La photographie ! Que voilà une activité qui nécessite des sources d’énergie électrique : boîtiers, flashes, ordinateurs. Bien souvent qui dit « énergie électrique » dit « piles, batteries ». Et par conséquent, recharge, entretien. Et aussi, on l’oublie trop souvent, bonnes pratiques ! L’entretien des piles et batteries est primordial, comme l’entretien du boîtier déjà évoqué il y a quelques mois.

Que l’on parle de batteries, de piles ou d’accus, c’est un peu la même chose. Ce sont les sources d’énergie électrique qui permettent au photographe d’opérer « sans fil à la patte ». La première des constatations, c’est que ces sources sont de formats souvent très différents. Le corollaire, c’est que leur recharge nécessitera le plus souvent un chargeur spécifique.

Essayons d’y voir plus clair avec chacune de ces sources d’énergie.

 

Une précision toutefois…

C’est tout à fait arbitrairement que nous les appelons, « pile », « accus » ou « batteries », pour distinguer leur usage. Mais tous sont des « stockeurs d’énergie électrique », quelle que soit, par ailleurs, la technologie utilisée pour leur fabrication. Même si, bien entendu, cette technologie influe grandement sur les caractéristiques de chaque type (capacité, longévité) et donc sur son utilisation.

 

Les piles

Types de piles

Nous entendons par « piles », ces sources d’énergie, de formats différents, achetées chargées dans le commerce et que l’on jette quand elles sont épuisées.

Typiquement, en photo, ce sont les piles « bâton », cylindriques, type AA (ou R6 ou LR06), AAA (ou R3 ou LR03). Il en existe d’autres, telle la pile de 9 volts LR 61 en forme de parallélépipède rectangle. Nous ne connaissons pas d’appareil photo qui l’utiliserait.

Pile 9volts – Par Ashley Pomeroy — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15853913

 

Dans certains appareils, on trouve aussi (mais rarement) des piles d’autres types.

Voir ici les différents types de piles.

Le point commun à ces piles, c’est qu’elles ne se rechargent pas. Quand elles sont épuisées, elles finissent dans une poubelle. Mais attention ! Il ne faut pas les jeter dans n’importe quelle poubelle, car elles contiennent des composants toxiques, donc nuisibles à l’environnement. Il est donc hautement recommandé de les collecter et de les déposer ensuite dans les conteneurs réservés à cet effet, mis à disposition dans différents commerces, notamment les supermarchés. Un peu d’esprit citoyen ne nuit pas, c’est bien le cas de le dire.

Où et comment les utilise-t-on ?

C’était le mode d’alimentation normal de certains boîtiers Pentax (le K-x par exemple). De nos jours, on peut les utiliser surtout dans les flashes. Pour les APN, c’est devenu très rare, sauf parfois en dépannage, et à condition de disposer d’un « grip ». Ces « grips » permettent, grâce à des tiroirs interchangeables dédiés, d’utiliser soit une deuxième batterie du type préconisé pour l’appareil, soit un peu de 6 piles.

Pour tous ces usages, si l’on tient à utiliser des piles, il est absolument nécessaire que ce soit des piles du type « alcalines ». Leur tenue dans le temps, quoique très limitée, est nettement supérieure à la tenue des piles « salines » que l’on réserve plutôt à l’éclairage.

Une autre nécessité : il faut toujours utiliser, en même temps, des piles de même type et de même capacité. Il ne faut jamais mélanger des tensions différentes ni, bien sûr, mélanger piles non rechargeables et accumulateurs rechargeables. Si, bien sûr, on tient à la « bonne santé » de ses appareils.

Leurs avantages

Leur avantage principal est qu’on en trouve quasiment partout sur la planète. Il est beaucoup plus difficile de trouver des batteries correspondant à son APN en pleine cordillère des Andes ou dans l’Himalaya ! Sans compter que dans ces endroits, les prises électriques peuvent être rares et que, par conséquent, la recharge des batteries n’y est pas aisée.

Leurs inconvénients

Les piles s’épuisent très très rapidement. Et même quand on ne les utilise pas. Elles permettront bien sûr, dans certains cas, de terminer une séance photo, mais il ne faut pas imaginer faire plus de 30 à 40 images avec un jeu de piles. C’est très variable et étroitement dépendant de l’APN. Idem pour un flash : quelques éclairs seront possibles, mais il ne faudra pas espérer 50 photos avec un jeu normal de piles. Nos appareils sont de très gros consommateurs d’énergie. On leur préférera souvent les accus rechargeables (voir ci-après).

Leur entretien

Il est nul, nous l’avons dit. Mais cela n’interdit pas de prendre quelques précautions. D’abord, il est toujours préférable d’utiliser des piles neuves. Si on n’est pas sûr de leur état – parce qu’elles auront déjà été utilisées – il est nécessaire, avant leur utilisation, de s’assurer que leur charge est suffisante pour assurer l’usage auquel on les destine. Un APN ou un flash les met rapidement « à genoux ». Il importe donc de disposer de plusieurs jeux. Et, surtout, il ne faut jamais utiliser de piles qui auraient « coulé » en raison des risques de mauvais contacts et de leurs conséquences.

Une autre précaution essentielle : si l’on doit photographier par grand froid, il est utile, voire indispensable, de conserver les piles au chaud avant utilisation, dans la poche d’un vêtement intérieur par exemple. Le froid est leur ennemi !

Les accumulateurs (« accus »)

Ce sont aussi des piles (et les piles sont aussi des accumulateurs) dans ce sens que ces deux sources d’énergie permettent « d’accumuler » (de stocker) de l’électricité. Si nous avons choisi 2 appellations différentes, c’est en raison du fait que ce que nous appelons « accumulateurs », ce sont des « stockeurs d’énergie » rechargeables, alors que ce que nous appelons « piles », ce sont des « stockeurs d’énergie » non rechargeables.

Types d’accumulateurs

Ce sont exactement les mêmes types que pour les piles. Les tolérances de fabrication peuvent induire de très légères différences de dimensions. Mais un logement prévu pour les piles d’un certain type accueille généralement sans problème des accumulateurs du même type.

On les utilise aussi pour les mêmes besoins.

Leurs avantages

Les accumulateurs sont rechargeables, jusqu’à 1000 fois selon les publicités des constructeurs. Ce qui est un énorme avantage sur les piles.

On notera qu’ils présentent souvent une tension légèrement inférieure à celle des piles de même type (par exemple 1,3 V contre 1,5 V). Mais leur tenue en charge est souvent supérieure : ils se déchargent moins vite.

Leurs inconvénients

Leur prix est largement supérieur, à l’achat, à celui des piles. À l’achat, mais pas à l’utilisation. Car leur aptitude à être rechargés des centaines de fois les rend beaucoup plus économiques à l’usage. Mais, comme en toute chose, il faut, pour atteindre ce but, utiliser des produits de bonne qualité. Tant en ce qui concerne les accus que le chargeur utilisé pour les recharger. C’est primordial ! Or de nombreux utilisateurs négligent ce point crucial et s’étonnent ensuite de la faible longévité de leurs accus pourtant achetés à un prix relativement élevé.

Comment les utiliser et les recharger ?

Comme pour les piles, des précautions s’imposent. On ne doit pas mélanger des accumulateurs de capacités, de marques ou de types différents. Pourquoi ? Parce que, selon les fabricants, ils ne se déchargent pas forcément de la même manière. Cela pourrait donc induire des déséquilibres de charge.

Pour les recharger, on recommande en général d’utiliser des chargeurs dits « intelligents » (voir ci-après). Certes, ils ne seront pas forcément les plus rapides, mais sans aucun doute les meilleurs pour la durabilité des accus.

La décharge

Il est généralement préférable, avec les accus (et aussi les batteries) d’attendre leur (presque) complète décharge avant de les recharger. Il n’est pas dangereux de « descendre » jusqu’à 10% de leur capacité. Parfois, en dessous, cela peut poser des problèmes. Il a parfois été rapporté que des accus tombés à 0% de charge refusaient obstinément d’être rechargés. C’est ennuyeux. Nous n’avons jamais rencontré ce cas, mais s’il est effectivement possible qu’il se produise, autant tout faire pour l’éviter ! Certains chargeurs (les « intelligents » dont on parle ci-dessus) sont capables, avant de recharger des accus, de les décharger quasi complètement.

Certes, cela rend le cycle décharge/recharge plus long, mais cela favorise, semble-t-il, la longévité des accus en question.

La recharge

Les recharges rapides ne sont pas celles qui permettent une longue tenue dans le temps. On doit leur préférer des recharges lentes qui permettent aux accus de tenir plus longtemps la charge en utilisation. Ce phénomène se rencontre dans bien des domaines, la téléphonie mobile en particulier. Mais si en téléphonie, ce n’est pas possible, en photo il est permis de disposer de plusieurs jeux d’accumulateurs. Ainsi, on peut toujours disposer d’un jeu au moins à pleine charge, pendant qu’un autre est en cours de recharge, et un troisième dans l’appareil. Ce n’est qu’un exemple, bien sûr : 2 jeux seulement peuvent suffire !

L’entretien des accus

Il est limité, voire nul, si l’on s’en tient aux préconisations ci-dessus. Pour le reste, ce qui est dit ci-dessus pour les piles, est tout aussi valable pour les accus, notamment s’agissant de leur stockage par temps très froid.

Les batteries

Si les piles et accus sont surtout utilisés pour des accessoires photo comme les flashes, la plupart des boîtiers sont alimentés par des batteries spécifiques fournies par le fabricant de l’APN.

Différents types existent, mais pour un boîtier donné, il n’existe qu’un type de batterie. Du moins en général. Alors qu’un modèle de batterie peut parfois être utilisé par plusieurs gammes de boîtiers.

Les batteries Pentax

Chez Pentax, la batterie D-LI90 est partagée par les gammes K-5, K-3 et K-1. Elle équipait auparavant le Pentax K-7.

Mais, à la condition expresse de l’utiliser dans le grip dédié, elle peut aussi alimenter le tout récent KP comme on le voit sur l’image ci-dessous (la batterie incluse dans le boîtier lui-même est une D-LI109, de moindre capacité, mais utilisable sans grip. Cette même D-LI109 équipe aussi d’autres boîtiers : K-30, K-50, K-70…).

Tiroir du Grip avec batterie D-LI90

Tiroir du Grip avec batterie D-LI90

 

Il est toujours recommandé d’utiliser les batteries de la marque préconisée par le constructeur de l’APN. Il en est de même pour le chargeur. Le couple batterie/chargeur existe pour fonctionner ensemble. Et même s’il n’est pas inéluctable qu’un autre chargeur dégraderait une batterie d’origine, les modalités de chargement ne seraient sans doute pas identiques. Le risque, c’est que le chargeur soit trop faible et chauffe au point de provoquer un court-circuit, voire un incendie.

Batterie Pentax D-LI 90

Peut-on utiliser d’autres batteries que la batterie d’origine ?

La question se pose à de nombreux photographes, en raison du prix de revient des batteries en question. Tout APN neuf est fourni avec une batterie, mais il est fortement recommandé d’en posséder une ou deux supplémentaires pour les longues séances de photo. Et aussi lorsqu’on est suffisamment éloigné d’une prise électrique pour ne pas avoir la possibilité de recharger une batterie à plat (en randonnée par exemple).

Une D-LI90 est aujourd’hui communément facturée 90 € au prix officiel. Parfois moins cher en promotion. Or les offres sur Internet débutent parfois autour de 10 € pour des batteries dites « compatibles ». Cela amène bien sûr à s’interroger ! Ces batteries « compatibles » sont-elles recommandables ? Ont-elles les mêmes caractéristiques que les batteries d’origine ?

La compatibilité

Ces batteries ont bien sûr les mêmes dimensions et le même aspect que les batteries d’origine.

Ce qui peut changer, c’est la capacité (en mAh) et la qualité des composants utilisés. Parce que, tout de même, on peut penser que des composants de qualité ont un coût certain et ceux de moindre qualité un coût bien moins élevé. Mais c’est difficile à prouver, sauf à démonter les batteries en question et à les examiner de près.

La capacité, en revanche, est une indication qui figure obligatoirement sur l’étiquette du produit.

Les caractéristiques et la capacité

Les D-LI90 ont une capacité de 1860 mAh. On a pu voir, sur le marché, des batteries « compatibles D-LI90 » dont la capacité s’élevait à 2800mAh. Mais, le plus souvent, les batteries dites « compatibles D-LI90 » ont une capacité inférieure à celle de la batterie d’origine. À vrai dire, ce n’est pas très important, cette capacité moindre n’induisant le plus souvent qu’un moins grand nombre de photos possibles avec une charge maximale.

 

Mon expérience personnelle

Par deux fois, j’ai acheté chez un fournisseur très sérieux et recommandable des batteries compatibles pour mes K-5 puis K-3. Ces batteries ont une capacité de 1700 mAh (le voltage, lui, est le même : 7,2 V). Bien entendu, pour un prix très largement inférieur à la batterie de marque. Je n’ai constaté qu’une légère baisse du nombre de photos (environ 50 à 70) sur une charge complète. C’est peu, au regard de l’économie réalisée. Bien qu’ayant aussi acheté le chargeur correspondant, il m’est arrivé de recharger ces batteries avec le chargeur Pentax, sans incident, bien entendu (le manuel Pentax ne recommande pas du tout cette manière de procéder).

Il ne s’agit pas de dire qu’on peut généraliser aveuglément cette manière de faire. Pour ma part, je dirai simplement que mon expérience avec ce fournisseur est très positive.

Quel entretien pour les batteries

Comme pour les accus rechargeables, on peut recommander d’attendre la décharge quasi-complète d’une batterie avant de la recharger. Bien sûr, ce déchargement complet peut survenir au cours d’une séance photo. D’où, là encore, la nécessité de disposer de batteries de secours. C’est en fonction des habitudes de chacun : on ne fait pas obligatoirement 670 photos lors d’u ne séance (670, c’est ce qu’indique Pentax pour le K-1 mark II). Mais il est vrai aussi qu’on ne part pas forcément avec une batterie pleine pour une séance photo. Ne pas être pris au dépourvu est important !

Inutile en revanche, de prolonger la charge lorsque le voyant du chargeur s’est éteint (sur le chargeur de la marque). Une charge de D-LI90 peut durer jusqu’à 6h30 (selon la charge de départ et les conditions de température). Il est préférable d’être présent quand la charge maximale est atteinte afin de débrancher le chargeur. À ce propos, il est aussi recommandé de toujours utiliser le câble secteur fourni avec le chargeur : il répond aux normes du constructeur et ne doit donc pas provoquer d’incident.

Ce qui réduit l’autonomie des sources d’électricité

Certaines pratiques sont réputées pour réduire l’autonomie des batteries et, plus largement, des sources d’énergie. Elles sont donc à utiliser en connaissance de cause.

Les basses températures

Nous l’avons évoqué dans ce dossier : le froid n’est pas bon pour les batteries, les piles et les accus. Les stocker où les conserver sur soi « au chaud » est… chaudement recommandé !

L’allumage de l’écran

C’est sans doute ce qui est le plus consommateur d’énergie, globalement, parce qu’on n’y pense pas. Les réglages sont généralement visibles dans le viseur et, si l’APN en est doté, sur le mini-écran LCD situé sur le dessus de l’appareil. En cas de prise de vue, l’écran arrière affiche brièvement l’image capturée. Cela devrait suffire à s’assurer que la prise est bonne. Faire défiler les images prises consommera davantage.

Les flashes

Tous les flashes sont gros consommateurs d’énergie, même le « petit » flash intégré. Par conséquent, à utiliser uniquement quand c’est vraiment nécessaire.

Certaines fonctionnalités de l’APN

Le système AF, les zooms motorisés (pour la mise au point) consomment de l’énergie. On notera que ceux dont le changement de focale est motorisé ont maintenant disparu.

Les prises de vue en rafale sont aussi grosses consommatrices. Si l’on y regarde de près, une même batterie D-LI90 permettait (selon le constructeur) de faire jusqu’à 980 photos avec le K-7 ou le K-5, alors qu’elle n’en permet plus que 670 avec le K-1 II. Mais, si la batterie est toujours la même, convenons que les fonctionnalités ont largement évolué entre les 2 boîtiers.

Et enfin, l’utilisation du GPS, pour les appareils qui en sont dotés, est aussi grosse consommatrice d’énergie. Si malgré tout on veut s’en servir, il est utile de prévoir, dans le paramétrage, une extinction au bout d’une minute : la vitesse de déplacement d’un piéton n’exige pas davantage. Et il reste possible de le réactiver si nécessaire.