poids, si on le porte en bandoulière ou autour du cou. Heureusement qu’il y a un petit loquet de fixation.

Petites précisions utiles, cet objectif n’est pas motorisé, l’AF étant entraîné par le boîtier (screw drive) et a tendance à parfois patiner, le quickshift est aux abonnés absents et il n’est pas WR. Un petit mot aussi sur le pare-soleil. Le système de fixation est une horreur. Et à trop vouloir le forcer pour réussir à le clipser, on peut casser l’attache. Attention donc.

 

 PENTAX DA 18-250 f/3.5-6.3 SMC ED AL
SérieSMC ED AL
Focales18-250mm
Longueur focale (en équivalent 35mm)27,5 à 383mm
Ouverture maximalede f/3.5 à 18mm à f/6.3 à 250mm (attention, il ferme très rapidement à f/4 puis f/5.6)
Ouverture minimalef/22 à f/45
Nombre de lamelles du diaphragme7 lamelles
Angle de champde 76° à 6,5° (en mode APS-C)
Construction de l'objectif16 éléments / 13 groupes
Distance minimale de mise au point0,45m
Diamètre de filtre62mm
MontureKAF
MotorisationNon
Poids455gr
Dimensions (longueur x diamètre)85,5 mm x 75 mm

 

À noter que cet objectif est vraiment conçu pour un boîtier APS-C. Monté sur un K-1, le cercle optique ne laisse aucun doute.

DA 18-250 sur un K-1, un cercle optique bien visible

DA 18-250 sur un K-1, un cercle optique bien visible

 

 

D’un point de vue technique

Aberrations Chromatiques

Déjà que pour un zoom conventionnel (quand la focale maximale est supérieure ou égale à 3 fois la focale minimale) il est souvent difficile de contenir les AC, les grands zooms, de par leur construction, sont encore plus susceptibles d’en fabriquer. Petit miracle de la part des ingénieurs Tamron, les AC sont très bien contenues (pour ce type d’objectif) jusqu’à 200 mm. Au-delà, les choses se gâtent.

On notera que les logiciels de type Lightroom peuvent en gommer une grande partie.

 

Flare

Le flare reste acceptable, dans la moyenne.

 

Piqué et netteté

Allons directement à l’essentiel. Le meilleur piqué s’obtiendra pour ce zoom entre 35 et 100 mm. En deçà de 35, l’image est assez molle à pleine ouverture et il faut fermer à f/8 pour obtenir quelque chose de correct. Et si c’était possible, il conviendrait même d’oublier le range 18-20mm. 100 mm, 135mm et 200mm sont des caps importants où à chaque fois, il y a une perte non négligeable. Au-delà de 200mm, le piqué devient très mollasson. Ce qui est normal pour un tel zoom. Il est impossible d’être très bon partout.

 

Vignettage

C’est aux extrêmes que le vignettage se fera le plus sentir. Et surtout dans la partir inférieure du range. De 18 à 20mm, à ouverture maximale (f/3.5), le vignettage est très visible. Il faut atteindre f/8 pour que l’on ne soit plus gêné. Le segment de focale compris entre 18 et 25mm doit être évité à pleine ouverture. Sur le reste du range, comme l’ouverture maximale baisse rapidement, on n’observe pas le même phénomène. De manière générale, le potentiel maximal de cet objectif s’obtient entre f/8 et f/11.

 

Distorsions

Entre 18 et 28mm, cet objectif présente une distorsion en barillet assez importante. Mais de manière assez incroyable, à partir de 30/35mm, tout rentre dans l’ordre avec une distorsion modérée, parfois même à peine discernable. Et ceci jusqu’à 220mm. Au-delà, on peut à nouveau ressentir un peu cette distorsion.

 

 

Distorsions géométriques

On reste dans ce qu’il est possible d’obtenir avec ce type d’objectif, les zooms à très large range. Et même dans la moyenne supérieure. Les distorsions géométriques sont globalement bien contrôlées et il n’y a pas de mauvaise surprise.

 

Bokeh

On aurait pu craindre le pire. Finalement, il ne s’en sort pas trop mal. Le résultat n’est pas forcément parfait, mais il est possible d’obtenir quelques petits effets.

Rose (K10D, 77mm à f/5.6)

Rose (K10D, 77mm à f/5.6)

 

Images à 18, 70, 220 et 250

Images non retouchées, sauf correction distorsion et AC

18mm à f/3.5
18mm à f/8
70mm à f/5.6
70mm à f/8
220mm à f/6.3
220mm à f/8
250mm à f/6.3
250mm à f/8

C’est de f/8 à f/11 qu’on obtiendra le meilleur de ce zoom. A PO, il se montre un peu, voir très, mou. Et au delà de f/13, on constate la même chose.

 

Comparaison DA* 200mm et DA 18-250 à 200mm et à pleine ouverture

Lors d’un récent article, nous avons évoqué des objectifs qui pourraient se révéler « menteurs ». Nous avons comparé le DA 18-250 et le DA* 200, tout deux pris à leur PO et à 200mm. Le résultat est encore une fois intéressant. Il y a une différence, mais difficile d’indiquer lequel est plus proche de la vérité…

DA 18-250 à f/6.2 – 200mm DA* 200mm à f/2.8 – 200mm

 

 

Avis PentaxKlub

Difficile d’être enthousiaste vis-à-vis les zooms à très forte amplitude. Mais ce Pentax est dans la moyenne haute des objectifs de cette gamme. Très bon en rien et moyen partout, il saura contenter tous ceux qui veulent voyager léger en délivrant une qualité très correcte pour ce type d’objectif. En occasion et à moins de 180 €, il s’agit d’une affaire pour ceux qui ne veulent pas s’encombrer.

 

Note

44/100

(notation 2018)

 

 

Galerie

Mont Pourri (K20D, à 18mm f/8)

Mont Pourri (K20D, à 18mm f/8) – Vignettage visible en haut à droite

 

La Havane (K20D, 93mm à f/13)

La Havane (K20D, 93mm à f/13)

 

Dormeur à La Havane (K20D, 143mm à f/5.6)

Dormeur à La Havane (K20D, 143mm à f/5.6)

 

Gorges du Verdon (K20D, 18mm à f/19)

Gorges du Verdon (K20D, 18mm à f/19)

 

Bonifacio (K20D, 22mm à f/5.6)

Bonifacio (K20D, 22mm à f/5.6 – Fort vignettage visible)

 

Formica Léo (K20D, 110mm à f/5.6)

Formica Léo (K20D, 110mm à f/5.6)

 

Crédit photo : fyve