La trajectoire Pentax – Réflexions raisonnées

La trajectoire Pentax présente des particularités spécifiques à la marque. Mais, allez-vous dire, toutes les marques présentent des particularités qui leur sont propres. C’est même ça que désigne le mot particularité. Bien sûr.

Mais la marque Pentax présente néanmoins des traits bien à elle. Elle a été longtemps et reste en partie une des rares marques à produire des boitiers dans tous les formats utilisables à main levée : 24×36, 6×7, 110, puis 4,5×6, APS-C. Pratiquement toutes les autres marques étaient spécialisées dans un format et s’y tenaient, comme Rollei, Mamiya, Bronica … D’une manière un peu similaire la marque Asahi s’est lancée dans le schéma reflex et a d’ailleurs pris le nom de Pentax (Pent- pour pentaprisme et -ax comme Contax, suffixe pratiquement devenu une syllabe de reconnaissance, commune au mode de la photographie).

Attention, les réflexions qui vont suivre sont largement de l’ordre de l’analyse, et aussi de l’hypothèse, puisque la marque ne communique pas sur ce sujet. Toutes les communications des marques sont d’ailleurs presque uniquement hagiographiques, ou d’autojustification. Pour faire dans le vent (up to date) on pourrait dire de l’ordre du conte de fée (story telling).

Les spécificités de Pentax sont à la fois d’ordre technologiques et historiques. Elles sont largement imbriquées. Donc pas toujours faciles à distinguer. Nous nous efforcerons d’être le plus clair possible, sans tomber dans le schématisme.

Les constantes de la trajectoire de Pentax

Dans la trajectoire de Pentax il y a des constantes (ou permanences) techniques, photographiques et esthétiques.

La constante technique

autour de laquelle tous les boitiers ont été, assez tôt, construits, est le principe reflex, et concrètement le pentaprisme. Qui a conduit au nom de la marque Pentax. C’est donc devenu l’axe central de la marque. Ce choix technique n’a pas été automatique. Foca par exemple a fait le choix du prisme et produit le Focaflex à toit plat, sans la pyramide devenue emblématique. Le boitier était superbe et très bon. Mais ce choix technique et commercial s’est avéré une erreur historique et a été une des causes de la disparition de la marque.

Focaflex – reflex, comme son nom l’indique, sans pentaprisme. 1958-1964

La constante photographique

Une permanence évidente des matériels Pentax est centrée sur l’acte photographique.

Si on analyse bien cet acte photographique son moment décisif est le calcul des paramètres de base. C’est à dire la triade V – A – S : Vitesse – Aperture (ouverture) – Sensibilité. Initialement cette triade se réduisait de facto au couple V-A, étant donné que la surface sensible avait un sensibilité pré-déterminée et le plus souvent unique. En effet le but, quand on va prendre une photo est de déterminer le couple V-A convenable pour obtenir un cliché correctement exposé. Dans le but d’obtenir le type de photo que l’on souhaite faire. Vous remarquerez que dans cette phrase le photographe est présent. C’est à lui qu’appartient le choix. A condition toutefois qu’il ait les connaissances et/ou la pratique pour maîtriser les paramètres nécessaires pour faire ce choix. La phrase à elle toute seule montre l’ampleur de la tâche.

Les divergences sur ce choix

Bien sûr les avis sur ce moment crucial de la photographie divergent. Certains utilisateurs d’appareils photo, certains vendeurs et certains fabricants d’appareils photos considèrent que ce choix peut être fait par l’appareil. Qu’il est plus simple de faire un boitier qui sait faire des « photos réussies » que de former les acheteurs à faire des photos réussies.

Pentax a visiblement fait le choix photographe. Il est intéressant de noter qu’il n’y a pas si longtemps, on pouvait entendre la phrase « Si vous voulez apprendre à faire de la photo, prenez un Pentax ! » A l’époque argentique ce choix était normal. Ça a correspondu à « l’âge d’or de Pentax », celui des innovations, pendant les 30 glorieuses. C’est tellement vrai que certaines innovations que Pentax n’a pas été la toute première marque à commercialiser ont été portées au crédit de la marque. C’est l’époque où l’on voit des boitiers Pentax dans les films américains, entre les mains de grandes vedettes d’Hollywood. A cette époque, un boitier dépouillé, doté des instruments nécessaires à une bonne photo, pouvait caracoler en tête du peloton. Vous trouverez plus de détails en allant voir ici et là.

Les constantes esthétiques

Les boitiers Pentax étaient dépouillés, rien de non indispensable ne gâchait leur façade. On outre ils étaient compacts. Si l’on compare les 3 boitiers pro de 1980, le Canon NewF1, le Nikon F3 et le Pentax LX, le résultat se passe de commentaire !

Cela n’a ailleurs pas tellement changé depuis. Si vous comparez un Canon 5D mark III, un Nikon 800/810 et un K-1, vous retrouvez en gros les mêmes différences de tailles. Outre la compacité, les boîtiers Pentax se sont toujours distingués par un aspect que l’on peut qualifier de gracieux. Certains les ont même qualifiés de féminins. La notion de féminin et masculin dans le domaine esthétique procède d’une définition pas toujours évidente à préciser.

Toujours est-il que personne ne trouverait féminin un Canon 5D toutes versions confondues, ni même esthétique sans autre qualificatif. Mais comme la population des photographes est majoritairement masculine, le côté esthétique n’est pas forcément une qualité commercialement porteuse…

Le lien entre l’esthétique et le sentiment de confort des créateurs Pentax

La rupture de ce lien paraît évidente si l’on considère la période 1986-2006. Ce trou de 20 ans commence avec le passage à l’AF, qui a vu la sortie de boitiers en totale rupture avec toutes les productions d’avant 1980. Il est marqué par l’épisode des power-zooms, fausse bonne idée, bruyante, énergivore et d’une utilité et d’une esthétique discutable. Mais on y trouve aussi des avancées techniques intéressantes comme les 2 contacts électriques interne à la baïonnette K en 1991. Ils serviront 15 ans plus tard à alimenter les moteurs SDM ou DC. L’esthétique des boitiers s’améliorera avec les numériques pour culminer avec le K-7.

ME F avec objectif 35-70 f:2,8 prototype jamais produit en série. Le premier prototype de l’objectif date de 1976 !Le SFX, un des premiers boitiers AF, dont l’esthétique, pour ne parler que d’elle, n’est pas restée dans les mémoires !Le Z-1 avec son grip (qui ne comportant pas de logement pour pile, n’assurait que la prise en main verticale). J’ai appris l’existence de ce grip rarissime, 5 ans après avoir acheté le Z-1!

L’arrivée du numérique

Elle a signifié pour Pentax un nouvel épisode cahoteux avec l’épisode initial du capteur Philips avorté, suivi de boîtiers numériques APS-C discrets mais efficaces qui conduiront au retour remarqué du K 10D. Ce dernier reprend les 2 mollettes (sorties et brevetées en 1991) et fait revenir Pentax dans le peloton. Ce démarrage numérique difficile de Pentax atteste ce non-confort. La volonté de la marque de rester au format 24×36, l’annonce de la sortie parallèle de boitiers argentique et numérique indique clairement la méfiance vis à vis de la nouvelle technologie et du format APS que visiblement la marque considère comme un recul. En toute objectivité, sur le plan photographique elle a raison. Le format APS (qui préexistait à cette appellation sous le nom de demi-format) était le résultat d’un choix, dont les motifs n’étaient pas photographiques, mais économiques ou plutôt commerciaux.

La course aux pixels

Les premières années du numérique ont été une course désespérée pour rattraper le niveau de qualité de l’argentique, qui était encore la référence. Le numérique a fini, assez rapidement au regard du temps historique, par atteindre un niveau de qualité comparable. Mais cela n’a pas empêché le retour du 24×36, ce qui permet de relativiser les affirmations de rattrapage. Et ce retour du 24×36 donne rétrospectivement raison à Pentax. Mais trop tard, les deux ou trois années perdues à la bascule de 2000, ont bien été perdues.

La course forcenée à la qualité des capteurs a introduit un effet collatéral, celui du renouvellement des boitiers tous les 18 mois, devenu une sorte de norme. Ce qui autrefois signifiait qu’on allait photographier avec de nouvelles pellicules, impliquait désormais changer de boitier, sous peine d’être « un.e photographe dépassé.e», pardon «obsolète». Ajoutez à cela qu’on nous a rebattu les oreilles avec « les objectifs qui devaient également être remplacés pour suivre le progrès des capteurs » . Cette affirmation omniprésente est devenu une doxa, une vérité absolue.

Le mirage du «FF»

Dans ce contexte numérique général, Pentax qui ne suivait la tendance qu’en trainant les pieds a vu son image auprès du public se dégrader. Les médias spécialisés ont joué dans ce phénomène leur petite partition. Imaginer un complot serait stupide. Le processus a été, est toujours, d’ordre rabelaisien : celui des moutons de Panurge. A chaque nouvelle innovation, il repart pour un tour. Dans ce courant dominant (mainstream), une attitude un tant soit peu à contre-courant est porteuse de conséquences négatives.

Ainsi quand Pentax tarde à lancer un boitier 24×36, non seulement cela décourage des photographes qui n’attendaient pas particulièrement le 24×36, qui ne savaient pas ce que donne un 24×36, faute d’en avoir jamais utilisé, mais suivent le courant. Mais en plus cela alimente des rumeurs de disparition de la marque… On peut comprendre que dans ces conditions la marque n’ait pas forcément eu la confiance nécessaire pour lancer plus tôt un boitier 24×36… Qui allait nécessiter de changer son parc optique. La discrétion avec laquelle, une fois lancé le K-1, la marque a communiqué sur la compatibilité des objectifs existants avec le nouveau FF, m’a personnellement laissé interloqué à l’époque. Et la lenteur avec laquelle elle a lancé les D FA, a renforcé ma stupeur.

Le côté conservateur de la trajectoire Pentax

A ces considérations il faut ajouter que le côté photographique Pentax comporte un aspect conservateur, qui était porteur à l’époque argentique. Et qui l’est beaucoup moins à l’époque numérique. Pour des raisons multiples.

  • De moins en moins de photographes

La première et peut-être la plus importante de ces raisons, est que le public, gavé d’images jusqu’à l’indigestion, comporte de façon relative de moins en moins de photographes. Et de plus en plus de smartographes. Les preuves abondent. La disparition quasi complète des compacts 24×36 argentiques accompagnée ou provoquée par la disparition des boutiques photos où faire développer ses pellicules. Les compacts numériques aussi ont disparu,  avec leurs petits copains appareils, conçus pour faire des photos et seulement des photos, laminés par les smartphones.

  • Le rapport au monde extérieur

que les smartphones ont créé dans la population est d’une nature nouvelle. Le geste de photographier n’existe plus avec les smartphones. Le geste de photographier, c’est à dire : regarder le réel autour de soi, remarquer une lumière intéressante, un visage intéressant, une scène intéressante, un moment intéressant, faire le nécessaire pour la/le saisir, tout cela est peu compatible avec le smartphone. Le smartphone c’est plutôt une foule de 10 personnes dont 8 regardent l’écran de leur smartphone, le neuvième se mire dans son selfie et éventuellement le dixième est très triste de voir tout ça … ou pas. A ce tsunami smartphone résistent tant bien que mal, plutôt mal, les reflex haut de gamme.

  • Les hybrides

apparaissent comme une réponse à cette érosion. Avec moins de succès qu’attendu. La photographie avec appareils dédiés, reflex, voire même argentiques moyen-format et chambres résistera probablement malgré tout sous forme de niches, survivant en petites tribus. Mais globalement c’est la photographie qui verra sa place se réduire. J’ai vu il y a quelque temps près du Châtelet une touriste, équipée d’un reflex Nikon en bandoulière, faire un photo de la Seine , en contre-jour, avec son smartphone… Dans la grande majorité des cas ce que l’on voit, ce sont des gens, touristes étrangers ou pas, qui n’ont plus d’appareil photo : c’est tellement encombrant !  Mais c’est réellement encombrant…

Chaque fois que sont apparues dans le cours de l’évolution de la photographie des avancées technologiques, alors que certaines marques se sont jetées à corps perdu sur ces nouveautés comme sur des filons, Pentax prenait le temps de réfléchir à l’apport réél que pouvait apporter cette nouveauté au processus de la création d’image. Et effectivement la marque a parfois paru trainer les pieds. Pourtant elle montré régulièrement qu’elle n’était pas allergique aux solutions nouvelles. Ainsi la marque a joué

La carte hybride

Ce côté « conservateur » n’a pas empêché Pentax de jouer la carte hybride. En 2010 avec le Q qui sera suivi de plusieurs évolutions et en 2014 avec le K-01. Dans la 2 cas le pari était osé, un boitier miniature avec un capteur tout aussi miniature d’une part, un boitier APS-C avec le même très bon capteur que le K-5, mais pas de prisme et le même tirage (et les mêmes objectifs) que les reflex. Ce qui fera dire à certains spécialistes que c’était dû à la baïonnette K ! Effectivement cela permettait à la marque d’économiser la création d’une nouvelle ligne d’optique.

Hélas le pari osé a été raté. Aucun des deux n’a rencontré le succès. La critique a mal accueilli les 2 appareils. Pourtant le Q a séduit à peu près tous ceux qui se sont risqué à l’essayer. Mais ça n’a pas été suffisant. L’aventure hybride a certainement laissé des traces amères dans les staffs de création au Japon. Ce qui est dommage car les caractéristiques du Q en particulier sont extrêmement séduisantes. Il aurait peut-être suffi d’un capteur plus grand dans le même type de boîtier, plus grand lui-aussi. Mais c’est tellement facile à dire de l’extérieur et après.

Le Q était à bien des égards un appareils comparable à ses grands frères reflex. Il bénéficiait d’une gamme optique très honnête. Il a été maltraité par la critique qui a choisi tous ses points faibles pour les monter en épingle. Avec succèsLe K-01 avait un faiblesse assez évidente. Il était finalement aussi gros qu’un reflex sans en avoir toutes les qualités. Son design, vanté par Pentax, n’a rien pu faire contre le tir au pigeon organisé instantanément par la critique…

Rêves et réalité

On se prend, en phase d’audace, à rêver que Pentax aurait pu sauter à pieds joints du Z-1 au K10. Mais ce n’est qu’un rêve a posteriori. Le nom du K 10D est l’indice qu’en 2008, Pentax a toujours en tête l’idée de gammes parallèles argentique et numérique. Le fait est que, surface commerciale oblige ou empêche, la marque est devenue prudente et circonspecte. Ce qui, par les temps qui courent alors, est gravement suspect, propice au bashing et aux rumeurs les plus folles … et toujours destructrices.

C’est ce qui agace avant tout les pentaxistes, y compris ceux qui demandent des sorties plus nombreuses d’objectifs, mais quand elles produisent, n’achètent pas les nouveaux objectifs. Alors qu’il est évident, qu’avec une clientèle potentielle réduite, la marque ne peut pas se permettre de sortir des gammes pléthoriques d’objectifs, sans risquer de se trouver rapidement sur le sable. N’importe quelle équipe d’analystes de marché est en principe capable de fournir des bilans permettant de savoir si tel ou tel plan de production d’objectifs risque la culbute ou non. Les prévisions de ventes inférieures aux ventes réelles du K-1 montrent bien cette tendance à la prudence.

Le contexte inamical

Si l’on observe objectivement la situation, force est de constater que sans même le Pentax bashing, le simple fait que pratiquement toute la presse photo, suivie par nombre de blogueurs photo, parlent du monde de la photo en ignorant les produits Pentax, comme si la marque n’existait pas, en dit long sur la présence réelle de la marque. Cet état de choses correspond aux faibles sorties de produits nouveaux, pas à la qualité des dits produits.

Mais il ne faut pas pour autant se voiler la face. Quand dans une publication récente, dans une petite mention du D FA * 1,4/50mm, il est dit, bien sûr, que cet objectif est excellent, mais qu’il n’a droit qu’à 4 étoiles parce qu’il est lourd, on peut se poser des questions sur la façon d’attribuer les étoiles. Comme si tous les objectifs de focales courtes (~30 -50mm) sortis récemment n’avaient pas gagné une demi-douzaine de lentilles et le sur-poids qui va avec. Mais gardons nous de faire des procès en sorcellerie !

La fonction vidéo

Il n’en reste pas moins que Pentax produit de très bons boitiers et objectifs photos. Que ces boitiers ne sont pas à la pointe dans le domaine de la vidéo. On peut imaginer probablement, sans se tromper lourdement, que la marque considère la question un peu comme suit : La vidéo est-elle de la photo ? Ou du cinéma ? Construit-on une séquence ciné/vidéo comme on construit une photo ? Construit-on un synopsis comme on construit une projection de vues fixes – ce qu’on appelait un diaporama ? Ce n’est pas parce que techniquement il est possible de transformer un boitier photo  en néo-caméra qu’il faut construire tous les boitiers photo pour qu’ils puissent faire du cinéma. Donc Pentax ne tranche pas vraiment et se contente de mettre dans ses boitiers une fonction vidéo par décence, mais pas plus.

Photo ou vidéo ?

Nous devons à la vérité de dire qu’effectivement faire des vidéos et des photos sont deux activités très différentes, deux métiers très différents. Que concevoir des images animées n’a pas grand chose à voir avec concevoir des images fixes. Il suffit pour s’en convaincre de voir la piètre qualité de la majorité des vidéos d’amateur. C’est affligeant. Il ne suffit pas que les sujets bougent dans une vidéo pour lui conférer la moindre qualité. Certes la capacité des smartphones à capter des séquences vidéo qui peuvent servir de témoignage lors d’événements publics sensibles ou controversés est un élément très positif à l’établissement de la vérité quand celui-ci est nécessaire.

La réalité commerciale

Mais le témoignage ne demande pas la qualité, seulement la lisibilité. Les capacités vidéo d’un appareil photo prises comme critère de qualité pour le juger procèdent d’une habile façon de flatter le candidat à l’achat. On ne lui dit surtout pas : « Ce boitier présente toutes les qualités pour faire de bonnes vidéos, vous c’est moins sûr. Mais ne remplissez pas le chèque, la machine le fait automatiquement ! » La photo et le cinéma sont deux formes de création bien différentes. Il n’empêche que nous sommes entrés dans une époque où les genres se mêlent, où les matériels sont capables de produire des photos, des vidéos, entre autres choses, donc sont parfaitement vendables. Ce qui est suffisant pour les mettre en vente. A ce stade-là, ne pas vouloir produire ces produits est un choix presque philosophique. Un choix qui peut être considéré comme honorable, mais qui n’est pas commercial.

L’Auto Focus

Il en est de même pour l’AF. Concrètement, seule une infime minorité de photographes a réellement besoin d’un AF de course. Ce besoin ne concerne vraiment que les photographes animaliers et sportifs. Certes nous avons tous envie d’un AF rapide et sûr, capable d’assurer un bon suivi. Quand on l’a, on se met à faire des photos qu’auparavant on n’essayait même pas de faire. C’est vrai, mais ça ne concerne pourtant pas tout le monde. Et pour être totalement honnête,les marques qui proposent des AF de course n’équipent pas tous leurs boîtiers de ces AF. La perception de cette réalité n’atteint pas le grand public parce rien n’est fait pour qu’il la perçoive. Ça ne favoriserait pas les ventes, pensez donc. Mais quand Pentax traine les pieds pour améliorer ses AF, ça ne favorise assurément pas ses ventes non plus.

Ce vers quoi nous risquons d’aller

Certes il y aura toujours beaucoup d’images. Un océan d’images, mais d’une « qualité  principale » (au sens de caractéristique) uniforme, standardisée, interchangeable, dont LA qualité (au sens positif du mot, opposé à quantité) sera le piqué, le piqué extrême. Nous sommes déjà dans une situation où de plus en plus d’images véhiculent des clichés faciles, des associations de signes, en un mot des constructions picturales pas trop complexes, bien univoques, faciles à comprendre, mais toutes très piquées !

Dans la monde de la photo, d’une part le principe de réalité n’est pas forcément dominant, d’autre part la majorité d’entre nous a besoin de nouveauté pour rompre la routine quotidienne. Sans tomber dans la fuite en avant consumériste, répondre à ce besoin correspond à l’intérêt de n’importe quelle marque. Dans les achats de matériel photo les éléments rationnels sont assez peu présents, voire complètement absents. Y entrent des éléments de rêve, de support d’estime de soi ou d’affirmation de soi. Ce qui n’est pas du tout la même chose, mais joue en nous avec autant de puissance. Ces éléments ont été, semble-t-il, quelque peu oubliés par Pentax. Ce qui se voit assez bien dans sa façon de communiquer et n’est pas sans conséquence non plus.

Mais ne restons pas sur une note trop pessimiste. Bientôt vont arriver le remplaçant du K-3 /K-3 II et de nouveaux objectifs qui gageons le, nous redonneront la joie de vivre photographique.

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