… si l’on veut conserver son matériel photo !

 

Dans un dossier précédent , nous avons évoqué les choses qu’un photographe soigneux ne doit pas faire. Nous souhaitons aujourd’hui aller un peu plus loin et identifier, pour mieux les combattre, les 5 pratiques principales qu’il faut absolument éviter ou, le cas échéant, abandonner dans le cas où vous n’en auriez pas perçu le danger. Voici donc notre Top 5.

 

1 – Exhiber son matériel

Il est parfaitement légitime d’être l’heureux possesseur d’un appareil photo de gamme haute, avec des accessoires et des objectifs assortis, le tout protégé dans un sac de grande marque et d’en éprouver une certaine fierté. Légitime, oui, mais dangereux aussi, à moins de conserver tout cela chez soi sans jamais le sortir, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas vraiment le but recherché pour ce matériel. A moins, bien entendu, qu’il ne s’agisse de matériel de studio.

Partant du principe que vous sortirez de chez vous avec ce matériel, quelle sera votre conduite ?

Quelle que soit votre destination, quel que soit le lieu d’exercice de votre passe temps favori, exhiber son matériel n’est jamais une bonne idée. Si vous vous trouvez dans un pays ou une région peu favorisé, vous risquez d’attirer les regards et de tenter ceux qui, pour s’assurer selon le cas quelques jours de survie ou quelque « extra » inattendu, n’hésiteront pas à attendre un moment d’inattention de votre part (voire le provoquer) pour vous délester de votre matériel.

Dans ces situations, moins vous en montrerez, mieux cela vaudra. Ce qui commence, bien entendu, par votre sac photo.

Pour la plupart des photographes passionnés, un sac photo ne contient pas l’intégralité de leur matériel : difficile de ranger dans un seul contenant un ou deux boîtiers, 3 ou 4 objectifs, du grand angle au long télé, un flash, un trépied et les accessoires que tout « afficionado » possède. Vous possédez donc sans doute plusieurs sacs photo. Lorsque vous faites une sortie photo, évitez donc de vous munir de votre plus beau sac : le meilleur moyen de ne pas attirer l’attention sur son sac photo est d’avoir un sac qui ne ressemble pas à un sac photo. Les fabricants l’ont bien compris, et on trouve maintenant de plus en plus de sacs qui s’éloignent de la conception traditionnelle des sacs photo.

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Ce sac Pentax, bien qu’estampillé au nom de la marque, reste assez discret.

Evitez, notamment, ceux qui arborent fièrement leur marque, en caractères trop voyants. C’est sans doute une bonne publicité pour la marque, beaucoup moins pour vous !

Etant donné que, pour une sortie, vous n’aurez que rarement besoin d’un grand éventail de boîtiers et optiques, préférez l’utilisation de sacs dont vous aurez éventuellement vous même aménagé l’intérieur : quelques blocs de mousse judicieusement découpés et assemblés peuvent vous offrir, à moindre coût, une protection efficace en vous assurant une discrétion absolue. Un sac de randonnée peut parfaitement faire l’affaire. A vous de trouver le vôtre !

Vous pourrez même trouver, notamment chez les marchands du Net (Amazon ou d’autres !) mais pas seulement, des « inserts » spécialisés prêts à l’emploi que vous pourrez y glisser. Bien sûr, selon le niveau de protection offert, le prix peut varier de quelques euros à plusieurs dizaines d’euros.

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Inserts à glisser dans un sac (photo : Amazon.fr)

Pour le matériel proprement dit, nous vous conseillons d’éviter :

  • les objectifs de grandes dimensions, lorsque vous opérez dans un milieu non approprié : la plupart du temps, par exemple, on n’utilise pas un téléobjectif de 600 ou 800mm pour faire de la photo de rue ! Ou alors, sortez avec une escorte !
  • les courroies de la marque : outre que bien souvent elles ne sont pas particulièrement confortables, elles attirent l’œil avec leurs caractères de couleurs vives et de grande taille. Si de plus elles comportent le nom du modèle de votre APN, c’est une raison supplémentaire de les éviter : il se trouvera toujours quelqu’un pour « situer » votre APN dans la hiérarchie de la marque.
  • Tout ce qui peut permettre d’identifier votre matériel comme étant du matériel de prix.

En toutes circonstances, restez donc discrets !

 

2 – Un séjour à la plage

Soyons clairs : nous parlons surtout de plages de sable, les plages de galets ne représentant pas du tout le même danger.

C’est principalement en vacances que ça se passe : on part à la plage avec épouse (ou compagne ou compagnon) et enfants. On est bien chargé entre le parasol, les accessoires de plage (serviettes, jouets des enfants, ..), le « 4 heures » des petits et autres petites obligations familiales. Alors, quand on emporte aussi son APN, a une certaine tendance à le glisser dans le sac de plage, sans autre protection, uniquement pour ne pas se surcharger en portant un autre sac. Erreur ! On oublie alors que, empêtré que l’on est avec tous ces objets, la moindre fausse manœuvre enverra le sac par terre – et l’APN avec ! Que cet « accident » se produire sur le bitume de la route, la terre d’un parking, ou le sable de la place importe peu : le résultat, même s’il est différent selon les cas, ne sera jamais bon pour le matériel photo. Dans un cas, il subira un choc qui peut s’avérer très grave, dans les autre cas, la terre ou le sable risquent fort de s’insinuer dans l’appareil ou entre les bagues de MAP ou de zooming de l’objectif ou encore venir rayer la lentille frontale. Rien de tel pour gâcher au mieux la suite de la journée (avant un nettoyage en rentrant à sa résidence de vacances), au pire la suite des vacances (nécessité de renvoi en SAV).

Alors, pour vous éviter ce genre de désagrément, il est très conseillé de transporter son APN et son objectif « à tout faire » dans un vrai sac fait pour ça, suffisamment capitonné.

Et, bien sûr, si vous vous adonnez au plaisir des sports aquatiques, laissez chez vous votre APN, ne tentez pas de l’utiliser dans votre activité. Même si c’est du matériel Pentax « tropicalisé », WR ou AW, il ne résisterait pas bien longtemps à une immersion dans de l’eau, qu’elle soit douce ou salée ne changeant rien à l’affaire. Demandez plutôt aux personnes restées sur la plage de vous photographier, si elles en ont les compétences. Et si elles sont moins compétentes que vous, il vous restera quand même quelques souvenirs si elles ont pu vous filmer ou vous photographier !

Sur une plage de galets, n’oubliez pas que les galets ressemblent plus à de petits rochers qu’à de gros grains de sable et que, s’ils ne peuvent pas entrer dans un boîtier ou un objectif, leur dureté recommande qu’on ne laisse pas tomber sur eux son matériel !

 

3 – Un séjour à la montagne

La mer, c’est toujours la mer. La montagne, elle, change radicalement de l’été à l’hiver.

Si vous allez aux sports d’hiver, vous serez encore confronté à l’humidité de la neige et aussi ….aux chutes ! Dans le premier cas – la neige humide – le meilleur conseil à vous donner, si vous tenez à prendre des photos, c’est encore de vous arrêter dans un endroit où vous ne risquez pas grand-chose et de photographier le passage de vos enfants ou des personnes qui vous accompagnent. N’essayez pas de le faire tout en skiant : vous accroîtriez les risques de chute. Et si vous chutez, vous subirez – et votre APN aussi ! – tout à la fois les désagréments de la chute et ceux de l’humidité. Est-il vraiment utile de préciser que les uns comme les autres peuvent être très graves, et notamment si vous êtes pris sous une avalanche ?

Et n’oublions pas non plus les chocs thermiques, plus fréquents en montagne en hiver, mais pas exclusivement : ils peuvent se produire quand, après avoir passé un long moment (plus d’une heure ou deux) à photographier dans un froid intense, vous revenez soudain dans un endroit tempéré. Cela se traduira par l’apparition de condensation. Pour un boîtier Pentax tropicalisé, aucun risque à l’extérieur du boîtier. En revanche, si elle se produit à l’intérieur du boîtier (et particulièrement pour les appareils non tropicalisés), cette condensation peut provoquer des dégâts considérables : oxydation, courts-circuits, etc…

Pour éviter ces désagréments, avant de rentrer, glissez votre APN dans son sac (comment ça ? vous avez oublié de l’emporter ?), et fermez ce sac hermétiquement, afin que l’APN ne se réchauffe que progressivement. Un réchauffement brutal provoquerait de la condensation, alors, une fois rentré, soyez patient et attendez plusieurs dizaines de minutes avant d’ouvrir progressivement le sac. Retenez bien ce principe que seule une remontée lente en température permet d’éviter le phénomène de condensation.

Si vous pratiquez la montagne en été, que ce soit en randonnée ou en escalade, les risques sont différents, mais tout aussi importants.

Le temps en montagne est extrêmement changeant. Vous pouvez très bien partir en randonnée (expérience vécue) le matin sous un très beau soleil, puis subir au cours de la journée de violentes averses de pluie ou de neige. Encore une fois, la protection tous temps ne pourra peut-être pas tout !

Et si vous êtes amenés à pratiquer un peu d’escalade, attention à l’APN qui se balance au bout de sa courroie ! Non seulement il va constituer une gêne pour vous mouvoir, mais en plus les risques de chocs vont alors être multipliés de façon exponentielle, et peuvent même vous conduire à des gestes peu assurés et donc dangereux pour votre équilibre.

Encore une fois, si vous tenez à ramener des images de vos « exploits », faites-le dans des conditions optimales de sécurité, tant pour vous que pour votre matériel. Attendez d’être au bivouac ou bien munissez vous d’un matériel qui laisse vos gestes complètement libres… par exemple une caméra du genre WG-M1, utilisable aussi dans l’eau puisqu’elle est étanche jusqu’à 10m de profondeur.

 

4 – Les accessoires de sécurité qui nous gênent

Nombre d’entre nous n’aiment pas les poignées souples et autres courroies dans lesquelles on a tendance à s’emmêler. Et qui n’a jamais pesté contre les courroies de cou qui bien sûr « tournent » en spirale et ne restent jamais « à plat » ? Et, comme nous venons de le voir, elles ont une fâcheuse tendance à « jouer au fil à plomb » lorsque vous vous penchez en avant et à garder une verticalité parfois bien dangereuse.

Il existe bien entendu des solutions pour y remédier. Les types de courroies sont divers et variés et vous parviendrez à trouver le modèle qui convient à votre pratique tout en assurant une protection suffisante à votre APN et son objectif.

Certains modèles permettent de laisser pendre l’APN le long de la hanche, à la manière du révolver des cow-boys du Far-West. Un mousqueton muni d’une boucle permet de le faire glisser le long de la sangle pour se mettre en « position de shoot ». On trouve ce genre d’accessoires pratiquement chez tous les fabricants : OPTECH/USA (« Strap-Sling » Courroie), Peak Design, Black Rapid, …

Si cela ne vous convient pas, vous pouvez aussi utiliser des harnais que ces mêmes fabricants proposent aussi : l’avantage qu’ils présentent est une limitation des mouvements intempestifs du matériel que l’on y accroche. L’inconvénient, ça peut être cette même limitation de mouvement qui peut entraver l’utilisation que vous comptez faire de l’APN (cadrage, en particulier).

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Harnais pour photographe

Mais, en aucun cas, ne gardez votre matériel tenu simplement en main sans sécurité : une simple bousculade l’enverra chuter et il n’en est que potentiellement plus facile à voler à l’arraché. Si vous tenez à le tenir à la main, utilisez, pour le moins, une sangle de poignet.

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Sangle de poignet

 

5 – Ne jamais entretenir son matériel

Il n’est pas nécessaire dans tous les cas de figure de nettoyer et entretenir votre matériel après chaque sortie. Du moins après les sorties qui n’entraînent pas une salissure particulière du matériel. Mais ne jamais entretenir son APN et ses objectifs vous conduira inéluctablement à subir quelques désagréments : des poussières ou des grains de sable sur la lentille frontale d’un objectif peuvent, bien évidemment, engendrer des rayures. Si, parfois, ces rayures n’ont pas d’incidence sur la qualité des images, il ne fait pas de doute qu’elles abaissent considérablement la cote de l’objet au moment d’une éventuelle revente.

Le capteur est aussi un point à ne pas négliger. Il est certes très sensible et fragile, mais s’il présente, comme on le voit parfois sur des photos, des « pétouilles » qui gâchent le plaisir de regarder les images, il n’y a pas d’autre solution que de le nettoyer ou le faire nettoyer (compter environ 40 à 50€ pour un nettoyage : pour le même prix, vous pouvez acheter des kits vous permettant de faire vous-même jusqu’à 10 nettoyages environ).

PentaxKlub a déjà publié des articles sur l’entretien du matériel, boîtiers  et objectifs. Nous vous conseillons de vous y reporter.

Entretenir la propreté de son matériel est indispensable, c’est vrai. Mais veiller à ce qu’il fonctionne toujours parfaitement l’est tout autant. Il n’est pas inutile, en cas de doute sérieux, de l’envoyer au SAV pour une révision. Choisissez, pour cela, une période où vous n’aurez pas de photos à faire (sauf si vous possédez un 2ème boîtier) et ne soyez pas trop paranoïaque : si votre APN est bien réglé et qu’il ne subit pas de chocs, les risques de dérèglement sont très faibles ! Si, en revanche, il souffre d’un quelconque problème, celui-ci ne se résoudra pas miraculeusement ! Un passage par des mains expertes devient alors indispensable. Vous le garderez ainsi de nombreuses années pour votre plus grand plaisir… jusqu’à ce qu’on nouveau modèle vous « fasse de l’œil » et que vous vous laissiez séduire. Ce pourrait bien être le cas en ce printemps 2016, non ?