Y a t-il des objectifs meilleurs en NB ?

Cette question «Y a t-il des objectifs meilleurs en NB ? » occupe visiblement un certain nombre de photographes.

Ce n’est certes pas un nombre dominant de photographes, mais un nombre toutefois notable. Suffisant en tout cas pour conduire à des confrontations « anciens » vs « modernes ».

Les «anciens»  seraient ceux qui n’affirment pas que de tels objectifs existent, mais qui posent la question. Les «modernes» seraient ceux qui affirment souvent que « les bons objectifs pour la couleur le sont forcément pour le NB ! » Point barre. Ce dernier propos peut sembler caricatural, il ne l’est pourtant pas et correspond à ce que l’on peut trouver sur des forums que je ne citerai pas.

La première chose à remarquer est que les premiers posent une question, inspirée par une observation réalisée. A partir de laquelle ils ne se permettent pas de généraliser. Et que les seconds posent une règle ne s’appuyant le plus souvent sur aucune observation concrète, mais sur une loi de « bon sens ». Toujours est-il que sur certains forums, il y a des fils consacrés à ce sujet. Sur ces fils, le nombre de photographes pointus en photo numérique et celui de vieux photographes blanchis sous le harnois argentique sont suffisants pour qu’il s’en dégage un nombre de gens capables de dépasser les oppositions frontales stériles sans besoin d’intervention de modérateur. Et ils parviennent à débattre de façon apaisée sur le thème. Ce dépassement mérite d’être signalé.

De ces débats ont émergé les points suivants :

  •  L’aspect central est le rendu des photos de tel ou tel objectif. Ce qui est éminemment subjectif…
  • Ce rendu n’est pas quantifiable par des tests de nature scientifique de type mires, histogramme, courbes tonales… – Il est comparable au modelé des objectifs de moyen format, lui aussi peu quantifiable.
  • Ce débat est limité car il concerne surtout des objectifs anciens. Ce dernier point n’est guère étonnant, car il découle de

 

 

La conception des objectifs « anciens »

 

Les objectifs datant d’avant les années 60 étaient conçus d’abord pour le NB. Les pellicules couleurs inversibles, les plus qualitatives, comme on dit désormais, n’étaient pas fameuses. Il suffit de regarder les quelques films tournés à la fin de la guerre WW2 (1939-1945) sur des pellicules Agfa allemandes ou Kodak américaines pour s’en convaincre. La montée en qualité a réellement commencé au début des années 60 avec les Kodachrome . Ce n’est donc qu’après cette date que les opticiens se sont réellement occupés du rendu chromatique des objectifs et qu’ont commencé à apparaître les objectifs apochromatiques.

D’une façon similaire, vers 2005-2006, les opticiens ont proposé des objectifs optimisés pour la photo numérique, c’est à dire pour les capteurs et leur spécificité optique. Puis, avec la montée en pixels des capteurs jusqu’à 24M et + en APS-C (16×25) et 36M et + en FF (24×36) sont apparus des objectifs complètement revus pour s’adapter au rendu très fouillé fourni par ces capteurs.

 

 

Le gap général de qualité

 

Avant d’avancer plus loin, il convient de préciser que les objectifs haut de gamme récents (à partir de ~2015) offrent des qualités de définition, de contraste (micro-contraste), d’absence d’aberration chromatique, de résistances au flare, qui n’ont plus rien à voir avec les objectifs antérieurs. Cette remarque est une généralisation commode qui admet bien sûr des exceptions. Elle n’inclut pas les qualités géométriques.

On trouve plus facilement parmi les objectifs anciens (pour certains photographes ces objectifs sont très anciens, puisque datant d’avant leur naissance !) des cailloux qui ne produisent aucune aberration géométrique, utilisés bien sûr dans les  bonnes conditions. N’importe quel objectif – en contre-plongée à 30°- couche les verticales. Ce qui, rappelons-le, n’est pas le produit d’une aberration géométrique ! Ce qui nous intéresse, ce n’est pas de déterminer si les objectifs récents sont meilleurs ou moins bons que les anciens. Techniquement ils le sont. Ce qui nous intéresse, c’est de déterminer s’il y a des objectifs qui « rendent »  mieux le N&B, et si oui, lesquels !

 

 

Le débat du NB

 

Ce débat, bien évidemment, touche avant tout les amoureux du N&B. Certes. Mais ces amoureux ne sont pas que des vieux croutons incapables d’évoluer. Beaucoup de jeunes qui n’ont connu que le numérique, Lr et « Toshop », et pour qui Rolleiflex, Contax, Fed, Asahi, Speedgrafic sont autant de mots étranges, aussi étranges que callotype ou collodion humide, sont intéressés par la photo en N&B. Personnellement j’ai fait plus de NB en 15 ans de numérique qu’en 40 ans d’argentique… Ce débat est né parmi les lecaïstes. Et ce n’est pas très étonnant, Leica étant la seule marque ayant osé proposer un boîtier exclusivement consacré au NB, le modèle M type 246. Ce qui en dit long sur son rapport à la photographie en Noir et Blanc.

Que le problème ait émergé parmi des leicaïstes ne change rien au fait qu’il concerne aussi bien les autres communautés de photographes et particulièrement les pentaxistes. La marque étant traditionnellement ouverte aux objectifs vissant 42. Ces objectifs vissant 42 sont des objectifs anciens, donc ils entrent dans le champ qui nous intéresse.

Le nœud du problème qui nous intéresse réside dans l’équilibre entre une moindre définition, un moindre contraste qui produisent (en échange) une palette plus riche de nuances de gris. On a d’ailleurs le même phénomène avec la couleur. Le flare diminue la définition, la netteté des couleurs, mais augmente les nuances chromatiques et les transitions douces entre les couleurs. Ce phénomène est constaté par tous(tes) les participants(es) aux débats consacrés à ce sujet sur le net. Et par de nombreux professionnels qui ont d’autres chats à fouetter que de débattre sur ce genre de sujet.

 

 

L’opposition NB <> couleur. Point 1

 

L’opposition entre les caractéristiques principales de la photo numérique et de la photo argentique sont les suivantes (en l’état actuel de la situation).

La photo numérique bénéficie de :
  • Une définition désormais plus importante (à format équivalent ou même inférieur à 24×36 et APS-C haut de gamme)
  • Un contraste (micro-contraste) plus important
  • Une capacité supérieure à détacher les sujets proches du fond.

Ces caractéristiques sont les axes principaux de la progression des objectifs actuels avec le but « zéro défaut ». Cette progression s’est faite par

  • Les avancées dans le traitement des lentilles, mais aussi de l’intérieur des fûts (réduction des reflets parasites)
  • L’usage plus courant de verres de haute qualité – réfraction et diffraction réduites
  • La production et donc l’utilisation plus facile de lentilles asphériques
  • L’augmentation du nombre de lentilles supprimant des défauts comme les aberrations chromatiques, le flare ou les aberrations géométriques. Pour le nombre de lentilles on voit une évolution des formules classiques. Par exemple le FA 1,4/50mm de 1991 est un 7 lentilles en 6 groupes à 220g et le D FA 1,4/50mm de 2018 un 15 lentilles en 9 groupes à 910g ! (voir les articles ici et  )

Cette évolution touche toutes les marques de la même façon. A motivation et buts similaires,  résultats similaires, sinon identiques. On obtient ainsi des objectifs pratiquement dénués des défauts jusque là courants (et admis). Mais ces objectifs sont gros, encombrants et lourds. Et évidement plus chers que ceux qu’ils remplacent.

 

La photo argentique bénéficiait / bénéficie de :
  • Une définition inférieure (mais pas forcément)
  • Un contraste moindre – Des risques très présents de flare et d’AC.
  • Une gamme de gris (et de couleurs) plus riche
  • Des transitions plus douces, plus progressives
  • Un bokeh plus fin.

Sur le dernier point, malgré les efforts conséquents des opticiens avec par exemple retour à un nombre plus important de lames de diaphragme, le bokeh donné par les objectifs récents est moins velouté, vaporeux que celui des objectifs anciens, très bons il est vrai.

Mais il serait injuste, et pas très honnête, d’omettre de rappeler les défauts, éventuellement rédhibitoires, que présentent ces objectifs anciens.

 

Les défauts des objectifs anciens

Les objectifs anciens tels que nous les avons définis plus haut, sont tous manuels. C’est à dire qu’il vous faudra faire la mise au point à la main. Donc à la vitesse à laquelle cela peut se faire : 2 à 3 secondes minimum. Avec comme résultat pas mal de photos non prises ou des loupés. Cela peut signifier aussi, visée à ouverture réelle pure (=punition dès qu’on visse). Ou bien bascule à l’ouverture réelle dans la foulée de la mise au point grâce à une deuxième bague (= perte de temps). Tout cela demande des entraînements spécifiques pour acquérir les automatismes nécessaires, et cela ne marche pas toujours. Avec le numérique c’est potentiellement plus facile. Mais accepter mentalement ces « gymnastiques » pour compenser l’absence d’automatisme n’est pas chose facile.

Ce n’est évidemment pas par hasard que la technologie s’est attachée d’abord à automatiser tous ces moments de la pratique photographique. Synchronisation de l’ouverture au déclenchement, Mode semi-automatique puis automatique de la mesure de l’AE, miroir éclair, accrochage automatique de la pellicule, etc. Tous automatismes qui n’exonéraient pas le photographe d’avoir à apprendre à cadrer. Mais lui permettraient de s’y consacrer plus. Dans le contexte actuel, il n’est pas forcément facile ou plaisant de photographier avec un objectif antérieur à tous ces automatismes qui ont fait de nous des enfants gâtés… Mais les différences entre les objectifs anciens, conçus pour la photo en NB et pour la photo couleur ne résident pas seulement et pas surtout dans ce qui vient d’être dit. Il est une différence beaucoup plus profonde.

 

L’opposition NB <> couleur. Point 2

 

Les objectifs NB étaient conçus pour « donner » une gamme de gris la plus large possible. Avec l’arrivée massives des pellicules couleur, les opticiens se sont vite rendu compte que les photos obtenues étaient fades. Ils ont donc retravaillé leurs objectifs pour produire des rouges et des jaunes éclatants. Ce qu’ils sont parvenus à faire relativement vite, les Japonais surtout. Les européens moins, Leica surtout qui a, pendant une longue période, produit des objectifs donnant des couleurs froides. C’est à dire à dominante bleue. C’étaient des objectifs encore très bien adaptés à un beau rendu NB, pas encore à un rendu couleur. Ce rendu qui a fini par devenir la norme.

Les Japonais qu’on a accusés de sortir des objectifs chauds  (comprenez trop chauds), ont mis de l’eau dans leur saké, les objectifs actuels sont plus équilibrés, moins chauds, mais pas bleus. Au fond il y a une antinomie entre les objectifs (très) bons pour le NB et ceux (très) bons pour la couleur.

Taïr-11 initial alu (KMZ) – 1958-1960 – traitement bleu pour un beau rendu NB

 

 

Taïr-11 – 2,8/135mm KMZ- début années 60. traitement bleu favorable au rendu NB

 

 

 

 

Taïr-11T – ~1980-83 -traitement nettement plus magenta-doré adapté à la couleur.

 

 

 

Taïr-11K KMZ probablement monture K – 1986 – traitement optique pour la couleur

 

 

 

Taïr-11 KMZ – 1986 5ème objectif de cette année là…  doré avec des reflets verts et magenta

 

 

 

Avec le numérique, le problème est moins aigu car le signal brut issu du capteur peut être traité de façon très fine. Ainsi lorsque le boîtier est réglé pour produire du NB, il y a fort à parier qu’automatiquement le traitement du signal est modifié pour ne pas fournir des NB pitoyables. Mais souvent on obtient des clichés contrastés, même sans paramétrage particulier que le photographe peut faire dans le mode NB ou un mode User dédié. Ces clichés contrastés offrent une palette des gris assez pauvre. Mais il reste que les objectifs qui produisent une riche gamme de gris la produisent aussi riche avec les «gros» capteurs actuels. Ce sont même ces «gros» capteurs ou le capteur monochrome du Leica type 246 qui ont soulevé ce lièvre dont nous parlons ici. Sans eux on ne se serait probablement jamais aperçu du phénomène. Quels sont donc ces objectifs ?

 

 

Quels sont les « bons » objectifs pour le NB ?

 

Remarques préliminaires :

  1. Pour que tout soit bien clair, notre propos ne veut surtout pas dire qu’il n’existe pas d’objectifs aussi bons en couleur qu’en NB ou l’inverse.
  2. Il existe des objectifs très piqués qui ont un bon rendu en NB. Un objectif ayant un bon rendu en Nb ne signifie pas un objectif mou !
  3. Nous n’allons pas dans cet article donner une liste exhaustive des bons objectifs pour le NB. Si c’est ce que vous attendez à ce stade de l’article, c’est raté !  Mais quelques indications utiles, facilitant les recherches de ceux que la photo NB intéresse.

De façon générale, ce sont les bons objectifs des années 50- 60. Ce sont souvent des vissant 39 ou 42, donc compatibles avec nos boîtiers Pentax sans vraies difficultés, mais pas seulement. Attention !

  • Première mise en garde :

tous les objectifs de ces années là ne sont pas des vissants, ils sont alors compatibles de façon restrictive. Certains sont à baïonnette. Il y a pas mal de Takumar et de Pentax, parfaits pour les pentaxistes, mais il y a aussi des baïonnettes d’autres marques, dans ce cas c’est sans issue. D’autant plus qu’un bricolage complexe et hasardeux, mais réussi pourrait vous permettre de découvrir que tous les reflex n’ont pas exactement le même tirage et que vous pouvez vous retrouver sans l’infini. Après un bricolage savant c’est très décevant…

  • Deuxième mise en garde :

les bons objectifs anciens sont souvent ceux dont les prix sont restés élevés. C’est généralement un bon indice, mais pas toujours, les prix élevés peuvent être normaux pour un collectionneur, et indus pour un photographe !

  • Troisième mise en garde importante :

il faut être très attentif à l’état réel de ces objectifs qui peut être caché par la poussière superficielle. Il convient d’être attentif à l’état extérieur des surfaces des lentilles, et à l’état intérieur des lentilles. De la poussière à l’intérieur signifie un nettoyage obligatoire. Si possible fait par un professionnel, car un calage correct de lentilles ne s’improvise pas vraiment. Des champignons exigent la même chose, mais à un tarif généralement plus élevé. Ces derniers détails sont à prendre en compte au moment de l’achat. Le prix d’achat de tels objectifs ne se borne pas toujours à la petite somme qu’on donne sur un marché ou dans un vide-grenier. Ces détails là signifient également que l’achat sur internet est risqué si l’on joue son va-tout sur un seul achat. Il vaut mieux partir du principe que plusieurs achats seront nécessaires et qu’il y aura de la perte.

  • Quatrième mise en garde générale et fondamentale :

Prenez le soin de vérifier que l’objectif qui vous intéresse a été conçu pour un reflex ou un télémétrique. Le tirage est différent : «long» ~45mm pour un reflex, «court» ~21mm pour un télémétrique. Un objectif à tirage « court » ne peut pas être monté sur un reflex. Il ne donnera jamais d’image nette. Et c’est mécaniquement sans issue. Notez bien que le signe ~ d’approximation peut cacher une petit différence qui ne permettra pas l’infini. Par contre un objectif à tirage plus long que celui du boitier sur lequel on veut le monter, une fois équipé d’une bague intermédiaire donnera des images nettes sur ce boitier. C’est ce qui a construit le succès d’un hybride actuel sur lequel se montent des dizaines de bagues d’adaptation.

 

Concrètement enfin.

De façon plus détaillée. Pour des raisons faciles à comprendre, nous n’avons pas pu tester tous les objectifs compatibles avec les boitiers de notre marque. Cependant :

Les objectifs japonais

Certains objectifs sont réputés, mais plus chers. Ainsi les Takumar  50mm se trouvent entre 90 et 300€, les 135mm entre 100 et 170€. Mais le Pentax A* 1,8/135mm (en fait f:1,7) qui est exceptionnel en couleur comme en NB, se trouve, mais son prix oscille entre 1795€ et 3250€ !  Il existe un Takumar super-multi-coated (en toutes lettres sur l’objectif) 1,4/50mm au thorium (voir article ), légèrement radioactif et de ce fait pas produit longtemps. Il est peu courant mais abordable.  On trouve aussi les Pentax 20/ 24mm/28mm, 2/35mm, 1,4/50mm (vissant 42). En fait tous les Pentax anciens sont à explorer, il y en a eu de très bons…

Pentax A* 135mm f/1.8

 

Les objectifs européens

On trouve surtout des objectifs allemands, généralement bons. Ils sont allemands tout court avant 1946-47 ou allemands de l’ouest ou de l’est, après cette date. Même anciens, les objectifs ouest-allemands sont plus ou moins tous des objectifs de collection et leur tarif est assez dissuasif, d’une centaine à plusieurs centaines d’euros, voire à plusieurs milliers. Et ceux d’entre eux qui sont vissants sont assez peu nombreux. Les est-allemands sont beaucoup plus abordables, généralement bons aussi, mais pas forcément faciles à trouver et attention au tirage.

Les objectifs soviétiques.

Nombreux, pas très chers. Mais, la production soviétique, massive, a souffert d’irrégularités de production, dans les proportions (approximatives) suivantes 15% d’objectifs excellents, 35% d’objectifs moyens, 50% d’objectifs médiocres pour tous les objectifs à grosse production. Les objectifs plus « haut de gamme », les très lumineux, les « petites » productions bénéficient plutôt de rapports 25%- 35%-40%.

Les objectifs au lanthane (avec suffixe L ou Л) sont généralement meilleurs et entrent dans la dernière catégorie, voire une catégorie encore mieux finie. En outre il faut vérifier très soigneusement que l’on a affaire à des objectifs qui n’ont pas été bricolés, démontés-remontés. Car les lentilles de ces objectifs sont très souvent calées avec des minuscules patins, ce qui rend le remontage par des non-professionnels souvent incorrect et l’objectif décentré est alors garanti. Le calage de tels objectifs par un professionnel coûterait une fortune ! La réflexion sur l’achat sur Internet est encore plus valide.  Plus précisément ce sont :

  • Pour boitiers télémétriques :  les Jupiter 3 -1,5/50mm, Jupiter 8 – 2/50mm, Jupiter 9 – 2/85mm, et Jupiter 12 -.2,8/35mm.
  • Pour les boitiers reflex et télémétriques : le Jupiter 11 4/135mm, le Taïr 11 -2,8/133-135mm, puis Taïr 37A -3,5/135mm et les Hélios 44, 44-2M, 44-4M, et 44-4K baïonnette K (rare)… -2/58mm, l’Hélios77M -1,8/50mm (très rare) et l’Hélios 40M -1,5/85mm, le Télézenitar Apo 2,8/135mm (en fait f:2,5). Certains de ces objectifs n’existent que pour reflex.

 

Hélios MC 44K-4 2/58mm – la lettre K indique qu’il est doté d’une baïonnette K (modèle initial)

 

 

Concrètement toujours, techniquement

Le mode opératoire le plus commode pour photographier en NB est de passer par un mode USER. Mais, bien sûr, vous pouvez paramétrer votre boîtier ponctuellement pour chaque shooting en NB. De toutes façons, voici

Quelques conseils de paramétrage :

  1. Photographiez en mode RAW. Vous aurez ainsi un original plus riche en nuances (de couleurs dans le RAW, de gris après conversion). Cela vous imposera de transformer vous-même votre RAW en N&B, mais vous aurez un NB riche en nuances. Quand vous visualiserez vos photos dans le boîtier, vous verrez des photos monochromes. Mais dans un ordinateur elles retrouvent assez vite leurs couleurs. Vous pouvez opter pour le RAW+. Ainsi votre Jpeg vous servira de «négatif» de référence
  2. Les filtres en NB : ajouter un filtre jaune, orange ou rouge augmentera les contrastes, dans les gris du ciel en particulier. L’augmentation la plus forte étant obtenue avec le filtre rouge. Vous pouvez également user de filtres sur l’objectif.  Pour le portrait un filtre jaune-vert améliorera les tons chair.
  3. Vous pouvez également augmenter le contraste (légèrement) pour obtenir des noirs plus profonds.
  4. Vous pouvez évidement choisir dans votre mode User NB le mode de prise de vue que vous souhaitez : Av ou autre. Ainsi que la sensibilité que vous souhaitez utiliser par défaut. En intégrant la notion de grain que vous avez envie d’obtenir.
Précautions

Attention, si vous utilisez des objectifs de type M ou K, c’est à dire avec des diaphragmes totalement manuels, sans position A, vous devez choisir le mode M. Sinon vous ne travaillerez qu’à la PO.

 

Enfin vous pouvez passer au niveau supérieur en travaillant en températures de couleurs fixes : température de base en lumière du jour T= 5000K et sur le carré « chromatique » positionnez votre pointeau en M1 A1, en lumière artificielle T= 3200K pointeau en R1 B1 ((tungstène) et en lumière chaude (incandescence) T= 2700K et pointeau en G1 B1.

Ce ne sont que des conseils. Vous pouvez faire aussi tout cela en vous servant des filtres proposés par les logiciels de Post Traitement (PT) vous aurez plus de nuances qu’avec les filtres proposés dans le mode NB de votre boitier.

Par exemple dans Lr, une fois votre cliché mis en NB (cliché 1), vous pouvez choisir le rendu (cliché 2), pour cela vous disposez d’une vingtaine de rendus différents dont 5 avec précision du filtre coloré utilisé (cliché 3). Il vous suffit de promener votre souris sur ces différents rendus pour voir instantanément le résultat. En outre vous disposez d’un curseur (cliché 2) qui modifie la teinte générale du cliché de gris froid à rouge magenta ! Le mieux est d’essayer divers réglages pour trouver celui qui vous convient.

Si vous décidez de faire du NB, ce n’est pas pour faire de la photo passe-partout, que diable !

 

 

Galerie

Tous les clichés ont été faits à f:5,6,  sauf 7 et 8.

1- smc Pentax-M 2,8/24mm

 

 

2- smc Pentax-A 2/35mm

 

3- smc Pentax-A 1,4/50mm

 

4- Takumar Super-multi-coated 1,4/50mm (Thorium)

 

5- Zeiss Planar ZK 1,4/50mm

 

6- KMZ mc Hélios 44K-4 2/58mm

 

 

7-Summicron  2/50mm (sur M Monochrome)

 

 

8- smc Pentax-A 1,8/85mm

9-Killfit-macro Kilar 2,8/90mm

10- smc pentax-A* 1,8/135mm

 

11- KMZ Telezenitar Apo 2,8/135mm

 

Nous n’avons « testés » ici que les objectifs à notre disposition. Si vous en connaissez d’autres, dont vous aimez bien le rendu en NB, faites les nous connaître.

 

 

Crédit photographique: Valia©, Alex©, Micaz©, JYB©

  • CYv
    19 novembre 2019 at 11 h 35 min

    Merci VALIA pour cet article.
    Et merci aussi au Crédit photographique: Valia©, Alex©, Micaz©, JYB©
    C’est toujours instructif de vous lire.

    • Valia
      20 novembre 2019 at 0 h 32 min

      Merci pour ce commentaire.