[Test] Pentax K-3 mk III, partie 3

Merci de faire vos commentaires sur la page d'introduction afin de centraliser.

Suite et fin du test du Pentax K-3 mk III.

Les autres fonctionnalités du K-3 mk III

La vidéo

La 4K est là ! Enfin ! diront certains…

En utilisant l’écran tactile, le photographe-vidéaste peut mieux se concentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire le film lui-même. De plus, son utilisation va permettre d’éliminer le bruit quand on appuie sur les boutons. Autre avancée remarquable, lors de la prise de vue vidéo la stabilisation numérique a été abandonnée, au profit d’une stabilisation mécanique sur 3 axes.

Seul petit regret pour les vidéastes, la 4K est en 30 fps, alors qu’on aurait pu espérer 60 fps. Attention, cette « limitation » du capteur peut introduire des scintillements quand on filme des lumières ou des feux de signalisation.

Le PixelShift

Le principe du PixelShift a été abordé dans un précédent article, il s’agit d’effectuer 4 prises de vue avec décalage d’un pixel à chaque prise. En combinant les 4 images, cela permet d’annuler les effets indésirables du filtre de Bayer lors du dématriçage de l’image, affectant principalement la netteté.

Avec ce nouveau boîtier, Pentax propose toujours ses 3 modes pour son procédé :

  • Sur pied et image statique
  • Sur pied et image avec correction du mouvement
  • À main levée

Il n’y a aucune amélioration de cette fonctionnalité qui existe aussi désormais chez d’autres marques. Mais il semble que ce procédé ne rencontre pas un grand intérêt auprès des photographes. Pourtant, les résultats sont intéressants.

WiFi, Bluetooth & ImageSync

Pour la prise de contrôle via votre Smartphone, il convient de télécharger la dernière version d’ImageSync sur votre smartphone, via votre canal de téléchargement habituel. Au moment de rédaction de l’article, il s’agit de la version 2.1.6

Wi-Fi, mais aussi Bluetooth sont présents. L’appairage Bluetooth est rapide et simple. Comme la connexion WiFi d’ailleurs. La seule chose à faire est d’utiliser ImageSync sur votre smartphone et de lancer la procédure de jumelage (Réglages > Réglages communication > Réglages Bluetooth > Jumelage). Il suffit ensuite d’indiquer le nom de l’appareil (PENTAX_xxxxxx) puis le code de jumelage proposé par le boîtier. Et c’est tout.

On notera que la connexion Bluetooth m’a permis de régler l’heure et la date de manière beaucoup plus fine, le boitier utilisant alors les données du téléphone pour cela. Pratique !

Le GPS

C’est le grand absent. Et pour tous ceux qui utilisaient ce « gadget » depuis son apparition avec le K-3 mk II, c’est une perte. Heureusement que Ricoh Imaging propose une solution officielle, basée sur ImageSync (v2.1.5 minimum). Le prérequis obligatoire est un smartphone. La procédure est aussi un peu plus lourde puisqu’il faut connecter le boîtier avec le smartphone, avant d’activer le GPS côté ImageSync et côté boîtier. On est loin de la simplicité du bouton !

GPS coté ImageSync
Les réglages sous Images Sync
GPS coté K-3 mk III
Les réglages dans les menus du K-3 mk III

Un peu pénible, mais cela fonctionne. Il restera à voir si un peu d’automatisation est possible comme au travers des Raccourcis de l’iPhone.

Carte mémoire

Des nouveautés

Le double slot est toujours présent, ce qui rendra heureux nombre d’utilisateurs. Et il y a 2 grosses nouveautés.

  • La première est que Ricoh Imaging adopte enfin la norme UHS II, même si c’est uniquement pour le slot 1. Enfin des débits rapides… pour peu que vous investissiez dans une excellente carte. Par exemple, celle que j’ai utilisée est une ProGrade de 64 GO, avec un débit théorique de 250 Mb/s (selon les infos inscrites sur la carte elle-même). Dans la pratique, cette carte a un débit de 115 Mo/s en écriture et 225 Mo/s en lecture.
  • La deuxième, c’est que les slots ont été inversés. Le slot 1 est plus près du bord, ce qui en facilite grandement l’accès. Encore une amélioration de l’ergonomie.

Une bonne nouvelle qu’on trouvera à la page 5 du menu « prise de vue », dans option « Carte mémoire ». Dans le mode « enregistrement séquentiel », si les 2 cartes mémoires étaient présentes, il était impossible de choisir sur laquelle l’enregistrement des clichés devait se faire. C’était « aléatoire ». Désormais, il est enfin possible de choisir le slot qui sera utilisé. Mr Ricoh Imaging, n’est-il pas possible d’implémenter cela sur les K-1 lors d’une prochaine Maj de firmware ?

Pourquoi l’arrivée de la norme UHS 2 est une bonne nouvelle ?

Plus une carte est rapide, plus vite les données s’écriront, plus vite la mémoire cache se videra et plus vite vous pourrez reprendre des clichés. Dans le cadre d’une rafale, chaque cliché est stocké temporairement dans une mémoire tampon (la mémoire cache), dont la taille est limitée. Et quand cette mémoire est pleine, l’appareil ne peut plus prendre de photos. Plus rapide sera la carte, plus rapide sera l’écriture des clichés sur celle-ci et plus vite vous aurez à nouveau la main.

La vitesse d’écriture d’une carte UHS I est de l’ordre de 60 Mo/s (les meilleures atteignent les 80 Mo/s). Si votre carte UHS II écrit à 115 Mo/s, vous gagnerez environ 50 % de temps et si elle écrit à 170 Mo/s, le bénéfice sera encore plus important.

Les 2 slots sont compatibles UHS I, mais seul le slot 1 permet d’utiliser une carte UHS II.

Batterie et consommation

Bonne nouvelle, c’est la même batterie que l’on utilise depuis le K-7. Pour beaucoup c’est une bonne chose, même si une évolution aurait pu être espérée avec un meilleur ampérage (et donc meilleure autonomie). Environ 500 clichés (le double si on considère que le test a été réalisé en RAW+JPEG) ont été pris avec une batterie pleine à 80 % environ. Sachant que la batterie n’était pas vide à la fin du test, on doit pouvoir faire faire environ 750 à 800 clichés quand elle est pleine. Sans live-view. Peut-être même plus si les clichés sont pris durant une même journée.

Mais, mauvaise nouvelle, Ricoh Imaging a fait une petite économie en ne fournissant plus de chargeur de batterie. Il faut désormais utiliser un câble pour charger directement la batterie depuis l’appareil photo, via le port USB. L’utilisation d’un chargeur externe reste toujours possible, mais vous devrez l’acquérir.

Connectivité

L’essentiel est là :

  • Une prise jack pour un micro externe
  • Une prise jack pour un casque audio (contrôle du son lors de tournage de vidéo)
  • Un port HDMI pour relier le boîtier à un moniteur externe
  • Un port USB multifonction, permettant entre autres de recharger la batterie ou de transférer vos photos. D’autres utilisations sont possibles.
  • Un port de télécommande filaire

Tarif

Pour beaucoup le tarif est excessif. Cela se comprend parfaitement puisqu’il faudra débourser presque 2000 € pour pouvoir s’acheter ce boîtier. Une somme plus que conséquente, qui laissera de nombreux pentaxistes sur le bas-côté, ne pouvant s’offrir le K-3 mk III à un tel prix. Un tarif plus bas eût été préférable pour nos portefeuilles. Même si cela peut se comprendre puisqu’il y a des réalités économiques comme :

  • La part de la photo (hybride ou reflex) s’est réduite à peu de choses en quelques années. Les anciens acheteurs de reflex de bas ou de moyenne gamme préfèrent les smartphones qui délivrent d’excellents clichés. Du moins suffisants pour la consommation photographique actuelle.
  • La COVID-19 est passée par là, provoquant de graves dégâts dans le tissu industriel des semi-conducteurs. TSMC, le leader mondial des semi-conducteurs, estime que la pénurie va durer au moins jusqu’en 2022. C’est une pénurie mondiale, affectant tous les secteurs (télé, photo, voiture, ordinateurs, etc.). Sans compter la destruction de certaines usines par des catastrophes, naturelles ou pas.
  • Le coût du travail. Longtemps la Chine a fait office d’eldorado pour les constructeurs de tout genre, devenant le pays-usine du monde grâce au faible coût de sa main-d’œuvre. C’était facile alors de produire un K-10D pour 250 € (hors marges, transport, droits de douane et TVA – lire ici). Depuis, les coûts de main-d’œuvre ont fortement augmenté ces derniers temps en Chine, à Taiwan, aux Philippines, au Vietnam. C’est tant mieux pour ces travailleurs dont le niveau de vie est très loin du nôtre. Avec un effet direct sur les prix finaux.

Je ne suis donc pas étonné de ce tarif. Il avait été même prédit dans cet article. Et c’est cher, difficile à supporter pour beaucoup. Le tout est de savoir si cela vaut le coup.

Conclusion

À mon sens, il y a 2 questions à se poser :

  • Ce K-3 mk III offre-t-il suffisamment d’améliorations pour inciter les propriétaires de boîtiers APS-C (et/ou FF) de Pentax à changer ? Après ce test et sans conteste, la réponse est positive. Il est clair que Ricoh a fait tout son possible pour améliorer presque tous les aspects de l’appareil photo. Seul le prix pourrait dissuader. Pour tous ceux qui ont un boîtier d’avant la famille K-3, il faudrait, avec clin d’œil, même pas réfléchir et l’adopter. Avec ce nouveau boîtier, il y a de quoi redécouvrir le plaisir de prendre des photos.
  • Ce nouvel APS-C est-il en mesure de ramener vers Pentax des photographes ? La question semble simple, mais la réponse est compliquée. La vente d’appareils photo s’est rétrécie ces 10 dernières années, souvent dramatiquement. Et dans ce marché, les hybrides sont devenus leaders, ne laissant que peu d’espace au reflex pour exister. Or il va continuer à se vendre, parce que certains par nostalgie ou défiance ne souhaitent pas se convertir totalement à l’hybride. Dans ce contexte, Ricoh Imaging a ses chances pour grappiller quelques parts de marché, y compris chez des utilisateurs d’autres marques. Mais cela sera t-il suffisant ?

 

Ce qui est bienCe qui est moins bien
  • Le pas en avant de l’autofocus qui remet en selle Pentax
  • Le viseur optique
  • Un mode rafale impressionnant, supérieur à certains hybrides
  • La sensibilité en basse lumière et la gestion du bruit électronique, exemplaires jusqu’à 20 000 ISO
  • Et toujours la construction baroudeur « tout temps »
  • Absence d’un écran orientable
  • L’absence de flash interne rédhibitoire pour certains
  • Disparition du GPS intégré même s’il existe une solution externe

 

Appréciation PENtax Klub

Note_5-0

Ricoh Imaging a décidé, au travers de la marque Pentax, d’essayer d’être la dernière entreprise à proposer un reflex numérique pour les photographes qui aiment l’expérience du viseur optique. Ce K-3 mk III est une réussite. Et même si ce n’est pas LE reflex numérique absolu, il va être difficile de faire vraiment mieux. Il reste des axes d’améliorations, mais ils ne sont plus si nombreux que cela.

 

À noter que le K-3 Mark III existe en noir et en silver (avec un nombre d’unités réduit pour cette couleur). De plus, il existe un pack prestige avec courroie, grip (grip silver uniquement pour le pack silver – en dehors de ce pack, le grip DBG-9 sera disponible seulement en noir) et batterie supplémentaire. Les stocks sont très limités et au moment de la sortie de ce test, il pourrait déjà ne plus être disponible.

 

Test du K-3 mk III : Introduction – Première partie – Deuxième partie

 

Galerie

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Crédit photos : © fyve – Les images sont la propriété de l’auteur (sauf précision) – Cliquez pour agrandir