Le test de l'objectif Pentax FA 35/2 HD a été effectué avec un Pentax K-1 mk II.

C’est quelque peu avant la rédaction de notre essai du FA 35 AL, que nous avons appris la prochaine sortie d’un nouveau modèle. Certes, il avait figuré dans notre comparatif des 35 mm, mais par manque d’opportunités au niveau du planning, nous avons longtemps repoussé ce test. Ne pas le faire ou, au contraire, l’effectuer dans le but de vous permettre de vous faire votre propre idée, telle fut notre interrogation. Évidemment, le second choix l’emporta.

Un objectif de type 35mm est polyvalent, disposant d’une focale ni trop large, ni trop étroite. Il est conçu pour des pratiques diverses, allant du paysage, urbain ou pas, au reportage, en passant par la photographie de groupe voire même du portrait… à condition de ne pas coller trop au modèle, sous peine de quelques petites déformations. Un petit couteau suisse capable de grandes choses, voilà ce qu’est par définition un 35mm.

 

Présentation de l’objectif Pentax FA 35/2 HD

Effectuer ce test, c’est un peu comme si l’on jouait au jeu des différences entre le FA 35/2 AL et le FA 35/2 HD, tellement ils sont similaires. La première différence avec son prédécesseur concerne l’aspect visuel. Ils sont identiques, mis à part que le modèle 2019 respecte le code esthétique désormais en vigueur chez Pentax. La fenêtre transparente protégeant l’échelle des distances, exprimée en mètre (m) et en pied (ft), est toujours présente, ainsi que la bague d’ouverture.

Le nouveau FA 35 HD

L’ancien FA 35 AL

 

La baïonnette est métallique, tandis que la construction de l’objectif est en partie en métal et l’autre en polycarbonate. Attention, polycarbonate n’est pas synonyme de qualité inférieure. Il existe des composés qui sont souvent plus résistants que certains métaux.

 

L’enveloppe est aussi à base de polycarbonate. La partie avant est immobile et est dotée d’un filetage d’un diamètre de 49 mm. Le pare-soleil de type tulipe, inclus dans la boîte, est muni d’une trappe amovible permettant l’usage de filtres rotatifs (polarisant). Sa fixation s’avère plus simple que le modèle précédent, plus agréable à utiliser.

L’AF est entraîné par le boîtier (screw-drive). Ricoh Imaging a pris la décision de ne pas intégrer de moteur, pour des raisons de coût et de poids ! Dans la pratique, l’objectif est bruyant… dans certaines circonstances. Lors des mises au point, le bruit n’est pas gênant. On pourrait même dire qu’il est « assez » discret. Du moins suffisamment pour qu’on l’oublie. Mais parfois, il « pompe » allègrement, surtout quand on effectue la mise au point sur du blanc. Le bruit du moteur sera géant, surtout dans des milieux « hostiles » (concert, etc.).

À noter que ce FA 35/2 HD n’est pas WR ou AW, ce qui veut dire qu’il n’a aucune protection contre l’eau, le sable et autres joyeusetés.

 

Principales caractéristiques techniques

Ce nouveau FA 35/2 HD est l’héritier direct du FA 35/2 AL. Si on avait le moindre doute, il suffirait de comparer les caractéristiques techniques des 2 modèles pour lever toute ambiguïté.

Cliquez pour afficher les caractéristiques techniques.

PENTAXPENTAX FA 35mm f/2 HD AL SPMonture Pentax KAF
LentillesTraitement HD
Focale35mm
Equivalent 35mm sur un APS-C53,5mm environ
Angle de vue63° sur FF 44° sur APS-C
Ouverture maximalef/2
Ouverture minimalef/22
Diaphragme9 lamelles
Lentilles6
Groupes5
Distance minimale de mise au point0,30m
Mise au pointinterne
Stabilisation OptiqueNon (stabilisation mécanique sur le boitier)
QuickShiftOui
Moteurpas de moteur intégré (utilise le moteur du boîtier)
Autres
Diamètre filtre49mm
TropicaliséNon
Poids0,193kg
Dimensions44,5mm x 64mm
AccessoiresBouchons avant et arrière, Pare-soleil
Compatible FFConçu pour

 

La formule optique est la même que celle utilisée pour le FA 35/2 sortie en 1999. En même temps, pourquoi changer une formule éprouvée et aujourd’hui peu onéreuse à reproduire ?

 

En fait, la deuxième différence concerne le traitement de surface des lentilles. Le nouveau procédé de traitement multicouche HD que Ricoh Imaging a récemment mis au point, propose de réduire le facteur de réflexion moyen dans le spectre visible de plus de 50 %. L’impact devrait donc être sensible sur le flare.

 

Prise en main

Ce 35 mm n’est pas un pancake, mais il est petit et discret. Et surtout, il tient dans une poche facilement, sans que l’on ait l’impression de peser une enclume. On retrouve là l’esprit de ce qui avait fait la réputation de Pentax, proposer des objectifs de grande qualité et surtout légers.

La tenue en main est encore une fois excellente, la matière utilisée étant agréable au toucher et à l’utilisation. Malgré les petites dimensions de l’objectif, la bague de mise au point reste utilisable sans que l’on ressente de gêne particulière lors de son utilisation en utilisation manuelle (mode MF) ou quand on corrige la map automatique via le quick shift. Le mouvement est ferme et la rotation s’effectue sans à-coup. Elle tourne « sans fin », il n’y a pas d’arrêt. Cette bague est réalisée en matière caoutchouteuse et est dotée de petits picots agréables au toucher.

Les puristes, quant à eux, apprécieront de pouvoir utiliser une bague de diaphragme ou l’indicateur d’échelle des distances.

Une vraie réussite.

 

D’un point de vue technique

Rappel : PENtaxKlub ne disposant pas de laboratoire, nos tests ne sont pas mesurés par des outils. Nous souhaitons apporter un point de vue utilisateur et essentiellement photographique. Nos commentaires et note technique sont donc le fruit d’une analyse visuelle.

À noter que pour tout objectif, même le meilleur, il est toujours possible d’obtenir des imperfections visuelles (et plus particulièrement avec les AC), quelles que soient la focale et/ou l’ouverture.

 

Images de tests

Toutes les photos utilisées pour les tests ont été prises en RAW (DNG) et, sauf mention explicite, n’ont pas été développées (brut capteur) ou retouchées.

f/2
f/2.8
f/5.6
f/8
f/11
f/16

 

Aberrations chromatiques et flare

Les AC, ce sont ces franges violettes très désagréables à l’œil qui se forment sur certaines parties d’une image. Tous les objectifs peuvent, selon les circonstances, en produire. Mais certains sont plus résistants que d’autres. Dans la pratique, ce nouveau FA 35/2 HD n’échappe pas à la règle, mais pour en produire, il faut être en plein soleil et réunir les circonstances adéquates. Mais qui va réellement utiliser cet objectif en photographiant de manière permanente des branches dépourvues de gros feuillages ou des grillages avec un soleil oblique ? Peu de photographes !

Essentiellement visibles à pleine ouverture, ces AC disparaissent en fermant le diaphragme et, dans des conditions normales d’utilisation, au-delà de f/2.8 elles sont quasi inexistantes. Le nouveau traitement des lentilles mis au point par Ricoh Imaging semble donc très efficace. On se prend à souhaiter que d’autres objectifs FA et DA soient revisités avec le même traitement.

On notera aussi que ces aberrations chromatiques semblent se former essentiellement dans la zone de l’image qui précède le point de focus.

À notre avis, il faut relativiser un peu ce phénomène, en le gardant à l’esprit sans en faire un problème d’état. Surtout que ces AC restent très contenues et qu’une correction peut s’effectuer au travers de vos logiciels de traitement.

 

Tout objectif est susceptible de produire du flare. Surtout si on fait tout pour être en situation d’en avoir, comme de se mettre face au soleil, lequel envoie ses rayons en biais sur l’objectif. Ou en visant le reflet du soleil dans des vitres. Pour ce FA 35, les 2 situations ont été testées et, là encore, le FA 35/2 HD se montre très performant.

Pleine ouverture

f/11

 

Dans des situations d’images courantes, le photographe devrait être à l’abri de ce phénomène, même s’il reste toujours susceptible de se produire.

 

Distorsions

À vrai dire, on la cherche toujours. Il y en a bien une légère à pleine ouverture (de type barillet), mais elle est suffisamment minime pour qu’on ne s’en formalise pas.

Focus sur le mur en brique, au centre de la photo (f/4)

 

Vignettage

Il est difficile de détecter du vignettage sur les différents clichés pris avec cet objectif. Aussi bien durant les tests qu’en condition réelle d’utilisation. Et pourtant, il a été maltraité. En cherchant bien, on détecte entre f/2 et f/2.8 un très léger assombrissement des coins, mais qui disparaît tellement rapidement qu’on n’est pas sûr de sa présence. Il reste possible que certaines conditions de prises de vue favorisent son apparition. Mais dans ce cas, il ne s’agira pas d’un défaut. Encore une fois, on ne peut que remarquer le travail accompli.

 

Homogénéité de l’image

L’homogénéité entre centre champ et bord champ est très bonne dès f/2 et presque parfaite à f/2.8, ce qui est remarquable. Il est nécessaire de grossir l’image fortement avant de commencer à distinguer des imperfections. La netteté de l’image est également exemplaire, sur l’intégralité du cliché, dès la PO.

Agrandissement sur le centre de l’image

Bord champ (le boîtier a été déplacé pour que le centre soit désormais au bord)

 

Bokeh

Souvent, on dit qu’une image vaut mieux que de long discours. Le bokeh est très bon, les 9 lamelles du diaphragme faisant un excellent travail. Il est très homogène et agréable visuellement. À noter que même à f/4, le bokeh reste très bon.

ouverture f/2

ouverture f/4

 

Sur un APS-C

Qui peut le plus peut le moins. Utilisé sur un boîtier APS-C, on ne notera pas de réelles différences, que ce soit pour les AC, la distorsion ou encore l’homogénéité de l’image, ce qui est logique puisque l’APS-C n’utilisera qu’une partie du cercle optique.

 

Comparatif entre le nouveau modèle et le modèle qu’il remplace

Le FA 35/2 AL est sorti en 1999. 20 ans séparent donc les 2 versions de cet objectif. Durant ce laps de temps, de nombreux progrès ont été réalisés, surtout en matière de traitement des lentilles. Et ce nouveau modèle s’affiche ostensiblement HD, avec les dernières techniques de Ricoh Imaging sur ce sujet. On ne peut que supposer une amélioration.

 

De manière globale, on ne peut pas être déçu. Le FA 35/2 AL produit des images relativement piquées, mais manquant clairement de détails en arrière-plan. Son remplaçant va proposer une nette amélioration en la matière.

L’ADN étant commun, il est logique que le type de rendu des 2 objectifs soit similaire. C’est dans le détail de l’arrière-plan que l’on perçoit une amélioration certaine, qui se ressent dès la pleine ouverture. Les ouvertures suivantes ne font que valider cette supériorité optique. Nul doute que le traitement HD est efficace.

 

Tarif et Concurrence

La concurrence est, encore une fois, relativement absente. En interne chez Pentax, une fois que le FA 35/2 AL aura disparu du catalogue, il n’y aura pas d’autre 35 mm pour venir titiller cet objectif pour les boîtiers Plein Format. Évidemment, pour les APS-C, le choix est un peu plus large. On peut également supposer qu’un D FA ★ 35/1.4 fasse un jour son apparition, mais ce ne sera pas avant quelque temps.

Il reste donc la concurrence et l’on pourra se tourner vers Sigma qui propose son 35/1.4 de la série Art, pour un prix presque 3 fois supérieur.

 

FA 35 HD ou FA 31 Limited ?

Nombreux sont nos lecteurs nous demandant des comparaisons d’objectifs non similaires et nous accédons rarement à leur demande. Mais pour une fois, nous y sacrifions, car en termes d’utilisation, les champs focales sont suffisamment proches pour que l’utilisation de ces 2 objectifs soit similaire. La question mérite d’être posée.

Ces 2 objectifs ne boxent officiellement pas dans la même catégorie. Si le petit nouveau a pour lui le traitement HD de ses lentilles, il n’est que le dernier rejeton d’une formule optique ancienne. Le second a, quant à lui, été construit avec un cahier des charges plus élitiste, même s’il commence à dater. Côté ouverture, le 31 Limited est aussi légèrement plus lumineux. Sur le papier, l’avantage qualitatif appartient au 31 Limited. Si on s’intéresse au tarif, on constate qu’il existe un écart de prix significatif (!) entre ces 2 objectifs. Et en théorie, plus un objectif est cher, plus il devrait être meilleur (du moins, il faut l’espérer).

Dans la pratique, voici 2 photos de tests qui permettront de se faire une idée plus précise.

 

Le 31 limited est supérieur au tout dernier 35 HD en termes de piqué d’image et de netteté. L’écart sans être immense existe bel et bien (il suffit de regarder les détails de l’image, comme les immeubles au fond). C’est en termes de flare et d’AC, que le traitement HD du dernier-né va se montrer meilleur, au point qu’on se prend à rêver d’un FA 31 Limited HD. Sans renier l’exceptionnelle qualité du Limited, c’est sans doute le prix concurrentiel du 35/2 HD qui fera pencher la balance vers ce dernier pour de nombreux acheteurs.

 

Conclusion

Petit, léger, lumineux, prix accessible et très bonne qualité d’image. Tout est résumé en ces quelques mots. Il est donc logique qu’à la question « faut-il acheter cet objectif ? », on ne peut que répondre que positivement. Son rapport qualité prix est imbattable. Aucune hésitation n’est possible. Simple et discret en apparence même s’il l’est un peu moins sur le plan sonore, il a de très nombreux atouts pour lui. Un 35 mm, sur un Plein Format, est un atout pour un photographe, car il s’agit d’un objectif passe-partout. À ce prix-là, il me paraît même indispensable dans le sac d’un photographe, tant il rendra de nombreux services. Il a tout d’un grand.

Sur APS-C, ce 35 mm offrira un champ visuel proche de celui proposé par un 50mm sur un FF. Il perd ainsi son « universalité ».

 

Quelques mots encore

Avec ce FA 35 HD, Ricoh Imaging propose enfin un objectif à prix accessibles, car hormis le DFA 28-105, tous ceux sortis depuis 2016 sont plutôt haut de gamme et donc chers. Il s’agit là d’une excellente surprise, car lors de la sortie du K-1, Ricoh Imaging avait annoncé que, désormais, il ne sortirait que des objectifs DA ou DFA. Cette position ayant été répétée à plusieurs reprises, rien ne permettait de présager un changement de stratégie et donc la résurgence d’une ancienne ligne de produit. On assiste donc à une inflexion de ce dogme, qu’il conviendra de suivre à l’avenir.

Il existe une logique à cette sortie. Les boîtiers Plein Format Pentax ont besoin d’une gamme d’optiques (zoom et fixes) à prix accessibles. Ce FA 35/2 HD ouvre la voie. Et souhaitons que dans un avenir proche, d’autres objectifs soient reliftés ainsi. Il existe un marché pour au moins 2 séries d’objectifs, une gamme accessible financièrement parlant et une gamme plus élitiste (la série ★). Ressortir des cartons les procédés de fabrication maîtrisés, mais avec une technologie actuelle semble une bonne option sur le papier. On peut très bien imaginer un FA 50/1.4 HD qui viendrait en complément de l’excellent DFA ★ 50/1.4, ou d’autres glorieux anciens que l’on sortirait de la naphtaline !

 

Les Plus

  • La qualité optique
  • Le prix
  • Le poids

 

Les moins

  • Le bruit des cames lors de la mise au point
  • L’absence de protection type AW ou WR

Note

88/100

 

Appréciation PENtax Klub

Note : 5/5

 

 

Galeries

Calvaire breton (1/5000s à f/4, ISO 160)

Calvaire breton (1/5000s à f/4, ISO 160)

Arbres et lumière (f/8 à 1/250s, ISO 100)

Arbres et lumière (1/250s à f/8, ISO 100)

 

Reflets (f/9 à 1/250s, ISO320)

Reflets (1/250s à f/9, ISO 320)

Levé du jour (1/50s à f/7.1, ISO 320)

Lever du jour (1/50s à f/7.1, ISO 320)

 

Sainte Mère l'Eglise (1/160S à f/11, ISO 125)

Sainte Mère Église (1/160S à f/11, ISO 125)

Marée basse (1/200s à f/6.3, ISO 100)

Marée basse (1/200s à f/6.3, ISO 100)

Crédits photos © fyve – Cliquez sur les photos pour agrandir