Ce test de l'objectif Irix 2,4/15 mm a été réalisé avec un boîtier K-1, en format 24x36 (FF)

 

Cet objectif Irix 15mm f:2,4, Ultra Grand Angulaire produit par la société TH Swiss AG, a été conçu en Suisse. Il est fabriqué en Corée (du sud). Il est proposé en deux finitions : le modèle Blackstone, réalisé tout en métal -aluminium et magnésium-, et le modèle Firefly, réalisé en métal et polycarbonate. Des précisions seront apportées dans l’article.

 

 

Présentation de l’objectif

Poids:  685 g (Blackstone) le Firefly est annoncé à 581 g

Plage : C’est une focale fixe de 15 mm, dans la gamme d’ouverture va de f:2,4 à f:22

Caractéristiques marquantes : objectif manuel, noir satiné anodisé, image corrigée. Pare-soleil incorporé dans le design, retournable. Protection WR sauf pour la jonction de baïonnette. Housse de protection fournie (à coques semi-rigides pour le Blackstone, souple pour le Firefly)

L'Irix 2,4/15mm Blackstone

L’Irix 2,4/15 mm Blackstone  (©Irix)

 

L'Irix 2,4/15mm Firefly

L’Irix 2,4/15 mm Firefly  (©Irix)

 

 

Principales caractéristiques techniques

IRIX 2,4/15mmBlackstoneFirefly
formule optique15 lentilles en 11 groupes (3 x HR / 2 x ED / 2 x ASPH)15 lentilles en 11 groupes (3 x HR / 2 x ED / 2 x ASPH)
angle de champ110°110°
diaphragme9 lames, arrondies9 lames, arrondies
filtre avant / arrière 95 mm /30x30 (gélatine)95 mm /30x30 (gélatine)
dimensions100 x 114 mm100 x 114 mm
poids685g581g
protectionWR (pas de joint de baïonnette)
lentille avant répulsive
WR (pas de joint de baïonnette)
accessoirespare soleil à baïonnette
bouchon avant 95mm
2 bouchons arrière
coque 1/2 rigide transport
pare soleil à baïonnette
bouchon avant 95mm
2 bouchons arrière
housse transport

 

 

Prise en main

Rappel : PENtaxKlub ne disposant pas de laboratoire, nos tests ne sont pas mesurés par des outils. Nous souhaitons apporter un point de vue utilisateur et essentiellement photographique. Nos commentaires et note technique sont donc le fruit d’une analyse visuelle. 

La première impression est très positive. L’objectif est volumineux, mais il paraît d’abord plus léger qu’attendu. Il s’équilibre parfaitement sur le K-1. La finition noire satinée, obtenue par anodisation est très agréable sous les doigts. L’objectif tombe bien sous la main. Le pare-soleil, avec son petit volet amovible fait très Pentax, mais il est fixé à ses rails et ne peut pas se perdre. Le filetage pour filtre avant a un diamètre de 95 mm. C’est gigantesque. Le seul polarisant de cette taille à monture fine est un Nisi à 57 €. Paradoxalement, c’est le moins cher. Les autres, de marques plus connues, sont à bords plus épais (donc avec des risques de vignettage) et coûtent de 93 à 189 €. À vos souhaits !

Le bouchon arrière, d’un design original, s’avère très commode. La bague de MaP, largement dimensionnée, est très agréable, fluide et ferme juste comme il faut. Elle est doublée par une bague, plus fine, de blocage de la mise au point. C’est astucieux et commode aussi. En effet, cet objectif est visiblement conçu pour une utilisation de l’hyperfocale. Cette utilisation est conseillée sur le site Irix, et elle est visiblement prévue sur l’objectif. À cet effet, le fût comporte une double échelle des ouvertures 8 11 16 de part et d’autre du repère de MaP. Ce n’est rien de plus que ce que l’on trouvait sur tous les (bons) objectifs de l’époque argentique. Cette échelle a même perduré sur les zooms au début. Mais cela nécessitait de savantes courbes colorées, possibles seulement sur les zooms à pompe. Impossible avec les zooms à deux bagues.

L’échelle de profondeur de champ (PdC) a donc été abandonnée, l’arrivée de l’autofocus ayant définitivement enterré l’idée même d’hyperfocale. Laquelle est pratique lorsqu’on n’a pas besoin d’une calculette ou d’un smartphone pour la calculer. Avec l’Irix 15, on se retrouve dans ces conditions pratiques. L’échelle est doublée par une petite ligne où sont indiquées les valeurs 8 11 et 16. Il suffit de la placer en face du repère de MaP. Ensuite par précaution on bloque la mise au point et on peut shooter sans autre forme de mise au point, en mode Av bien sûr.

Autre détail qui montre le soin apporté à la conception de cet objectif. Sur la partie avant de l’objectif se trouve une petite trappe qui porte l’inscription focus calibration. Derrière cette trappe se cache une vis permettant d’ajuster l’infini pour chaque boîtier. La bague de MaP est d’ailleurs munie d’un cliquet qui indique l’infini. Celui-ci étant dépassable.

Tout cela est « emballé » dans un objectif d’un design très épuré. Mais qui ne singe pas celui tout en courbes des derniers Zeiss et Samyang…

Les deux versions de ce 15 mm diffèrent par le design et la technologie. La plus évidente différence se trouve dans la bague de MaP qui sur le Firefly est en polycarbonate gainé de caoutchouc et doté d’un becquet façon Leica. Ce becquet rend la mise au point possible avec un seul doigt ! Les autres différences sont (de toute évidence) plus de polycarbonate dans l’extérieur du fût, donc moins de poids, le traitement de la lentille frontale et… le prix. La différence de poids assez faible incite à penser que la partie technique de coulissement des blocs optiques et du diaphragme est similaire.

 

 

D’un point de vue technique

Aberrations chromatiques, distorsion, netteté et flare

 

Sur un FF

La distorsion est très bien corrigée. C’est la première chose qui impressionne. Si la déformation est visible sur le schéma du site de la marque, elle est difficile à voir sur les photos de terrain. Il faut être très regardant pour les trouver !  Le vignettage(*) n’est pas visible, non plus que le flare ou les AC. La netteté est au rendez-vous également. Le rendu colorimétrique est lui aussi impressionnant, de fidélité, de clarté et de finesse des nuances. Les résultats sont néanmoins en retrait de la PO à f:5,6.

(*) Il apparaît très légèrement à la PO sur certains clichés, mais pas sur d’autres, pris à la PO également, dans des conditions de luminosité similaires, mais avec des orientations différentes.

 

 

Sur un APS-C

Les résultats sont aussi bons. Toutefois l’intérêt d’utiliser un tel objectif sur un APS-C est très relatif, vraiment très relatif. Ne serait-ce qu’à cause du volume (*) d’un objectif qui ne serait « seulement » qu’un 22,5 mm.

(*) 5 fois plus volumineux que le DA 15mm…

 

 

Images

Toutes les photos ci-dessous ont été prises en RAW et n’ont pas été retouchées. 

Irix 2,4/15mmcadre FFcrop 100%
f:2,4
f:4
f:5,6
f:8irix15-f:8-crop100%
f:11

Comparaison Irix 15mm  et D FA 15-30mm

Objectif / ouverture f: Irix 2,4/15mmPentax DFA 2,8/15-30mm
f:2,4 - 2,8
Irix15-f:2,4

Irix15-f:2,4

DFA 15-30 -f:2,8

DFA 15-30 -f:2,8

f:4

irix15 - f:4

DFA15-30 - f:4

DFA15-30 - f:4

f:5,6
DFA15-30 - f:5,6

DFA15-30 - f:5,6

f:8
irix15 - f:8

irix15 - f:8

DFA15-30 - f:8

DFA15-30 - f:8

f:11
irix15 - f:11

irix15 - f:11

DFA15-30 - f:8

DFA15-30 -f:11

 

Irix15. illustration 1 - Un polarisant circulaire eut été le bienvenu.

illustration 1 – Un polarisant circulaire eut été le bienvenu.

 

Irix15. illustration 2. Les verticales se couchent dès que l'assiette longitudinale n'est pas respectée.

Illustration 2. Les verticales se couchent dès que l’assiette longitudinale n’est pas respectée.

 

Irix15. illustration 3. Bonne gestion des contrastes.

Illustration 3. Bonne gestion des contrastes.

 

Irix15. illustration 4. Rendu des couleurs agréable et fidèle. 100Iso-f:5,6-1/320 +/- 0,0

Illustration 4. Rendu des couleurs agréable et fidèle. 100Iso-f:5,6-1/320 +/- 0,0

 

Irix15. illustration-5. Perspective respectée, déformations faibles

Illustration-5. Perspective respectée, déformations très faibles

 

Irix15. illustration 8. La perspective est très peu déformée.

Illustration 8. La perspective est très peu déformée.

 

 

Bokeh

Le bokeh que délivre l’Irix est très crémeux, et doux. Mais attention ! Il convient pour avoir du bokeh de faire la mise au point sur le sujet et que celui-ci soit assez proche. C’est-à-dire qu’il faut pratiquer l’anti-hyperfocale et travailler de préférence aux grandes ouvertures. Mon conseil : éviter quand même la PO.

De façon générale, une focale aussi courte n’est pas conçue pour « faire du bokeh ». Rechercher du bokeh avec une telle focale est en fait un non-sens.

 

irix15. illustration 6. Cliché à f:8 MaP sur le premier plan: l'infini est flou.

Illustration 6. Cliché à f:8 MaP sur le premier plan : l’infini est flou.

 

Irix15. illustration 7. Cliché à f:8 MaP sur l'infini: le premier plan est légèrement flou.

Illustration 7. Cliché à f:8 MaP sur l’infini : le premier plan est légèrement flou.

 

Irix15. illustration 10. MaP proche, fond flou. f:8-100Iso-1/60. Contraste bien géré.

Illustration 10. MaP proche, fond flou. f:8-100Iso-1/60. Contraste bien géré.

 

 

Tarif et Concurrence

Le tarif de cet objectif, eu égard à ses qualités, est plutôt « retenu ». Dans ses deux variantes.

Le Firefly est proposé à 459 €, le Blackstone à 679 €. (tarifs dans la même boutique DP)

La concurrence n’est pas nombreuse, le Samyang, 2,8/14 mm, à 300-400€ est tentant, mais il n’accepte aucun filtre, ne possède pas d’échelle de PdC. Sur le papier, sa formule optique de 14 lentilles en 12 groupes et ses 2 lentilles LD ne peut pas rivaliser avec celle de l’Irix, aussi performante. Faute de l’avoir essayé, nous ne pouvons en dire plus. Sa finition n’est pas de la même catégorie que celle de l’Irix. Mais il reste alléchant vu son prix. Et le DFA 2,8/15-30mm.

Ce dernier n’est pas vraiment comparable à l’Irix. C’est un zoom, il est presque 2 fois plus lourd, sérieusement plus encombrant et plus de deux fois plus cher. Nous l’avons néanmoins testé dans des conditions similaires. Les 2 objectifs donnent des images très proches, leur résistance aux AC et au flare sont du même excellent niveau. Leur rendu chromatique et leur piqué sont également d’un niveau très élevé. Le DFA est peut-être légèrement plus contrasté. La correction géométrique de l’Irix est peut-être un peu plus proche de 100 %. Dans les deux cas, la différence est de l’ordre du iota.

Mais un zoom 15-30 et une focale fixe de 15 mm ne sont pas réellement comparables.

 

 

Conclusion

Cet objectif est réellement très séduisant, à tous points de vue. L’utilisation de l’hyperfocale correspond totalement à l’usage optimal que l’on peut faire de ce type d’objectif. L’absence d’autofocus en devient secondaire. C’est donc un très bon investissement pour qui aime les  fixes. Personnellement il m’a réconcilié avec la focale de 15 mm.

Sa réalisation est en quelque sorte la cerise sur le gâteau.

 

Les Plus

  • qualité optique
  • qualité mécanique
  • design et conception
  • piqué

 

Les moins

  • le gabarit (et encore)

Note

90/100

 

Appréciation PENtax Klub

Note : 5/5

 

Recommandation

Approuvé

 

Crédit photographique : Valia

PentaxKlub tient à remercier le lecteur qui lui a très aimablement prêté son Irix 15 Blackstone.