[TEST] Objectif Laowa 60 mm f/2.8 macro

Cette prise en main a été effectuée avec un Pentax K-3 et un Pentax K-1.

 

La société chinoise Anhui ChangGeng Optical Technology Company Limited commercialise depuis quelque temps, sous la marque VENUS OPTICS, 3 objectifs pour la photographie :

  • un 60 mm macro f:2.8 (rapport de reproduction 2:1)
  • un 105 mm f:2 avec élément d’apodisation (ce dernier ne semble désormais plus en vente)
  • un 15 mm f:4 macro.

Nous avons eu l’occasion de nous procurer en prêt le 60 mm macro (que Clément en soit ici remercié !).

Présentation de l’objectif Laowa 60 mm f/2.8 macro

L’aspect général de l’objectif, quand on le découvre, est plutôt flatteur, bien qu’assez classique : son esthétique est agréable, il apparaît bien équilibré, sa construction est métallique, les bagues d’ouverture et de mise au point tournent sans point dur.

Notons la course importante de la bague de mise au point, gage, a priori, d’une meilleure précision de mise au point.

Ces bagues sont couvertes d’un revêtement caoutchouté, strié, somme tout assez classique. À noter que sur la bague de mise au point, à l’avant, ce revêtement est divisé en 2 parties ce qui pourrait laisser croire à la présence de deux bagues : il n’en est rien !

Le Laowa 60 mm macro est conçu pour le format APS-C, tant en ce qui concerne l’utilisation en macro que l’utilisation « normale ». Venus Optics ne conseille que l’utilisation macro sur des capteurs Full Frame, en raison des possibilités d’apparition de vignetage.

Nous verrons plus loin ce qu’il en est dans la réalité.

Prise en main

Son poids de 503 g n’en fait pas le plus léger des objectifs macro de focale voisine : ainsi, le 60 mm f/2 de Tamron (non disponible en monture Pentax) pèse 400 g. Il est, en revanche, plus léger que le Sigma 70 mm macro f/2.8 (525 g), qui a existé en monture K, mais presque 2 fois plus lourd que le 50 mm Macro f/2.8 de Pentax (265 g).

Il est, en revanche, le seul à proposer un rapport de reproduction de 2:1 obtenu sans accessoire.

Ses dimensions (95 mm de long pour 70 mm de diamètre), le rapprochent du Sigma (95x62mm), mais l’éloignent du Tamron pour ce qui concerne la longueur (80x73mm) et encore davantage du Pentax (67,5×60 mm).

Il accepte des filtres de diamètre 62 mm (comme le Sigma, 55 mm pour le Tamron, 49 mm pour le Pentax).

La baïonnette du Laowa
La baïonnette du Laowa

 

Nota : les EXIF de vos images n’indiqueront pas l’ouverture utilisée : ce sera, dans tous les cas de figure, « 00 ». Si ce paramètre est important pour vous (et cela paraîtrait normal qu’il le soit), alors notez-le soigneusement au moment de la prise de vue.

Le Laowa 60 mm ne possède pas vraiment de pare-soleil, mais ce n’est pas un inconvénient. En effet, le bloc optique coulisse dans le fût et, de ce fait, se trouve protégé des rayons parasites, tout au moins pour les rapports de reproduction les moins élevés. Cela évite d’avoir à utiliser des bagues allonges pour obtenir le rapport 2:1 ! Quand on atteint ce rapport 2:1, la lentille frontale vient affleurer l’extrémité du fût. À ce rapport, la lentille ne se trouve plus qu’à 5 cm du sujet photographié. Ceci rend assez problématique l’utilisation éventuelle de flashes annulaires dont la puissance risquerait de « griller » le sujet, à moins de pouvoir l’abaisser très bas. C’est sans doute pourquoi Venus Optics commercialise aussi un système de flash dédié à la macro.

Vu de dessus, en configuration "rapport 2:1"
Vu de dessus, en configuration « rapport 2:1 »
Objectif monté sur K-1 (rapport 1:1 sur l'objectif)
Objectif monté sur K-1 (rapport 1:1 sur l’objectif)

Laowa 60 mm f/2.8 macro côté technique

Caractéristiques techniques (cliquer pour voir)
Nom de l'objectifLAOWA V-DX 60mm f/2.8 2X Ultra-Macro Lens
Longueur focale60mm
Plage d'ouverturesf:2.8 à f:22
Angle de vue25,3 degrés
Compatibilité (selon Venus Optics)APS-C : macro et photo "normale"
FF : macro seulement (apparition de vignetage en photo "normale")
Construction9 éléments en 7 groupes
Diaphragme14 lamelles
Distance minimale de mise au point18,5 cm
Rapport de reproduction maximal2x
Mise au pointEntièrement manuelle
Diamètre de filtre62mm
Dimensions95mm (L) x 70mm (D)
Poids503g
Accessoires fournis- housse textile
- bouchon avant
- bouchon arrière
- Filtre UV
Montures disponibles- Pentax K
- Canon EF
- Nikon F
- Sony Alpha
- Sony A
Formule optique
Laowa 60 mm, Schéma optique
Schéma optique du Laowo 60 mm (© Venus Optic)

 

Cette formule est moyennement complexe avec ses 9 éléments répartis en 7 groupes. En l’absence de toute indication technique de la part du constructeur, nous ne saurions dire si des éléments asphériques ou ED étaient utilisés.

Le diaphragme comporte 14 lamelles, chose rare et surprenante sur les objectifs actuels !

Qualité de construction

Le LAOWA 12 est de construction entièrement métallique. Il est très compact, de ce fait il paraît lourd à la prise en main. La finition est très soignée. Le métal anodisé noir satiné est très beau. Les pièces sont ajustées avec beaucoup de précision, sans aucun jeu. Un filet vert situé à l’avant lui donne une touche glamour. Les chiffres de distance gravés sont orange. Les indications de diaphragme, gravées elles aussi, sont blanches. Le contact dans la main est agréable et dégage une impression rassurante de qualité. L’ensemble est beau. La finition globale est du niveau Pentax Limited ou Zeiss, en un peu plus gai.

Ce qui surprend, c’est la baïonnette. Elle est usinée dans un matériau métallique à base (probablement) d’aluminium, qui a tendance à noircir à l’usage en raison des frottements (*), comme le montre l’image ci-dessous. Elle ne comporte aucune came de liaison avec les boîtiers Pentax et pas de contacts électriques non plus, donc pas de moteur. Cela signifie que l’utilisation de l’objectif se fera de façon entièrement manuelle, à ouverture réelle. En bonnes conditions de lumière, ce ne sera un inconvénient que pour les plus petites ouvertures. Dans les autres cas, la visée sera assez délicate à toutes les ouvertures, comme la mise au point qui en découle.

(*) des dépôts de « poussière noire » sont susceptibles de se détacher et entrer dans la chambre du miroir et éventuellement se déposer sur le capteur. Un entretien régulier est donc conseillé.

Côté optique

PENtaxKlub ne disposant pas de laboratoire, nos tests ne sont pas mesurés par des outils. Nous souhaitons apporter un point de vue utilisateur et essentiellement photographique. Nos commentaires et note technique sont donc le fruit d’une analyse visuelle.

A noter que pour tout objectif, même le meilleur, il est toujours possible d’obtenir des imperfections visuelles (et plus particulièrement avec les AC), quelles que soient la focale et/ou l’ouverture.

 

Images

Toutes les photos ci-dessus ont été prise en RAW et n’ont pas été retouchées. 

Indication de mise au pointImages Macro sur un APS-CImages Macro sur un FF
K4MC2013_POINT
Pour toutes les images, la mise au point a été effectuée comme indiqué dans l’image
Ouvertures (Format APS-C)Rapport 1:1Rapport 2:1
f/2.8
ISO 100 - f/2.8 - 1/4s
ISO 100 - f/2.8 - 1/2s
f/4
ISO 100 - f/5.6 - 0.4s
ISO 100 - f/4 - 1s
f/5.6
ISO 100 - f/5.6 - 1s
ISO 100 - f/5.6 - 2s
f/8
ISO 100 - f/8 - 2s
ISO 100 - f/8 - 4s
f/11
ISO 100 - f/11 - 4s
ISO 100 - f/11 - 6s
f/22
ISO 100 - f/22 - 10s
ISO 100 - f/22 - 20s
Format 24x36 (K-1)Rapport 1:1Rapport 2:1
f/2.8
ISO 100 - f/2.8 - 1/4s
ISO 100 - f/2.8 - 1/2s
f/4
ISO 100 - f/4 - 0.4s
ISO 100 - f/4 - 0.8s
f/5.6
ISO 100 ( f/5.6 - 1s
ISO 100 - f/5.6 - 1.6s
f/8
ISO 100 - f/8 - 2s
ISO 100 - f/8 - 3s
f/11
ISO 100 - f/11 - 4s
ISO 100 - f/11 - 6s
f/22
ISO 100 - f/22 - 15s
ISO 100 - f/22 - 20s
Aberrations chromatiques, distorsion, netteté et flare

Pour peu que l’on ait pu réaliser une mise au point correcte, ce qui n’est pas chose aisée avec cet objectif, la netteté obtenue sera très bonne, sans être exceptionnelle, surtout au-delà de f/8. Toutefois, et c’est sans doute le défaut le plus évident du Laowa, on notera un vignetage assez prononcé, certes facile à faire disparaître en post-traitement, mais qui s’avère assez gênant en visualisation directe. Est-ce propre à cet exemplaire ? Nous ne pouvons pas l’affirmer.

En revanche, dans les conditions du test, il n’apparaît pas d’aberrations chromatiques, qui sont donc très bien contrôlées, et pas de distorsion non plus dans le domaine privilégié d’utilisation de cet objectif, la macro.

Ces conditions de test (mauvaises conditions météo) n’ont pas permis de mesurer la résistance au flare dans des conditions de photo « hors macro ».

Qu’il nous soit permis d’insister ici sur les difficultés de la mise au point. Le Laowa 60 mm macro est apparu comme déroutant à l’utilisation. Sur un objectif macro traditionnel qui offre le rapport 1:1, si l’on veut obtenir ce rapport de grandissement, on se place à la distance minimale de mise au point, on fait la MAP et on déclenche, avec bien sûr l’ouverture et le cadrage désirés.

Sur le Laowa, il est plus aisé de sélectionner ce rapport 1:1 sur la bague de mise au point et de déplacer l’appareil en avant ou en arrière jusqu’à réaliser la mise au point précise. Cette méthode peut aussi, bien entendu, être utilisée par les objectifs « classiques ». Avec le Laowa, elle est apparue incontournable, peut-être par manque d’expérience sur cet objectif.

Inutile de préciser qu’en macro, la profondeur de champ étant extrêmement réduite, on va chercher à l’accroître en fermant davantage (f/8 par exemple au lieu de f/4). Mais, dans ce cas, la visée s’assombrit assez fortement (on travaille à ouverture réelle), rendant la mise au point très malaisée. Il est certes probable qu’il s’agisse d’une question d’habitude, mais nous avons constaté que, même en live-view, il n’est pas facile de déterminer la bonne MAP, l’écran se mettant alors à « fourmiller » tout en s’assombrissant. C’est encore pire au rapport 2:1. Il n’y a pas dès lors d’autre choix que de faire confiance à l’APN !

Ce Laowa n’a pu être testé que sur des fleurs ou des objets par nature statiques. Il est probable que les difficultés seraient encore plus grandes sur des insectes dont on ne peut pas maîtriser les mouvements.

Mais il est clair que, si on maîtrise cet aspect de l’utilisation du Laowa, alors celui-ci est capable de fournir des images bien piquées.

Sur un FF

Les mêmes commentaires qu’en APS-C peuvent presque être repris pour ce qui concerne le test sur format FF. « Presque » seulement, car on note une explosion du vignetage en photo « normale » et même une forte augmentation de celui-ci en photo macro, ce malgré les affirmations de Venus Optics. Ce point nous a fortement déçus.

Ces images montrent une augmentation très importante du vignetage en utilisation sur le K-1. Ce vignetage est visible à toutes les ouvertures, jusqu’à en devenir gênant. Il aurait été absolument nécessaire de l’atténuer ou le faire disparaître en post-traitement.

Bokeh

Il est délicat de parler « bokeh » pour un objectif macro, tant le photographe désire le rendre fondu. Même aux ouvertures les plus petites (f/11, f/22) et au rapport 1:1 il est extrêmement difficile de distinguer des détails dans l’arrière-plan. C’est bien entendu encore plus évident au rapport 2:1. La profondeur de champ se mesure alors en dixièmes de millimètre : si c’est un handicap pour ce qui concerne la mise au point, c’est en revanche très favorable pour le bokeh, qui est ainsi doux et bien fondu.

En photo « normale », il ne nous a pas été loisible de déclencher en extérieur en raison des conditions météo particulièrement défavorables pendant la période de prêt de l’objectif (qui, précision utile, n’est pas WR). Difficile par conséquent de dire quoi que ce soit sur le bokeh dans ces conditions.

Tarif et Concurrence

Vendu uniquement sur le Web (www.venuslens.net), au prix de 399 € (en monture Pentax), il ne se heurte aujourd’hui qu’au seul 50 mm macro f/2.8 de Pentax, lequel est commercialisé, au moment de ce test, au même prix. Les Sigma (plus fabriqué) et Tamron (pas de monture Pentax) de focales comparables sont hors course pour ce qui concerne notre marque.

Mais le Pentax, en dépit d’un rapport de reproduction moindre et d’une longueur focale légèrement inférieure, présente des atouts majeurs : motorisation (même si, en macro, c’est loin d’être primordial), compatibilité totale avec les 2 formats APS-C et 24×36 (non officielle), qualité d’image « superlative ».

Avis du propriétaire

Nous avons sollicité le point de vue de Clément, le propriétaire de l’objectif qui nous l’a gentiment prêté. Il reconnaît l’avoir acheté en connaissant ses avantages et défauts.

J’ai acheté cette optique en connaissance de cause. Je savais qu’elle ne serait pas utilisable autrement qu’en « crop mode » sur le K1 lors des cas suivants :

  • Portrait et autres cas de mise point à l’infini.
  • Macro 2x

Le vignettage dans ces deux cas rend les clichés inexploitables (surtout en portrait/infini). Viennent ensuite les défauts optiques, distorsions (pourtant rare sur les objectifs macro), aberrations chromatiques et autres bizarreries (je trouve le rendu un peu « granuleux »)

Pourtant malgré tous ces défauts j’aime beaucoup cette optique qui, un peu à la manière des optiques Pentax (je possède les objectifs macro D-FA 50 et 100 mm), a sa personnalité, particulièrement son rendu des couleurs.

Son bokeh est sublime et permet des transitions douces même à des petites ouvertures. Je ne dépasse pas f/11, car après le rendu est vraiment beaucoup trop dégradé.

Mon activité photographique, en macro, est un peu particulière : je photographie quasi exclusivement des résistances de cigarette électronique.

 

Clément a fourni 2 photos prises avec l’objectif. Elles sont identiques mis à part le processus de focus starking pour l’une d’entre elles. La photo non « stackée » illustre, selon lui, « la douceur du bokeh. »

 

Conclusion

La fiche technique du Laowa 60 mm macro et sa construction laissaient augurer de très belles choses. Si une utilisation entièrement manuelle (pour la mise au point), est la plupart du temps la règle en macro, il aurait en revanche été appréciable de pouvoir viser à pleine ouverture pour faciliter cette mise au point. Impossible avec ce Laowa : on fonctionne toujours à ouverture réelle, ce qui assombrit notablement la visée au fur et à mesure que l’on ferme le diaphragme. Avec le K-1, APN au format 24×36 qui dispose d’un viseur particulièrement lumineux, on arrive à se tirer d’affaire. C’est beaucoup plus délicat en format APS-C, même si celui-ci favorise la profondeur de champ. Si ce point est décevant, il est tout de même probable qu’avec un peu plus de pratique et d’habitude de l’objectif, celui-ci est tout à fait apte à produire des images de très bonne qualité.

Cet objectif semble  davantage destiné à des utilisations macro « en intérieur » avec, si possible, utilisation d’un rail micrométrique pour parfaire la mise au point sur de très petits objets, des timbres, etc.. . Mais il paraît moins bien adapté à la macro « en extérieur », particulièrement pour la photo d’insectes (une mise au point précise peut prendre « un certain temps » !).

 

Ce qui est bienCe qui est moins bien
  • Construction métallique
  • Revêtement agréable
  • Rapport 2:1 obtenu directement, sans accessoire
  • Très bonne qualité optique
  • Travail à ouverture réelle
  • Conséquence du précédent, mise au point (exclusivement manuelle) particulièrement délicate
  • Baïonnette salissante (aluminium)

Note

Note globale78/100

Galerie

Les photos de la galerie peuvent avoir fait l’objet d’un développement.

 

Fleur de ciboulette (photo avec utilisation du flash)
Fleur de ciboulette (photo avec utilisation du flash)
Vignetage particulièrement important en mode "photo normale" sur FF
Vignetage particulièrement important en mode « photo normale » sur FF
bruit non traité
bruit non traité
K1MC0475PK2
Bruit traité
pentaxklub_galerie_CW3
Version non stackée – Photo Clément
pentaxklub_galerie_CW4 (Focus stacking)
Version focus stacking – Photo Clément

 

Crédit photos : © Micaz – Les images sont la propriété de l’auteur (sauf précision) – Cliquez pour agrandir