5 ans après la sortie de ce boitier, voici que PentaxKlub sort un test de ce boitier. Surprenant, alors que celui-ci n’est plus en vente depuis longtemps. Ce n’est pas faux, mais voilà, sur le marché de l’occasion, il s’agit d’une valeur sûre. Et c’est dans ce cadre que nous vous proposons cet article.

 

Le K-5 est un boitier à part. Quand il est sorti, nombre de pentaxistes ont rosi de plaisir. Le nouveau flagship gardait les bons côtés de son prédécesseur, châssis, structure et design et effaçait les autres, principalement capteur.

 

Présentation du boîtier K-5

Le K-5 est un appareil compact, presque trapu. Son poids est respectable, mais pas exagéré étant donné son châssis en acier inox, sa structure en magnésium et son pentaprisme assurant une visée à 100%.  On l’imagine dense. Une photo en coupe confirme qu’on imaginait juste.

Coupe K-5

 

Le K-5 est tropicalisé.

Son design existait déjà, il avait fait l’unanimité et a donc été conservé. Il est de type «une fonction – un bouton», c’est à dire de type professionnel.

Le K-5 peut être doté d’un grip, qui le rend plus sympathique aux photographes «à grandes mains». Ce grip permet une prise en main verticale parfaite, toutes les commandes étant doublées, sauf le«trèfle». Il est raccordé au boitier par 20 contacts plaqués or et permet d’utiliser une seconde batterie et de stocker une seconde carte SD.

 

Principales caractéristiques techniques

CAPTEURFormat APS-C de 16,3Mpx
MONTUREMonture K : Baïonnette KAF2 (coupleur AF, contacts d’information, contacts d’alimentation) avec Motorisation Autofocus disponible par le boîtier
VISEURPentaprisme.Couverture 100% grossissement 0,92x
Dépoli de mise au point interchangeable
MISE AU POINTTTL : mise au point automatique à coïncidence de phase
Capteur de mise au point : SAFOX IX
11 points AF (9 points de mise au point de type croisé au centre)
Plage de luminosité: -3 à 18 IL (ISO 100, à température normale)
AUTOFOCUSAF S (mise au point unique)
AF C (mise au point continue)
AF A (mise au point automatique)
Assistance AF par LED dédiée
MESURE D'EXPOSITIONTTL sur 77 cellules. Matricielle, pondérée centrale et spot.
MODES D'EXPOSITIONVert, Program (Hyper P), Priorité Vitesse (Tv), Priorité Ouverture (Av), Priorité ISO (Sv), Priorité Vitesse et Ouverture (Tav), Manuel (M), pose B, vidéo, vitesse synchro flash
VITESSE OBTURATIONAuto : 1/8000-30 s ; manuel : 1/8000-30 s ;
(pas de 1/3 IL ou de 1/2 IL), pose B
MOTORISATIONRafale : 7 i/s env.
JPEG L : jusqu’à 22 vues env.
RAW : jusqu’à 8 vues env.
SENSIBILITÉ ISO80-51 200 ISO
(les pas IL peuvent être réglés sur 1 IL, 1/2 IL ou 1/3 IL)
STABILISATIONIntégré au capteur
FLASHFlash P-TTL Intégré rétractable
NG 13 à 100 ISO.
Vitesse synchro : 1/180 s.
Correction -2 IL à +1 IL.
ANTIPOUSSIEREOui
TROPICALISATIONOui, 77 points d'étanchéité
MÉMOIRE1 emplacement Carte mémoire SD, SDHC ou SDXC
FORMAT IMAGEPhoto
RAW (14 bits) PEF ou DNG
JPEG:L (16M: 4928x3264), M (10M:3936x2642), S (6M:3072x2048), XS (2M:1728x1152)

Vidéo
AVI (Motion JPEG)
DIMENSIONS97 x 131 x 73 mm
POIDS0,740 kg prêt à l’emploi
CONNEXIONUSB 2.0
HDMI (type D)
ALIMENTATIONBatterie Lithium-ion Battery D-LI190

 

Prise en main

Le K-5 donne dès le 1er contact une impression de solidité très rassurante. Il offre un compromis de taille et de poids très équilibré.

Il se cale naturellement dans la main et tous les boutons tombent sous les doigts.

K-5 dessus

Photo 1 – vue de dessus

K-5 Dos

Photo 2 – L’écran arrière montre les réglages du boîtier, dont celui des molettes. Ici en mode Manuel la molette avant gère les vitesses, la molette arrière les diaphragmes

 

Ergonomie

Sous l’index le déclencheur, entouré d’une couronne à 3 positions OFF-ON-test de profondeur de champ. Devant le déclencheur la molette permettant d’actionner un des 3 paramètres A, T ou Iso, (au autre selon paramétrage). Derrière le déclencheur 2 boutons qui permettent, en combinaison avec la molette arrière, de régler la compensation d’exposition et la sensibilité ISO.

Sous le pouce, à l’arrière, l’autre molette qui permet d’actionner l’autre paramètre A,T ou Iso, (ou autre selon paramétrage). Le paramètre géré par chaque molette est indiqué dans le viseur, sur l’écran supérieur et sur l’écran arrière. Sous le pouce à côté de la molette arrière le bouton AE-L permet de mémoriser la mesure de l’exposition indépendamment du cadrage.

Sur la façade arrière, à droite de l’écran LCD sont disposés, de haut en bas, le bouton vert qui permet de faire la mesure de lumière à ouverture réelle avec les objectifs manuels anciens sans liaison électrique avec le boitier ou bien de revenir aux paramètres proposés par le boitier en mode P.

Au dessous un bouton AF permet d’actionner la mesure de l’AE sans le déclencheur ou bien l’AF (si la fonction a été paramétrée), l’AF étant actionné par défaut par une pression à mi-course du déclencheur.

Autour de ce bouton une couronne permet de gérer les collimateurs de l’AF (1 collimateur central / sélection du collimateur – à l’aide du trèfle – collimateur en mode auto).

Au dessous se trouve le trèfle avec ses 4 boutons permettant de régler

  • le mode de déclenchement
  • la balance des blancs WB
  • les modes du flash
  • le type d’image (9 types)

et un bouton central OK. Un bouton de mise en marche du LV est greffé sur le trèfle à 11heures.

Tout en bas se situent 2 boutons : le bouton INFO qui permet de choisir la fonction de l’écran arrière (éteint – paramètres de prise de vue – horizon artificiel) La fonction paramètres de vue comporte 17 éléments, tous réglables à l’aide du trèfle pour la choix, et de la molette pour la modification.

Pour la main gauche, en haut du dos se trouvent 2 boutons : la lecture des images et leur suppression. La lecture se fait se fait à l’aide la molette arrière pour modifier la taille des images et le trèfle pour leur défilement.

Sur le dessus du capot, du côté gauche se trouve un barillet à verrou de choix des modes :

  • P(hyperP) (brevet Pentax)
  • Tv
  • Av
  • M
  • Sv (brevet Pentax)
  • TAV (brevet Pentax)
  • B
  • X
  • Vidéo
  • User (5 mémorisations)

Sous ce barillet se trouve une couronne permettant de choisir le mode de mesure AE-L : multizone – centrale pondérée (par défaut avec les objectifs anciens) – spot.

A l’arrière du capot qui cache prisme et flash se trouve le sabot à 4 contacts pour fixer un flash cobra.

Enfin sur la façade avant gauche se trouvent, de haut en bas : le bouton d’extraction du flash incorporé, le cache vissant de la prise coaxiale pour flash de studio, un bouton permettant l’activation ponctuelle du mode RAW, le sélecteur de mode AF : AF-S – AF-C – MF.

La semelle cache la trappe du logement à accu, les 22 contacts plaqués or pour le grip, le filetage pour fixation du grip ou sur un pied (au pas kodak).

Tous ces éléments montrent une ergonomie très étudiée, qui permet une utilisation facile. Une personnalisation très poussée des paramètres permet d’adapter le K-5 au plus près de la pratique de son propriétaire. La disposition très commode des boutons rendent l’usage sur le terrain très fluide et instinctif. Les menus déroulant sont logiques et clairs. Les fonctions sont expliquées en 1 ou 2 lignes au bas de l’écran.

Tout cela fait du K-5 un vrai outil à photographier très efficace et très plaisant à l’usage.

 

Les améliorations

Par rapport à ses prédécesseurs le K-5 apporte :

  • un capteur de 16Mp performant offrant la dynamique la meilleure du marché dans sa catégorie,
  • une montée en ISO qui reste encore 5 années après dans le haut du classement avec 3200 ISO exploitables et 6400 utilisables dans certains cas, sans nécessité obligatoire de PT lourde
  • un obturateur d’une discrétion étonnante
  • une visée à 100%
  • l’horizon artificiel intégré gagne la mesure dans l’axe longitudinal.
  • une fiabilité éprouvée
  • une solidité impressionnante

L’auteur tient à rapporter qu’il a laissé tomber son K-5 avec grip monté d’un FA 20-35 d’une hauteur d’environ 1 mètre. L’appareil est tombé sur une dalle en béton rugueux, a rebondi 2 fois avant de s’immobiliser. La trappe de la carte SD et le grip portaient des marques d’impact assez profondes. Aucune autre conséquence, un an et demi plus tard le tout fonctionne toujours parfaitement.

Un ami leicaïste, coresponsable de la chute m’a regardé vérifier le fonctionnement, livide, et m’a dit ensuite : «Chapeau le polycarbonate Pentax ! Mon M9 serait mort !»

 

Cadence

En mode cadence le K-5 permet 7 images par seconde en Jpeg, 8 images en RAW.

 

Stabilisation

Le K-5 dispose d’un capteur stabilisé sur 3 axes qui permet de gagner réellement 3 crans. C’est à dire qu’avec un 200mm, dans des conditions de lumière qui demandent: 1/30sec-f:5,6 pour 200Iso, on peut déclencher sans risque de flou, alors que les « bonnes pratiques » (anciennes) voudraient ne pas descendre au dessous de 1/250sec. Sans la SR on serait obligé de monter à 800 Iso. Pour dire le vrai, la technique de prise de vue du photographe joue aussi son rôle. Si vous avez su développer des pratiques de blocage (apnée, coudes au corps, jambes stabilisées) qui vous permettaient avait la SR de descendre sous les bonnes pratiques, alors vous bénéficierez à plein de la stabilisation.

 

Autofocus

C’est le seul point encore en retrait du K-5. Il est fiable en faible lumière, mais reste néanmoins en retard pour le nombre de collimateurs et le suivi prédictif par apport aux ténors de la concurrence. Il fait néanmoins son travail de manière satisfaisante dans la plupart des conditions courantes, mais il est à la peine en photo sportive et en animalier rapide.

 

Traitement des images

Elle est Pentax, c’est à dire très satisfaisante.

 

Qualité d’image

Bonne et régulière, les images sont fines et nuancées. En extérieur, certains photographes lui trouvent une légère tendance à surexposer, qui se corrige en quelques secondes avec une compensation de 0,3 à 07 IL.

Le K-5 montre toutes ses qualités avec de bons objectifs.

Connectivité

Le K-5 n’est pas up to date sur ce plan, mais honorablement équipé.

Sortie vidéo: mini HDMI, sortie AV, compatible avec NTSC and PAL
USB 2.0 mini‐B (haute vitesse)
Autres: Infrarouge, sortie DC, câble de déclenchement, prise synchro flash et prise micro extérieure

 

Les développements : K-5 II  et IIs

En 2012 un successeur au K-5 était attendu, «rythme du marché oblige».

Quand le K-5 II est sorti, la boite à rumeurs a marché à plein, mêlant les hypothèses plausibles aux fantasmes les plus échevelés. Mais les secrets industriels étant mieux gardés que les secrets politiques, il n’est pas sûr qu’on sache un jour ce qui s’est réellement passé.

Le K-5II est une évolution du K-5, pas une révolution.

Il est doté d’un nouvel AF Safox X avec des possibilités en basse lumière à f:2,8 allant jusqu’à -3 EV (et 18 EV en haute lumière). Il gagne 2 EV sur le K-5.

L’autre avancée importante est la sortie simultanée de 2 modèles : le K-5II et le K-5IIs.

Le second est sans filtre AA (anti aliasing). Ce filtre évitait le risque de moiré induit par les structures à répétition de motifs comme les tuiles d’une toiture, certains tissus, certaines peintures métallisées… Mais il amoindrissait la résolution des détails, aussi sa suppression améliore cette résolution des détails ainsi que le micro-contraste.

Une autre amélioration est apportée aux deux versions de l’appareil au niveau de l’écran arrière LCD. Cette modification supprime l’effet de réflexion de l’écran par forte lumière en supprimant la lame d’air entre l’écran et la glace de protection par l’ajout d’une couche de résine. Celle-ci empêche les réflexions, réduit les images fantômes et la perte de luminosité. La glace extérieure est en verre trempé ce qui la rend moins sujette aux rayures et à l’abrasion.

L’auteur avait déjà constaté dans la pratique que le K-5 surpassait sans difficulté en basse lumière le Canon 5D mark II (-0,5EV -18EV). Le K-5 II avec ses -3EV est encore plus performant et laisse le 5D mark III avec ses -2EV en arrière…

DxO a d’ailleurs procédé à des tests qui mesurent cela de manière objective :

Traduction des textes. Titre:Le Pentax K-5 bat le Sony A55 (et le Canon 5DMarkII) Commentaire d’un internaute: Je commence à me poser des questions sur les résultats des tests DxO. le K-5 bat facilement le A55. Il y quelque chose de dingue la-dedans. Les 2 ont le même capteur Sony de 16Mp. Quelle diablerie ont-ils fait pour obtenir un avantage de 1,6 point sur le A55 ? Est-il possible que le FF Canon 5DMarkII ne soit pas meilleur que le K-5 ?

Les préjugés ont la vie dure…

Mais ce qui est plus intéressant qu’une comparaison inter-marques, le K-5 II donne des images plus fines, plus détaillées et un rendu des couleurs plus délicat que le K-5. Ce dernier était pourtant déjà très efficace dans ce domaine. La différence entre les rendus des 2 boitiers est très nette.  La version sans filtre AA donne des images encore plus fines, mais la différence n’est pas aussi marquée qu’entre celles du 5 et du K-5 II.  Ce qui donne à penser que le traitement du signal fourni pas le capteur a été profondément retravaillé, ou que le modèle de capteur, un excellent 16Mp de Sony, n’est pas exactement le même. La question reste ouverte, mais la réponse est là: des images plus fines, plus détaillées, un rendu chromatique plus délicat et des transitions de couleurs plus douces.

On a donc avec le K-5 IIs un outil d’un très haut niveau, très efficace, très agréable à utiliser , encore plus abouti que le K-5, ce que nombre de pentaxistes jugeaient impossible.

 

Conclusion

Sur le plan des fondamentaux, le K-5 et ses évolutions est un boitier très abouti, dont les améliorations ne peuvent guère concerner que l’ AF, la vitesse de synchro flash et des avancées périphériques liées au mode de vie globalisé comme le Wi Fi, la géolocalisation, la vidéo, l’écran mobile, tactile ou pas.

Encore que ces avancées périphériques ne soient que partiellement liées au processus de prise de vue.

Le fait qu’il n’ait pas été classé boitier professionnel tient plus à la problématique du marché qu’à la logique photographique pure.

 

Dans le cadre d’un achat d’occasion, ce boitier est à recommander.