[Test] Objectif Pentax DA★ 16-50 HD ED PLM AW

DA* 16-50 PLM
Le test de l’objectif Pentax DA✭ 16-50 PLM a été effectué avec un Pentax K-3 III et un KP

Son nom complet est DA★ 16-50 HD ED PLM AW, mais nous l’appellerons ici DA★ 16-50 PLM, par opposition au DA★ 16-50 SDM, qu’il remplace sans le remplacer. Nous y reviendrons ci-dessous. Au-delà des capacités optiques du DA★ 16-50 PLM, commençons par un point fâcheux. Cet objectif ne fonctionne pas avec les boîtiers non KAF4. De plus, si la qualité d’image obtenue reste similaire que l’on utilise un KP ou un K-3 III (l’électronique jouant malgré tout un rôle), la réactivité du couple sera différente.

Avec un KP, l’acquisition AF est plus que correcte et la rapidité convaincante. Avec un K-3 III, le couple semble survitaminé. Ces deux éléments ont été conçus pour fonctionner en symbiose parfaite, « sous stéroïde ». Et nombreux seront les possesseurs d’un plein format qui risquent de faire la tête. À commencer par moi.

Ce préambule étant posé, passons au test de l’objectif. Ce DA★ 16-50 PLM est le successeur direct du légendaire DA✭ 16-50 SDM retesté en 2020. Légendaire à cause de ses problèmes de moteur SDM sur la première série fabriquée ou par le fait que certains modèles étaient optiquement plus qu’excellents, tandis que d’autres (souvent issus de la première série) se montraient plus décevants. Avec cette version PLM, Ricoh Imaging a remis à plat la conception, repartant presque d’une feuille blanche. Mais ce faisant, il laisse tous les boîtiers non KAF4 de côté. Et comme en même temps le DA★ 16-50 SDM a été retiré de la vente, il ne restera que l’occasion pour les anciens boîtiers. À moins de changer…

Présentation de l’objectif Pentax DA★ 16-50 PLM

Généralités

Cet objectif est l’équivalent APS-C du DFA 24-70 destiné aux boîtiers plein format, du moins en termes de focale, puisque le range 16-50 en APS-C équivaut à un 24,5-76,5 en FF. Il va donc de l’Ultra-Grand-Angle au petit téléobjectif. Son amplitude (le rapport entre la focale haute et la focale basse) est de 3.12, ce qui est bien pour un zoom. Quand ce rapport atteint ou dépasse 4, les compromis nécessaires à la réalisation de l’optique entraînent souvent une dégradation des performances non négligeable.

Le DA* 16-50 PLM avec son pare-soleil

 

Le dispositif de mise au point étant de type interne, cela lui évitera de s’allonger quand l’autofocus est sollicité. Par contre, sa longueur augmente quand on passe de 16 à 50 mm, jusqu’à atteindre 5 cm de plus à la plus longue focale. Il n’y a pas de bouton permettant de bloquer l’objectif en position compacte, afin d’éviter tout déplacement durant les transports.

Le pare-soleil fourni est de type tulipe avec la traditionnelle trappe, du moins pour les objectifs d’origine Ricoh Imaging. Utiliser un filtre polarisant circulaire s’avérera donc facilité. On apprécie aussi que la monture de filtre ne tourne pas lors du changement de focale et/ou de la mise au point.

Version de firmware

Un petit mot sur le firmware. Les boîtiers récents ont eu droit à une mise à jour afin de permettre la prise en charge de ce nouvel objectif. Pour les K-3 III et KP, il faut respectivement à minima les versions 1.10 et 1.31 ! Rendez-vous sur cette page afin de vérifier que votre boîtier est bien concerné.

Prise en main

Cet objectif, comme tous ceux qui sont récemment sortis, est lourd. Sur la balance, il accuse un peu plus de 710 gr, ce qui représente avec le K-3 III, 1,55 kg et, avec le KP, 1,43 kg. Pour l’équilibre, les couples ainsi formés vont de plutôt agréable (KP) à très bon (K-3 III), même si ce dernier est le plus lourd. Il se laisse porter à bout de bras sans trop de fatigue sur une après-midi de sortie. Pour le KP, tout dépendra de la poignée utilisée.

La tenue en main est excellente, la matière de fabrication étant agréable au toucher et à l’utilisation.

Sa distance minimale de mise au point (0,30 m) est très confortable. Le rapport de grandissement est, quant à lui, d’environ 1:4 (0,24x), ce qui permet d’envisager la photographie rapprochée lors d’une utilisation à la focale maximale. Par contre on peut s’adonner à quelques plaisirs en proxy-photographie, ce qui permet de dépanner ou de ne pas s’encombrer d’un objectif dédié pour un usage occasionnel.

Les bagues

La bague permettant le changement de focale est large de 3 cm. Même si l’on ne ressent pas de gêne lors de sa rotation, sa manipulation est assez dure surtout quand on va de 24 à 50 mm. Le retour à une petite focale est plus aisé. La bague de mise au point est moins large (1,5 cm), mais suffisante. On ne ressent pas de gêne lors de sa rotation en utilisation manuelle (mode MF) ou quand on corrige la map automatique via le quick shift. Le mouvement est ferme et la rotation s’effectue sans à-coup. Elle tourne « sans fin » et on ne perçoit pas les limites de la course de mise au point.

Ces bagues sont adaptées à toutes sortes de mains. Elles sont réalisées en matière caoutchouteuse et sont dotées de petits picots agréables au toucher.

Autres

Sur le côté gauche de l’objectif, on trouve le traditionnel bouton de sélection AF/MF, tandis que sur le dessus… on verra juste une sérigraphie « 2.8/16-50 ». La fenêtre permettant de visualiser la distance de mise au point a été supprimée alors que c’était devenu l’apanage des ★. Cette disparition est regrettable.

DA* 16-50 PLM sérigraphie
Portée disparue (© Ricoh Imaging)

 

 

Prise en main et ergonomie : 9

Le DA★ 16-50 PLM côté technique

Caractéristiques techniques (cliquer pour voir)
PENTAXPentax DA✭ 16-50 f/2.8 HD ED PLM AWMonture KAF4
KAF4 Mount
Specifications
Focales
Focal lengths
16 - 50 mm
Equivalent 35mm sur un APS-C
35mm equivalent on an APS-C camera
24,5 - 76,5
Angle de champ / de vue

Angle of view
83° - 31,5° avec un boîtier numérique APS-C

83° - 31,5 with a Pentax DSLR APS-C
Plage d'ouvertures
Aperture Range
f/2,8-22
Diaphragme
Diaphragm
9 lamelles
9 blades
Lentilles - Groupes




Elements - Groups
16 lentilles en 10 groupes
2 lentilles asphérique - 1 lentille en verre ED (Extra Low Dispersion) - 2 lentilles en verre ED asphérique - 1 lentille à dispersion anomale (Anomalous Dispersion)


16 elements in 10 groups
2 aspherical lens - 1 element with Extra Low Dispersion (ED) glass - 2 element with Extra Low Dispersion (ED) Anomalous Dispersion glass - 1 element with Anomalous Dispersion glass
Distance minimale de mise au point
Minimum focusing distance
0,30 m
Grossissement maximum
Magnification ratio
0,24x
QuickShiftOui - Yes
Moteur AF
AF Engine
Moteur PLM
PLM (Pulse Motor)
Autres
Others
Diamètre de filtre
Filter diameter
77 mm
Tropicalisation
Weather protection
Type AW
All Weather
Dimensions
(longueur x diamètre) (Length / diameter)
117 mm x 84 mm
Poids
Weight
750 gr
Accessoires

Accessories
Bouchons avant & arrière - Pare-soleil - Sac

Front and rear caps - Hood - Bag
Compatible FF
FF compatibility
Non, objectif dédié APS-C (type DA)
No, specifically APS-C lens

C’est un ★ de nouvelle génération, à l’instar des DFA★ 50 et DFA★ 85. Pour mériter le statut STAR, un objectif doit correspondre à un cahier des charges précis, dont les spécifications s’appuient, entre autres, sur de nouveaux traitements optiques (revêtement Aero Bright II et nouvelle génération de revêtements HD) et une formule optique exempte de reproches. Mais il y a des surprises.

La formule optique
DA* 16-50 PLM formule optique
formule optique du DA✭ 16-50 PLM (© Ricoh Imaging)

 

Comme on le voit, la formule optique du DA★ 16-50 PLM f/2.8 comprend :

  • 1 lentille en verre ‘ED (Extra-low Dispersion)’ dont le rôle est surtout d’éliminer au maximum les aberrations chromatiques en évitant la dispersion de la lumière. Le corollaire, ce sont des images en principe plus nettes.
  • 2 lentilles ‘asphériques’ qui permettent de concevoir des objectifs (théoriquement) plus petits et plus légers). Elles corrigent la coma et les aberrations optiques, notamment en position grand-angle, telles que les aberrations sphériques et la courbure du champ optique. Le tout en assurant une performance de résolution et un contraste uniforme, du centre vers les bords de la monture. On notera qu’elles ont été placées vers l’avant de l’objectif, mais qu’elles restent de petites dimensions. Pour rappel, une lentille asphérique est une lentille dont la forme est proche d’une sphère sans être strictement sphérique. Son intérêt réside dans l’amélioration des performances optiques en périphérie de l’image.
  • 2 lentilles de type ‘ED asphérique’, dont l’une placée en première position, au plus près du capteur.
  • 1 lentille de type « Anomalous dispersion glass ».

Si on compare rapidement les formules entre les deux 16-50, on s’aperçoit très vite que la conception est différente. La version SDM propose 15 lentilles réparties en 12 groupes tandis que la version PLM est constituée de 16 lentilles réparties en 10 groupes.

Absence d’Aero Bright II ?

La surprise est là. Comme pour le DFA★ 85, Ricoh Imaging ne semble pas avoir utilisé son traitement Aero Bright II. Pourtant, dans un passé récent, ce dernier avait montré que les résultats étaient excellents. En analysant la formule un peu plus en détail, c’est comme si Ricoh Imaging avait tenté de reproduire le traitement chimique de manière optique. L’intérêt étant alors d’éviter une dégradation des performances dans le temps, le traitement chimique se « diluant ». Mais avec un défaut, l’alourdissement de l’objectif. Il faudrait pouvoir interroger les concepteurs sur ce point afin d’en savoir plus.

Le revêtement HD est quant à lui présent. Il a déjà prouvé dans le passé récent son efficacité pour supprimer les images fantômes et les reflets. La lentille située à l’avant de l’objectif a, quant à elle, reçu un traitement SP (Super protect), afin de mieux résister aux effets de l’eau.

Tout indique, sur le papier, que cet objectif a été conçu pour atteindre la meilleure reproduction des sujets, avec clarté et contraste. Ce qui devra être confirmé dans les résultats…

Diaphragme
DA* 16-50 PLM diaphragme électronique
La baïonnette KAF4, le diaphragme électronique et un joint de tropicalisation en rouge (© Ricoh Imaging)

 

Le diaphragme comporte 9 lamelles, comme souvent dans la série ★, rendant les transitions entre les différents plans d’une image plus douces et progressives. Point important, le diaphragme est complètement électronique (bague KAF4). Il permet un contrôle plus précis et plus stable de l’ouverture, surtout pour les hautes vitesses.

De fait, l’objectif est incompatible avec tous les boîtiers antérieurs au K-50. Cela a déjà été dit, mais il s’agit vraiment d’un point essentiel. Ce serait dommage de l’acheter si vous avez par exemple un K-5 puisque vous ne pourrez pas vous en servir.

Modèles compatibles KAF4 (cliquer pour voir)

K-3 III, K-3 II, K-3, KP, K-70, K-50, K-S2, K-S1, K-1 mk II et K-1.

Attention, seuls les modèles K-3 III, K-70 et KP permettent la vidéo en mode AF.C.

Le moteur PLM
Moteur PLM
(1) Vis de commande / (2) Moteur à impulsion (PLM) / (3) Lentille de mise au point (© Ricoh Imaging)

 

La lentille servant à la mise au point est entraînée par le moteur à impulsion (PLM). Avec une grande fluidité, la vitesse de déplacement est grandement améliorée par rapport à un moteur SDM du DA 16-50 SDM (environ 2,2 fois plus rapide en grand angle et 1,5 fois plus rapide en téléobjectif). À moins de disposer des instruments de mesure adéquats, il est difficile de vérifier ces chiffres. Mais lors de l’utilisation, on ne peut que constater l’extrême rapidité lors de la mise au point initiale et, surtout, des MaP suivantes, quand le sujet se déplace. Ce sentiment est encore accentué si on utilise un K-3 III !

Qualité de construction

La série ★ (Star) de Pentax est caractérisée, entre autres, par une haute qualité de fabrication. La baïonnette est métallique, usinée évidemment avec toute la précision souhaitable pour éviter tout jeu.

Le fût est constitué essentiellement de polycarbonate de grande qualité. Il ne présente aucun caractère « économique ».

Tropicalisation
En rouge, les joints (© Ricoh Imaging)

 

L’objectif est de type « AW » (All Weather), une construction permettant son utilisation dans des conditions difficiles (poussière, pluie, neige…). Il est certes résistant à la pluie, mais il n’est pas non plus étanche. Autant il saura survivre à un bref « tombé à l’eau », autant une exposition plus longue lui fera prendre la direction du SAV.

 

Construction & Finition : 6

Spécifications (techniques) : 10

 

Le DA✭ 16-50 PLM d’un point de vue optique

PENtaxKlub ne disposant pas de laboratoire, nos tests ne sont pas mesurés par des outils. Nous souhaitons apporter un point de vue utilisateur et essentiellement photographique. Nos commentaires et note technique sont donc le fruit d’une analyse visuelle.

À noter que pour tout objectif, même le meilleur, il est toujours possible d’obtenir des imperfections visuelles (et plus particulièrement avec les AC), quelles que soient la focale et/ou l’ouverture.

 

Images de test

Toutes les photos utilisées pour les tests ont été prises en RAW (PEF ou DNG) et, sauf mention explicite, n’ont pas été développées (brut capteur) ou retouchées.

Conditions de prise de vue : Mode M, trépied et télécommande, collimateur unique, temps ensoleillé à semi-nuageux (11h30-13 h à la mi-octobre). Tous les clichés de test ont été réalisés le même jour. Seules les images des galeries et quelques images additionnelles de tests dans les conditions d’usage réelles ont été prises à d’autres moments (images du raisin, du soleil derrière les arbres, etc.). 

 

Zone de mise au pointfocale 16 mmfocale 28 mmfocale 36 mmfocale 50 mm
DA* 16-50 PLM Zone MAP
le cercle bleu indique la zone de mise au point

(Il y a une grosse surexposition des clichés à 16 mm, toutes nos excuses)

ouverture image entière détail
PO : f/2.8
f/4
f/5.6
f/8
f/11
f/16
f/22
ouverture image entière détail
PO : f/2.8
f/4
f/5.6
f/8
f/11
f/16
f/22
ouverture image entière détail
PO : f/2.8 DA* 16-50 36mm DA* 16-50 36mm
f/4 DA* 16-50 36mm DA* 16-50 36mm
f/5.6 DA* 16-50 36mm DA* 16-50 36mm
f/8 DA* 16-50 36mm DA* 16-50 36mm
f/11 DA* 16-50 36mm DA* 16-50 36mm
f/16 DA* 16-50 36mm DA* 16-50 36mm
ouverture image entière détail
PO : f/2.8 DA 16-50 PLM 50mm DA 16-50 PLM 50mm
f/4 DA 16-50 PLM 50mm DA 16-50 PLM 50mm
f/5.6 DA 16-50 PLM 50mm DA 16-50 PLM 50mm
f/8 DA 16-50 PLM 50mm DA 16-50 PLM 50mm
f/11 DA 16-50 PLM 50mm
f/16 DA 16-50 PLM 50mm
f/22 DA 16-50 PLM 50mm DA 16-50 PLM 50mm
Aberrations chromatiques et flare

Tout objectif est susceptible de produire des aberrations chromatiques (AC) et du flare.

Les AC apparaissent sous forme d’une frange violette (ou verte), désagréable à l’œil. Elles se forment quand les 3 couleurs de la lumière blanche (Rouge, Vert et Bleu) traversent une lentille, se séparent et ne se rejoignent pas au bon endroit pour produire une image nette. Le flare se manifeste dans certaines conditions de lumière, comme, par exemple, quand le soleil envoie ses rayons en biais sur l’objectif.

C’est pourquoi nous préférons juger un objectif dans des situations d’images courantes et non exceptionnelles.

 

On ne peut que constater un travail remarquable de la part des ingénieurs de Ricoh Imaging. Les clichés pris durant notre test ne montrent pas de signe évident d’AC. Ceci quelle que soit la focale et quelle que soit l’ouverture. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas ou qu’il n’y en aura jamais. Juste que, quand il y en a, elles passent assez inaperçues, comme le montrent les clichés ci-dessous.

AC
Exemple de prise de vue à f/2.8 qui devrait générer des AC
vignettage
zoom sur le coin supérieur gauche où l’on devine sur la balustrade une frange d’AC violette

Après test, les outils de Post-Traitement se montrent efficaces pour supprimer ces franges violettes.

Côté Flare, il est possible d’en obtenir avec cet objectif. Mais, là encore, parce qu’on veut prouver que cela est possible en multipliant les conditions de prises de vue favorisant son apparition. Donc oui, on peut en avoir, mais ce ne sera pas sur tous les clichés.

Seul flare obtenu après une dizaine de tentatives

 

Comme toujours, PentaxKlub recommande l’utilisation du pare-soleil pour limiter autant que faire se peut l’apparition du flare. Et accessoirement, comme protection de la lentille frontale !

Vignettage

Dans les conditions de prise de vue habituelles, le vignettage est pratiquement inexistant à l’oeil nu, que ce soit à la plus courte focale ou à la plus longue, et ceci dès la pleine ouverture (f/2.8). C’est à peine exagéré. Certes il est un peu présent à f/2.8 dans les coins qui sont un peu assombris. Mais à f/4, l’ombre a disparu

À 24 mm, il est négligeable à toutes les ouvertures. Curieusement, il réapparaît à la plus longue focale (50 mm) et à la pleine ouverture, pour être inexistant aux autres ouvertures.

Pour ce qui est de son traitement, la plupart des bons logiciels de post-traitement sauront le faire disparaître si l’on en ressent le besoin.

Distorsions

Il convient de distinguer 2 cas de distorsions.

La distorsion « UGA »

Tout d’abord, il y a celle liée au caractère UGA de cet objectif. Car oui, 16 mm pour de l’APS-C c’est de l’Ultra Grand-Angle. Cela correspond à du 24 mm pour du FF. Alors, obligatoirement, l’image à la périphérie se tord. C’est très visible sur les images à 16 mm, quelle que soit l’ouverture. C’est lié à la nature de l’objectif qui est un zoom dont la formule optique est obligée de faire cohabiter 2 extrêmes, l’UGA et le petit téléobjectif. Cet objectif est un compromis. De très haut de gamme, mais un compromis. Et à moins d’alourdir à renfort de lentilles supplémentaires, on n’y peut pas grand-chose. Heureusement, en PT cela se corrige facilement. Et pour ceux qui shootent en JPEG, il suffit de choisir l’option de correction des optiques. Pour preuve :

DA*16-50 PLM courbure optique en DNGDA*16-50 PLM courbure optique en JPEG

Entre 18 et 21 mm, ce phénomène optique disparaît.

La distorsion en barillet / coussinet
16 mm, distorsion de type barillet 28 mm, une distorsion presque absente

On note une distorsion en barillet assez importante à 16 mm, quelle que soit l’ouverture. Mais restons zen, cela n’est pas rédhibitoire, car elle se corrige très facilement, soit par application d’un profil dans votre logiciel de PT, soit via le boîtier lors de la prise de vue en JPEG.

36 mm, petite distorsion de type coussinet 50 mm, une distorsion de type coussinet légèrement plus importante

Autour de 28 mm, il n’y a pas de distorsion. Par contre, au-delà de 35, une distorsion de type coussinet s’installe, et ceci jusqu’à 50 mm, quelle que soit l’ouverture. Bien sûr, en conditions réelles de prise de vue (paysage, notamment), ces 2 distorsions ne poseront pas de vrais problèmes. C’est acceptable, même sans correction. Néanmoins, cela signifie que l’objectif n’est pas le meilleur dans certaines situations de prises de vues, notamment les formes géométriques (architecture de près, objets rectangulaires…), où les corrections sont plus complexes.

Mis à part la focale de 16 mm, la distorsion est très bien géré par les différentes lentilles asphériques.

Homogénéité et netteté de l’image

Proposer un objectif où l’homogénéité de l’image est la même, quel que soit l’endroit de la photo qu’on observe est facile s’il s’agit d’une focale fixe. Les technologies modernes le permettent facilement, à condition d’accepter des formules optiques plus élaborées que les Planar de l’époque. Malheureusement, Il n’en va pas de même avec les zooms. Ces derniers nécessitent de composer des formules optiques beaucoup plus complexes afin d’assurer homogénéité et netteté de l’image sur l’ensemble du champ couvert, quelle que soit l’ouverture.

focale 16 mmfocale 28 mmfocale 36 mmfocale 50 mm
PO centre-champ DA* 16-50 Homogéité 16mm f/2.8 DA* 16-50 Homogéité 16mm f/2.8
PO bord-champ DA* 16-50 Homogéité 16mm f/2.8
f/4 centre-champ DA* 16-50 Homogéité 16mm f/4 DA* 16-50 Homogéité 16mm f/4
f/5.6bord-champ DA* 16-50 Homogéité 16mm f/5.6 DA* 16-50 Homogéité 16mm f/5.6

Remarque complémentaire : quand la cible est relativement proche, la netteté au centre est correcte dès f/2.8-f/4. Quand elle est éloignée, il faut fermer à f/5.6 pour obtenir un niveau de netteté équivalent.

PO centre-champ
PO bord-champ
f/4 centre-champ
f/4 bord-champ

Encore une fois, une netteté remarquable au centre à PO, mais une déception à f/2.8 puisqu’il faut fermer à f/4 pour obtenir une certaine homogénéité. A noter que le phénomène cible proche/cible éloignée n’est plus présent à cette focale.

PO centre-champ DA* 16-50 36mm DA* 16-50 36mm
PO bord-champ DA* 16-50 36mm DA* 16-50 36mm
f/4 centre-champ DA* 16-50 36mm DA* 16-50 36mm
f/4 bord-champ DA* 16-50 36mm DA* 16-50 36mm
PO centre-champ Homogénéité 50mm
PO bord-champ Homogénéité 50mm
f/4 centre-champ Homogénéité 50mm Homogénéité 50mm
f/4 bord-champ Homogénéité 50mm Homogénéité 50mm

À 16 mm, entre f/2.8 et f/5.6, si l’image agrandie s’avère nette au centre, les côtés manquent singulièrement de netteté, au point de provoquer une sensation de flou. Ces parties de l’image s’avèrent molles, sans relief, sans consistance. En fermant progressivement par palier de 1/3 d’IL, on retrouve au fur et à mesure de la matière. Mais il faut attendre f/5.6 pour que l’homogénéité sur l’ensemble des clichés soit presque atteinte.

Au-delà de 18-19 mm, la netteté au centre est déjà très bonne dès f/2.8 et cela va en s’améliorant au fur et à mesure qu’on ferme, jusqu’à f/11. De 20 mm à 50 mm, l’homogénéité entre le centre et les bord-champ, déjà très intéressante à f/2.8, ne pose plus de problèmes après f/4.

A f/16, la netteté et l’homogénéité sont moins performantes. Si à f/22 les clichés restent utilisables, on ne peut que constater que ce qui est proposé fait, de manière générale, à nouveau preuve de mollesse. C’est le phénomène de diffraction qui s’est installé.

Cette série de clichés confirme la tendance de la première série à 16 mm où la vue générale à f/2.8 semblait montrer une certaine netteté de l’image, ce qui n’était pas le cas lors d’agrandissement important. Quand la focale reste inférieure à 18 mm, ce DA✭ 16-50 PLM n’est pas bon. Ce qui lui fait perdre des points. Heureusement qu’il existe sur ces focales le DA✭ 11-18 !

La meilleure plage d’utilisation de ce zoom s’étend de f/5.6 à f/13. Sans avoir la précision d’un objectif macro, ce qu’il n’est pas, le DA✭ 16-50 PLM s’en tire globalement avec les honneurs.

Bokeh

Juger du bokeh pour une focale inférieure à 35 mm reste au pire, un cauchemar, au mieux une plaisanterie. Afin d’obtenir l’effet désiré, à 16 mm il faudrait photographier l’objet de très près, à la distance minimale de MaP, soit 30 cm, tout en s’assurant que le fond reste le plus loin possible du sujet, au moins 4 m ! Il faut atteindre au moins la focale de 40 mm pour commencer à avoir quelque chose d’intéressant à f/2.8… Évidemment, dès qu’on ferme à f/5.6 et plus, tout l’effet se perd.

Tout cela pour dire que ce n’est pas avec ce type d’objectif que vous obtiendrez de beaux bokehs.

 

zone de mise au pointfocale 16 mmfocale 28 mmfocale 36 mmfocale 50 mm
DFA* 16-50 PLM bokeh zone MAP
le cercle bleu indique la zone de mise au point
f/PO – Sujet à 1,50 m environ f/4 – Sujet à 1,50 m environs
DA * 16-50 PLM Bokeh 16 f/2.8 DA * 16-50 PLM Bokeh 16 f/4
f/8 – Sujet à 1,50 m environ
DA * 16-50 PLM Bokeh 16 f/8 À 16 mm, sans surprise, le bokeh est quasiment inexistant. Le ‘quasiment’ est même superflu tellement l’arrière -plan est présent, y compris pour celui très lointain situé, à plus de 200 m (arbres et immeubles sur la droite). Mais peut-on s’en étonner ?
PO – Sujet à 1,50 m environ f/4 – Sujet à 1,50 m environs
DA * 16-50 PLM Bokeh 28 f/2.8 DA * 16-50 PLM Bokeh 28 f/4
f/8 – Sujet à 1,50 m environ
DA * 16-50 PLM Bokeh 28 f/8 À 28 mm on note une amélioration (légère), surtout ici où l’arrière-plan est éloigné d’une vingtaine de mètres. Mais ce n’est pas brillant ! Si cet arrière -plan est plus proche, soyez assuré que vous n’obtiendrez rien.
PO – Sujet à 1,50 m environ f/4 – Sujet à 1,50 m environs
DA * 16-50 PLM Bokeh 36 f/2.8 DA * 16-50 PLM Bokeh 36 f/4
f/8 – Sujet à 1,50 m environ
DA * 16-50 PLM Bokeh 36 f/8 Il y a une progression, mais elle reste faible. On ne peut-être satisfait du résultat obtenu à f/2.8. Quant aux ouvertures supérieures, cela vaut-il la peine d’en parler ?
PO – Sujet à 1,50 m environ f/4 – Sujet à 1,50 m environs
DFA* 16-50 PLM bokeh 50mm f/2.8 DFA* 16-50 PLM bokeh 50mm f/4
f/8 – Sujet à 1,50 m environ
DFA* 16-50 PLM bokeh 50mm f/8 Il aura fallu attendre les 50 mm pour enfin obtenir un bokeh qui commence à devenir intéressant. Même à f/4, il reste quelque chose. Mais heureusement que l’arrière-plan est éloigné du sujet !

Ce DA 16-50 PLM n’est pas un objectif permettant d’obtenir du bokeh, sauf à 50 mm. Il permet de dépanner, mais rien de plus.

 

Qualité image (homogénéité, netteté et distorsion) : 30

Qualité optique (AC, flare, vignettage) : 34

Sur un autre APS-C que le K-3 III

Pour ceux qui auraient quelques doutes sur la qualité optique du DA✭ 16-50 PLM sur un boîtier autre que le K-3 III, voici deux clichés de tests sur un KP. Le temps de terminer tous les clichés avec le K-3 III, la grisaille s’était installée. On y retrouve exactement les mêmes « défauts », comme une certaine mollesse de l’image sur les bord-champ à 16 mm avec une ouverture à f/2.8 ou le léger vignettage (toujours à f/2.8). Évidemment, on retrouve les mêmes qualités optiques, surtout que le capteur et l’électronique du KP sont très bons eux aussi.

DA* 16-50 sur un KP
16 mm à f/2.8 – Vignettage perceptible sur le mur dans le coin gauche en bas
DA* 16-50 PLM avec KP
50 mm à f/5.6 – Une image pleine de précision malgré la luminosité moindre
Sur un FF

Ce DA✭ 16-50 PLM a été conçu uniquement pour les boîtiers APS-C. Le cercle optique est donc celui d’un APS-C et ne couvre pas le capteur 24×36. Même s’il est tentant d’utiliser la partie UGA du range, dans la pratique, on peut oublier. Il ne saurait être question de l’utiliser sur boîtier FF autrement qu’en mode crop APS-C !

DA* 16-50 PLM FF à 16mm
16 mm
DA* 16-50 PLM FF à 36mm
36 mm
DA* 16-50 PLM FF à 50mm
50 mm

Toutes les images sont bordées d’un cache sombre (surtout à 16 mm). Le crop 1:1 n’a pas été testé, mais vu la forme du cache, il faut être delà de 35 mm pour qu’on puisse espérer ne pas le voir. Au-delà de la performance, on s’aperçoit vite qu’il n’y a aucun intérêt à utiliser cet objectif sur un FF.

Comparatifs

Entre le DA✭ 16-50 PLM et le DA✭ 16-50 SDM

Une comparaison compliquée du fait qu’il n’a pas été possible de mettre la main sur un 16-50 SDM au même moment. Néanmoins, les notes consacrées à la partie optique apportent une première piste.

Qualité Image Qualité optique
DA✭ 16-50 PLM 30 34
DA✭ 16-50 SDM 27 25

Une deuxième piste pour permettre une comparaison a été de regarder les photos du précédent test avec celui-ci. Tout en gardant en mémoire que ce n’était pas le même boîtier, les mêmes conditions de prise de vue ni les mêmes scènes. Néanmoins, cela permet d’avoir une idée.

Entre le DA✭ 16-50 PLM et le Sigma 17-50 HSM

Le Sigma 17-50 HSM, aujourd’hui abandonné par son constructeur en monture K, s’est montré souvent supérieur au 16-50 SDM. Quelque part, il était intéressant de les comparer. Le DA* 16-50 PLM se montre cette fois-ci supérieur, sauf peut-être aux focales inférieures à 18 mm où le vieux Sigma semble plus performant. Mais à peine d’un chouia.

Entre le DA✭ 16-50 PLM et le DFA✭ 50

Cette comparaison est, sur le principe, un non-sens puisque l’on compare un zoom avec une focale. Qui, par essence, devrait être meilleure puisque conçu uniquement pour une focale en particulier. Néanmoins, elle permet d’étalonner le zoom et de se rendre compte du travail effectué par les ingénieurs.

Image entière

DA* 16-50 fullDFA* 50 full

Extrait au centre

DA* 16-50 extraitDFA* 50 extrait

Les 2 clichés ont été pris avec une ouverture à f/5.6 (vitesse et ISO changent quelque peu). L’image proposée par la focale fixe est plus détaillée, plus nette que celle proposée par le zoom. Cela se voit par exemple sur les murs ou le toit. On notera également l’absence de distorsion sur la focale fixe, là où le zoom nécessitera une correction. Il est amusant aussi de constater que le 50 mm de la focale fixe semble plus éloigné que le 50 mm du zoom. L’un d’entre eux « mentirait-il«  ?

Le zoom se sort très bien de cette mini confrontation.

Tarif et Concurrence

Il n’y a pas de concurrence sur ce segment dans le neuf, même plus le 17-50/2.8 de Sigma. De son côté, Ricoh Imaging a retiré de la vente le modèle SDM, coupant de facto l’accès à ce range à tous les boîtiers non KAF4. En même temps, rares doivent être les possesseurs de ces derniers souhaitant acheter un objectif de type 16-50 en 2021. Même si les K-10D, K-20 ou autre K-7 fonctionnent encore, leur capteur est clairement dépassé.

Il faudra débourser 1499 € pour cette merveille. Clairement plus cher que son prédécesseur, mais aussi bien meilleur. Sur le prix, le coupable principal est toujours le même, à savoir un marché restreint ce qui augmente les coûts unitaires. De plus, la rareté des composants électroniques dans le monde n’aide pas.

Nous le recommandons fortement pour tous les possesseurs de K-3 III cherchant un zoom dans ce range. Pour les autres, il reste l’occasion ou les focales fixes selon votre cas.

 

 

Conclusion

Le Pentax DA ★ 16-50 mm PLM f/2.8 est un zoom d’une qualité optique remarquable. Il produit des images de grande précision, avec une colorimétrie fidèle. On l’utilisera tout particulièrement dans les circonstances courantes de la vie : paysage, photo de rue, portrait (il est l’équivalent, en champ cadré, d’un 75 mm sur boîtier FF). Il a même quelques qualités en photo rapprochée (MaP mini à 30 cm). Bref, un objectif polyvalent parfait pour ceux qui ne veulent pas de focales fixes ou qui ne veulent pas s’encombrer outre mesure en voyage.

 

Ce qui est bien Ce qui est moins bien
  • Un zoom étonnant de précision au delà de 18 mm
  • L’objectif de voyage par excellence
  • Une faiblesse dans la qualité de l’image en deçà de 18 mm
  • Une optique qui laisse sur le carreau de nombreux boîtiers
  • Un prix élevé

 

Logo FR Recommandé

Note

Prise en main et ergonomie 9 Difficile de lui trouver un vrai reproche. Au mieux, peut-on chipoter pour une poignée de détails.
Construction et finition 6 Construction et finition exemplaire, à l’image des récentes optiques
Spécifications (technique) 10 Sans reproche là encore : la présence du quick-shift est un avantage très utile.
Qualité image (homogénéité, netteté et distorsion) 30 Une netteté excellente, particulièrement au centre de l’image. Une netteté plus moyenne à PO sur les bords.
Qualité optique (AC, flare, vignettage) 34 Les AC sont très faciles à corriger. Le flare peut être évité. Le vignettage peut être corrigé aussi, mais il reste important à courte focale et aux plus grandes ouvertures.
Note globale 89/100

 

 

Galerie

Les photos de la galerie peuvent avoir fait l’objet d’un développement. Elles ne sont pas toutes d’un grand intérêt artistique, mais permettent de voir ce que permet l’objectif dans diverses conditions de prises de vues. Elles ont toutes été faites avec un K-3 III.

table de bistrot à 8h du matin - 1/40s à f/5, ISO 2000, 16mm
table de bistrot à 8h du matin – 1/40s à f/5, ISO 2000, 16 mm
récupération - 1/30s à f/5.6, ISO 640, 31mm
récupération – 1/30s à f/5.6, ISO 640, 31 mm (fortement recadrée)
face au soleil - 1/60s à f/9, ISO 250, 28mm
face au soleil – 1/60s à f/9, ISO 250, 28 mm
église et champ - 1/320s à f/8, ISO 125, 50mm
église et champ – 1/320s à f/8, ISO 125, 50 mm
DA* 16-50 PLM - Image de galerie 5
épi de, mais à la campagne- 1/200s à f/9, ISO 100, 50 mm 
maison à colombage - 1/50s à f/9, ISO 100, 16mm
maison à colombage – 1/50s à f/9, ISO 100, 16 mm
sarment - 1/400s à f/8, ISO 100, 45mm
sarment – 1/400s à f/8, ISO 100, 45 mm
feuilles - 1/320s à f/9, ISO 100, 45mm
feuilles – 1/320s à f/9, ISO 100, 45 mm
Joigny - 1/320s à f/9, ISO 100, 31mm
Joigny – 1/320s à f/9, ISO 100, 31 mm
lever du jour
Au dessus du périph parisien – 1/80s à f/8, ISO 100, 16 mm
Pont à Joigny
Pont à Joigny – 1/160s à f/9, ISO 100, 16 mm
Reflets sur l'Yonne
Reflets sur l’Yonne – 1/125s à f/8 – ISO 200, 16 mm

 

Crédit photos : © fyve & Calou – Les images sont la propriété des auteurs, sauf précision – Cliquez pour agrandir.

  • Rafale
    3 novembre 2021 at 0 h 48 min

    Merci pour ce test très clair.

    Juste une observation ; la compatibilité avec le diaph électromagnétique remonte plus loin que le K-S1, et va jusqu’au K-50 (mais pas le K-30, ni les différents K5), et pour autant que l’on ait téléchargé la dernière version du logiciel de mise à jour.

    Et pour utiliser régulièrement le couple K-50 + HD DA 55-300 PLM, celaa fonctionne très bien !

    Aucune idée par contre s’il en est de même avec le K500.

    A vous lire dans un prochain test,

    😉

    • F.
      3 novembre 2021 at 7 h 14 min

      Merci. C’est une erreur de ma part. J’avais dans la tête que le K-50 était postérieur au K-S1 quand je l’ai écrit. C’est rectifié.
      Le K-500 n’est officiellement pas compatible.