[TEST] Tamron 28-75 mm XR Di f/2.8

Cette prise en main a été effectuée avec les Pentax K-1 et K-3

 

Le photographe pentaxiste, malgré son affection pour sa marque favorite, n’a pas toujours les moyens financiers de s’offrir les optiques de la même marque que son boîtier. C’est du reste la même chose pour les autres fabricants d’appareils photo. Les opticiens indépendants l’ont bien compris depuis longtemps. Même si, en 2016, ils ne sont plus très nombreux sur le marché, même si, au surplus, ils ont une fâcheuse tendance à négliger la monture K, ils continuent de produire quelques objectifs pouvant équiper nos boîtiers APS-C et, depuis quelques jours, le K-1, premier reflex 24×36 numérique de Pentax.

Parmi ces objectifs, il en est un – mais ce n’est pas le seul – qui présente de grandes qualités tout en étant utilisable sur les deux formats de capteur : c’est le Tamron 28-75 mm XR Di f/2.8.

Le présent test vise à comparer les résultats de son utilisation sur les deux formats.

Présentation de l’objectif Tamron 28-75 mm XR Di f/2.8

Disponible depuis juin 2008, ce zoom Tamron est probablement l’un des plus populaires : il existe pour chacune des principales montures d’objectifs : Canon, Nikon, Pentax et Sony. C’est, à l’heure actuelle, le plus petit et le plus léger du marché dans sa catégorie. On notera que Tamron garantit désormais ses objectifs pendant une durée de 5 ans : il suffit de les enregistrer sur le site www.tamron.eu dans les 2 mois après l’achat (neuf, bien entendu !)

Prise en main

Revue de l’objectif

Si, sur un boîtier 24×36, cet objectif peut être considéré comme un « grand-angle / Petit télé », il n’en va pas de même sur APS-C où sa focale minimale, équivalente à 43 mm, ne vous dispensera pas obligatoirement d’emporter dans votre sac un vrai objectif grand-angle, surtout si vous voulez faire des photos en intérieur ou des photos de paysages. Encore que, dans ce dernier domaine, on peut aussi, dans certaines conditions, photographier des paysages au téléobjectif !

Par ailleurs, on ne saurait le comparer aux différents 24-70 mm du marché : il est bien plus léger, mais aussi bien moins polyvalent : la focale minimale, plus longue de 4 mm, sera un inconvénient alors que le poids sera un avantage. N’oublions pas qu’en APS-C, l’équivalent approximatif, en angle de champ, du 28-75 mm est plutôt le… 18-55mm ! Alors que l’équivalent du 24-70 mm serait plutôt le 16-50 mm.

Certes on est loin de la construction d’un D FA 24-70 mm Pentax, mais, bien qu’il s’agisse de polycarbonate, la construction de ce 28-75 est très correcte. Les bagues tournent sans à-coup et sans point dur, elles sont parfaitement fluides.

Zooming et mise au point

Pour passer de 28 mm à 75 mm, le fût s’allonge de 35 mm, pour une course de la bague de zooming correspondant approximativement à ¼ de tour. Cette bague, large de 4,2 cm, dont 2,7 cm sont « caoutchoutés », comporte un bouton « lock » permettant de bloquer l’optique. Malheureusement, ce blocage n’est possible qu’en position 28 mm, on aurait aimé qu’il opérât à toutes les focales, ce qui n’est pas le cas !

Quant à la bague de mise au point, d’une largeur de 2,2 cm, avec un revêtement strié sur 1,3 cm, elle a une course très courte pour passer de la MaP mini à l’infini, environ 1/5ème de tour. Elle ne peut être utilisée que lorsque le boîtier est en position « MF », elle reste fixe en position AF sur le boîtier (AFS, AFC ou AFA) : pas de quick-shift, par conséquent, pour affiner la mise au point AF.

Cette mise au point n’est pas, et de loin, un modèle de silence, comme souvent sur les objectifs Tamron non pourvus d’un moteur silencieux, type SDM par exemple.

Autres caractéristiques

Le pare-soleil, quant à lui, est assez petit : toutefois, il satisfait la plupart du temps à ce à quoi il est destiné !

Malgré l’indication « Macro » gravée sur la bague dorée à l’extrémité avant de la bague de changement de focale, ce zoom ne possède pas de position « macro ». Toutefois, en raison d’une distance de MaP de 0,33 m seulement, il possède des aptitudes en Proxi-Photo (photographie rapprochée), avec un rapport de grandissement (1:3.9) honorable.

Un point délicat : la bague des ouvertures des diaphragmes étant située très près de la baïonnette, elle est d’un maniement délicat lorsque l’objectif est monté sur certains boîtiers comme le K-3 ou le K-5. En effet, lorsque l’on veut changer d’ouverture, ou, par exemple, quitter la position « A » l’avancée du prisme fait qu’il faut disposer de doigts de fée pour pouvoir accéder au bouton de déverrouillage de la position A pour pouvoir tourner la bague. C’est assez peu pratique à l’usage !

Le bouton de déverrouillage de la position "A" n'est pas idéalement placé pour un K-3
Le bouton de déverrouillage de la position « A » n’est pas idéalement placé pour un K-3

 

Côté technique

Caractéristiques techniques (cliquer pour voir)
Nom de l’objectifTAMRON 28-75mm 2,8 XR Di Pentax
SP AF28-75mm F/2,8 LD ASPHERIQUE [IF] MACRO
Focales couvertes (capteur 24x36)28mm – 75mm
Equivalent 24x36 sur capteur APS-C PentaxEnviron 43mm – 115mm
Ouverture maximalef/2.8
Ouverture minimalef/32
Construction16 lentilles – 14 groupes
Angle de champ (FF)75° - 32°
Diaphragme7 lamelles
Distance minimale de mise au point0,33m
Grossissement maximal1:3.9
Diamètre de filtre67mm
Dimensions73mm (diamètre) x 92mm (longueur)
Poids510g
Accessoires livrésBouchons avant et arrière
Pare-soleil

 

Le constructeur indique que la formule optique de ce 28-75 est composée de 16 éléments répartis en 14 groupes. Il est doté de deux lentilles en verre XR (« Extra Refractive Index »), de trois lentilles en verre LD (« Low Dispersion ») et de 4 lentilles asphériques. L’indication « Di » (Digital Integrated) signifie qu’il a été spécialement conçu pour les boîtiers reflex numériques. La mise au point est interne (IF) sans allongement du fût.

Une de ses caractéristiques les plus intéressantes est qu’il possède une ouverture maximale de f/2.8 constante sur toute la plage de focales.

En l’absence de moteur intégré, le 28-75 va utiliser le scrw drive du boîtier, d’où l’absence de silence lors de la mise au point.

Côté optique

PENtaxKlub ne disposant pas de laboratoire, nos tests ne sont pas mesurés par des outils. Nous souhaitons apporter un point de vue utilisateur et essentiellement photographique. Nos commentaires et note technique sont donc le fruit d’une analyse visuelle.

A noter que pour tout objectif, même le meilleur, il est toujours possible d’obtenir des imperfections visuelles (et plus particulièrement avec les AC), quelles que soient la focale et/ou l’ouverture.

Le test n’est fait que sur le boîtier pour lequel l’objectif est conçu.

Images de test

Toutes les photos utilisées pour les tests ont été prises en RAW (PEF ou DNG) et, sauf mention explicite, n’ont pas été développées (brut capteur) ou retouchées.

Images FF

28 mm50 mm75 mm
Images FF à 28mm Détail
f/2.8
f/5.6
f/9
f/13
f/16
Images FF à 50mm Détail
f/2.8
f/5.6
f/9
f/13
f/16
Images FF à 75mm Détail
f/2.8
f/5.6
f/9
f/13
f/16
Aberrations chromatique et flare

Tout objectif est susceptible de produire des aberrations chromatiques (AC) et du flare.

Les AC apparaissent sous forme d’une frange violette (ou verte), désagréable à l’œil. Elles se forment quand les 3 couleurs de la lumière blanche (Rouge, Vert et Bleu) traversent une lentille, se séparent et ne se rejoignent pas au bon endroit pour produire une image nette. Le flare se manifeste dans certaines conditions de lumière, comme, par exemple, quand le soleil envoie ses rayons en biais sur l’objectif.

C’est pourquoi nous préférons juger un objectif dans des situations d’images courantes et non exceptionnelles.

Ce zoom 28-75 présente de nombreuses aberrations chromatiques à la plus courte focale et à pleine ouverture. Si, dans le plan de netteté, elles sont assez bien contrôlées, elles restent bien visibles hors de ce plan, quand les circonstances les favorisent (par exemple arbres en contre-jour sur ciel « blanc »). Il faut alors fermer le diaphragme de deux crans pour les voir s’atténuer nettement puis disparaître au-delà de 2 crans. Mais elles ne sont absolument pas gênantes dans d’autres circonstances, et notamment en allongeant la focale. A 50 mm elles sont déjà très discrètes, même à pleine ouverture.

Il ne fait pas de doute qu’il faudra jouer avec souplesse du (ou des) curseur(s) en post-traitement pour les faire disparaître.

Le Tamron 28-75 mm est peu sensible aux lumières parasites (« flare »), surtout si l’on prend garde d’utiliser le pare-soleil qui, bien que de taille relativement petite, remplit correctement son rôle.

Vignettage

En plein format, la critique concernera de façon plus évidente le vignettage, qui est très visible – sans pour autant être excessivement gênant – à la pleine ouverture, quelle que soit la focale. Il suffit de fermer d’un cran pour qu’il devienne « anecdotique » et de deux crans pour le voir disparaître totalement.

Distorsions

La distorsion quasi imperceptible.

Homogénéité et netteté de l’image

La netteté est bonne à très bonne à toutes les focales et ouvertures. Le contraste est également de très bon niveau, le tout assurant un excellent piqué. Il ya tout de même une petite différence d’homogénéité entre le bord et le centre, à PO.

Bokeh

Par nature, le bokeh n’est pas du tout le même en format APS-C et en format FF.

Dans le premier format (APS-C), la zone de netteté, à cadrage similaire, est nettement plus importante que dans le second (FF). Si cet état de choses est bénéfique pour la mise au point, cela devient un inconvénient lorsque l’on veut s’assurer des fonds « crémeux » qui sont plutôt l’apanage du format 24×36.

On notera ainsi que si le bokeh fourni par le Tamron 28-75 mm en APS-C est agréable, mais sans plus, à cadrage identique, il est nettement plus fondu en format FF ; toutefois, on note un passage plus « brutal » de la zone nette à la zone floue.

C’est là une caractéristique constante qui fluctue généralement assez peu entre les 2 formats.

Il est plus facile, en format FF, d’isoler un sujet à la fois par rapport à l’avant-plan et à l’arrière-plan, à condition, bien sûr, de réaliser une mise au point très précise.

 Images en FF
à 28mm f/2.8
à 28mm f/5.6
à 50mm f/2.8
à 50mm f/5.6
à 75mm f/2.8
à 75mm f/5.6
Sur un APS-C
Images APS-C (cliquer pour voir)
28 mm50 mm75 mmTest Bokeh APS-C
Images APS-C à 28mm Détail
f/2.8
f/5.6
f/9
f/13
f/16
Images APS-C à 50mm Détail
f/2.8
f/5.6
f/9
f/13
f/16
Images APS-C à 75mm Détail
f/2.8
f/5.6
f/9
f/13
f/16
ImagesImages APS-C
à 28mm f/2.8
à 28mm f/5.6
à 50mm f/2.8
à 50mm f/5.6
à 75mm f/2.8
à 75mm f/5.6

Sensiblement les commentaires sont les mêmes, mis à part le vignettage qui est absent et le manque d’homogénéité moins prononcé.

Tarif et Concurrence du Tamron 28-75 mm XR Di f/2.8

Si l’on s’en tient strictement à la monture Pentax (K), cet objectif n’a pas vraiment de concurrence actuellement. A condition toutefois de considérer que les 24-70 mm et surtout le Pentax D FA 24-70mm ne « jouent pas dans la même cour ». Ce dernier est bien plus lourd, il ouvre aussi à 2.8, mais il « descend » à 24 mm, ce qui est préférable à « monter » à 75 mm, sa qualité de fabrication est bien supérieure, son rendu aussi.

Sigma ne propose rien pour Pentax dans cette gamme de focales : son 24-70 f/2.8 n’étant plus fabriqué pour Pentax.

Il faudrait, dès lors, le comparer au 28-105 mm Pentax récemment mis sur le marché. Ce dernier, outre que sa plage est plus étendue, présente plusieurs avantages sur le Tamron, et notamment une qualité de fabrication supérieure (HD, WR) et un meilleur silence de fonctionnement. En revanche, il est plus lourd, plus cher et son ouverture, commençant à 3.5 est glissante jusqu’à 5.6 à 105 mm. La qualité des images est comparable. Le Pentax est aussi plus cher : 600 € environ, contre 379 € pour le Tamron à la date de ce test chez Digit-Photo.

 

Conclusion

Faute de disposer des moyens pour l’achat d’un D FA 24-70 par exemple, voire d’un D FA 28-105mm, ce zoom Tamron 28-75mm, peu onéreux, constitue une solution très intéressante pour débuter avec un boîtier FF Pentax. Sa grande ouverture constante (f/2.8) et la qualité générale des images qu’il produit en font un objectif au rapport qualité/prix inégalable.

Reste qu’il sera peut-être frustrant pour les photographes ayant besoin de focales outrepassant celles de ce zoom (tant vers le bas que vers le haut) et que son bruit de fonctionnement pourra gêner dans certaines circonstances où le silence est important : il sera alors anachronique avec le silence du K-1 unanimement reconnu.

 

Ce qui est bienCe qui est moins bien
  • Une ouverture à f/2.8 constante
  • La netteté et le contraste
  • Le piqué
  • Une bonne résistance au flare
  • Un poids « plume »
  • Le prix
  • Les aberrations chromatiques à pleine ouverture et à 28 mm
  • Le vignettage en format FF
  • Le bruit de fonctionnement (assez caractéristique des anciens objectifs de la marque)

Note

Note globale82/100

 

Galerie

Les photos de la galerie peuvent avoir fait l’objet d’un développement.

IJMG0784PKIJMG0790PK
Pentax K-3 + Tamron 28-75 mm à 38 mm – f/8 – 1/500s – ISO 100
K1MC0018PK

 

Crédit photos : © Micaz – Les images sont la propriété de l’auteur (sauf précision) – Cliquez pour agrandir