Le K-1 II est le deuxième boîtier Full Frame numérique de la marque Pentax. L’arrivée d’un mark II sur le marché 2 ans après le lancement du premier modèle soulève quelques interrogations. Pour commencer, pourquoi ? Alors que, 2019 étant l’année du centenaire de la marque, il aurait été logique qu’il arrive à ce moment-là. Peut-on supposer qu’il pourrait y avoir autre chose en 2019 ? Doit-on rêver un peu d’un boîtier FF plus « pro » ?

Mais, peut-on parler de deuxième appareil tellement le mark II est similaire au mark I ? Si l’on s’en tient juste à l’apparence du boîtier, la réponse est négative, car mise à part la sérigraphie, c’est exactement la même chose. Par contre, si l’on s’attache aux changements intérieurs, alors sur quelques aspects, il s’agit bien d’un nouveau modèle.

 

 

Le Pentax K-1 II

Avant d’aller plus loin, une baisse non négligeable de l’autonomie a été constaté sur les premiers exemplaires du K-1 II. Si avec le K-1, on arrivait à atteindre sans problème 800 photos (en utilisant peu l’écran arrière et en ayant le GPS inactif), avec les mêmes paramètres le K-1 II ne dépasse pas les 280 photos. Ce problème est suivi avec une attention particulière.

Comme cela a déjà été dit, le K-1 et le K-1 II sont semblables extérieurement, excepté le nom. Et intérieurement, de nombreuses caractéristiques sont communes. Après avoir hésité entre un vrai nouveau test et un simple addendum de quelques lignes au test effectué en 2016, nous avons fait le choix d’une troisième voie. Celle de vous inviter à lire ou relire notre article consacré au K-1 premier du nom et de nous concentrer sur les différences.

 

CAPTEURFormat FF 36,77Mpx (36,40 réel)
MONTUREMonture K : Baïonnette KAF2 (coupleur AF, contacts d’information, contacts d’alimentation) avec Motorisation Autofocus disponible par le boîtier
Compatible avec les objectifs en monture KAF4, KAF3, KAF2, KAF, KA et les zooms motorisés
VISEURPentaprisme
Couverture 100% grossissement 0,70x
Grid Display : Mires d'aide à la composition et à la mise au point interchangeables électroniquement (4x4 Grid, Golden Section, Scale display, Square 1, Square 2, Grid Color: Black/White)
Dégagement oculaire : 20,6mm
Correcteur dioptrique : de -3.5m à +1.2m
MISE AU POINTTTL : Corrélation de phase
Capteur de mise au point : SAFOX XII
33 points AF (25 points de mise au point de type croisé au centre) - Sensibilité : -3EV
Plage de luminosité: -3 à 18 IL (ISO 100, à température normale)
Mesure TTL : -3 à 20 IL
AUTOFOCUSAF S (mise au point single)
AF C (mise au point continue)
M (mise au point manuelle)

Assistance AF par LED dédiée
MESURE D'EXPOSITIONTTL sur 86000 cellules.
Multizone, pondérée centrale et spot.
Correction d'exposition ±5 IL (par incrément de 1/2 IL ou 1/3 IL)
MODES D'EXPOSITIONMode vert, Programme (P), Priorité Sensibilité (Sv), Priorité Vitesse (Tv), Priorité Ouverture (Av), Priorité Vitesse et Ouverture (Tav), Manuel (M), Pose B, Vitesse synchro flash, USER1 à USER5
Analyse de scène auto, Programme (P), Priorité Sensibilité (Sv), Priorité Vitesse (Tv), Priorité Ouverture (Av), Priorité Vitesse et Ouverture (Tav), Manuel (M), Pose B (Bulb), Vitesse de synchro-X, USER1, USER2, USER3, USER4, USER5
VITESSE OBTURATIONAuto : 1/8000-30 s ; manuel : 1/8000-30 s ;
(pas de 1/3 IL ou de 1/2 IL), pose B
MOTORISATIONRafale : 4,4 i/s (FF) ou 6,5i/s (APS-C)
JPEG L : env. 70 vues en rafale
RAW : env. 17 vues en rafale
SENSIBILITÉ ISOISO AUTO / 100 à 819 200 ISO (par incrément de 1 IL, 1/2 IL ou 1/3 IL)
STABILISATIONIntégré au capteur (par déplacement du capteur sur 5 axes) - Efficacité de 5 Stops
FLASHPas de Flash Intégré
Vitesse synchro : 1/200 s, 1/160s (1/180), 1/125s, 1/100s (1/90)

Possibilité de synchro flash à haute vitesse avec 2 flash externes ou plus
ANTIPOUSSIEREOui, par système de vibration "Ultrasonique" (Système DR II)
TROPICALISATIONOui, 87 points d'étanchéité
MÉMOIRE2 emplacements Carte mémoire SD, SDHC ou SDXC (conforme aux normes USH-1),
FORMAT IMAGEPhoto
* RAW (14 bits) PEF ou DNG
* JPEG FF : L (36M: 7360 x 4912), M (22M: 5760 x 3840), S (12M: 4224 x 2816), XS (2M: 1920 x 1280)
* RAW : 36M: 7360 x 4912

* JPEG APS-C : L (15M: 4800 x 3200), M (12M: 4224 x 2816), S (8M: 3456 x 2304), XS (2M: 1920 x 1280)
* RAW: (15M: 4800 x 3200)

* Qualité d'enregistrement JPEG : *** (Best), ** (Better), * (Good)


Vidéo
* Full HD (1920x1080, 60i/50i/30p/25p/24p)
* HD (1280x720, 60p/50p)
* Format de fichier : MPEG-4 AVC/H.264(MOV)


PixelShift Résolution
* Images en haute définition par enregistrement des données RVB complètes pour chaque pixel.
* Disponible pour des sujets en mouvement et à main levée


Espace colorimétrique : SRGB, Adobe RGB
DIMENSIONS110 x 136,5 x 85,5 mm
POIDS925g (nu)
1010g (avec batterie et carte mémoire)
CONNEXIONUSB 2.0 (type Micro B)
HDMI (type D)
Port Synchro-X
Prise déclenchement externe
Prise Micro stéréo
Prise casque
ALIMENTATIONBatterie Lithium-ion D-LI90
Prise alimentation externe
AUTRESSystème de Géolocalisation : GPS et QZSS (équivalent japonais)
WiFi (b/g/n)
Absence de filtre passe bas (émulation logiciel)
Obturateur prévu pour 300 000 déclenchements
2 boutons Fx configurables par l'utilisateur
LEDs d'éclairage

 

Les différences

Tout semble indiquer que le capteur CMOS de 36 Mpx (36,40 Mpx effectifs) d’origine Sony soit le même que celui présent sur le K-1, même s’il reste possible qu’il soit légèrement revisité. Aucune information n’est disponible sur ce détail et, de toutes les façons, cela n’aurait pas d’importance. Les vraies différences sont ailleurs.

La première, et plus intéressante sur le plan technique, est sans nul doute l’apparition d’un nouveau processeur qui vient compléter le travail du processeur originel PRIME IV. Cette unité accélératrice va permettre d’effectuer plus de calculs lors de la réception d’un flux de données en provenance du capteur. Ricoh-Imaging a concentré cette puissance sur l’amélioration de la résolution de l’image, sur la reproduction des couleurs y compris pour les sensibilités élevées, et sur la réduction du bruit à haut ISO. C’est ainsi que la sensibilité maximale délirante de 819 200 ISO est proposée. C’est la présence de cette unité qui justifie le remplacement de la carte mère du K-1 dans le cadre de l’offre d’upgrade.

La deuxième amélioration est une modification de l’autofocus, un point peu mis en avant par Pentax, mais qui pourrait s’avérer être le plus important. La troisième et dernière amélioration concerne le PixelShift, qui autorise désormais ce type de prise de vue à main levée.

 

Toutes les photos du test sont brutes, non post-traitées ou retouchées. Les objectifs utilisés sont les DFA 24-70/2.8 et DFA 70-200/2.8.

 

L’Autofocus

Avant propos

L’autofocus des boîtiers Pentax est très souvent décrié. Parfois par des personnes qui ne font que reprendre des « infos » lues ailleurs, des bruits lancés par d’autres… qui n’ont pas eu de Pentax entre les mains d’ailleurs ! Par défaut, l’autofocus des Pentax est mauvais. C’est un fait établi, gravé dans le marbre. La réalité est un peu différente. Même s’il reste de nombreux K-10D utilisés, l’Autofocus proposé par ce dernier n’était guère brillant, même pour l’époque. Et le malheur a voulu qu’il ne progresse qu’à la marge jusqu’au K-5. À partir de celui-ci, il y a eu des améliorations. Mais il n’y a jamais eu d’avancées majeures, la marque se contentant de réécrire une partie du logiciel existant.

Retour en arrière…

Un Autofocus se compose d’une partie matérielle et d’un logiciel capable de l’exploiter. Le module SAFOX (le matériel) utilisé jusqu’au K-5 IIs comportait 11 collimateurs, tous gros et donc grande source d’imprécision. On n’était jamais sûr, en visant la tête, que l’on n’allait pas plutôt effectuer la mise au point juste à côté.

Un logiciel est nécessaire pour faire « vivre » le matériel. C’est lui qui va comprendre et analyser ce que renvoie le collimateur. Si un sujet visé est mobile, il va devoir comprendre comment afin d’apporter une réponse dans la mise au point. Et puis, il va aussi gérer les obstacles pour continuer à suivre le sujet. Tout cela, de manière très rapide.

Si le logiciel n’est pas assez bon, alors on aura beaucoup de problématiques dans la mise au point. Et beaucoup de déchets. Le K-5 a marqué la première vraie amélioration du logiciel. Mais, malheureusement pour les utilisateurs, le retard était tel que c’était compliqué d’affirmer que c’était mieux. Le Pentax Autofocus bashing était né et n’a jamais cessé depuis. Et pourtant, il y avait du mieux. Autre problème de Pentax, c’est que les améliorations profitaient essentiellement au navire amiral, mais pas aux autres boîtiers, du moins de manière immédiate. C’est ainsi que Km, K-r, K-x et consorts sont restés avec l’autofocus antédiluvien. Ce qui a un peu plus entretenu le bashing.

Il aura fallu attendre le K-3 pour connaître une vraie amélioration matérielle. Et pour que l’entrée de gamme (le K-50) hérite d’un AF plus performant, celui du K-5. Le K-3 lui, a connu un double changement. Les collimateurs sont passés de 11 à 27 et surtout sont devenus plus petits, plus précis. Le logiciel a été revu pour prendre en compte ce surplus de points. Le K-1 (premier FF) a, quant à lui, hérité de quelques points AF supplémentaires (de 27 à 33) et d’un logiciel plus performant. Le KP est sans doute le boîtier APS-C ayant le meilleur Autofocus de la série.

Contrairement à ce que l’on peut croire, les récents Pentax sont loin d’être ridicules. Lors du Salon du Bourget 2017, lors de la prestation du Rafale en vol, 156 photos ont été prises avec le couple K-1 + DA 560. Sur ces 156 photo, 123 sont nettes et 19 ne sont pas cadrées (le rafale évoluant trop vite pour toujours arriver à le suivre avec un champ visuel étroit). Au final, il n’y a « que » 14 photos floues, ce qui reste assez peu.

 

L’autofocus du K-1 II du point de vue matériel

Le module SAFOX 12 apparu avec le K-1 est toujours présent, sans évolution technique connue. Il propose 33 collimateurs dont 25 en croix, tous dans le cadre APS-C. Il n’y a malheureusement aucune amélioration côté matériel. Les points AF sont suffisamment petits pour que l’on puisse viser une main, voire même un doigt en particulier et obtenir une mise au point dessus. Mais on reste un peu frustré de ne pas pouvoir aller au-delà du cadre APS-C, car cela limite un peu le cadrage. Il faut alors ruser pour effectuer celui-ci. Une augmentation du nombre des collimateurs (45 par exemple), ferait le plus grand bien !

La question se pose sur l’unité accélératrice et son utilisation par le logiciel. On ne peut que supputer sur celle-ci. Il est tout à fait possible que ce soit le cas, mais rien ne l’indique. Dans l’absolu, l’unité est utilisée pour le traitement des images prises. Mais avant ce travail, étant disponible, tout est possible.

 

Une évolution logicielle

Le module électronique n’est pas tout. Il faut aussi le logiciel pour le faire fonctionner. Jusqu’à présent, Pentax vivait toujours sur l’héritage du logiciel fonctionnant sur le K10D, toiletté au fil du temps. Des routines de code ont été réécrites pour le rendre plus réactif. Mais, fondamentalement, les algorithmes étaient les mêmes.

Selon nos informations, Ricoh-Imaging, étant conscient du retard, aurait décidé de mettre en chantier la réécriture complète du logiciel. Si cela s’avère exact, Ricoh Imaging est alors reparti de zéro, dans le but de proposer un logiciel plus moderne, moins englué dans les héritages du passé. Et qui dit réécriture, dit très souvent gain de vitesse dans l’exécution du programme. Donc, une meilleure réactivité dans le suivi. Et, pourquoi pas, un peu plus de prédictivité. Ce qui, il est vrai, n’est pas la tâche la plus aisée. Il faut une dose d’intelligence artificielle pour estimer dans quelle direction va aller le sujet qui se déplace. En cas de déplacement linéaire, cela peut s’avérer simple, mais pour un oiseau, c’est plus compliqué, des changements de direction brusques pouvant intervenir.

 

Premières constatations

Attention, les constatations faites peuvent être différentes suivant les objectifs utilisés, ceux ayant un moteur intégré étant plus réactifs.

La première chose que l’on peut constater, même si elle n’est pas quantifiable puisqu’il s’agit d’un ressenti, c’est la réactivité de l’Autofocus qui s’avère très rapide. Avec une impression que jamais Pentax n’avait proposé cela. En mode « 33 collimateurs », très souvent ce sont désormais de multiples points qui sont illuminés et donc pris en compte. En mode collimateur unique, là encore l’acquisition de la mise au point est très rapide, comparable à ce qui a pu être constaté sur un Canon 5Ds. Seule faiblesse, pour les 2 boîtiers, c’est quand on essaye de faire la mise au point sur une surface unie.

Autre avancée, la détection fine de textures et de colorimétries similaires, mais situées sur des plans différents. Sur l’exemple ci-dessous, quelques dizaines de centimètres séparent les deux visages. Et il y a moins de 2 s entre ces clichés, juste le temps de modifier l’endroit de la mise au point. L’exercice a été renouvelé plusieurs fois, avec le même résultat.

 

La procédure de test

Cette procédure s’est complexifiée au fil du temps, mais en conservant une constante, des réglages proches pour les boîtiers :

  • série de 10 images consécutives,
  • mode AF-C « suivi et prédictif » avec 9 collimateurs (les collimateurs « rouges »),
  • mode rafale Medium pour le K-3II & KP et High pour le K-1 (cadence de 4,4 img/s),
  • vitesse de prise de vue à 1/125s,
  • ouverture à f/8.
  • objectif utilisé : Sigma 17-50, DFA 24-70 & DFA 70-200

 

Au début, il s’agissait de prendre une première série avec des vélos se déplaçant de manière linéaire, de la droite vers la gauche, puis une deuxième série où le vélo se déplace en diagonale, allant de la droite, au loin, vers la gauche, au plus près.

BoitierBonneCorrecteFloueCommentaire
K-1 « linéaire »90 1 – –
K-3 II « linéaire »700 – –
K-1 « diagonal »811La photo floue est celle où le vélo était au plus proche
K-3 II « diagonal »415  – –

 

Le test s’avérant un peu trop simple, il a été décidé de le rendre un peu plus intéressant, en introduisant un obstacle. Dans notre cas, on a ajouté un poteau dans le champ visuel, le vélo passant derrière durant sa course. Le but étant ici de voir si l’AF suit bien l’objet initial et ne se laisse pas berner par la présence d’un objet secondaire qui vient gêner la prise de vue à un moment.

BoitierBonneCorrecteFloueCommentaire
K-1 « linéaire »712Les floues sont celles où le vélo est en entrée, derrière et en sortie d’obstacle.
KP « linéaire »820– –
K-1 « diagonal »424Les floues sont celles où le vélo est en entrée, derrière et en sortie d’obstacle.
KP « diagonal »613Les floues sont celles où le vélo est derrière et en sortie de l’obstacle.

 

Le Canon 5DS

Plus récemment, nous avons pu réaliser ce comparatif entre un Canon 5DS et un KP, afin d’évaluer la réactivité du Pentax avec celle d’un Canon doté du fleuron des AF de la marque. Au vu de tout ce qu’on a pu lire et entendre sur les autres marques, le KP devait chuter lourdement face à ce poids lourd. Dans les faits, KP et 5DS ont fait jeu égal sur les déplacements latéraux. Le 5DS s’est montré supérieur sur les déplacements en diagonale.

BoitierBonneCorrecteFloueCommentaire
5DS « linéaire »910– –
KP « linéaire »820– –
5DS « diagonal »820– –
KP « diagonal »613Les floues sont celles où le vélo est derrière et en sortie de l’obstacle.

Nous avons aussi photographié les évolutions d’un oiseau dans le ciel. Un test plus compliqué à reproduire à l’identique ! Le 5DS s’est montré plus performant quant à la prédictivité, réussissant 7 photos là où le KP n’en réussissait que 4.

La concurrence, du moins le haut de gamme, se montre donc meilleure, mais ce n’est pas non plus aussi frappant que le laissent supposer de nombreux commentaires dévalorisants. Alors pourquoi un tel Pentax bashing ? On pourra se référer à ce qui a été dit plus haut (dans l’avant-propos de l’autofocus).

On notera que la société NIKKEN, spécialiste SAV pour de nombreuses marques, nous a confié avoir fait un constat similaire (en mettant de côté la récente avancée de Sony avec l’AF intégré au capteur).

 

Les résultats du K-1 II

Rien ne valant les chiffres, voici les résultats :

BoitierBonneCorrecteFloueCommentaire
K-1 II « linéaire »91 La floue est prise entre 2 obstacles
KP « linéaire »820  – –
K-1 II « diagonal »811  – –
KP « diagonal »613Les floues sont celles où le vélo est derrière et en sortie de l’obstacle.

 

Exemple extrait d’une des séries, la mise au point étant sur le visage du cycliste.

1/125s à f/6.3 - ISO 100 - photo 7/10

1/125s à f/6.3 – ISO 100 (photo 7 sur 10)

 

Au vu du bon comportement, nous avons voulu complexifier un peu plus, avec plusieurs mouvements. Sur les 2 séries de 14 et 6 photos, seules 2 photos se sont révélées floues et 1 où le cycliste s’est retrouvé entièrement masqué par 2 personnes. Dans l’exemple ci-dessous, le cycliste, sujet principal, se déplace en diagonale dans un sens et croise tout d’abord un passant (en sens inverse) puis un groupe de jeunes filles (même direction).

1/160s à f/7.1 - ISO 200 (photo 3 sur 5)

1/160s à f/7.1 – ISO 200 (photo 3 sur 14)

 

1/160s à f/7.1 - ISO 200 (photo 6 sur 10)

1/160s à f/7.1 – ISO 200 (photo 6 sur 14)

 

Évidemment, à trop vouloir complexifier (bus, vélo, voitures et passants dans tous les sens), le boîtier a fini par perdre pied et ne plus savoir sur quoi se fixer.

Reste le test du cycliste qui vient droit vers l’appareil photo, un exercice compliqué, rarement réussi par les boîtiers Pentax jusqu’à présent. Sur une série de 10 photos, 8 proposent la cycliste nette.

 

La montée en ISO

Grâce à son unité accélératrice déjà présente sur le K-70 et le KP (mais est-ce la même ?), Pentax propose désormais des sensibilités d’images assez incroyables. Peut-être même trop. En pratique, qu’en est-il réellement ?

Pour rappel, le bruit…

… se manifeste sous la forme d’éléments parasites qui apparaissent de manière aléatoire sur toute ou partie d’une image. Il y a deux formes de bruit numérique :

  • Le bruit de luminance dont la structure ressemble à celle du grain argentique. Ce type de bruit, bien que délicat à corriger (correction et lissage à faire sur des détails fins de l’image) est le plus « gracieux ».
  • Le bruit de chrominance qui se présente sous la forme d’amas de pixels rougeâtre et verdâtre, surtout dans les zones sombres. Très désagréable à voir, ce bruit est plus facile à corriger, car il ne modifie pas les détails de l’image.

Les appareils photos numérique modernes proposent des ISO démentiels par rapport à ce que proposaient les pellicules argentiques. La tranche 100 à 800 ISO devient aujourd’hui « naturelle » à utiliser et il n’est pas rare au delà. Mais même si les progrès sont indéniables, une photo prise à 1600 ISO ISO et au dessus ne sera jamais aussi bonne qu’à 100 ISO. De plus, les conditions d’utilisation peuvent avoir une influence sur les clichés.

 

De 1 600 à 6 400 ISO

En dessous de 1 600 ISO, il n’y a rien à redire, les images sont propres. De 1 600 à 6 400 ISO, il en est de même. Tout juste va t-on noter une légère montée du bruit de luminance à partir de 3 200 ISO, mais rien de gênant. À 6 400 ISO, le bruit de luminance est plus présent (tout en restant largement en dessous de la barre « acceptable »), mais les images restent extrêmement bien définies, les détails étant présents dans toutes les couleurs. Le bruit de chrominance est globalement absent (sauf cas particulier) de cette tranche d’ISO.

 

1 600 ISO
2 000 ISO
2 500 ISO
3 200 ISO
4 000 ISO
5 000 ISO
6 400 ISO

 

De 6 400 à 25 600 ISO

À partir de 6 400 ISO, le bruit de luminance va se faire de plus en plus présent tandis que le bruit de chrominance va faire tout doucement son apparition. Mais jusqu’à 12 800 ISO, les images, même non post-traitées sont exploitables en A3. Évidemment, si vous apportez une correction du bruit, alors il est possible de viser la barre des 20 000/25 600 ISO, tout en gardant à l’esprit que les photos ne seront pas aussi « propres » qu’à 2000 ISO. Car on s’éloigne de plus en plus de la photo « d’art », bien propre et bien léchée.

 

6 400 ISO
8 000 ISO
10 000 ISO
12 800 ISO
16 000 ISO
20 000 ISO
25 600 ISO

 

Les ISO extrêmes

Jusqu’à 51 200, les photos restent encore exploitables, à condition de ne pas être exigeant ou en connaissant bien votre logiciel de Post-Traitement. Le bruit de chrominance reste contenu, c’est ce qui compte. Il n’en reste pas moins qu’il n’y a pas de miracle et que la qualité des images se dégrade de plus en plus. L’utilisation de cette tranche de haut ISO relève alors plus de la photo témoignage.

Au delà des 51 200 ISO, le bruit de chrominance va être de plus en plus présent et les couleurs vont progressivement disparaître dans un brouillard. Au-delà de 102 400 ISO, on flirte avec des photos extrêmes et cela ressemble de plus en plus à des amas de bruits. La tranche 102400 – 819 200 ISO devient alors purement anecdotique, présents pour l’exploit, même s’il y a de quoi être surpris par ce que l’on obtient à 819 200 !!

ISO 32 000ISO 40 000ISO 51 200
ISO 64 000ISO 80 000ISO 102 400
ISO 128 000ISO 160 000ISO 256 000
ISO 409 600ISO 640 000ISO 819 200

 

Comparatif K-1 & K-1 II à 12 800 ISO

Attention, ces 2 photos ont été prises à des époques différentes et avec des éclairages différents.

 

Le PixelShift

Rappel des modes existants

Le principe du PixelShift a été abordé dans un précédent article. Aujourd’hui, Pentax propose 3 modes pour son procédé :

  • Sur pied et image statique
  • Sur pied et image avec correction du mouvement
  • À main levée

 

Le PixelShift à « main levée » ou la résolution dynamique.

Ce denier mode est nouveau, capable de compenser les légers mouvements du photographe lors de la prise de vue. Sans doute aidé par la nouvelle unité accélératrice, le boîtier va analyser les clichés et rectifier les mouvements du photographe en utilisant le SR II. Ce système permet de résoudre une des faiblesses du PixelShift jusqu’à présent, celle de devoir utiliser un pied. Attention tout de même à ne pas croire qu’on va pouvoir tout prendre avec ce procédé. En cas de mouvement important du photographe ou de la scène capturée, le SR II ne pourra rien pour vous et on obtiendra un cliché étrange. De plus, le temps de traitement est particulièrement long, nettement plus qu’un fichier PixelShift « traditionnel ». Le tout pour un fichier pesant encore plus lourd !

 

Résultats

Le principal problème est que rares sont les logiciels capables de traiter une telle image. Lr propose bien, sans réellement le dire, un moyen d’utiliser les possibilités de ces fichiers, mais sans en donner la quintessence. Seul DCU, le logiciel de Pentax propose une prise en charge totale et officielle. Lr et RawTherapee (5.3 et supérieur) semblent aussi savoir traiter ce mode 3 qui ressemble fortement au 1 d’ailleurs, mais cela reste à creuser.

Adobe Lr : Sans traitement / Avec traitement

 

Traitement PixelShift Adobe Lr vs DCU

 

Conclusion

On était sous le charme du K-1, le mark II ne fait que renforcer ce sentiment en améliorant fortement l’une de ses fonctionnalités, l’autofocus. Il reste quelques points gris foncé comme la vitesse du mode rafale.

 

Les Plus

On pourrait reprendre ceux du K-1, avec quelques changements

  • Le changement de logiciel de l’Autofocus qui remet en selle Pentax
  • Capteur 36mpx plein format 35mm
  • Le libre arbitre concernant le mode crop
  • La sensibilité en basse lumière et la gestion du bruit électronique, exemplaires jusqu’à 20 000 ISO, impressionnantes jusqu’à 51 200 ISO
  • L’écran orientable et la visée optique
  • La discrétion du déclenchement
  • Pixel-Shift Résolution version 3 permettant la prise de vue à main levée. Une prouesse.
  • Et toujours la construction baroudeur « tout temps »

 

Les moins

  • Le mode rafale qui stagne
  • L’absence de flash interne rédhibitoire pour certains
  • Le poids
  • La vidéo non 4K (restriction due au capteur et non à Pentax)

 

Note

Note_5-0

 

Appréciation PENtax Klub

Le K-1 II est un excellent boîtier proposant un capteur bien maîtrisé par Pentax et produisant d’excellentes images, supérieures en précision par rapport à son prédécesseur. Les quelques améliorations sont bel et bien présentes et justifient à elles seules ce mark II. Reste alors la question essentielle : faut-il acheter ce K-1 II ? Si vous ne possédez pas encore de Full Frame, ou si un autofocus plus puissant vous est nécessaire, le K-1 II est LE boîtier à acheter. Car, au vu de ce que propose le mark II, les avancées sont suffisamment importantes et intéressantes pour faire le saut.

Mais cela ne veut pas dire que le K-1 est dépassé. Il saura encore séduire de nombreux photographes. Surtout qu’un marché de l’occasion devrait permettre l’achat de boîtiers guère usagés à des prix corrects, de l’ordre de 1 200 à 1300€ en moyenne (pour rappel, les K-1 sont prévus pour 300 000 déclenchements). Donc un bon achat à envisager pour passer de l’APS-C au FF à moindre coût.

 

 

Galerie

DFA 24-70 / 1/200s à f/10, ISO 160

DFA 24-70 / 1/200s à f/10, ISO 160

 

DFA 70-200 / 1/800s à f/3.2, ISO 320

DFA 70-200 / 1/800s à f/3.2, ISO 320

 

DFA 70-200 / 1/400s à f/7.1, ISO 500

DFA 70-200 / 1/400s à f/7.1, ISO 500

 

DFA 24-70 / 1/400s à f/5.0, ISO 320 - Photo prise sans regarder

DFA 24-70 / 1/400s à f/5.0, ISO 320 – Photo prise sans regarder

 

Crédit photographique : © fyve