Le Pentax KP est le premier reflex estampillé 2017 pour la firme. Il est vraisemblable que ce ne soit pas le dernier. Même si Ricoh-Imaging s’est décidé à conquérir le segment FF avec son K-1, la firme ne laisse pas tomber le marché APS-C qui est d’ailleurs celui qui génère le plus de vente.

Après un excellent K-70, voici donc le KP, le nouveau reflex APS-C signé Pentax, dont il conviendra de se demander le segment occupé.

 

 

Présentation du Pentax KP

Quand on prend le KP dans les mains la première fois, c’est un sentiment étrange qui étreint l’utilisateur. Pour peu que ce soit la « petite « poignée » qui soit installée (nous y reviendrons), on a un sentiment de retour en arrière. Comme si on avait entre les mains un boîtier d’autrefois, un boîtier argentique. Mais contrairement au revival tenté par Nikon avec son Df et ses molettes à l’ancienne, le KP est moderne, sans conteste. Visuellement, le KP est un mélange réussi entre le K1000 (reflex argentique), le K-3 et le K-1. Même le 645Z lui a apporté un petit quelque chose.

La disparition de la grosse poignée qui permettait une franche tenue en main est déconcertante. Sans doute pour éviter une trop grande levée de boucliers, Ricoh-Imaging a décidé de livrer, du moins pour le monde occidental, 3 poignées dans la boîte. À charge pour l’utilisateur de changer (l’outil se trouve avec le CD). Quand c’est la petite poignée qui est montée, le boîtier ressemble encore plus à un reflex argentique, sans sacrifier totalement à la prise en main qui reste agréable. Néanmoins, à l’usage, c’est la « moyenne » ou la « grosse » poignée qui permettront le meilleur confort. Cela dépendra grandement des mains et de la préhension qu’aura chacun du boîtier.

 

 

Des disparitions

Il convient de noter que la disparition de la poignée traditionnelle a induit de nombreux choix. C’est ainsi que la batterie D-LI 109 a pris place dans ce boîtier et qu’il n’y a qu’un seul slot de carte SD. Toujours au rayon des disparitions, le module GPS. Ces changements ne satisferont pas certains qui n’hésiteront pas à exprimer leur mécontentement sans aucun doute. Et ce seront sans doute les mêmes qui se plaignaient hier de la disparition du flash au profit d’un module GPS peu intéressant à leurs yeux, qui se plaindront du contraire.

Mais, même si l’électronique est capable de miracle, il est difficile parfois de conserver toute la connectique, 2 lecteurs de cartes, le flash, le GPS, le tout en réduisant la taille du boîtier.

 

 

Premier contact avec le boîtier

Dès la prise en main, c’est l’impression de solidité qui domine. Le revêtement extérieur ressemble à celui utilisé pour le K-3. La seule pièce dont l’aspect est plastique reste le capot du flash. Intérieurement, le châssis est en magnésium et le corps, en polycarbonate. On ne peut guère en demander plus.

La finition est, encore une fois chez Pentax, tout temps avec pas moins de 67 joints d’étanchéité. Le boîtier supportera sans broncher une averse, même tropicale ou les embruns (attention toutefois à l’objectif si ce dernier n’est pas WR !). Côté température, il devrait supporter les -10° et c’est peut-être vous qui direz stop avant lui.

Pentax semble prendre goût à l’écran orientable. Cette fois-ci, c’est le MF 645Z qui apporte son écot, en lui proposant son articulation. Résultat, l’écran est seulement orientable dans le sens vertical, avec possibilité de l’incliner vers le haut ou le bas. Le mode selfie n’est donc pas possible. Ce type d’orientation devrait suffire à la grande majorité des utilisateurs. Mais nous déplorons des angles d’inclinaison, certes suffisants, mais finalement trop réduits. C’est dommage.

KP, écran orientable

KP, écran orientable

 

Côté ergonomie, Pentax propose les recettes habituelles qui ont fait son succès, et l’intégration de la troisième molette, apparue avec le K-1.

K-1 & KP, vue légèrement de dessus

K-1 & KP, vues légèrement de dessus

 

On notera que vu de dessus, le Pentax KP à un air de ressemblance indéniable avec le K-1, mise à part la disparition de l’écran de rappel sur la droite.

 

 

Principales caractéristiques techniques

Si extérieurement le KP est un Pentax qui emprunte grandement sa filiation esthétique au K1000 et au K-1, ce boîtier est un pur APS-C. Des K-3II et K-70, il conserve quelques caractéristiques, mais de nombreux éléments semblent nouveaux. Le capteur de 24mpx n’est pas celui du K-3, mais d’une nouvelle génération capable de monter très haut dans les ISO. Il se murmure qu’il serait meilleur dans la tenue des hauts-iso que le capteur équipant le D500 de Nikon.

La vitesse d’obturation de l’obturateur mécanique traditionnel va de 1/6000s à 30s, la synchro flash est fixée à 1/180s. Soit les mêmes vitesses que celles du K-70, et donc en régression par rapport aux K-3 et K-3II, les actuels boîtiers du segment « expert ».

Comme le K-3II, le K-1 et le K-70, le KP est pourvu d’un obturateur électronique. Mais là où ce dernier était cantonné dans des tâches subalternes avec les autres boîtiers, Pentax va nettement plus loin désormais. Le KP peut en effet proposer des prises de vues allant jusqu’à 1/24000s !

Caractéristiques techniques - Cliquez pour déployer

CAPTEURFormat APS-C de 24Mpx Définition totale de 24,96mpx - Définition effective : 24,32mpx
MONTURE COMPATIBILITÉMonture K : Baïonnette KAF2 (coupleur AF, contacts d’information, contacts d’alimentation) avec Motorisation Autofocus disponible par le boîtier Objectifs en montures KAF4, KAF3, KAF2 (compatible powerzoom), KAF, KA
VISEUR ECRANPentaprisme. Couverture 100% grossissement 0,95x (soit 0,63x en équivalent 24x36) Dépoli naturel-brillant-mat III interchangeable Orientable de 3 pouces - 921,000 pixels Fonction de visée nocturne (night vision red light)
MISE AU POINTTTL : mise au point automatique - Autofocus à corrélation de phase TTL Capteur de mise au point : SAFOX 11 27 points AF (25 points de mise au point de type croisé au centre) Plage de luminosité: -3 à 18 IL (ISO 100, à température normale) Processeur PRIME
AUTOFOCUSAF S (mise au point unique) AF C (mise au point continue) AF A (sélection automatique entre mode AF S et AF C) Assistance AF par LED dédiée
MESURE D'EXPOSITIONTTL avec capteur RGB de 86000 cellules. Matricielle, pondérée centrale et spot. Correction d'exposition ±4 IL (de -2.0 à +1.0 IL), par incrément de 1/2 IL ou 1/3 IL
MODES D'EXPOSITIONAnalyse de scène auto, Programme, Priorité à la sensibilité, Priorité à la vitesse, Priorité à l'ouverture, Priorité à la vitesse et à l'ouverture, Manuel, Bulb, USER1, USER2, USER3, USER4, USER5
VITESSE OBTURATIONAuto : 1/6000-30 s ; Manuel : 1/6000-30 s Pose B & Pose T possible de 10s à 20mn Obturateur électronique : Auto, de 1/24000s à 30s ; Manuel, de 1/24000s à 30s Synchro flash : 1/180s
MOTORISATIONRafale : de 0,8 à 7 i/s env. A 7i/s, jusqu'à 18 images JPEG ou 8 images RAW
SENSIBILITÉ ISO100 - 819 200 ISO (les pas IL peuvent être réglés sur 1 IL, 1/2 IL ou 1/3 IL)
STABILISATIONSR II sur 5 axes, Intégré au capteur
FLASHFlash P-TTL Intégré rétractable, NG = env. 6
FILTRE PASSE-BASOFF, Type 1, Type 2, Bracketting
ANTIPOUSSIEREOui
TROPICALISATIONOui
MÉMOIRE1 emplacement Carte mémoire SD, SDHC ou SDXC (conforme aux normes USH-1)
FORMAT IMAGEPhoto RAW (14 bits) PEF ou DNG en 6016x4000 pixels JPEG: L (24M: 6000x4000), M (14M:4608x3072), S (6M:3072x2048), XS (2M:1920x1280) Vidéo Full HD (1920x1080, 60i/50i/30p/25p/24p) HD (1280x720, 60p/50p)
AUTRESPixelShift Focus Peaking GPS via module O-GPS1 Grip D-BG7 permettant l'utilisation d'une batterie D-LI 90
DIMENSIONS101 x 131,5 x 76 mm
POIDS0,624kg sans la batterie / 0,703kg avec la batterie
CONNEXIONUSB 2 (micro B) - Vidéo HDMI via adaptateur SlimPort-HDMI WiFI 802.11 b/n/g Alimentation externe, Entrée microphone stéréo, Télécommande (jack ø3,5 mm)
ALIMENTATIONBatterie Lithium-ion Battery D-LI109 (400 images env.)

Boîtier et fonctionnalités

L’abandon, en terme de design, de la poignée proéminente modifie quelque peu le boîtier et ses fonctionnalités. Tout simplement parce que la place disponible sera moindre. Ce qui explique sans doute, du moins en partie, certaines disparitions. Mais, dans la tradition Pentax, le KP propose un boîtier solide et efficace. Avec un poids raisonnable de 700gr qui ne se ressent pas, même après quelques heures d’utilisation.

 

 

Ergonomie

Trois molettes de contrôle

Venu du K-1, le KP possède 3 molettes : sous le pouce pour l’un, sous l’index pour la deuxième et sur le dessus pour la troisième. Les deux premières permettent de modifier à la volée les principaux paramètres (ouverture et vitesse) selon le mode dans lequel on se trouve. Il est dommage que la concurrence continue de les réserver uniquement à la gamme expert, le confort étant nettement supérieur.

La vraie nouveauté du KP est la déclinaison du système apparu avec le K-1, la molette des fonctionnalités et sa molette de contrôle dédiée. Certes, de base, moins de fonctions sont implémentées. Mais Pentax permet une personnalisation de 3 curseurs (C1 à C3). On peut ainsi attribuer à l’un d’eux le contrôle des ISO. Ainsi, en mode Manuel, l’utilisateur peut instantanément contrôler les 3 paramètres, ouverture, vitesse et ISO.

En rouge, les deux molettes "traditionnelles", en bleu les molettes de fonctionnalités

En rouge, les deux molettes « traditionnelles », en bleu les molettes de fonctionnalités

 

 

Trèfle de fonctions et touche ISO

On retrouve ici l’ergonomie des boîtiers moyens de gamme, mais avec le design « haut de gamme ». Cette ergonomie facilite l’accès aux options. Y compris pour le trèfle de sélection des fonctions de sensibilité, d’activation du flash, de cadence (rafale/retardateur/surimpression/timelapse) et de balance des blancs. Petite surprise, le mode télécommande a disparu. Désormais, il faudra utiliser le logiciel ImageSync sur un smartphone pour pouvoir télécommander le KP. Ou investir dans une télécommande filaire. C’est un choix surprenant que fait là Pentax, tous les utilisateurs n’ayant pas forcément de smartphone.

K-70, KP et K-3 vue de dos

K-70, KP et K-3 vus de dos

 

Inhérent aux gammes non « Expert », la touche ISO voit son fonctionnement partagé avec le déplacement du collimateur AF. En pratique, on ne peut donc modifier, en mode Manuel, les ISO et en même temps contrôler le déplacement du collimateur AF. Le couple molette des fonctionnalités/molette de contrôle change la donne. Et ce qui pouvait être considéré comme problématique pour un boîtier haut de gamme ne l’est donc plus puisque l’on peut contrôler les ISO directement en mode Manuel. Un net avantage.

 

 

Les autres touches de contrôle et de fonctions

L’absence d’un second écran LCD déporté sur le dessus du boîtier ne se fera pas sentir pour de nombreux utilisateurs, les infos étant disponibles sur l’écran arrière ou dans la visée. Néanmoins, on peut considérer qu’il s’agit d’un des signes indiquant que le KP n’est pas le boîtier expert, remplaçant du K-3/K-3II.

 

La touche info

La touche INFO, en mode prise de vue, permet d’accéder directement à un écran d’information qui reprend les principales fonctions et/ou options sélectionnées. Cet écran permet en un seul coup d’œil de vérifier les choix de paramètres en cours et de les modifier sans aller dans les menus de l’appareil. Et surtout, cet écran peut être personnalisé en fonction de vos besoins, ce qui est très utile.

Touche Info

Touche Info

 

En mode lecture, cette touche INFO s’avère également très utile, puisqu’elle indique un certain nombre de renseignements comme les paramètres de prise de vue. Mais, comme pour le K-1, elle va aussi indiquer le collimateur utilisé.

Info en mode lecture

 

Le contrôle de réduction du bruit ISO par palier est présent. Cela permet de désactiver ou de choisir les actions de réduction de bruit au niveau du boîtier avant un certain seuil.

 

Les touches personnalisables fx

Trois boutons fx sont disponibles : le bouton RAW/fx1 reste toujours disponible sur le flanc gauche. Le bouton « Horizon automatique » à droite du viseur, est le bouton fx2. Et c’est le bouton de correction d’exposition qui devient à son tour personnalisable (fx3). Ces touches peuvent avoir un comportement différent, il suffit de changer leur attribution dans les menus.

Reste le bouton vert qui permet de réinitialiser les paramètres de prise de vue. Il a repris sa place habituelle, à l’arrière, disponible sous le pouce. Dans cette position, il est moins facile de le déclencher intempestivement. L’expérimentation de réglages, parfois hasardeux, ne pose plus de soucis, car d’un seul geste, on remet les réglages en position neutre.

Petite disparition à noter avec la perte du contrôle de la profondeur de champ, historiquement sur le bouton d’allumage. Sans doute par manque de place, il a disparu. Mais pour les utilisateurs de cette fonctionnalité, il est possible de l’attribuer à une des touches de fonction (par exemple fx3 pour l’avoir sous le doigt).

 

 

La visée

Alors que des rumeurs faisaient état d’un mirrorless pour le KP, il n’en est rien. Pentax a conservé le viseur pentaprisme, avec une visée proche de 100%. En terme de luminosité, il est similaire à ce que propose le K-3/K-3II. Cette visée est donc claire, mais moins que celle du K-1 qui, désormais, est la référence.

De nombreuses informations sont disponibles pour faciliter la prise de vue, comme le report des paramètres de vitesse, d’ouverture, d’ISO ou encore l’inclinaison de l’appareil (niveau électronique). Petit changement qu’il conviendra de noter, désormais l’indicateur de la sous-exposition ou de la surexposition est sous forme de chiffre (de -5 à +3), dans le coin inférieur droit.

 

 

L’écran

L’écran LCD est le même que celui du K-70, avec une définition identique (921 000 points pour 7,6cm de diagonale). Le verre est renforcé pour une meilleure protection et traité antireflets. On notera que l’écran n’est toujours pas tactile, au grand dam de nombreux journalistes qui en ont fait un cheval de bataille important. Un écran tactile peut avoir un certain intérêt ludique lors de la lecture des photos.

Mais c’est surtout lors d’une utilisation en mode liveview, afin d’indiquer l’endroit où effectuer la mise au point, qu’il se révèle intéressant. Un écran tactile est-il important dans une logique photographique ? Sans doute pas. Néanmoins, il y a une frange de la population que Pentax met de coté en faisant l’impasse. Surtout pour les boîtiers du segment « moyen de gamme ».

 

 

Les menus

Les menus du KP sont en ligne directe avec ce que Pentax propose depuis quelques années, avec cet aspect « classieux » des plus agréables en terme de confort visuel. Sans fioritures, les menus sont simples et efficaces. Ils sont fortement inspirés par ceux du K-1 et du K-70.

  • « Prise de vue » comporte 5 pages. Comme pour le K-70, en page 1, on trouve un sous-menu dédié à l’AF en visée optique, et un autre pour l’AF en Liveview, avec, dans chaque cas, de nombreuses options. C’est en page 2 que l’utilisateur pourra choisir entre l’obturateur mécanique et l’obturateur électronique (choix qui pourra aussi être fait via la personnalisation du menu INFO). Et en page 5, vous pourrez personnaliser certainsboutons et molettes.
  • « Vidéo » sur 2 pages
  • « Lecture »
  • « Préférences ». Le formatage des cartes mémoires est en page 4.
  • « Réglages personnalisés ». On notera l’apparition d’un mode « extinction auto du SR » si on utilise le retardateur (page 3, ligne 19).

 

 

Cadence et déclenchement

Le mode rafale permet de prendre des photos à une cadence de 7 images par seconde. Ce qui est suffisamment performant pour la majeure partie des usages de cette gamme de reflex. Malheureusement, la rafale ne tient que sur environ 8 RAW avant que la cadence ne baisse drastiquement. Soit à peine une seconde, ce qui est trop peu pour cette gamme. Pentax a, semble-t-il, été trop chiche en terme de mémoire tampon et c’est dommage. Il faudra donc utiliser une carte de qualité, avec une très bonne vitesse d’écriture.

Reste le bruit du déclenchement en lui-même. En mode ‘obturateur mécanique’, le bruit est plus atténué que ceux d’un K-50 ou d’un K-3. En mode ‘obturateur électronique’, le bruit du déclencheur reste présent, même s’il est encore plus atténué. Néanmoins, il y a un goût de frustration malgré tout, car il reste présent.

Si le bruit du déclenchement en extérieur n’a souvent que peu d’impact, il en est tout autre en intérieur, dans une salle, une église ou autre lieu où le silence doit être d’or. Avec le KP, Pentax a fait un effort considérable dans la bonne direction.

 

 

Stabilisation

Pour rappel, ce qui a fait une des forces de la gamme APS-C de Pentax, c’est qu’elle intègre un système de stabilisation mécanique du capteur. Ce dernier se déplace afin de compenser les mouvements du boîtier. En pratique, lors d’une prise de vue à des vitesses lentes, le gyroscope compense le bougé par déplacement du capteur. Comme le système est intégré au boîtier, toutes les optiques compatibles en monture K sont stabilisées.

Stabilisation SR II, sur 5 axes

Stabilisation SR II, sur 5 axes

 

Ce système de stabilisation est sur 5 axes, permettant de gagner environ 4 à 5 IL en vitesse.

Pentax utilise les microdéplacements du capteur pour d’autres fonctionnalités comme le nettoyage du capteur par vibration ultrasonique, la simulation du filtre passe-bas anti-moiré, ou le Pixel-Shift Résolution.

 

 

Autofocus

On reste sur un classique SAFOX 11, apparu avec le K-3. Rien de nouveau par rapport à ce que l’on connaît déjà. La mesure d’exposition s’effectue via une cellule RGB de 860 000 zones, tandis que l’autofocus utilise toujours 27 collimateurs (dont 25 en croix) et tous centrés. Le collimateur central est en f/2.8.

27 collimateurs, dont 35 en croix

27 collimateurs, dont 35 en croix

 

Le module AF fonctionne de -3 IL à 18 IL, il est donc sensible en basse lumière (-3 IL). En condition réelle, il accroche sa cible assez facilement en basse luminosité (surtout si l’assistance AF est allumée).

Des tests sur 8 photos en mode rafale H, avec AF-C enclenché et les collimateurs en mode suivi (choix 9 collimateurs rouges). Le sujet était un vélo en déplacement. Le résultat s’est montré très surprenant pour un Pentax. Si avec la génération K-3/K-3II, le nombre de photos floues était important, avec le KP, aucun raté. Du moins, presque. Sur les 4 séries de tests (8 photos à casques fois), toutes ont été réussies, sauf une photo ! Un oiseau étant passé pile-poil au même niveau que le sujet suivi…

Suivi AF, part 1 - 1/800s - f/7.1 - ISO 250

Suivi AF, part 1 – 1/800s – f/7.1 – ISO 250

 

Suivi AF, part 2 - 1/800s - f/7.1 - ISO 250

Suivi AF, part 2 – 1/800s – f/7.1 – ISO 250

 

Manifestement, Pentax a fait un progrès intéressant en matière de suivi AF.

 

 

Liveview

Le Liveview reste encore à la traîne malgré un gain sensible en rapidité. Il est certes possible de déterminer le point de visée, donc de mise au point. Et il y a bien des avancées avec la détection des visages ou le suivi des sujets se déplaçant. Il semble similaire à ce qui est proposé sur le K-70.

 

 

Flash

Un flash pop-up est intégré. Il permet de déboucher en urgence un contre-jour, sans sortir le flash externe. Mais attention, son intensité est faible, de nombre-guide 6. Dans un sens, c’est tant mieux, car les flashs pop-up sont souvent mal utilisés, créant souvent des désagréments avec des ombres parasitaires sur les photos (celle de l’objectif et/ou celle du pare-soleil) et lumières trop vives qui surexposent, voir qui crament carrément le cliché.

On notera que la vitesse de synchronisation est d’1/180s tandis que la prise synchro flash a disparu (et, corollaire, l’absence du mode X).

 

 

GPS et WiFi

Pour pouvoir utiliser le GPS, il faut acheter le module O-GPS1 et l’installer sur la griffe flash. Toutes les photos peuvent donc avoir les coordonnées géographiques incluses dans les données Exif, à cette condition. L’ajout du O-GPS1 permet de gagner un mode boussole ainsi que la fonction astrotraceur, qui permet les clichés de nuit du ciel sans trainées d’étoiles (Pose B). Le module est pris en charge dans les menus.

Attention, ce module se fixant sur la griffe flash en dessus du boîtier, il ne sera pas possible d’utiliser en même temps le flash pop-up.

 

Le WiFi est, quant à lui, natif. Il permet de contrôler le boîtier via une app iOS ou Android. Le smartphone devient alors une télécommande évoluée, prenant le contrôle total du boîtier (liveview distant, focale, vitesse, ouverture, iso et correction d’exposition). C’est déjà fonctionnel avec la version 1.1.3 d’Image Sync qui existe pour iOS ou Android (les explications fournies sur ImageSync dans cet article consacré au K-1 restent valables pour le KP). Attention, il n’y a pas de mode télécommande. Ces dernières (dont la O-RC1) ne fonctionneront donc pas, seul le smartphone fait désormais office de télécommande.

Note : pour avoir le liveview sur l’écran de votre smartphone, il faut que le KP soit en mode vue simple. Si la rafale est activée, le tethering sera inactif avec un écran noir sur votre smartphone.

 

 

Pixel Shift Resolution

Ce procédé permet d’obtenir des images de meilleure qualité. Il s’agit de tenter de dépasser les limites de la matrice de Bayer (système permettant au capteur de « voir » les couleurs). Pour ce faire, Pentax utilise les possibilités de microdéplacement du capteur pour prendre 4 vues et les fusionner en une seule photo. En théorie, cela permet d’obtenir une image de meilleure définition. Avec comme impératif, l’utilisation d’un trépied.

Si DxO ne sait pas gérer ce type d’image (et il n’est pas sûr que cela se fasse un jour). Il convient donc utiliser soit le logiciel fournit par Pentax pour obtenir un TIFF, soit Lightroom (dans une version post 6,5).

Note : DxO ne prend pas encore en charge le KP. Lightroom est capable de gérer les RAW du KP si le format DNG est choisi (les PEF ne sont pas encore pris en charge).

 

 

Vidéo

Elle est au format Full HD. Si par défaut le mode AF est l’AF-S, le KP permet la mise au point automatique en continu (AF-C). Cette nouveauté n’est disponible que pour les objectifs PLM ou DC, mais c’est avec les premiers que le KP s’en sort le mieux. La mise au point continue semble plus efficace. C’est dans le menu « Vidéo », page 1 – ligne 2, que le panneau de configuration donne l’accès aux modes AF. 

C’est en mode vidéo qu’un écran tactile prend tout son sens, pour changer de zone de mise au point vidéo par exemple. C’est typiquement une application intéressante, l’utilisation du trèfle étant plus lente pour changer le collimateur de place.

Pour le son, le micro intégré est stéréo. Une prise permet de brancher un micro externe. Attention, la même prise sert à la télécommande filaire. Un menu permet de choisir entre une détection automatique et une détection forcée micro ou télécommande filaire.

Côté résultat, si Pentax n’a pas (encore) fait de ce créneau un axe majeur, les résultats sont honorables, sans être exceptionnels. Le KP dispose de bonnes qualités vidéo même si la 4K est absente. Pentax ne semble toujours pas croire aux besoins vidéo des photographes.

 

 

Carte mémoire

Un seul emplacement pour cartes SD, compatibles avec toutes les normes actuelles jusqu’à l’UHS-I. Au vu de la taille des fichiers produits et d’un buffer réduit, nous vous conseillons des cartes de 16Go minimum, avec une vitesse d’écriture réelle d’au moins 50Mo/s.

 

 

Consommation

La batterie D-LI109 est celle déjà utilisée pour le K-70 ou le K-S2. Elle permet de prendre environ 350 clichés à pleine charge (source Ricoh). Cette consommation dépendra aussi de vos réglages, comme l’utilisation du liveview. Une seconde, voire une troisième batterie, est très conseillée, pour éviter de se retrouver sans énergie lors d’une sortie photo.

Pentax a mis en vente un grip dédié au KP. Ce grip, le D-BG7, permet d’utiliser une batterie D-LI90. Ce grip permet donc une meilleure prise en main du KP tout en apportant une source d’énergie supplémentaire bienvenue.

Grip D-BG7

Grip D-BG7

 

 

Connectivité

La connectivité se limite à l’essentiel :

  • une entrée micro ou télécommande filaire, à gauche ;
  • une prise d’alimentation, à gauche ;
  • une prise USB de type micro B, à droite.

Pas de prise HDMI. Il faudra investir dans un adaptateur spécial à brancher sur le port USB pour en disposer. Cet adaptateur n’est pas livré en standard.

 

 

 

Prise de vue et traitement des images

 

Corrections optiques

Le KP intègre une fonctionnalité de correction des déformations optiques. Ce système fonctionne uniquement avec les objectifs Pentax. Performante, la correction peut néanmoins être importante à grande ouverture (perte en précision possible et recadrage).

Pentax propose également la correction des aberrations chromatiques, le vignettage et la diffraction en Post-Traitement. N’hésitez pas à activer ces différentes options, surtout si la prise de vue s’effectue en JPEG (pour les fichiers RAW, ces opérations sont préférables en Post-Traitement).

 

 

Mode Auto, modes Scène et mode Users

Contrairement au K-70 qui se destine aux débutants ou aux amateurs, le KP affiche ici sa filiation avec les APS-C haut de gamme. Sont supprimés tous les modes scéniques liés au mode AUTO. Il ne reste donc que ce dernier. Plus les modes habituels que sont Av, Tv, Sv, Tav, P ou encore le mode B. Malheureusement, pas de prise synchro X, encore un petit détail qui laisse penser que ce boîtier ne vise pas le segment expert.

Un point sur les modes Users. Ils sont au nombre de 5, soit autant que pour le K-1. Ces modes Users permettent de disposer de ses propres presets de prise de vue et de développement. Par exemple, on peut préparer un mode de prise de vue en Noir et Blanc, avec une vitesse 1/200s, une ouverture à f/9, l’ISO à 125, la clarté activée et la compensation des ombres active également. Une fois sauvegardé (menu « Prise de vue, page 5, Ligne 7), il suffira de mettre le sélecteur sur l’user dédié pour retrouver immédiatement ces réglages.

Mode Users : U1 à U5

Mode Users : U1 à U5

 

Petite attention de la part de Pentax, ces modes users ont été préparamétrés, proposant par défaut HDR Landscape (U1), Macro (U2), Astrophoto (U3) et Manual Lens (U4). De quoi déjà commencer !

 

 

Traitement des JPEG

En JPEG, le boîtier propose le contrôle de finition de l’image qui offre de nombreuses personnalisations de l’image (lumineux, naturel, éclatant, monochrome, etc.). Par défaut, c’est le mode de correction/développement des JPEG « lumineux » qui est activé. L’accentuation de l’image est faible et les couleurs sont légèrement poussées. Le dosage des accentuations est correctement étalé. Ce mode par défaut produit des images JPEG de qualité et agréables à voir, à l’écran ou sur papier. Le contrôle de personnalisation de l’image est disponible via les menus (première page, première ligne du menu « Prise de vue »). Il est également accessible en utilisant la touche Info.

Deux fonctions d’accentuation avancées pour les tons chair (Type 1 et Type 2) sont disponibles, avec une analyse fine réalisée sur la luminosité de tous les sujets, sur la couleur du visage, des mouvements, etc.

L’outil clarté, comparable à l’outil du même nom chez Lr, permet d’ajouter de la texture et de la profondeur aux objets, afin de les rendre plus réalistes. Attention tout de même à cet outil dont les effets peuvent se révéler parfois désastreux. Cet outil appliquant des transformations assez importantes à l’image, il nécessite des ressources matérielles plus importantes. Un net ralentissement est constaté lors de l’enregistrement des images. Le boîtier reste alors bloqué (même en mode rafale), tant que l’image n’a pas été traitée et enregistrée. Nous vous conseillons donc de tester cet outil avant un usage réel, afin de déterminer si les apports en valent la peine.

 

 

Qualité d’image

En l’absence de batterie de mesures faites en laboratoire pour nos tests (volonté délibérée, car ce n’est pas notre vocation), nous souhaitons apporter un point de vue utilisateur et essentiellement photographique.

Le capteur APS-C est de type CMOS de 24Mpx (24,32Mpx effectifs) avec une plage de sensibilité ISO allant de 100 à 819 200. Cette dernière valeur est positivement délirante.

 

 

Images JPEG

Par défaut, c’est le mode de correction/développement des JPEG « lumineux » qui est activé. L’accentuation de l’image est faible alors que les couleurs sont légèrement poussées. Sans suraccentuation, l’image proposée est propre. Ce mode par défaut produit des images JPEG de qualité et agréables à voir, à l’écran ou sur papier. L’utilisateur peut choisir d’autres rendus comme « Éclatant », « Neutre » ou encore « Monochrome ».

 

JPEG boitier - 1/60s - f/11 - ISO 100

JPEG boîtier – 1/60s – f/11 – ISO 100

Les fonctions compensation des ombres et compensations des hautes lumières, quand elles sont activées, se montrent également très efficaces. Surtout pour les photos avec de forts contrastes en termes de lumière.

 

Fichiers RAW

Le fichier RAW est celui qui ouvre le plus de possibilités en développement Post-Traitement. La résolution sur 14bits permet un gain supplémentaire. Au développement, on peut récupérer plus de détails dans certaines zones et mieux maîtriser les blancs et les noirs.

 

 

Traitement ISO

En proposant 819 000 ISO, Pentax met symboliquement la barre très haute. En pratique, rares seront les personnes qui utiliseront réellement ces hauts iso. À part faire des photos témoins de zone très sombre, afin de dire « j’y étais ». Mais ce qui se cache derrière ce chiffre, c’est la possibilité d’utiliser de manière régulière des hauts iso, mais dans une zone plus modeste.

En faisant des tests, on s’aperçoit que la tranche 1600-6400 ISO est utilisable sans problème, y compris pour des tirages grands formats. Entre 6400 et 12 800, du bruit apparaît, mais rien qui pose des problèmes rédhibitoires. Ce qui est assez fantastique.

Pour preuve, voici deux exemples de photos prises à 12 800 ISO et à 25 600 ISO, sans aucune retouche ou traitement. Il s’agit des fichiers RAW simplement exportés en JPEG sous Lightroom.

KP - 1/125s à f/5 - ISO 12800 - 38mm

KP – 1/125s à f/5 – ISO 12800 – 38mm

 

KP - 1/125s à f/7,1 - ISO 25600 - 40mm

KP – 1/125s à f/7,1 – ISO 25600 – 40mm

 

 

 

Tarif et concurrence

Tarification

Deux modèles du Pentax KP sont proposés à vente, la version noire normale et une version silver très esthétique.

Le KP, en boîtier nu uniquement, est disponible au tarif de 1 299 €. Ce boitier mériterait un prix plus agressif car positionné ainsi, il se met sur le segment Expert occupé par le K-3II qu’il ne remplace pas.

 

 

KP ou K-70 ou K-3 II ou… ?

Cette question mérite d’être posée. Sur le papier, non seulement les 3 modèles cités se partagent un capteur de 24mpx, mais aussi un certain nombre de technologies identiques. Comme le PixelShift, la norme KAF4 ou encore l’obturateur électromagnétique.

En terme de qualité de fabrication, le KP se classe dans la catégorie haut de gamme. Ce que n’est pas le K-70. Et en terme de fonctionnalités, le dernier modèle les surclasse tous. Mais, pour diverses raisons, nous ne considérons pas que le KP soit le remplaçant pur et dur du K-3/K-3II. En effet, il existe quelques absences indispensables et signes (« mid-class model » sur le site japonais) qui peuvent laisser penser qu’un vrai boîtier expert pourrait avoir sa place chez Pentax, sans doute dans la zone des 1 500 €.

 

 

 

Conclusion

Avec le KP, Pentax renouvelle sa vision d’un boîtier APS-C, capable de rivaliser avec des boîtiers concurrents. Car, s’il n’est pas un expert, ce boitier entre dans la catégorie des haut de gamme, de par ses fonctionnalités et son prix. Sorte de K-1 version APS-C, capable de tenir dans une poche de veste pour peu qu’on utilise le DA 21 ou le DA 40, il livre des images de très bonne facture.

 

Les Plus

  • Un 24mpx haut de gamme
  • Écran orientable
  • WiFi
  • Gestion du bruit électronique efficace jusqu’à 12 800 ISO
  • Sensibilité en basse lumière

 

Les moins

  • Vidéo qui reste pour le moment en retrait (en attendant les objectifs PLM ?)
  • L’absence d’écran tactile pour la cible choisie
  • La non-intégration du GPS
  • Un prix trop élevé

Note

Note : 4,5/5

 

Appréciation PENtax Klub

Le KP s’inscrit à la fois dans la continuité de ce que Pentax sait faire (bonnes performances, des qualités « expert » dans tous les boîtiers) tout en améliorant et apportant de nouvelles fonctionnalités appréciables. Le capteur est très maîtrisé par Pentax et produit d’excellentes images.

Mais c’est un sentiment mitigé qui domine. D’un côté, nous avons entre les mains en boîtier d’exception en terme de fonctionnalités et en terme de gestion des ISO. De l’autre côté, c’était un boîtier expert, remplaçant du K-3II qui était attendu. Or ce n’est pas le cas. Ce qui devrait décevoir certains.

Pourtant, le KP est un boîtier attachant, qui sait se rendre discret. Le couple KP & DA-21 est même un régal. Avec son look nouveau, son aspect K-1 allégé et sa capacité à produire des images de grande qualité, ce boîtier est une réussite.

 

Approved

 

 

L’avis particulier de Micaz

Avec le KP, Pentax a réussi à conjuguer esthétique et efficacité technique pour présenter un boîtier de haut niveau. La qualité des images est excellente, la montée en ISO parmi les meilleures dans le monde des APS-C. On regrettera toutefois l’absence de mode télécommande, qui contraint à utiliser un smartphone et Image Sync et l’absence d’une commande directe pour le test de profondeur de champ, utile dans bien des domaines, qui contraint, elle, à « sacrifier » un autre bouton.

 

L’avis particulier de Valia

L’impression est positive. La prise en main est bonne et agréable. Le poids réduit étonne d’abord pour séduire très vite ensuite. L’ergonomie est très pensée comme d’habitude chez Pentax, malgré quelques changements nets. On se fait rapidement à la molette avant verticale, ainsi qu’au déclencheur calé sur le boîtier, à l’ancienne. Les 3 poignées, loin d’être un gadget permettent de configurer le KP en fonction du type de main de l’utilisateur. Réactivité, bruit et confort de visée sont au rendez-vous. Belle réussite globale. Un seul point noir : pas de télécommande prévue sur le boîtier essayé. À suivre.

 

 

Galerie

Photos non post-traitées (sauf deuxième photo recadrée)

1/400s - f/8 - ISO 320 - Sigma 17-50/2.8

1/400s – f/8 – ISO 320 – Sigma 17-50/2.8

 

1/125s - f/4.5 - ISO 320 - Sigma 17-50/2.8 (recadré format carré)

1/125s – f/4.5 – ISO 320 – Sigma 17-50/2.8 (recadré format carré)

 

1/800s - f/8 - ISO 100 - DA 20-40 ltd

1/800s – f/8 – ISO 100 – DA 20-40 ltd

 

1/80s - f/8 - ISO 125 - DA 20-40 ltd

1/80s – f/8 – ISO 125 – DA 20-40 ltd

 

1/250s - f/7,1 - ISO 125 - DA 20-40 ltd

1/250s – f/7,1 – ISO 125 – DA 20-40 ltd

 

1/400s - f/8 - ISO 200 - Sigma 17-50/2.8

1/400s – f/8 – ISO 200 – Sigma 17-50/2.8

 

1/100s - f/9 - ISO 1000 - Sigma 17-50/2.8

1/100s – f/9 – ISO 1000 – Sigma 17-50/2.8

 

 

 

 

Crédit photos : Fyve – Photos boîtier : © Ricoh-Imaging – Cliquez sur les photos pour agrandir